L’École écossaise (fin du XVIIIe siècle) a été surtout une école
d’hommes qui se rattachaient au bon sens et d’hommes qui étaient
excellents moralistes. Il faut au moins nommer Thomas Reid et Dugald
Stewart. Ils s’attachaient surtout à combattre l’idéalisme transcendant
de Berkeley et le scepticisme de David Hume, aussi un peu la doctrine de
la table rase de Locke. Ils reconstituaient l’esprit humain et même le
monde, qui s’étaient comme volatilisés avec leurs prédécesseurs, à peu
près comme ils étaient du temps de Descartes. Croyons à la réalité du
monde extérieur, croyons qu’il y a des causes et des effets, croyons
qu’il y a un _moi_, une personne humaine que nous saisissons directement
et qui est une cause; croyons que nous sommes libres et que nous sommes
responsables parce que nous sommes libres, etc. Ils étaient surtout très
bons descripteurs des états d’âme, très bons psychologues-moralistes et
ils sont les ancêtres de la très remarquable pléiade des psychologues
anglais du XIXe siècle.