La connaissance

Kant, né à Kœnigsberg, en 1724, fut professeur à Kœnigsberg pendant

toute sa vie et mourut à Kœnigsberg en 1804. Il ne lui est rien arrivé

que d’avoir du génie. Il avait commencé par la philosophie théologique

en usage dans son pays, celle de Wolf qui était en ses grandes lignes

celle de Leibniz. Mais il lut David Hume de bonne heure et la pensée du

sceptique anglais lui donna au moins l’idée de soumettre toutes les

idées philosophiques à une critique sévère et serrée.

Il se demanda tout d’abord quelle est la valeur vraie de nos

connaissances et ce que c’est que la connaissance. Nous croyons

généralement que ce sont les choses qui nous donnent la connaissance que

nous avons d’elles. Mais plutôt, n’est-ce pas nous qui imposons aux

choses les formes de notre esprit et la connaissance que nous croyons

avoir des choses n’est-elle pas seulement la connaissance que nous

prenons des lois de notre esprit en l’appliquant aux choses? C’est ceci

qui est le plus probable. Nous saisissons les choses par des moules, en

quelque sorte, qui sont en nous et qui leur donnent leurs formes et

elles seraient informes et chaotiques s’il en était autrement. Par

suite, il faut distinguer la matière et la forme de nos connaissances:

la matière de nos connaissances, ce sont les choses elles-mêmes. La

forme de nos connaissances, c’est nous-mêmes: «Notre connaissance

expérimentale est un composé de ce que nous recevons par des impressions

et de ce que notre propre faculté de connaître tire d’elle-même à

l’occasion de ces impressions.»

Initiation philosophique · 第 169 / 209 题