Comme il n'y a pas d'issue pour l'eau de pluie, qui ruisselle le long

des parois de la cavité en forme de ravin d'où s'échappe la vapeur,

toute la masse doit passer au travers des fissures qui sont au fond

de cette cavité et s'infiltrer dans le sol. Quelques habitants

m'ont rapporté que, d'après la tradition, des flammes (un phénomène

lumineux?) s'étaient échappées autrefois de ces fissures, et qu'aux

flammes avaient succédé des émanations de vapeur; mais il m'a été

impossible d'obtenir des renseignements certains, quant à la date à

laquelle ces faits se seraient produits, ni sur les faits eux-mêmes.

L'étude des lieux m'a conduit à supposer que l'injection d'une grande

masse rocheuse semi-fluide, comme serait le cône de phonolite à

Fernando Noronha, en soulevant en voûte la surface du sol, peut avoir

déterminé la formation d'une cavité en forme de coin à fond crevassé,

et que l'eau des pluies, pénétrant jusqu'au voisinage des masses à

haute température, a été transformée en vapeur et expulsée sous cette

forme pendant une longue suite d'années.

_Tahiti (Otaheite)_.--Je n'ai visité qu'une partie de la région

nord-ouest de cette île, elle est entièrement formée de roches

volcaniques. Près de la côte on observe plusieurs variétés de basalte,

dont les unes abondent en grands cristaux d'augite et en olivine

altérée, et dont d'autres sont compactes et terreuses;--quelques-unes

sont légèrement vésiculaires, et d'autres parfois amygdaloïdes.

Ces roches sont d'habitude fortement décomposées, et, à ma grande

surprise, je remarquai que dans plusieurs coupes il était impossible

de distinguer, même approximativement, la ligne de séparation entre la

lave décomposée et les lits de tuf alternant avec elle. Depuis que

les échantillons se sont desséchés, il est cependant plus facile de

distinguer les roches ignées décomposées des tufs sédimentaires. Je

pense que l'on peut expliquer cette transition de caractères entre des

roches dont l'origine est aussi différente, par le fait que les parois

des cavités vésiculaires, qui occupent une grande partie de la

masse dans plusieurs roches volcaniques, ont cédé sous la pression,

lorsqu'elles étaient ramollies par l'action de la chaleur. Comme le

nombre et la dimension des vacuoles s'accroissent généralement dans

les parties supérieures d'une coulée de lave, les effets de leur

compression s'accroîtront en même temps. En outre, chaque vacuole

située plus bas doit contribuer, en cédant sous la pression, à

déranger toute la masse pâteuse qui la surmonte. Nous pouvons donc

nous attendre à trouver une gradation complète depuis une roche

cristalline non modifiée jusqu'à une roche dont toutes les particules

(quoique faisant partie, à l'origine, d'une même masse solide) ont

subi un déplacement mécanique; et ces particules pourront être

difficilement distinguées d'autres dont la composition est la même,

mais qui ont été déposées comme matières sédimentaires. Puisque des

laves sont quelquefois laminées à leur partie supérieure, on comprend

que des lignes horizontales, rappelant celles des dépôts aqueux,

ne peuvent pas dans tous les cas être envisagées comme une preuve

d'origine sédimentaire. Si l'on tient compte de ces considérations, on

ne sera pas surpris qu'autrefois beaucoup de géologues aient cru qu'il

existait des transitions réelles réunissant les dépôts aqueux, en

passant par la wacke, aux trapps ignés.

Dans la vallée de Tia-auru, les roches les plus fréquentes sont des

basaltes riches en olivine, et parfois presque entièrement composés de

grands cristaux d'augite. J'ai recueilli quelques spécimens contenant

beaucoup de feldspath vitreux et dont le caractère se rapproche de

celui du trachyte. On rencontre aussi un grand nombre de gros blocs de

basalte scoriacé dont les cavités sont tapissées de chabasie (?) et de

mésotype fibro-rayonné. Quelques-uns de ces spécimens offraient une

apparence singulière, due à ce qu'une partie des vacuoles étaient à

moitié remplies d'un minéral mésotypique blanc, tendre et terreux,

qui gonflait sous le chalumeau d'une manière remarquable. Comme les

surfaces supérieures, dans toutes les vacuoles à moitié remplies,

sont exactement parallèles, il est évident que cette substance est

descendue au fond de chaque vacuole sous l'action de son propre poids.

Parfois cependant les vacuoles sont complètement remplies. D'autres

vacuoles sont ou bien remplies, ou bien tapissées de petits cristaux

qui paraissent être de la chabasie; fréquemment aussi ces cristaux

tapissent la moitié supérieure des vacuoles qui sont partiellement

remplies par le minéral terreux, ainsi que la surface supérieure de

cette dernière substance; dans ce cas les deux minéraux semblent se

fondre l'un dans l'autre. Je n'ai jamais vu une roche amygdaloïdale[2]

dont les vacuoles fussent à moitié remplies comme celles que nous

venons de décrire; il est difficile de découvrir la cause pour

laquelle ce minéral terreux s'est déposé au fond des vacuoles sous

l'influence de son propre poids, et pour quelle raison le minéral

cristallin s'est déposé en enduit d'épaisseur uniforme sur les parois

des vacuoles.

Sur les flancs de la vallée, les bancs basaltiques sont doucement

inclinés vers la mer, et je n'ai observé nulle part qu'ils fussent

dérangés de leur position normale; ils sont séparés l'un de l'autre

par des lits épais et compacts de conglomérats à fragments volumineux,

quelquefois arrondis, mais généralement anguleux. Le caractère de

ces bancs, l'état compact et la nature cristalline de la plupart

des laves, ainsi que la nature des minéraux qui s'y sont formés

par infiltration, me portent à croire que la coulée s'est étalée

primitivement sous la mer. Cette conclusion s'accorde avec le fait que

le Rév. W. Ellis a rencontré, à une altitude considérable, des restes

d'organismes marins dans des couches qu'il croit interstratifiées avec

des matières volcaniques. De plus, MM. Tyermann et Bennet ont signalé

des faits semblables à Huaheine, autre île de cet archipel; en outre,

M. Stutchbury a découvert une couche de corail semi-fossile au sommet

d'une des montagnes les plus élevées de Tahiti, à l'altitude de

plusieurs milliers de pieds. Aucun de ces restes fossiles n'a été

déterminé spécifiquement. J'ai vainement cherché la trace d'un

soulèvement récent sur la côte, où les grandes masses coraliennes qui

s'y trouvent en auraient fourni des preuves irréfutables. Je renvoie

le lecteur à mon ouvrage sur la _Structure et la Distribution des

récifs coraliens_, pour les citations des auteurs dont j'ai parlé et

pour l'exposition détaillée des raisons qui m'empêchent de croire que

Tahiti a subi un soulèvement récent.

_Maurice_.--Lorsqu'on approche de cette île du côté du N. ou du N.-W.,

on voit une chaîne recourbée de montagnes escarpées, surmontées de

pics très abrupts, dont le pied surgit d'une zone unie de terrain

cultivé, qui s'incline doucement jusqu'à la côte. La première

impression qu'on éprouve est que la mer atteignait, à une époque peu

reculée, le pied de ces montagnes, et après un examen attentif cette

impression se confirme, au moins pour la partie inférieure de cette

zone. Divers auteurs[3] ont décrit des masses de roche corallienne

soulevées sur la plus grande partie de la circonférence de l'île.

Entre Tamarin Bay et Great Black River j'ai observé avec le capitaine

Lloyd deux monticules de roche corallienne, dont la partie inférieure

est formée de grès calcareux dur, et la partie supérieure, de grands

blocs à peine agrégés, constitués par des Astrées, des Madrépores et

des fragments de basalte; ils étaient disposés en bancs plongeant vers

la mer sous un angle qui dans un cas était de 8 et dans un autre de

18°; ils semblaient avoir été exposés à l'action des vagues, et ils

s'élevaient brusquement à la hauteur d'environ 20 pieds, d'une surface

unie jonchée de débris organiques roulés. L'_Officier du Roi_ a décrit

dans son intéressant voyage autour de l'île, en 1768, des masses de

roches coralliennes soulevées, conservant encore cette structure en

forme de fossé (V. mon ouvrage sur les récifs coralliens, p. 54)

caractéristique pour les récifs vivants. J'ai observé sur la côte,

au nord de Port-Louis, que la lave était cachée, sur une distance

considérable dans la direction du centre de l'île, par un conglomérat

de coraux et de coquilles, semblables à ceux de la plage, mais

cimentés par une matière ferrugineuse rouge. M. Bory de Saint-Vincent

a décrit des lits calcareux semblables s'étendant sur la plaine de

Pamplemousses presque tout entière. En retournant de grandes pierres

qui gisaient dans le lit d'une rivière, à l'extrémité d'une crique

abritée, près de Port-Louis et à quelques yards au-dessus du niveau

des fortes marées, j'ai trouvé plusieurs coquilles de serpules encore

adhérentes à la face inférieure de ces pierres.

Les montagnes dentelées voisines de Port-Louis s'élèvent à la hauteur

de 2 à 3.000 pieds; elles sont constituées par des couches de basalte,

séparées les unes des autres, d'une manière peu nette, par des bancs

de matières fragmentaires fortement agrégés, et elles sont coupées par

quelques dikes verticaux. Ce basalte, généralement compact, abonde

dans certaines parties en grands cristaux d'augite et d'olivine.

L'intérieur de l'île est une plaine, élevée probablement d'environ

1.000 pieds au-dessus du niveau de la mer, et formée par des nappes de

lave qui se sont répandues autour des montagnes basaltiques ravinées

et ont comblé les vallées qui les séparent. Ces laves plus récentes

sont également basaltiques, mais moins compactes, et un certain nombre

d'entre elles abondent en feldspath au point qu'elles fondent en un

verre de couleur pâle. Sur les bords de Great River on peut voir

une coupe d'environ 500 pieds de hauteur, qui met à découvert de

nombreuses nappes minces de lave basaltique séparées les unes des

autres par des lits de scories. Ces laves paraissent d'origine

subaérienne et semblent s'être écoulées de divers points d'éruption

situés sur le plateau central, dont le plus important est, dit-on, le

Piton du Milieu. Il y a aussi plusieurs cônes volcaniques qui sont

probablement de cette même période moderne, répartis sur le pourtour

de l'île, spécialement à l'extrémité septentrionale, où ils forment

des îlots séparés.

L'ossature principale de l'île est formée par les montagnes de basalte

plus compact et plus riche en cristaux. M. Bailly[4] affirme que

toutes ces montagnes «se développent autour d'elle comme une ceinture

d'immenses remparts, toutes affectant une pente plus ou moins inclinée

vers le rivage de la mer, tandis que, au contraire, vers le centre de

l'île elles présentent une coupe abrupte et souvent taillée à pic.

Toutes ces montagnes sont formées de couches parallèles inclinées du

centre de l'île vers la mer». Ces observations ont été discutées d'une

manière générale par M. Quoy, dans le _Voyage de Freycinet_. J'ai

constaté leur parfaite exactitude pour autant que les moyens

d'observation insuffisants dont je disposais m'aient permis de le

faire[5]. Les montagnes que j'ai visitées dans le nord-ouest de l'île,

notamment La Pouce, Peter Botts, Corps de Garde, Les Mamelles, et

probablement une autre encore située plus au sud, offrent précisément

la forme externe et la disposition des couches décrites par M. Bailly.

Elles constituent le quart environ de sa ceinture de remparts. Quoique

ces montagnes soient aujourd'hui isolées, et séparées les unes des

autres par des brèches, dont la largeur atteint même plusieurs milles,

au travers desquelles se sont répandus des déluges de lave partis

de l'intérieur de l'île, pourtant en voyant les grandes analogies

qu'elles présentent, on reste convaincu qu'elles ont fait partie, à

l'origine, d'une seule masse continue. A en juger d'après la belle

carte de l'île Maurice publiée par l'Amirauté d'après un manuscrit

français, il existe à l'autre extrémité de l'île une chaîne de

montagnes (M. Bambou) correspondant comme hauteur, position relative

et forme extérieure, à celle que je viens de décrire. Il est douteux

que la ceinture ait jamais été complète, mais on peut conclure avec

certitude de ce qu'avance M. Bailly et de mes propres observations,

qu'à une certaine époque des montagnes, formées de couches inclinées

vers l'extérieur et présentant vers l'intérieur des flancs à pic,

s'étendaient sur une grande partie de la circonférence de l'île. La

ceinture semble avoir été ovale et de très grandes dimensions, car son

petit axe, mesuré entre la partie interne des montagnes voisines de

Port-Louis et celles des environs de Grand-Port, n'a pas moins de 13

milles géographiques de longueur. M. Bailly ne craint pas d'admettre

que ce vaste golfe, comblé ultérieurement en grande partie par des

coulées de lave modernes, a été formé par l'affaissement de toute la

partie supérieure d'un grand volcan.

Il est singulier de voir sous combien de rapports concorde l'histoire

géologique de ces parties des îles San Thiago et Maurice que j'ai

visitées. Dans les deux îles la ligne des côtes est suivie par une

chaîne courbe de montagnes présentant la même forme extérieure, la

même stratification et la même composition (tout au moins en ce qui

concerne les couches supérieures). Dans les deux cas ces montagnes

semblent avoir fait partie, à l'origine, d'une masse continue. Si on

compare la structure compacte et cristalline des couches de basalte

qui les constituent avec celle des coulées basaltiques voisines, de

formation subaérienne, on est conduit à admettre que les premières

se sont étalées en nappes sur le fond de la mer et qu'elles ont été

émergées ensuite. Nous pouvons supposer que les larges brèches entre

les montagnes ont été, dans les deux cas, ouvertes par l'action des

vagues, pendant leur soulèvement graduel, phénomène qui a continué à

se produire encore à une période relativement récente, dans chacune

de ces îles, ainsi que le montrent des preuves évidentes qu'on peut

constater sur leurs rivages. Dans ces deux îles, de grandes coulées de

laves basaltiques plus récentes, émises du centre de l'île, se sont

étalées autour des anciennes collines basaltiques et ont comblé les

vallées qui les séparaient; en outre, des cônes d'éruptions récentes

ont surgi sporadiquement sur le pourtour des deux îles; enfin, pas

plus à San Thiago qu'à Maurice on ne constate d'éruption durant la

période historique. Comme on l'a fait remarquer dans le dernier

chapitre, il est probable que ces anciennes montagnes basaltiques, qui

ressemblent, à bien des égards, à la partie inférieure ruinée de deux

énormes volcans, doivent leur forme actuelle, leur structure et leur

position à l'action de causes semblables.

_Rochers de Saint-Paul_.--Cette petite île est située dans l'océan

Atlantique, à 1° environ, au nord de l'Équateur, et à 540 milles de

l'Amérique du Sud, par 29°15' de longitude ouest. Son point culminant

ne s'élève qu'à 50 pieds à peine au-dessus du niveau de la mer; ses

contours sont irréguliers, et sa circonférence entière ne mesure que

trois quarts de mille. Cette petite pointe rocheuse s'élève à pic dans

l'Océan; et, sauf sur sa côte ouest, les sondages qu'on a opérés n'ont

pas atteint le fond, même à la faible distance d'un quart de mille du

rivage. Elle n'est pas d'origine volcanique, et à cause de ce fait,

qui est le plus saillant de son histoire comme nous le verrons plus

loin, il n'y aurait pas lieu d'en traiter dans cet ouvrage. Cette

île est formée de roches qui diffèrent de toutes celles que j'ai

rencontrées, et je ne saurais les caractériser par aucun nom; je dois

donc les décrire.

La variété la plus simple, et qui est aussi l'une des plus abondantes,

est une roche très compacte, lourde, d'un noir verdâtre, à cassure

anguleuse et irrégulière; certaines arêtes sont assez dures pour rayer

le verre, et la roche est infusible. Cette variété passe à d'autres

d'un vert plus pâle, moins dures, mais dont la cassure est plus

cristalline, translucides sur les bords et qui sont fusibles en un

émail vert. Plusieurs variétés sont caractérisées principalement par

le fait qu'elles contiennent d'innombrables filaments de serpentine

vert sombre, et que leurs interstices sont remplis par une matière

calcaire. Ces roches ont une structure concrétionnée peu visible, et

sont remplies de pseudo-fragments anguleux de coloration variée. Ces

pseudo-fragments anguleux sont formés par la roche vert sombre décrite

en premier lieu, par une variété brune, plus tendre, de serpentine et

par une roche jaunâtre, rude au toucher, et qui doit probablement être

rapportée à une roche serpentineuse. Il y a encore dans l'île d'autres

roches, tendres, vésiculaires et de nature calcaréo-ferrugineuse. On

n'observe pas de stratification bien distincte, mais une partie des

roches est imparfaitement laminaire, et tout l'ensemble est veiné par

des filons de diverses dimensions et des masses ressemblant à des

veines, dont quelques-unes, qui sont calcaires et renferment de petits

fragments de coquilles, sont incontestablement d'origine postérieure

aux autres.

_Incrustation luisante_.--Une grande partie de ces roches sont

revêtues d'une substance polie et luisante, à éclat perlé,

blanc-grisâtre; cet enduit suit toutes les irrégularités de la surface

à laquelle il adhère fortement. En examinant cette substance à la

loupe, on reconnaît qu'elle est formée d'un grand nombre de couches

excessivement minces, dont l'épaisseur totale atteint environ un

dixième de pouce. Cette matière est beaucoup plus dure que le spath

calcaire, mais elle peut être rayée au couteau. Au chalumeau elle

s'exfolie, décrépite, noircit légèrement, émet une odeur fétide

et devient fortement alcaline; elle ne fait pas effervescence aux

acides[6]. Je suppose que cette substance a été déposée par l'eau

qui filtre au travers des excréments d'oiseaux dont les rochers

sont couverts. J'ai observé à l'île de l'Ascension des masses

stalactitiques irrégulières paraissant être de la même nature, près

d'une cavité de la roche qui était remplie d'une masse lamelleuse

formée de fiente d'oiseaux amenée là par l'infiltration. Lorsqu'on

les casse, ces masses offrent une texture terreuse, mais, à la

partie externe et surtout à leur extrémité, elles sont formées

d'une substance perlée, ordinairement disposée en petits globules,

ressemblant à l'émail des dents, mais plus fortement translucide, et

assez dure pour rayer le verre. Cette substance noircit légèrement au

chalumeau, dégage une odeur désagréable, devient ensuite absolument

blanche en se boursouflant un peu, et fond en un émail blanc terne;

elle ne devient pas alcaline et ne fait pas effervescence aux acides.

Toute la masse offre un aspect ridé, comme si elle s'était fortement

contractée lors de la formation de la croûte dure et luisante. Aux

îles Abrolhos sur la côte du Brésil, où le guano abonde, j'ai trouvé,

en grande quantité, une substance brune, arborescente, adhérant à une

roche trappéenne. Cette substance ressemble beaucoup, sous sa forme

arborescente, à quelques-unes des variétés ramifiées de Nullipores.

Elle présente, au chalumeau, les mêmes caractères que les spécimens

provenant de l'Ascension; mais elle est moins dure et moins brillante,

et sa surface n'a pas l'aspect ridé.

Notes:

[1] Spallanzani, Dolomieu et Hoffmann ont décrit des faits analogues

dans les îles volcaniques d'Italie. Dolomieu dit (_Mémoire sur les

Isles Ponces_, p. 86) qu'aux îles Ponta le fer a été redéposé sous

forme de veines. Ces auteurs croient aussi que la vapeur dépose de

la silice; il est démontré expérimentalement aujourd'hui qu'à haute

température la vapeur peut dissoudre la silice.

[2] Cependant Mac-Culloch a décrit et a figuré (_Geolog. Trans. 1st

series_, vol. IV, p. 225) un trapp dont les cavités étaient remplies

de quartz et de calcédoine disposés en zones horizontales. La moitié

supérieure de ces cavités est souvent remplie par des couches qui

suivent toutes les irrégularités de la surface, et par de petites

stalactites suspendues, formées des mêmes substances siliceuses.

[3] Dans Hooker, _Bot. Misc_., vol. II, p. 301, le capitaine

Carmichael. Le capitaine Lloyd a décrit récemment quelques-unes de ces

masses avec beaucoup de soin dans les _Proceedings of the geological

Society_ (vol. III, p. 317). Plusieurs faits intéressants sont

rapportés sur ce sujet dans le _Voyage à l'Isle de France_, par un

_Officier du Roi_. Consulter aussi _Voyage aux quatre Isles d'Afrique_

par M. Bory de Saint-Vincent.

[4] _Voyages aux Terres australes_, t. I, p. 54.

[5] M. Lesson semble admettre les idées de M. Bailly dans la

déscription qu'il a faite de l'île dans le _Voyage de la «Coquille»_.

[6] J'ai décrit cette substance dans mon _Journal_. Je la croyais

alors constituée par un phosphate de chaux impur.

CHAPITRE III

ASCENSION

Laves basaltiques.--Nombreux cratères tronqués du même

côté.--Structure singulière de bombes volcaniques.--Explosions

de masses gazeuses.--Fragments granitiques éjaculés.--Roches

trachytiques.--Veines remarquables.--Jaspe, son mode de

formation.--Concrétions dans le tuf ponceux.--Dépôts calcaires et

incrustations dendritiques sur la côte.--Couches laminées alternant

avec de l'obsidienne et passant à cette roche.--Origine de

l'obsidienne.--Lamination des roches volcaniques.

Cette île est située dans l'océan Atlantique, par 8° lat. S. et 14°

long. W. Elle a la forme d'un triangle irrégulier (Voir la carte

ci-jointe), dont chaque côté mesure environ 6 milles de longueur. Son

point culminant se trouve à 2.870 pieds[1] au-dessus du niveau de la

mer. Elle est entièrement volcanique, et, vu l'absence de preuves

contraires, je la crois d'origine subaérienne. La roche fondamentale

est de nature feldspathique, elle offre partout une couleur pâle, et

elle est généralement compacte. Dans la région sud-est de l'île, qui

est aussi la plus élevée, on trouve du trachyte bien caractérisé et

d'autres roches analogues appartenant à cette famille lithologique si

variée. La circonférence presque tout entière est couverte de coulées

de lave basaltique noire et rugueuse: on y voit poindre de-ci de-là

une colline ou une simple pointe de rocher constituées par du trachyte

qui n'a pas été recouvert. L'un de ces pointements, près du bord de la

mer, au nord du fort, n'a que 2 ou 3 yards de diamètre.

Observations Géologiques sur les Îles Volcaniques Explorées par l'Expédition du "Beagle" Et Notes sur la Géologie de l'Australie et du Cap de Bonne-Espérance · 第 4 / 18 段