Les sceptiques proprement dits remontaient chronologiquement plus haut.
Le premier sceptique célèbre est contemporain d’Aristote. Il suivit
Alexandre dans sa grande expédition d’Asie. C’est Pyrrhon. Il tint école
assez obscurément, semble-t-il, à Athènes et eut pour successeur Timon.
Ces philosophes comme tant d’autres cherchaient le bonheur et ils
affirmaient qu’il était dans l’abstention de juger, dans l’esprit
restant en suspens, dans le ne rien dire (aphasie). Pyrrhon ayant
accoutumé de dire qu’il était indifférent de vivre ou d’être mort, si on
lui demandait: Alors pourquoi vis-tu?» répondait: «Mais précisément
parce qu’il est indifférent de vivre ou d’être mort». Comme on peut
croire, leur jeu favori était d’opposer les écoles entre elles, de
battre les unes par les autres, de montrer qu’elles étaient toutes
fortes dans ce qu’elles niaient et faibles dans ce qu’elles affirmaient
et de les renvoyer dos à dos.