Plotin eut pour élèves et successeurs Porphyre, Jamblique, d’autres
encore. Porphyre ne fait guère qu’exposer la doctrine de son maître et
n’a d’originalité que comme logicien. Avec Jamblique et son école nous
assistons à un effort très intéressant pour relever le paganisme épuisé
et expirant, pour constituer un paganisme philosophique. Les philosophes
de l’école de Jamblique sont du reste des magiciens, des spirites, des
faiseurs de miracles, des hommes aussi antipositivistes que possible.
Quant à Jamblique lui-même, il essaie de concilier le polythéisme avec
le néoplatonisme en mettant au centre de tout un Dieu suprême, un Dieu
pour ainsi dire essentiel, _dont il fait sortir_ une foule de dieux
secondaires et de troisième ordre et de quatrième ordre, etc., depuis
ceux qui sont purement immatériels jusqu’à ceux qui sont inhérents à la
matière. Les subtiles divagations du néoplatonisme continuèrent,
obscurément, dans l’École d’Athènes, jusqu’au moment où elle fut fermée
et pour jamais, en 529, par l’empereur Justinien comme hostile à la
religion de l’Empire qui était à cette époque le christianisme.