Satan ricana, et dit encore: «Il y a progrès!»

Et Dieu fit l’homme et la femme avec leurs âmes vivantes, et les mit

dans le jardin d’Éden, près du pays de Havila, où se trouvent l’or, le

bdellion et l’onyx. Mais Satan répéta encore:

«Il y a progrès!»

Et à cet instant, Dieu s’écria:

«J’en ai assez! Chaque œuvre que j’ai ouvrée, entre l’aurore et la nuit,

l’obscurité et la lumière, je l’ai faite pour qu’elle soit ce qu’elle

est, et belle en elle-même. Qu’est-ce qu’il veut dire, avec son progrès?

Si je continuais, on parlerait donc toujours de progrès, sans jamais

regarder la chose en elle-même, sans en jouir? J’en ai assez, j’en ai

assez!»

C’est ainsi que Satan parvint à arrêter la création au sixième jour.

* * * * *

Tel est, en résumé, le texte de ce manuscrit curieux. Mais décidément,

la latinité en étant assez basse, je ne pense pas qu’on puisse

l’attribuer au Pogge, savant homme et bon cicéronien.

Paraboles et diversions · 第 6 / 62 题