_Bank's Cove_.--Ce port occupe en partie l'intérieur d'un cratère de

tuf ruiné, plus grand que celui que je viens de décrire. Tout le tuf

de ce cratère est compact et renferme de nombreux fragments de lave;

il offre l'aspect d'un dépôt qui s'est fait sous les eaux. Le trait le

plus remarquable de ce cratère, c'est la grande extension des strates

qui convergent vers l'intérieur sous une inclinaison très prononcée,

comme dans le cas précédent, et qui sont souvent disposées en couches

irrégulières courbes. Ces couches intérieures convergentes, de même

que les bancs divergents qui constituent, à proprement parler, le

cratère, sont représentés dans le croquis (fig. 13) donnant une coupe

approximative des promontoires qui forment cette anse. Les couches

internes et externes diffèrent fort peu au point de vue de la

composition; les premières ont été évidemment formées par l'érosion,

le transport et le dépôt final des matériaux qui constituent les

couches cratériformes externes. Le grand développement de ces couches

intérieures pourrait faire croire à un observateur parcourant la

périphérie du cratère qu'il s'agit d'une crête anticlinale circulaire

formée de grès et de conglomérats stratifiés. La mer attaque

actuellement les couches intérieures et extérieures, ces dernières

surtout, de sorte que d'ici à quelque temps tout ce qui restera ce

seront les couches intérieures, et l'interprétation de ces faits

serait bien de nature à embarrasser un géologue[12].

[Illustration: FIG. 13.--Coupe des promontoires qui forment Bank's

Cove, montrant les strates divergentes qui constituent le cratère, et

le talus à couches convergentes. Le point culminant de ces collines

est à 817 pieds au-dessus du niveau de la mer.]

ILE JAMES.--Parmi les cratères de tuf existant encore dans cette île,

il n'y en a que deux qui méritent une description. L'un d'eux est

situé à un mille et demi de Puerto Grande, vers l'intérieur de l'île;

il est circulaire et mesure environ un tiers de mille de diamètre, et

400 pieds de profondeur. Il diffère de tous les autres cratères de tuf

que j'ai étudiés en ce que la partie la plus profonde de sa cavité est

formée, jusqu'à la hauteur de 100 à 150 pieds, par un mur vertical de

basalte, comme si le cratère s'était fait jour au travers d'une nappe

rocheuse compacte. La partie supérieure de ce cratère consiste en

couches du tuf altéré à cassure semi-résineuse que nous avons étudié

plus haut. Son fond est occupé par un lac d'eau salée peu profond

recouvrant des couches de sel qui reposent sur un lit très épais

de boue noire. L'autre cratère, éloigné de quelques milles, n'est

remarquable que par ses dimensions et parce qu'il est fort bien

conservé. Son sommet est à 1200 pieds au-dessus du niveau de la mer,

et la cavité intérieure est profonde de 600 pieds. Ses flancs externes

inclinés offrent un aspect curieux dû à l'uniformité de la surface

de ces grandes couches de tuf qui ressemblent à un vaste pavement

cimenté. L'île Brattle est, je crois, le plus grand cratère de tuf qui

existe dans l'archipel; son diamètre intérieur est de près de 1 mille

marin. Ce cratère, aujourd'hui en ruines, est disposé sur un arc de

cercle qui mesure un peu plus d'une demi-circonférence; il est ouvert

du côté du sud, ses grandes dimensions sont probablement dues, pour

une part notable, à l'érosion de l'intérieur du cratère par l'action

de la mer.

_Segment d'un petit cratère basaltique_.--L'anse désignée sous le nom

de Fresh-water Bay, dans l'île James, est limitée d'un côté par un

promontoire qui constitue la dernière épave d'un grand cratère. Un

segment, en forme de quart de cercle, ayant fait partie d'un petit

centre d'éruption subordonné, se trouve à découvert sur le rivage

de ce promontoire. Il consiste en neuf petites coulées de lave

distinctes, accumulées les unes au-dessus des autres, et en une sorte

de pic colonnaire irrégulier, haut de 15 pieds environ, formé de

basalte celluleux brun-rougeâtre, et contenant en abondance de grands

cristaux d'albite vitreuse et de l'augite fondue. Ce pic, avec

quelques mamelons rocheux adjacents répandus sur le rivage, représente

l'axe du cratère. Les coulées de lave peuvent être suivies dans un

petit ravin, perpendiculairement à la côte, sur une longueur de 10

à 15 yards; elles sont cachées ensuite sous des débris. Le long du

rivage on les voit sur un espace de près de 80 yards, et je ne

crois pas qu'elles s'étendent beaucoup plus loin. Les trois coulées

inférieures sont soudées à ce pic, et sont légèrement recourbées au

point de jonction, comme si elles se répandaient encore par-dessus la

lèvre du cratère (ainsi qu'on le voit dans le croquis grossièrement

dessiné (fig. no. 14) qui a été pris sur place). Les six coulées

supérieures étaient, sans aucun doute, primitivement unies à la même

colonne avant que celle-ci eût été démolie par la mer. La lave de ces

coulées a la même composition que celle de la colonne, sauf que les

cristaux d'albite ne paraissent pas être réduits en fragments aussi

petits, et que les grains d'augite fondue manquent. Chaque coulée est

séparée de celle qui la surmonte par une couche, épaisse de quelques

pouces ou tout au plus de 1 à 2 pieds, de scories en fragments

incohérents, produites sans doute par la friction des coulées

passant les unes au-dessus des autres. Toutes ces coulées sont fort

remarquables par leur faible épaisseur. J'ai mesuré soigneusement

plusieurs d'entre elles et j'en ai trouvé une de 8 pouces d'épaisseur,

mais elle était recouverte sur les deux faces par une couche fortement

adhérente d'une roche scoriacée rouge, épaisse de 3 pouces (comme

cela se présente pour toutes les coulées); tout l'ensemble avait

une épaisseur de 14 pouces qui demeurait très uniforme sur toute

la longueur de la coupe. Une seconde coulée n'avait que 8 pouces

d'épaisseur, en y comprenant les surfaces scoriacées inférieure et

supérieure. Avant d'avoir vu cette coupe, je n'aurais pas cru possible

que la lave pût se répandre en nappes aussi uniformément minces sur

une surface qui est loin d'être unie. Ces petites coulées ressemblent

beaucoup par leur composition aux grands flots de lave de l'île

Albemarle qui doivent avoir présenté, eux aussi, un haut degré de

fluidité.

[Illustration: FIG. 14--Segment d'un très petit centre d'éruption sur

le rivage de Fresh-water Bay.]

_Fragments d'apparence platonique rejetés par ce cratère_.--Dans la

lave et dans les scories de ce petit cratère j'ai trouvé plusieurs

fragments qui, par leur forme anguleuse, leur structure grenue, leur

fragilité, l'action calorifique qu'ils ont subie, et par l'absence de

vacuoles, ressemblent beaucoup aux fragments de roches primitives

que les volcans de l'île de l'Ascension rejettent quelquefois. Ces

fragments consistent en albite vitreuse fortement usée et à clivages

très imparfaits, mélangée d'un minéral bleu d'acier en grains

semi-arrondis, à surface trouble et luisante. Les cristaux d'albite

sont recouverts d'un oxyde de fer rouge qui semble être un résidu,

et leurs plans de clivage sont parfois séparés aussi par des couches

excessivement fines de cet oxyde, dessinant sur le cristal des lignes

semblables à celles d'un micromètre de verre. Il n'y avait pas de

quartz. Le minéral bleu d'acier qui abonde dans la partie colonnaire,

mais qui est absent dans les coulées dérivant de ce pic, offre

l'aspect d'un corps qui a subi une fusion, et présente rarement

quelque trace de clivage. Pourtant j'ai pu démontrer par une mesure

prise sur un échantillon que c'était de l'augite. Dans un autre

fragment, qui se distinguait de ses congénères parce qu'il était

légèrement celluleux et passait graduellement à la pâte de la roche,

les petits grains d'augite étaient assez bien cristallisés. Quoiqu'il

y ait, en apparence, une différence si considérable entre la lave des

petites coulées, spécialement entre leur croûte scoriacée rouge, et

un de ces fragments anguleux rejetés, que l'on pourrait prendre à

première vue pour de la syénite, je crois cependant que la lave a été

formée par la fusion et le mouvement d'écoulement d'une masse rocheuse

dont la composition est absolument semblable à celle de ces fragments.

Outre le spécimen dont il vient d'être question et où nous voyons

un fragment devenir légèrement celluleux et se fondre dans la masse

environnante, la surface de quelques-uns des grains d'augite bleu

d'acier devient finement vacuolaire et passe à la pâte englobante;

d'autres grains sont dans un état intermédiaire. La pâte semble

consister en augite plus parfaitement fondue, ou, ce qui est plus

probable, simplement modifiée par le mouvement de la masse, lorsque

ce minéral était à l'état visqueux, et mélangée d'oxyde de fer et

d'albite vitreuse réduite en très petits fragments. C'est probablement

pour cette raison que l'augite fondue, abondante dans le pic,

disparaît dans les coulées. L'albite se trouve exactement au même état

dans la lave et dans les fragments empâtés, sauf que la plupart des

cristaux sont plus petits, mais ils paraissent moins abondants dans

les fragments. Ceci pourrait cependant se produire naturellement par

l'intumescence de la base augitique donnant lieu à un accroissement

apparent de son volume. Il est intéressant de suivre ainsi les phases

par lesquelles passe une roche grenue et compacte pour se transformer

d'abord en une lave celluleuse pseudo-porphyrique et finalement en

scories rouges. La structure et la composition des fragments empâtés

montrent qu'ils ont été détachés d'une roche primitive et ont subi

des altérations considérables par l'action volcanique ou, plus

probablement, qu'ils ont été arrachés à la croûte d'une masse de lave

refroidie et cristallisée, ultérieurement brisée et refondue, et dont

la croûte a été attaquée moins fortement que le reste de la masse par

la nouvelle fusion et le nouveau mouvement qu'elle a subis.

_Remarques finales sur les cratères de tuf_.--Ces cratères constituent

le trait le plus frappant de la géologie de l'archipel, par la

présence d'une substance résiniforme qui intervient pour une grande

part dans leur composition, par leur structure, leur dimension et

leur nombre. La plupart d'entre eux forment des îlots séparés ou des

promontoires reliés aux îles principales, et ceux qui se trouvent

actuellement à une petite distance de la côte, dans l'intérieur des

îles, sont ruinés et percés de brèches comme s'ils avaient été exposés

à l'action de la mer. Je suis porté à conclure de cette condition

générale de leur situation et de la faible quantité de cendres

rejetées dans l'archipel, que le tuf a été formé principalement par le

broyage mutuel de fragments de lave dans l'intérieur de cratères

en activité qui communiquaient avec la mer. Par l'origine et la

composition du tuf, et par la présence fréquente d'un lac central

d'eau salée et de couches de sel, ces cratères représentent, sur une

grande échelle, les «salses» ou monticules de boue qui existent en

grand nombre dans certaines régions de l'Italie et dans d'autres

contrées[13]. Cependant les rapports plus intimes des cratères de cet

archipel avec les phénomènes ordinaires de l'action volcanique

sont mis en évidence par ces masses de basalte solidifié qui les

remplissent quelquefois jusqu'au bord.

Il semble fort singulier, à première vue, que dans tous les cratères

formés de tuf le versant méridional soit, ou bien entièrement démoli

et complètement emporté, ou bien beaucoup moins élevé que les autres

versants. J'ai visité ou pris des renseignements sur vingt-huit de

ces cratères; douze d'entre eux forment des îlots séparés[14] et se

présentent aujourd'hui à l'état de simples croissants entièrement

ouverts du côté du sud, avec, parfois, quelques pointes de rochers

marquant leur circonférence primitive; parmi les seize cratères

restants, quelques-uns forment des promontoires, et d'autres sont

situés dans l'intérieur des îles, à une faible distance du rivage;

mais pour tous le flanc méridional est plus bas que les autres ou

complètement démoli. Pourtant le flanc septentrional de deux des seize

cratères était également bas, tandis que les côtés de l'est et de

l'ouest étaient intacts. Je n'ai rencontré ni entendu mentionner

aucune exception à la règle d'après laquelle ces cratères sont ruinés

ou présentent une paroi basse sur le côté qui fait face à un point

de l'horizon situé entre le sud-est et le sud-ouest. Cette règle

ne s'applique pas aux cratères formés de lave et de scories.

L'explication en est simple: dans cet archipel la direction des vagues

soulevées par les vents alizés coïncide avec celle de la houle venant

des régions éloignées de l'océan largement ouvert (contrairement à ce

qui se passe dans plusieurs parties du Pacifique) et attaquent la

côte méridionale de toutes les îles, avec leurs forces réunies; il en

résulte que le versant méridional est invariablement plus escarpé que

le versant septentrional, même quand il est formé complètement de

roches basaltiques dures. Comme les cratères de tuf sont constitués

par une matière tendre, et que probablement ils ont tous ou presque

tous traversé une période d'immersion, il n'est pas étonnant qu'ils

montrent invariablement les effets de cette grande puissance érosive

sur ceux de leurs flancs qui s'y sont trouvés exposés. Il est

probable, d'après l'état ruiné d'un grand nombre d'entre eux, que

plusieurs autres cratères ont été entièrement démolis par la mer. Nous

n'avons aucune raison de supposer que les cratères constitués par des

scories et des laves ont été formés dans la mer, et cela nous montre

pourquoi la règle ne leur est pas applicable. Nous avons montré

qu'à l'Ascension les orifices des cratères, qui sont tous d'origine

terrestre, ont été attaqués par les vents alizés; ce même agent peut

contribuer également ici à abaisser, dès le moment de leur formation,

les flancs exposés au vent dans certains de ces cratères.

_Composition minéralogique des roches_.--Dans les îles

septentrionales, les laves basaltiques paraissent généralement

contenir plus d'albite que dans la moitié méridionale de l'archipel;

mais presque toutes les coulées en renferment une quantité plus ou

moins grande. L'albite est associée assez souvent à l'olivine. Je n'ai

observé de cristaux déterminables d'augite ou de hornblende dans

aucun échantillon, à l'exception des grains fondus contenus dans les

fragments rejetés et dans le pic du petit cratère décrit plus haut. Je

n'ai rencontré aucun spécimen de vrai trachyte, quoique quelques-unes

des laves les plus pâles présentent une certaine ressemblance avec

cette roche lorsqu'elles contiennent en abondance de grands cristaux

d'albite vitreuse et rude au toucher; mais la pâte est toujours

fusible en émail noir. Ainsi que nous l'avons constaté plus haut,

les lits de cendres et les scories rejetées au loin manquent presque

toujours; et je n'ai vu ni un fragment d'obsidienne ni de pierre

ponce. Von Buch[15] croit que l'absence de ponce sur l'Etna provient

de ce que le feldspath y appartient à la variété Labrador; si la

présence de la ponce dépend de la nature du feldspath, il est

singulier qu'elle manque dans cet archipel et abonde dans les

Cordillères de l'Amérique méridionale, puisque dans ces deux régions

le feldspath appartient à la variété albitique. Par suite de l'absence

des cendres, et de la nature généralement inaltérable des laves de cet

archipel, les îles se couvrent lentement d'une maigre végétation et le

paysage présente un aspect désolé et sinistre.

_Soulèvement de la région_.--Les preuves du soulèvement de la contrée

sont rares et peu nettes. J'ai remarqué à l'île Chatham de grands

blocs de lave cimentés par une matière calcaire qui contenait des

coquilles récentes; mais ils se trouvaient à la hauteur de quelques

pieds seulement au-dessus de la laisse de haute mer. Un des officiers

m'a donné des fragments de coquilles qu'il avait trouvées à plusieurs

centaines de pieds au-dessus de la mer, empâtées dans le tuf de deux

cratères fort éloignés l'un de l'autre. Il est possible que ces

fragments aient été portés à l'altitude qu'ils occupent aujourd'hui,

par une éruption de boue; mais comme sur l'un des cratères ils étaient

associés à des coquilles d'huîtres brisées constituant en quelque

sorte un banc, il est plus vraisemblable que le tuf a été soulevé en

masse avec les coquilles. Les spécimens sont en si mauvais état que

tout ce qu'on peut y reconnaître, c'est qu'ils appartiennent à des

genres marins récents. Dans l'île Charles, j'ai observé une ligne de

grands blocs arrondis, entassés au sommet d'une falaise verticale, à

15 pieds au-dessus de la ligne où la mer s'élève aujourd'hui pendant

les tempêtes les plus violentes. Ce fait semblait d'abord constituer

une preuve évidente du soulèvement de la région, mais il était

absolument décevant, car je constatai plus tard sur une partie voisine

de la même côte, et j'appris de témoins oculaires, que partout où une

coulée récente de lave forme un plan incliné uni en entrant dans la

mer, les vagues, durant les tempêtes, _font rouler des blocs arrondis_

jusqu'à une grande hauteur au-dessus de la limite de leur action

ordinaire. Comme la petite falaise est formée ici par une coulée de

lave qui avant d'avoir été démolie devait plonger dans la mer en lui

présentant une surface doucement inclinée, il est possible, ou plutôt

il est probable que les blocs arrondis qui gisent maintenant à son

sommet soient simplement les restes de ceux qui ont été élevés à

leur altitude actuelle en _roulant_ sur le plan incliné pendant les

tempêtes.

_Direction des fentes d'éruption_.--Dans cet archipel, les orifices

volcaniques ne peuvent pas être considérés comme distribués au hasard.

Trois grands cratères de l'île Albemarle forment une ligne nette qui

s'étend du N.-N.-W. au S.-S.-E. L'île Narborough et le grand cratère

situé dans la partie rectangulaire de l'île Albemarle dessinent

une seconde ligne parallèle à la première. Vers l'est, l'île Hood

détermine, avec les îles et les rochers qui sont situés entre elle et

l'île James, une autre ligne presque parallèle, dont le prolongement

passe par les îles Culpepper et Wenman situées à 70 milles au nord.

Les autres îles, qui se trouvent plus à l'est, forment une quatrième

ligne moins régulière. Plusieurs d'entre elles et les orifices

volcaniques de l'île Albemarle sont disposés de telle sorte qu'ils se

trouvent sur une série de lignes approximativement parallèles, coupant

les premières lignes à angles droits; il en résulte que les principaux

cratères paraissent être situés aux points où deux séries de fissures

se croisent. Les îles elles-mêmes, à l'exception de l'île Albemarle,

ne sont pas allongées dans le même sens que les lignes sur lesquelles

elles se trouvent. L'orientation de ces îles est à peu près la même

que celle qui domine d'une manière si remarquable dans les nombreux

archipels de l'océan Pacifique. Je dois faire observer, enfin, que

dans les îles Galapagos il n'y a pas de cratère qui domine les autres,

c'est-à-dire d'orifice volcanique principal beaucoup plus élevé

que tous les autres cratères, comme on le remarque dans plusieurs

archipels volcaniques; le cratère le plus élevé est le grand remblai

situé à l'extrémité sud-ouest de l'île Albemarle, et qui ne dépasse

que de 1.000 pieds seulement plusieurs autres cratères voisins.

Notes:

[1] Je ne comprends pas dans cette évaluation les petites îles

volcaniques de Culpepper et de Wenman, situées à 70 milles au nord du

groupe. On voit des cratères dans toutes les îles de l'archipel,

sauf dans l'île Towers, qui est l'une des plus basses; cette île est

formée, cependant, de roches volcaniques.

[2] Les concrétions contenant de la chaux, que j'ai décrites à

l'Ascension comme formées dans un lit de cendres, offrent un certain

degré de ressemblance avec cette substance, mais leur cassure n'est

pas résineuse. J'ai trouvé également à Sainte-Hélène des veines d'une

substance plus ou moins semblable; elle était compacte mais non

résineuse, et se présentait dans un lit de cendres ponceuses qui ne

contenait probablement pas de matière calcaire: l'action de la chaleur

n'avait pu intervenir dans aucun de ces deux cas.

[3] Les géologues qui restreignent le terme de «tuf» aux cendres

blanches provenant de la trituration de laves feldspathiques,

donneraient le nom de «peperino» à ces couches colorées en brun.

[4] M. Elie de Beaumont a décrit (_Mémoires pour servir_, etc., t.

VI, p. 113) plusieurs «petits cirques d'éboulement» qu'on observe sur

l'Etna et dont l'origine est connue historiquement, au moins pour

quelques-uns d'entre eux.

[5] Sir G. Mackensie (_Travels in Iceland_, p. 389 à 392) a décrit une

plaine de lave s'étendant au pied de l'Hécla, et qui est soulevée de

tous côtés en grandes bulles ou grandes ampoules. Sir George rapporte

que cette lave caverneuse constitue la couche superficielle. Le même

fait est affirmé par Von Buch (_Description des îles Canaries_, p.

139) au sujet de la coulée basaltique qui se trouve près de Rialejo à

Ténérife. Il semble singulier que les coulées supérieures soient plus

caverneuses que les autres, car on ne voit aucune raison pour que les

coulées, tant les plus élevées que les plus inférieures, n'aient pas

toutes subi une action identique, à des époques différentes.--Les

coulées inférieures se sont-elles répandues sous la mer, et ont-elles

été comprimées par sa pression au point de s'aplatir, postérieurement

au passage des masses gazeuses qui les ont traversées?

[6] Dans les Cordillères du Chili j'ai vu des laves ressemblant

beaucoup à cette variété de l'archipel des Galapagos. Elle renfermait

pourtant, outre l'albite, des cristaux d'augite nettement formés,

et la pâte offrait une couleur un peu plus pâle, due peut-être à

l'agrégation des particules augitiques. Je dois faire remarquer ici

que, dans tous les cas dont il s'agit, je désigne sous le nom d'albite

les cristaux de feldspath dont les clivages, mesurés au goniomètre

à réflexion, répondent à ceux de ce minéral. Cependant, comme on a

découvert dans ces derniers temps que d'autres espèces de la même

famille présentent des clivages très voisins de ceux de l'albite,

cette détermination doit être considérée comme purement provisoire.

J'ai étudié les cristaux contenus dans les laves de diverses parties

de l'archipel des Galapagos, et j'ai reconnu que, sauf quelques

cristaux provenant d'un seul point de l'île James, ils ne présentaient

jamais les clivages de l'orthose ou feldspath potassique.

[7] _Description des Isles Canaries_, p. 295.

[8] De Humboldt rapporte qu'il prit pour de l'olivine un minéral

augitique vert, que l'on trouve dans les roches volcaniques de la

Cordillère de Quito.

[9] La forme irrégulière et anguleuse des vacuoles est probablement

due à la manière irrégulière dont cède à la pression des gaz une masse

formée de cristaux solides et de pâte visqueuse en proportions à peu

près égales. Comme on pouvait s'y attendre, il semble certain que,

dans la lave qui a possédé une grande fluidité ou un grain uniforme,

les vacuoles sont sphériques et leurs parois intérieures lisses.

[10] Un spécimen de lave basaltique renfermant quelques petits

cristaux d'albite brisés, et qui m'a été donné par un des officiers,

mérite peut-être une description. Il consiste en ramifications

cylindriques, dont quelques-unes n'ont que 1/20e de pouce de diamètre

et sont étirées en pointes très aiguës. La masse n'a pas été formée,

comme une stalactite, car les pointes sont dirigées tantôt vers le

haut, tantôt vers le bas. Des globules dont le diamètre n'est que de

1/40e de pouce sont tombés de quelques-unes des pointes et adhèrent

aux ramifications voisines. La lave est vésiculaire, mais les vacuoles

n'atteignent jamais la surface des branches, qui sont unies et

luisantes. Comme on croit généralement que les vacuoles sont toujours

allongées suivant la direction du mouvement de la masse fluide, je

dois faire observer que toutes les vacuoles sont sphériques dans ces

branches cylindriques dont le diamètre varie de 1/4 à 1/20e de pouce.

Observations Géologiques sur les Îles Volcaniques Explorées par l'Expédition du "Beagle" Et Notes sur la Géologie de l'Australie et du Cap de Bonne-Espérance · 第 12 / 18 段