Locke

Locke, fort instruit en sciences diverses, physique, chimie, médecine,

souvent mêlé à la politique, très éclairé par la vie, par de nombreux

voyages, par d’intéressantes et illustres amitiés, toujours étudiant et

réfléchissant jusqu’à une vieillesse assez avancée, n’a écrit que des

œuvres très méditées, son _Traité sur le Gouvernement civil_ et son

_Essai sur l’Entendement_.

Locke semble n’avoir écrit sur l’entendement que pour réfuter les «idées

innées» de Descartes. Pour Locke il n’y a pas d’idées innées. L’esprit

avant sa rencontre avec le monde extérieur, est une table rase et il n’y

a rien dans l’esprit qui n’ait été d’abord dans les sens. Qu’est-ce donc

que les idées? Ce sont les sensations enregistrées par le cerveau et ce

sont aussi les sensations élaborées et modifiées par la réflexion. Ces

idées, ensuite, s’associent entre elles de manière à former une foule

énorme de combinaisons. Elles s’associent d’une manière naturelle ou

d’une manière artificielle, d’une manière naturelle, c’est-à-dire

conformément aux grandes premières idées simples que nous a données la

réflexion, idée de cause, idée de but, idée de moyens pour un but, idée

d’ordre, etc.; et c’est l’ensemble de ses associations que l’on nomme

communément la raison; elles s’associent accidentellement, par hasard,

par effet de l’émotion, par effet de la coutume, etc., et alors elles

donnent naissance à des préjugés, erreurs, superstitions. Les passions

de l’âme sont des aspects du plaisir et de la douleur. L’idée d’un

plaisir possible fait naître en nous un désir qui s’appelle ambition,

amour, avidité, gourmandise; l’idée d’une peine possible fait naître en

nous la crainte et l’horreur et cette crainte et horreur s’appelle

haine, jalousie, colère, aversion, dégoût, mépris. Au fond, nous n’avons

que deux passions; le désir de jouir et la peur de souffrir.

Initiation philosophique · 第 151 / 209 题