[Footnote O: «... Car auprès de Chram était aussi un certain _Lion de

Poitiers_, violent aiguillon pour le pousser à tous les excès; bien

digne de son nom, il déployait la cruauté d'un _lion_ pour satisfaire à

tous ses désirs; on prétend qu'un jour il osa dire que saint Martin et

saint Martial, les confesseurs du Seigneur, n'avaient rien laissé au

fisc qui vaille, etc.» (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv.

IV, chap. XVI.)]

[Footnote P: _Imnachair_ et _Spatachair_ étaient les premiers affidés

du roi Chram; un jour il leur dit: «Allez et arrachez par force de

l'église Firmin et Césarie, sa belle-mère. Chram résidait à Clermont,

réunissant des personnes de vile condition, et dans la fougue de la

jeunesse il les adoptait exclusivement pour amis et conseillers, leur

livrait des filles de nobles et _donnait même des diplômes pour les

faire enlever de force_.... L'évêque Cautin sortit un jour de la ville

vivement affligé, craignant d'éprouver en route quelque accident, car le

roi Chram lui faisait aussi des menaces.» (Grégoire de Tours, _Histoire

des Franks_, liv. IV, chap. XIII.)]

[Footnote Q: Cependant Chram commettait toutes sortes de violences en

Auvergne, et était toujours l'ennemi déclaré de l'évêque Cautin. En ce

temps, Chram fut dangereusement malade, et ses cheveux tombèrent par

suite d'une fièvre violente. (Grégoire de Tours, liv. IV, chap. XVI.)]

[Footnote R: _Vie privée des Français_, par E. de la Bédollière.]

[Footnote S: Des chevaux, des mules, des boeufs et divers genres de

voitures, entretenus aux frais du fisc, faisaient le service ordinaire

pour le transport des officiers et des messages publics, et en général

de tout ce qui était expédié au nom du roi. Mais au défaut ou dans

l'insuffisance de moyens ordinaires, les particuliers étaient requis,

pour y suppléer, de fournir leurs animaux, tant de trait que de somme.

Les voitures devaient être attelées de deux paires de boeufs, et la

charge d'une voiture ne pouvait excéder quinze cents livres romaines.

C'était cette espèce de transport public extraordinaire, mis à la charge

des particuliers, qu'on désignait sous le nom d'_angarie_, lorsqu'il se

faisait sur les grandes routes, et sous celui de _parangarie_ s'il avait

lieu par d'autres voies.

Les charrois ou angaries se faisaient quelquefois pour des lieux assez

éloignés; or, la loi des Bavarois porte que les colons et les serfs

feront les angaries avec leurs voitures pour cinquante lieues de

distance, mais qu'ils ne seront pas obligés d'aller plus loin. Cette

limitation montre elle-même combien cette espèce de service était

onéreux. Les officiers publics l'aggravaient encore en abusant, à cet

égard, de leur autorité, et même en exigeant pour leur propre compte des

angaries qui ne leur étaient pas dues. Aussi trouvons-nous dans les lois

des dispositions contre cet abus: «Que le comte, le vicaire et

l'intendant, dit la loi des Visigoths, se gardent bien d'aggraver à leur

profit la condition des peuples, par des indictions, des exactions, des

travaux et des angaries.» (Guérard, _Polyptique d'Irminon_.)]

[Footnote T: Sa gloire le roi Chram. (Grégoire de Tours, liv. IV, chap.

XIX.)]

[Footnote U: Il faudrait nombrer vingt miracles pareils cités dans

Grégoire de Tours, miracles effectués grâce à une connaissance locale de

l'état atmosphérique.]

[Footnote V: Guérard (_Polyptique de l'abbé Irminon_), du tarif comparé

de la _composition_ des _antrustions_ et des _leudes_, t. I, p. 346.]

[Footnote X: «Chram quittant Clermont vint à Poitiers; tandis qu'il y

résidait avec toute la puissance d'un maître séduit par les conseils

d'un méchant, il songeait à ourdir un complot contre son père... Chram

retourna dans le Limousin et réduisit sous sa domination cette partie du

royaume de son père... Plus tard le rusé Chram fit annoncer à ses

frères, par un étranger, la mort de son père... Chram s'avança avec son

armée jusqu'à Châlons-sur-Saône, ravageant tout sur son passage, etc.

(Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, chap. XVI.)]

[Footnote: Y et Z: La fête des _Kalendes_ (_Kalendæ_, _festum

Kalendarum_) avait lieu au renouvellement de l'année, aux _Kalendes_ de

janvier. Cette fête, d'origine païenne, fut conservée par les chrétiens.

On s'y livrait, avec une sorte de fureur, aux danses les plus obscènes:

on y paraissait, en outre, ce qui était de nature à provoquer bien des

excès, sous les déguisements les plus étranges. Les uns avaient des

habits de femme, les autres étaient couvers du peaux de bêtes. L'Église

essaya de réprimer les désordres des _Kalendes_: elle alla jusqu'à

vouloir substituer à la fête annuelle des jeûnes et des prières. Elle ne

réussit pas. (_Voyez_ les textes accumulés dans Ducange.) Il y a plus:

les laïques ayant peu à peu cessé de prendre part aux réjouissances du

renouvellement de l'année, les évêques, les abbés, les prêtres,

recueillirent, dans le sanctuaire, les traditions du paganisme et

souvent ils célébrèrent dans leurs cathédrales ou leurs cloîtres, en y

mêlant les jeux les plus burlesques et les plus immoraux, la fête des

_Kalendes_. Seulement, cette fête avait changé de nom: elle était

devenue la fête des _Innocents_ ou des _Fous_. Elle tomba en désuétude à

l'approche des temps modernes; elle ne devait pas survivre à la barbarie

du moyen âge.

Voyez Ducange, _ad verbum_ KALENDÆ, Ed. Henschel.]

[Footnote AA: _Vie privée des Français_, par Émile de la Bédollière,

vol. I, p. 249.]

CHAPITRE IV.

[Footnote A: Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_, liv. IV, ch.

XVII. On y trouvera les détails de cette curieuse vendange armée.]

[Footnote B: Recueil de Marculf.]

[Footnote C: Voir la note sur les Ghildes.]

[Footnote: D, E, F: Le roi Clotaire marchait comme un nouveau David

allant combattre son fils Absalon, il s'écriait:--Seigneur, regarde-moi

du haut du ciel et juge ma cause, car je suis indignement outragé par

mon fils; vois et juge-nous avec équité et que ton jugement soit celui

que tu prononças entre Absalon et son père David.--On combattit des deux

côtés avec acharnement, Chram prit la fuite, il avait sur mer un

vaisseau tout préparé; mais tandis qu'il voulait mettre en sûreté sa

femme et ses filles, il fut surpris, saisi et enchaîné. Le roi Clotaire

ordonna qu'il fût brûlé avec sa femme et ses filles; on les enferma dans

la cabane d'un pauvre, et Chram, étendu sur un banc, fut étranglé avec

un mouchoir; ensuite on mit le feu à la cabane, et ainsi sa femme et ses

filles périrent avec lui. (Grégoire de Tours, _Histoire des Franks_,

liv. IV, chap. XX.)]

ÉPILOGUE.

LE MONASTERE DE CHAROLLES

ET LE PALAIS DE LA REINE BRUNEHAUT.

CHAPITRE PREMIER.

[Footnote: A, B: Ch. LXVIII, _De obedientia et humilitate_, règle de

SAINT-BENOÎT.]

[Footnote C: Ch. LXIX, _Que dans le monastère, nul n'ose en défendre un

autre_, règle de SAINT-BENOÎT.]

[Footnote D: Sismondi, _Histoire des Français_.]

[Footnote E: «... Les moines sentirent la nécessité de recourir à

quelque autre moyen; ils résistèrent ouvertement aux évêques, ils

refusèrent d'obéir à ses injonctions, de le recevoir dans le monastère;

plus d'une fois _ils repoussèrent à main armée ses envoyés_.... On

traita; les moines promirent de rentrer dans l'ordre, de faire quelques

présents à l'évêque s'il voulait s'engager à respecter désormais le

monastère, à ne point piller leurs biens, à les laisser jouir en paix de

leurs droits; l'évêque y consentit et donna au monastère une charte...

Ces chartes devinrent si fréquentes (en raison des fréquentes agressions

des évêques et des insurrections des moines), que l'on trouve la

rédaction officielle de ces chartes dans les formules de _Marculf_.

»... Quand nous arriverons à l'histoire des communes, vous verrez que

les chartes qu'elles arrachèrent à leurs seigneurs semblent avoir été

calquées sur ce modèle (ces chartes arrachées aux évêques par

l'insurrection des moines).» (Guizot, _Histoire de la Civilisation_, t.

I, p. 446-447.)]

FIN DES NOTES DU QUATRIÈME VOLUME.

TABLE DU QUATRIÈME VOLUME.

LA GARDE DU POIGNARD. KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE

VAGRE.--Prologue.--Les Korrigans. (395-529).

L'auteur aux abonnés des _Mystères du Peuple_.

CHAPITRE PREMIER. (De 529 à 615.) Le chant des _Vagres_ et des

_Bagaudes_.--Ronan et sa troupe.--La villa épiscopale.--L'évêque

Cautin.--Le comte Neroweg et l'ermite laboureur.--Prix d'un

fratricide.--La belle évêchesse.--Le souterrain des Thermes.--Les

flammes de l'enfer.--L'attaque.--Odille, la petite esclave.--Ronan le

Vagre.--Le jugement.--Prenons aux seigneurs, donnons au pauvre

monde.--Départ de la villa épiscopale.

CHAP. II. Un festin en Vagrerie.--Meurtres de Clotaire, nouveau roi

d'Auvergne, et miracles faits en sa faveur.--La ronde des

Vagres.--Karadeuk le Bagaude.--Loysik l'ermite.--Comment l'évêque Cautin

est miraculeusement enlevé au ciel par des Séraphins et comment il

descend fort promptement de l'empirée.--Le comte Neroweg et ses

leudes.--Attaques des gorges d'Allange.

CHAP. III. Le burg du comte Neroweg.--L'Ergastule, où sont retenus

prisonniers Ronan le Vagre, Loysik, l'ermite laboureur, l'évêchesse et

Odille.--Vie d'un seigneur frank et de ses leudes dans son château, vers

le milieu du sixième siècle (558).--Le festin.--Le _mâhl_.--L'épreuve

des fers brûlants et de l'eau froide.--L'appartement des

femmes.--Godégisèle, cinquième épouse du comte Neroweg.--Ce qu'elle

apprend du meurtre de Wisigarde, quatrième femme du comte.--L'enfer et

le clerc.--Chram, fils de Clotaire, roi de France, arrive au burg du

comte.--Suite de Chram ou _truste_ royale.--Leudes campagnards et

_antrustions_ de cour.--Le _Lion de Poitiers_.--_Imnachair_ et

_Spatachair_.--Irrévérence de ces jeunes seigneurs à l'endroit du

bienheureux évêque Cautin, qui confond ces incrédules par un nouveau

miracle.--But de la visite de Chram au comte Neroweg.--Torture de Ronan

et de Loysik destinés à périr le lendemain avec la belle évêchesse et la

petite Odille.--Le bateleur et son ours.--Ce qu'il advient de la

présence de cet homme et de cet ours dans le burg du comte.

CHAP. IV. Ronan le Vagre revient en Bretagne accomplir le dernier voeu

de son père Karadeuk.--Il retrouve Kervan, frère de son père.--Ce qui

est advenu à Ronan le Vagre, avant et durant son voyage.

KARADEUK LE BAGAUDE ET RONAN LE VAGRE.--ÉPILOGUE.--LE MONASTÈRE DE

CHAROLLES ET LE PALAIS DE LA REINE BRUNEHAUT (560-615). CHAPITRE

PREMIER. La vallée de Charolles.--L'anniversaire.--Le monastère.--Une

communauté laïque et une colonie libre au septième siècle.--Condition

des moines et des colons.--Le bac.--L'archidiacre Salvien et Gondowald,

chambellan de la reine Brunehaut.--La fête.--Les vieux Vagres.--Les

prisonniers.--Départ de Loysik pour le château de la reine Brunehaut.

L'auteur aux abonnés. 305

Notes.

FIN DE LA TABLE DU QUATRIÈME VOLUME.

Paris.--Imprimerie de madame veuve Dondey-Dupré, rue Saint-Louis, 46, au

Marais.

[Illustration: Les Vagres. Mort aux Oppresseurs. Liberté aux Esclaves.]

[Illustration: La petite Odille.]

[Illustration: L'Ermite laboureur.]

[Illustration: L'Epreuve des fers rouges.]

[Illustration: Le Gynecée d'un seigneur frank.]

[Illustration: Karadeuk le Bagaude.]

[Illustration: La Plaine embrasée.]

[Illustration: La mort du roi Chram et de sa famille.]

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Les mystères du peuple, Tome IV Histoire d'une famille de prolétaires à travers les âges · 第 26 / 26 段