_pour madame Yvonne Vernon._
Fargue, l'enseigne de vaisseau canonnier, chef de la grosse tourelle
_AV_,--avant, s'accroche des deux mains aux tire-veilles flottantes
et grimpe à l'échelle d'acier. Le nez sous la trappe close, il se
cramponne d'un poing, heurte de l'autre; et la trappe s'ouvre, avec un
grand fracas de ferraille.
Une voix, au-dessus, crie:
--Fixe!
Fargue enjambe les trois derniers échelons, fait un rétablissement
sur les poignets et prend pied sur le parquet de fer. Le couvercle de
la trappe retombe. Aux flancs des pièces, les servants sont alignés,
corrects: talons joints, main droite au bonnet, main gauche dans le
rang.
--Repos!--commande Fargue.
Et, se faufilant entre les deux canons, il se juche sur la sellette de
commandement, pour donner un coup d'œil au dehors.--Par les trous du
casque blindé, rien d'anormal n'apparaît. A perte de vue la mer grise
déferle, en longues crêtes d'écume, parallèles. Et les cuirassés gris,
en ligne de file, se traînent sur cette mer déferlante, dans le sillage
les uns des autres.--Fargue fait demi-tour et redescend sur le parquet,
histoire de passer un bout d'inspection, avant l'exercice.
Le second maître, cordial, sourit à l'officier.
--Bonjour, Gourvès!... Quoi à signaler, aujourd'hui?
--Rien du tout, cap'taine.
--Vous avez balancé le pointage latéral?
--Oui, cap'taine.
--Les chaînes-galles n'ont pas pris trop de mou?
--Nous avons repris une maille ce matin. Ça fait juste la longueur que
vous m'avez montrée la dernière fois.
--Bon.
Fargue recule jusqu'à la muraille cuirassée, s'y adosse...
Aujourd'hui, la manœuvre promet d'être longue: combat simulé contre
l'escadre légère, figurant une armée navale ennemie... Nul doute: avec
un thème aussi propice aux fantaisies amirales les plus imprévues, on
va manger de toutes les sauces, et savoir ce que c'est que «faire des
ronds dans l'eau!» Donc, inutile de se fatiguer d'avance. Et Fargue,
adossé, contemple sa tourelle.
... Une tourelle double de 305 millimètres, c'est beau!--Figurez-vous
une chambre ovale, longue de sept mètres, large de six, très basse de
plafond, et toute d'acier poli. Là dedans, deux canons prodigieux, qui
s'alignent côte à côte, deux canons dont les volées géantes saillent
par l'embrasure double à dix mètres au dehors, et dont les culasses
pivotant suffisent à emplir toute la tourelle, à l'emplir tellement
qu'on ne devinerait d'abord pas où vont bien pouvoir se caser les
hommes, les treize hommes nécessaires au fonctionnement... Ils se
casent tout de même, et leur présence n'ajoute pas grand'chose à
l'encombrement indescriptible du lieu.--Car les canons, ce n'est rien!
il y a les affûts, les châssis, les berceaux; les monte-charges, les
parcs, les pointages, les hausses, les lunettes, les planchettes, les
chariots, les rails; les refouloirs, les écouvillons, les injecteurs;
le tuyautage d'eau, le tuyautage d'air, le réseau électrique ... il y
a l'inextricable fouillis d'acier, de fer, de bronze, de cuivre, il y
a le mécanisme aux rouages sans nombre que manœuvrent méthodiquement,
méticuleusement les treize hommes, autres rouages, plus parfaits,
non moins disciplinés!--C'est beau.--Le plafond nu repose pas sur la
muraille directement: une rangée de supports d'acier les sépare, telle
une colonnade circulaire, haute de quelques centimètres, dont les
intervalles ménagent, entre muraille et plafond, une circonférence de
meurtrières horizontales, par où pénètre, avec la brise du large, un
peu de chaude clarté solaire; et cette clarté-là s'ajoute à la lumière
froide des lampes électriques. En sorte qu'on y voit assez bien.--C'est
beau.--Par cette espèce de corniche ajourée, les treize hommes peuvent
aussi, entre deux mouvements, jeter un coup d'œil au dehors, et, de
temps en temps, se rendre compte des choses qui adviennent...
Ils sont treize: le second maître, surveillant du matériel,--le
cerveau;--les deux quartiers-maîtres, chefs de pièce,--les nerfs
moteurs;--les deux pointeurs brevetés,--les yeux;--les deux
pointeurs suppléants,--d'autres yeux de rechange;--les deux
chargeurs, les deux pourvoyeurs,--les muscles;--l'armurier,--l'organe
réparateur;--l'officier, enfin,--l'âme.--Ils sont treize; ils ne font
qu'un: un être, qui vit de leurs treize vies: la tourelle, la tourelle
avant, la tourelle double de 305 millimètres, l'arme la plus effroyable
du cuirassé, sa meilleure chance de sortir vainqueur des batailles à
venir...
Ça commence.--Au dehors, roulement de tambour, suivi d'un double coup
de baguette: «Armez les pièces!»--Fargue-se redresse, commande: «A
vos postes!» et, derechef, se juche sur la sellette de commandement.
Par les trous du casque blindé, au loin, sur la mer brumeuse, zébrée
de crêtes vertes et blanches, des silhouettes confuses émergent de
l'horizon: l'escadre légère, les croiseurs qui figurent l'ennemi.
Fargue tourne la tête, constate l'immobilité des servants, debout,
chacun où il doit être, et jette l'un après l'autre les ordres qu'il
faut: «Approvisionnez! Armez! Chargez!» Après quoi lui-même, les yeux
au tableau transmetteur, attend que la passerelle lui ait dicté à son
tour la volonté suprême du grand chef, du commandant, lui-même à son
poste, là-haut dans le blockhaus...
Cependant les culasses battent, les planchettes tombent, les
monte-charges grondent parmi le cliquetis des chaînes-galles. Bien
entendu, on ne charge pas tout de bon: on fait le simulacre; mais
tous les gestes s'exécutent comme si c'était un vrai obus et de
vraies gargousses qu'on lancerait à toute volée dans l'âme ouverte et
huileuse. Gourvès, le second maître, a tiré sa montre et compte les
secondes... La première pièce «charge» bien: son quartier-maître, Le
Kellec, est un «bon homme», d'attaque, et sûr... Vingt-trois secondes!
ça y est! le temps du record! pas un cinquième de plus!... La deuxième
pièce est en retard: Fontan ne vaut pas Le Kellec... Gourvès hausse
les épaules, dédaigneux: Un Fontan, un Moco de Mocossie, est-ce que ça
peut jamais valoir un Breton? un Bretonned de Morlaix? un Le Kellec,
«pays» de Gourvès?--Gourvès en voudrait plutôt mal de mort à Fontan, le
jour que Fontan «gratterait» Le Kellec!--Tout de même, trop est trop:
trente-quatre secondes, ça exige «un coup de gueule»:
--Et alors, aussi donc, Fontan? c'est-il que les gars dorment, et toi
avec?
Fontan ne bronche pas. Mais, près de lui, un claquement de langue
irrité accueille le reproche. Ça, pas d'erreur: c'est Brénéol, le
chargeur, qui «rouspète». Il «rouspète» toujours, Brénéol! Pas mauvais
canonnier, par ailleurs. Il n'y a donc qu'à fermer l'oreille.--Si
on entendait, n'est-ce pas? faudrait punir! et à quoi bon?--Gourvès
n'entend pas; Fargue n'entend pas non plus...
C'est que ce sont des hommes, ces treize rouages de la tourelle; des
hommes comme vous et moi; et ce n'est qu'ici: dans la tourelle, qu'ils
sont rouages. Partout ailleurs, leurs origines, leurs races, leurs
instincts, leurs éducations, leurs habitudes, leurs chairs, leurs
cerveaux divers, font d'eux des êtres aussi différents, sans nul doute,
que vous et moi.--Tenez: Le Kellec et Fontan ... hors du service,
croyez-vous qu'ils s'adressent seulement la parole?... Et Brénéol,
le chargeur, taciturne et revêche; et Le Duc, le pointeur de gauche,
petit garçon sage; et Tiphaigne, le pointeur suppléant, anarchiste,
et qui enveloppe son manuel du marin canonnier dans le dernier numéro
du _Libertaire_, pour lire les deux proses ensemble, aux heures de
théorie; et Penven, le pourvoyeur, toujours ivre lorsqu'il a mis un
pied à terre, et qui passe sa vie dans les mauvais lieux; et Brazière,
l'armurier, bachelier ès sciences, et qui a préféré salir d'huile et de
rouille ses mains blanches plutôt que d'être pion dans un collège; et
Lohéac d'Elfe, le pointeur de droite, qui fut riche et qui est noble,
et qui s'est engagé personne ne sait pourquoi ... croyez-vous qu'ils
se mêlent et se lient, eux qui peut-être n'ont pas trois idées en
commun?--Non, fatalement!--On «navigue à la part»; et chacun poursuit
silencieusement son rêve à soi, dans son coin, loin des gêneurs. Ce
n'est qu'ici, derrière cette cuirasse, sous ce plafond bas, sur ce
parquet sonore, que la souveraine discipline réunit tous ces êtres
étrangers, et les coordonne, et les pétrit, et les malaxe ensemble,
jusqu'à n'en faire qu'un seul être vivant: la tourelle...
Fargue, songeur tout à coup, s'interroge soi-même:--Qu'est-ce qu'elle
vaut vraiment, cette discipline indispensable? jusqu'à quel point
courbe-t-elle ces hommes? jusqu'à quel point les lie t-elle, les
fond-elle dans son creuset? jusqu'à quel point peut-on compter sur ce
métal humain?--On ne le saura qu'à la guerre, devant la mort: la mort à
braver, suprême pierre de touche...
--Garde à vous!
Une sonnerie tinte. Au tableau transmetteur, les aiguilles indicatrices
ont tourné. Fargue commande:
--Quatre-vingts degrés! à droite, troisième vitesse!... Distance: huit
mille six! Correction: trente-deux millièmes, gauche!... Sur le premier
croiseur à partir de la gauche!... Attention!...
Déjà l'ordre est exécuté. La tourelle pivote, souple et prompte. Par
les trous du casque, Fargue aperçoit l'horizon qui défile. Voici les
croiseurs, qui glissent à la queue leu leu, de tribord à bâbord,
petites ombres chinoises, floues.--Les servants, haussés sur leurs
pointes, regardent aussi, et apprécient.--L'armée s'est déployée en
ligne de file, parallèlement à la ligne de file des croiseurs. Les
cuirassés, rangés en bel ordre, à quatre cents mètres d'intervalle,
gouvernent droit sur la poupe de leurs matelots d'avant. Et cela fait
une double perspective de longues coques glissantes et de mâtures
sèches, sous le flottement des pavillons qui claquent à la brise..
--Feu à volonté!... Commencez le feu!...
Plusieurs détonations ont éclaté: des coups à blanc tirés par l'amiral,
en manière de signal avertisseur. Les croiseurs, là-bas, savent qu'on
vient d'ouvrir le feu contre eux...
--Huit mille mètres!... Sept mille six!... Sept mille quatre!
Les servants, alertes, tournent les volants de pointage.--Ah! l'ennemi
se rapproche? Probable que le «vieux» oblique sur l'escadre légère,
sournoisement, sans avoir l'air... Alors, gare aux croiseurs, s'ils
ne se méfient pas. Ils sont trop faibles pour «étaler» un combat à
courte portée.--Le Kellec, d'un regard glissé par les meurtrières de la
corniche, mesure l'éloignement. Brazière, les poings sur les hanches,
calcule le cosinus de l'angle de rapprochement. Tiphaigne ricane en
sourdine, en songeant au désarmement universel. Penven rêve de femmes
et de fil en quatre. Lohéac d'Elfe, comme toujours indifférent à tout,
vérifie sa ligne de mire...
La sonnerie tinte encore. Fargue commande de nouveau:
--Même but! zéro degré!... à gauche, troisième vitesse!... Distance:
sept mille huit!... huit mille deux!... huit mille quatre!...
correction: six gauche!... Continuez le feu!...
Moins bêtes qu'ils n'en avaient l'air, les croiseurs! Ils viennent de
se dérober d'un coup, en «arrivant» tous à la fois sur leur droite,--du
bord opposé aux cuirassés.--Et maintenant, les cuirassés n'ont qu'une
chose à faire, s'ils veulent ne pas rompre le combat: «arriver», eux
aussi, tous à la fois, sur leur droite, et appuyer la chasse. Mais
vivement! ou il sera trop tard...
Fargue, toujours juché sur sa sellette, et la tête dans le casque
blindé, regarde par les trous de visière:--Allons! ce n'est pas par
trop mal!... l'évolution de l'armée s'est correctement opérée.--Au
grand mât de l'amiral, le pavillon «régulateur», à peine hissé «à
bloc», redescend, «halé bas»: chaque navire est à son poste; la ligne
de file est devenue ligne de front: c'est-à-dire que les cuirassés
s'avancent maintenant côte à côte; et courent, le cap sur l'ennemi,
chacun s'efforçant de ne pas dépasser ses matelots et de n'être pas
dépassé par eux... Guère facile à résoudre, le problème!... Tenez,
voici déjà du flottement: à bâbord, l'_Auerstaedt_ a perdu près d'une
longueur; à tribord, l'_Eckmühl_ en a gagné une et demie. Fargue,
méprisant, crache par le trou milieu du casque:--Alors, quoi? il n'y a
qu'ici, sur le _Fontenoy_, qu'on est fichu de garder, cinq minutes de
suite, la vitesse signalée? On dort donc, dans les autres machines?..
Ah! ces mécaniciens!... quelle plaie!--Fargue recrache. El, derrière
lui, Gourvès, le second maître, et Le Kellec, et Fontan, et d'autres
sourient de dédain, à l'imitation du chef: une jolie ligne de front,
oui!...
Tout de même, on n'est pas là pour s'amuser. La manœuvre des pièces
s'est ralentie. Fargue se retourne, brusque:
--Eh bien? Gourvès? c'est pour aujourd'hui ou pour demain, ce
chargement?
Le rappel à l'ordre rejaillit instantanément de proche en proche: de
Gourvès à Fontan, de Fontan à Brénéol, de Brénéol à Martin. Derechef,
un ressort de la machine, grippé, grince: quelqu'un murmure, une fois
de plus. Et Fargue, une fois de plus, s'interroge, anxieux... Que vaut
ceci: la tourelle? jusqu'à quel point est-ce solide? jusqu'à quel point
peut-on y compter?...
--Attention!... même but!... quatre-vingt-dix degrés!... à droite,
troisième vitesse!... Hein?
Dans la bouche de l'officier, le commandement, soudain, s'étrangle...
Voici ce qui est advenu: les croiseurs, d'abord, ont tout à coup repris
la ligne de file, pour doubler ou envelopper la tête de l'armée; et les
cuirassés, pour déjouer la tentative, ont commencé d'évoluer aussi,
parallèlement.
D'où le changement de pointage ordonné d'avance, chaque bâtiment
devant «arriver» de quatre-vingt-dix degrés sur sa gauche,--faire
«par le flanc,» si vous préférez.--Seulement, quelque chose s'est
passé,--quelque chose: une avarie de barre, ou de gouvernail, ou de
drosse; on ne sait pas au juste; on n'a pas le temps de savoir; et le
_Fontenoy_, au lieu d'arriver, en même temps que ses matelots, n'arrive
pas,--continue sa route en droite ligne;--en droite ligne,--cependant
que l'_Eckmühl_, à tribord, arrive,--et tombe perpendiculairement
sur le _Fontenoy_:--Abordage!--Abordage inévitable!--Abordage:
c'est-à-dire--l'éperon de l'_Eckmühl_ dans le flanc du _Fontenoy_,--et
le _Fontenoy_, tout de suite, en vingt secondes, chaviré, quille
en l'air, et coulé bas;--comme chavira jadis et coula le cuirassé
anglais _Victoria_, ayant reçu dans son flanc l'éperon du cuirassé
anglais _Camperdown_.--Bref: la mort.--La mort foudroyante, qui se
précipite.--Et rien à faire, rien à tenter.
Fargue, malgré lui, recule d'un pas, détourne la tête, et jette dans
sa tourelle un suprême et tragique regard:--Ceux-ci, près de mourir,
comment mourront-ils?...
Ho! les yeux dilatés du chef ont rencontré les yeux fixes des douze
hommes qu'il commande,--des douze hommes qui ont vu comme lui, qui
savent comme lui, qui attendent comme lui la mort; des douze hommes
tout de même immobiles, muets, disciplinés.--Oh! la fière, la sublime
machine! Au cœur de Fargue, un flot de sang orgueilleux afflue:--La
mort, par Dieu, peut venir! La tourelle est prête!--D'un geste
d'épopée, l'enseigne arrache sa casquette et la jette à terre, pour
saluer d'avance les treize cadavres héroïques qui, tout à l'heure,
dormiront ici, chacun à son poste. Et, ardemment, Fargue renfonce sa
tête dans le casque blindé, refait face à la mort, immobile comme les
autres, muet, discipliné...
La mort vient: l'_Eckmühl_ se précipite avec une vitesse de locomotive.
La masse colossale grandit, grandit, grandit... L'étrave, tranchante
comme un glaive, fend la mer avec un frémissement bref, et s'allonge
vers le flanc du _Fontenoy_... Combien de secondes encore? trente?
quinze? dix?... Le gaillard de l'_Eckmühl_, couvert d'hommes accourus,
qui gesticulent, fond comme une avalanche... Fargue, les yeux
hypnotisés, n'aperçoit même pas, aux barres de misaine, la flamme
quadrillée bleu et blanc,--signe que l'_Eckmühl_ «bat en arrière» de
toute la puissance de ses trois machines: vingt mille chevaux-vapeur,
qui luttent désespérément pour atténuer le choc terrible.--Fargue ne
sent pas non plus le parquet qui vibre: le _Fontenoy_ «bat en avant»
à toute vitesse, tente désespérément de passer, d'éviter l'éperon
mortel.--Six hélices, au total, qui se tordent et tourbillonnent sous
les eaux, pour le salut commun.
Si on passait, pourtant!... Toute la coque du _Fontenoy_ frémit,
maintenant. Le _Fontenoy_ ne veut pas mourir. Il a pris son élan, il se
rue au travers des lames... Et l'_Eckmühl_, retenu à triple bride par
ses machines déchaînées, ralentit, ralentit... Si on passait!...
On passe...
Oh! on passe près!... Il n'y a pas six mètres de marge, entre la proue
de l'_Eckmühl_ et la poupe du _Fontenoy_... Mais, six mètres ou six
milles, qu'importe! On passe!...
On a passé.
Aux tempes de Fargue, trois gouttes de sueur. Tout le sang de ses joues
a disparu. Mourir n'était rien. Mais ressusciter...
Fargue baisse la tête et regarde ses hommes. Nul n'a bougé. Nul ne
souffle mot.
Alors, les yeux sur le tableau transmetteur, Fargue recommence:
--A droite, troisième vitesse!... Distance: huit mille quatre!...
correction: seize millièmes... Feu à volonté...
* * * * *