NOTE DE L'ÉDITEUR.

.......................... Narrate, Puellæ

Pierides; prosit mihi vox dixisse Puellas.

JUV. _sat._ IV, _v. 35_.

Vierges du mont Piérie, entendez-vous le nom que je vous donne?

Inspirez-moi. Je cours une longue carrière; je suis accablé de tristesse

et d'ennui. Mettez dans mon esprit ce charme et cette douceur que je

sentais autrefois, et qui fuit loin de moi. Vous n'êtes jamais si

divines que quand vous menez à la sagesse et à la vérité par le plaisir.

Mais, si vous ne voulez point adoucir la rigueur de mes travaux, cachez

le travail même: faites qu'on soit instruit, et que je n'enseigne pas;

que je réfléchisse, et que je paraisse sentir; et lorsque j'annoncerai

des choses nouvelles, faites qu'on croie que je ne savais rien, et que

vous m'avez tout dit.

Quand les eaux de votre fontaine sortent du rocher que vous aimez, elles

ne montent point dans les airs pour retomber: elles coulent dans la

prairie; elles font vos délices, parce qu'elles font les délices des

bergers.

Muses charmantes, si vous portez sur moi un seul de vos regards, tout le

monde lira mon ouvrage, et ce qui ne saurait être un amusement sera un

plaisir.

Divines Muses, je sens que vous m'inspirez, non pas ce qu'on chante à

Tempé sur les chalumeaux, ou ce qu'on répète à Délos sur la lyre; vous

voulez que je parle à la raison: elle est le plus parfait, le plus noble

et le plus exquis de nos sens.

Le temple de Gnide · 第 9 / 19 题