Très différent et se rattachant aux idées générales de Comte, Hippolyte
Taine ne croyait qu’à l’observé, à l’expérimenté et au démontré; mais,
aussi familier avec Hegel qu’avec Comte, Spencer et Condillac, il ne
doutait pas que le besoin de se dépasser et de s’évader de soi-même ne
fût, lui aussi, un fait, un fait humain et éternel dans l’humanité et de
ce fait il tenait compte, comme d’un fait observé et expérimenté, pour
dire que si l’homme, d’une part est un «gorille féroce et lubrique»,
d’autre part il est un animal mystique et que
D’une double nature hymen mystérieux,
comme dit Hugo, cela explique toutes les bassesses, en idées et en
actes, comme aussi toutes les sublimités, en idées et en actes, de
l’humanité. Personnellement il était stoïcien et sa pratique était le
développement continu de l’intelligence considéré comme condition et
comme garantie de la moralité.