A partir du XIIIe siècle, Aristote, complètement connu et traduit en
latin, fut adopté par l’Église et devint comme son vicaire laïque. Elle
le considéra et, je crois, avec raison, comme le moins dangereux pour
elle des penseurs grecs et comme celui à qui l’on pouvait laisser tout
l’enseignement scientifique en se réservant tout l’enseignement
religieux. Aristote, en effet, _préservait de Platon_, dans lequel on
trouve toujours quelques germes d’adoration du monde ou quelques pointes
de ce côté, dans lequel on trouve aussi un certain polythéisme très
déguisé ou plutôt très épuré, mais réel encore et dangereux, et du
moment qu’il fallait choisir, ce fut Aristote que l’on toléra et que
l’on finit par investir.