[54] Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti au XIIIe, puis a

Note sur la transcription:

L’orthographe d’origine a été conservée et n’a pas été harmonisée,

mais quelques erreurs introduites par le typographe ont été

corrigées. Les corrections indiquées dans l'Errata ont également été

effectuées.

Les notes de bas de page ont été renumérotées et placées directement

après le paragraphe concerné.

Le texte imprimé en gras ou en italiques dans l'original est

représenté =en gras= ou _en italiques_.

XIIc (avec le c en exposant dans l'original) se lit douze cents,

VIIIm se lit huit mille. IIIIxx se lit quatre-vingts.

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

IMPRIMERIE DAUPELEY-GOUVERNEUR

A NOGENT-LE-ROTROU.

CHRONIQUES

DE

J. FROISSART

DEUXIÈME LIVRE

PUBLIÉ POUR LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE

PAR GASTON RAYNAUD

TOME DIXIÈME

1380-1382

(DEPUIS L’AVÈNEMENT DE CHARLES VI JUSQU’AU COMMENCEMENT

DE LA CAMPAGNE DE FLANDRE)

[Logo: SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE]

A PARIS

LIBRAIRIE RENOUARD

H. LAURENS, SUCCESSEUR

LIBRAIRE DE LA SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE DE FRANCE

RUE DE TOURNON, Nº 6

M DCCC XCVII

EXTRAIT DU RÈGLEMENT.

ART. 14.--Le Conseil désigne les ouvrages à publier, et choisit les

personnes les plus capables d’en préparer et d’en suivre la publication.

Il nomme, pour chaque ouvrage à publier, un Commissaire responsable,

chargé d’en surveiller l’exécution.

Le nom de l’éditeur sera placé en tête de chaque volume.

Aucun volume ne pourra paraître sous le nom de la Société sans

l’autorisation du Conseil, et s’il n’est accompagné d’une déclaration

du Commissaire responsable, portant que le travail lui a paru mériter

d’être publié.

_Le Commissaire responsable soussigné déclare que le tome X de

l’édition des_ CHRONIQUES DE J. FROISSART, _préparé par_ M. Gaston

RAYNAUD, _lui a paru digne d’être publié par la_ SOCIÉTÉ DE L’HISTOIRE

DE FRANCE.

_Fait à Paris, le_ 1er _août_ 1896.

_Signé_: L. DELISLE.

_Certifié_:

Le Secrétaire de la Société de l’Histoire de France,

A. DE BOISLISLE.

SOMMAIRE.

CHAPITRE XI.

_1380, septembre._ ENTRÉE EN BRETAGNE DE L’ARMÉE DU COMTE DE

BUCKINGHAM.--_4 novembre._ COURONNEMENT DU ROI CHARLES VI A

REIMS.--_Du commencement de novembre au 2 janvier 1381._ SIÈGE DE

NANTES PAR LES ANGLAIS.--HIVERNAGE DES ANGLAIS EN BRETAGNE.--_15

janvier et 4 avril._ TRAITÉ DE PAIX ENTRE LE ROI DE FRANCE ET LE

DUC DE BRETAGNE.--_11 avril._ LES ANGLAIS ÉVACUENT LA BRETAGNE;

BUCKINGHAM RENTRE EN ANGLETERRE (§§ 169 à 192).

La nouvelle de la mort du roi Charles V arrive à Buckingham au

moment où, après avoir traversé la Sarthe à Noyen, il fait reposer

ses gens à Poillé[1]; elle parvient en même temps au Mans[2], au

quartier général de l’armée française, dont les chefs se dispersent

pour courir aux informations. Les Anglais poursuivent leur route par

Saint-Pierre-sur-Erve[3] et par Argentré[4], passent la Mayenne au

milieu de marécages dangereux et s’arrêtent à Cossé[5], pour attendre

les instructions du duc de Bretagne[6].

[1] Sarthe, arr. de la Flèche.

[2] Le duc de Bourgogne commandait l’armée royale au Mans; ce ne fut

que le 13 octobre 1380 que les troupes furent licenciées par le duc

d’Anjou, régent, qui retint seulement les hommes d’armes de Clisson,

de Jean de Beuil et de Pierre de la Rocherousse (_Bibl. nat., Clair._

vol. 23, nº 1665).

[3] Mayenne, arr. de Laval.

[4] Mayenne, arr. de Laval.

[5] Cossé-le-Vivien, Mayenne, arr. de Château-Gontier. C’est à tort

que Kervyn a identifié cette ville avec Changé (arr. de Laval).

[6] Dès le mois de septembre, on préparait en Angleterre l’envoi

de renforts à l’armée de Buckingham, et Thomas Credy était chargé

d’arrêter des navires pour le passage des troupes en Bretagne (_Rec.

Off., Queen’s Rem., Misc., Navy_ 610/11).

Le duc, qui se trouve à Hennebont, mécontent de l’hostilité continue

de ses villes et particulièrement de Nantes, à l’approche des

Anglais, députe vers Buckingham ses conseillers habituels: Bertrand

de Montbouchier, Étienne Guyon, Guillaume Tannegui, Eustache de la

Houssaie, Geoffroi de Kerimel et l’élu de Léon[7], pour lui demander de

venir à Rennes conférer ensemble.

[7] La chronologie des évêques de Saint-Pol-de-Léon est assez

indécise à cette date, d’autant que les archives du Finistère,

comme a bien voulu nous le dire notre confrère, M. J. Lemoine, ne

renferment aucun acte ni aucune mention d’évêque de ce diocèse entre

1364 et 1390. A en croire Fr.-Alb. Le Grand (_Vie, gestes, mort et

miracles des saincts de la Bretaigne..._, 1637, p. 484), il s’agirait

ici de Pierre Ouvroin, élu évêque en 1370 et mort en 1385, prélat

qui «n’estoit pas encore sacré en 1380.» Malheureusement, pour cette

partie de sa notice, l’auteur ne paraît pas avoir eu d’autre source

que le texte même de Froissart, dans lequel il identifie «l’esleu de

Lion» avec Pierre Ouvroin; et, quelque vraisemblable que soit son

hypothèse, il ne saurait être cru sans preuves.

Cette ambassade rejoint à Châteaubourg[8] l’armée anglaise, qui de

Cossé, à travers la forêt de la Gravelle[9], avait gagné Vitré[10],

puis Châteaubourg, sûre désormais de ne plus être poursuivie par les

Français. P. 1 à 3, 297, 298.

[8] Ille-et-Vilaine, arr. de Vitré.

[9] Mayenne, arr. de Laval.

[10] Ille-et-Vilaine, ch.-l. d’arr.

Après de longs pourparlers au cours desquels Buckingham se plaint de

ne pas être accueilli en Bretagne comme il s’y attendait d’après les

conventions passées, rendez-vous est pris pour Rennes, où les Anglais

arrivent au bout de quelques jours. Mais ils n’y peuvent entrer et

les portes de la ville ne s’entr’ouvrent que pour loger le comte et

quelques barons avec lui. Ils attendent ainsi plus de quinze jours

la venue du duc de Bretagne, qui multiplie ses excuses plus ou moins

sincères.

Les Nantais profitent de ce répit pour obtenir des quatre oncles du

roi, ayant alors le gouvernement du royaume, six cents lances de

renfort, qui les mettent en état de soutenir un siège[11]. P. 4 à 6,

298, 299.

[11] Ce fut seulement après le sacre du roi que les ducs, apprenant

la marche de 7,000 Anglais sur Nantes, «ordonnèrent que Chastelmorand

«et le Barrois, qui avoient quatre cens hommes d’armes en la

frontière de Pouencé, près d’Angers, menassent leurs gens dedans

Nantes et qu’ils se hastassent avant que les Anglois y parvenissent

et qu’ils chevauchassent jour et nuit. Ainsi le firent, et furent à

Nantes premiers que les Anglois quelques trois heures» (_Chronique du

bon duc Loys_ p. 120). Ils eurent facilement accès à la Tour neuve,

commandée par Guillaume Leet, mais n’obtinrent que par force les

clefs de la ville, gardées par un chanoine, ami des Anglais, comme

beaucoup des habitants. Ils furent bientôt renforcés par Pierre de

Beuil et 200 hommes d’armes (_Ibid._, p. 123).

Las d’attendre, le comte de Buckingham envoie vers le duc de Bretagne

comme messagers: Robert Knolles, Thomas de Persi et Thomas Trivet,

accompagnés de cinq cents lances, tandis que lui-même, avec le restant

de ses hommes, s’achemine vers Combourg[12] par Saint-Sulpice[13]. Le

duc, qui s’était décidé à quitter Vannes, où il était allé en partant

de Hennebont, rencontre les trois chevaliers et se dirige avec eux

sur Rennes. Entrevue à Hédé[14] du duc et de Buckingham; dîner à la

Mézière[15]; longues conférences à Rennes entre le duc et les envoyés

du comte. P. 6 à 8, 299, 300.

[12] Ille-et-Vilaine, arr. de Saint-Malo.

[13] Saint-Sulpice-la-Forêt, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[14] Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[15] Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

Finalement le duc de Bretagne s’engage à venir mettre le siège devant

Nantes, quinze jours au plus tard après l’arrivée des forces anglaises

sous les murs de cette ville, et à fournir les barques nécessaires. Le

comte revient de Hédé prendre acte de cette convention à Rennes, et le

duc retourne à Hennebont, tandis que les Anglais mettent quinze jours

encore à faire leurs préparatifs[16].

[16] Les désertions commençaient a décimer l’armée anglaise, et

un mandement, daté de Northampton le 10 novembre 1380, ordonne

l’arrestation d’hommes d’armes revenus de France et de Bretagne avant

l’expiration de leur service (_Rec. Off., Close Rolls_ 227, m. 27

vº).

De leur côté, les Nantais, ayant à leur tête Jean le Barrois des

Barres[17], Jean de Châteaumorand[18], le sire de Tournemine[19] et

autres, s’apprêtent à la défense. P. 8, 9, 300.

[17] Jean des Barres, dit le Barrois, que nous avons déjà vu à

Troyes en 1380 dans l’armée du duc de Bourgogne (t. IX, p. CVII,

note 3), appartenait à la maison du duc de Bourbon. Avant cette

date, il avait, en 1375, assisté à la chevauchée d’Auvergne;

nous le retrouvons ici, aux côtés de son cousin germain Jean de

Châteaumorand, à Nantes et à Vannes. La _Chronique du bon duc Loys_

nous le montre successivement à la bataille de Rosebecque (1382), à

l’Écluse (1386), puis en Espagne, en Bordelais, en Bretagne (1387),

enfin en Barbarie (1390) et à Gênes auprès de Boucicaut.

[18] Jean de Châteaumorand, l’inspirateur, peut-être le véritable

auteur de la _Chronique_ de Cabaret d’Orville, était en 1370 écuyer

de la maison du duc de Bourbon, dont il portait «continuellement»

le pennon. Après avoir fait, en 1375, la chevauchée d’Auvergne et

accompagné B. du Guesclin à son passage en Bourbonnais, en 1380, nous

le retrouvons à Nantes et à Vannes. Il prend dès lors part à toutes

les expéditions où figure le duc de Bourbon, qui l’envoie souvent

en ambassade, et la _Chronique du bon duc Loys_ s’étend longuement

sur ses exploits. Elle ne mentionne cependant pas son rôle en Orient

(voy. Delaville Le Roulx, _la France en Orient_, p. 302, 360, etc.).

Jean de Châteaumorand, qui fut sans doute fait chevalier à l’occasion

du couronnement de Charles VI (Chazaud, _Chr. du bon duc Loys_, p.

XIII-XIV), figure, en 1385, comme chambellan du duc de Bourbon, et,

en 1388, comme chambellan du roi; en 1389, il est au service du duc

de Touraine (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol. 699).

[19] Un _Jean_ de Tournemine, écuyer de Charles d’Orléans, est, en

1410, au service du roi sous les ordres de Richemont (_Bibl. nat.,

Pièces orig._ vol. 2867).

Pendant ce temps, à Reims, le dimanche 4 novembre 1380, a lieu le

couronnement du jeune roi Charles, entouré de ses quatre oncles, les

ducs d’Anjou, de Berry, de Bourgogne et de Bourbon[20], des ducs de

Brabant, de Bar, de Lorraine, etc. Le comte de Flandre[21] et le

comte de Blois s’étaient excusés. La veille, le samedi, le jeune roi

avait fait son entrée solennelle, au milieu d’un concours immense de

seigneurs et de jeunes écuyers, comme ses cousins de Navarre, d’Albret,

de Bar et d’Harcourt, qu’il devait le lendemain armer chevaliers; il

avait veillé une grande partie de la nuit dans l’église Notre-Dame. Le

dimanche, le roi est sacré par l’archevêque de Reims, en présence de

tous les seigneurs et d’Olivier de Clisson, le nouveau connétable[22].

Pour célébrer son avènement, il ordonne que toutes impositions, aides,

gabelles, fouages, subsides et autres impôts grevant le peuple seront

abolis[23].

[20] Ne pouvant s’entendre sur l’interprétation de l’ordonnance

de Charles V (août 1374) qui avait fixé la succession royale, les

quatre oncles du roi convoquèrent au Parlement, le 2 octobre 1380,

un conseil où figurèrent, à leur côté, la reine Blanche, la duchesse

d’Orléans, les comtes d’Eu, d’Artois, de Tancarville, d’Harcourt, de

Sancerre, de Brene, Charles de Navarre, les archevêques de Rouen,

de Reims et de Sens, les évêques de Laon, Beauvais, Agen, Paris,

Langres, Bayeux, Thérouanne, Évreux, Meaux et Chartres, et autres

prélats et barons (_Arch. nat._, X1a 1471, fol. 382 vº). Ce conseil

décida, après avoir donné le titre de régent au duc d’Anjou et confié

la garde du roi aux ducs de Bourgogne et de Bourbon, de couronner au

plus tôt le jeune Charles VI (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p.

16). Une violente dispute eut lieu entre le duc d’Anjou et le duc de

Bourgogne, le jour même du couronnement, à propos de la préséance

(_Ibid._, p. 30 et 32).

[21] Le comte de Flandre était occupé par le siège de Gand, qu’il

voulut quitter, dit la _Chronique des Quatre Valois_ (p. 290), pour

aller assister au sacre du roi, «mais les Flamens ne vouldrent

souffrir qu’il laissast leur host durant ledit siege devant Gant».

[22] Olivier de Clisson ne fut officiellement nommé connétable de

France que par lettres patentes du 28 novembre 1380 (Dom Lobineau,

_Preuves de l’hist. de Bretagne_, t. II, p. 610); mais il avait prêté

serment au roi dès le 21 octobre (_Bibl. nat., Brienne_ vol. 259, p.

27), «en especial contre le roy d’Angleterre». Nous trouvons, à la

date du 8 novembre, une quittance donnée au service du connétable de

France (_Bibl. nat., Clair._ vol. 36, nº 2725).

[23] Le roi promit à Reims de supprimer les aides, mais il ne tint

cette promesse qu’à son retour à Paris, sous la menace d’une émeute

(_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 44; _Grandes Chroniques_, t.

VI, p. 472; _Ordonn._, t. VI, p. 527): «Le juedi après la Saint

Martin d’hiver» (15 novembre), «le roi nostre sire abati les aydes

ayans cours en son royaume, par le conseil de nos seigneurs de son

sang» (_Arch. nat._, X1a 1471, fol. 443; voy. aussi _Petit Thalamus_,

p. 401, la _Chr. des Quatre Valois_, p. 291). Cette suppression des

aides fut suivie à Paris (_Arch. nat._, JJ 147, fol. 108) et au

dehors (_Ibid._, JJ 148, fol. 55) d’excès de tous genres contre les

Juifs, qui venaient, en octobre, d’obtenir du roi la confirmation des

lettres que Charles V avait données en leur faveur (_Arch. nat._,

JJ 118, fol. 11 et 22). Ces excès n’avaient pas encore pris fin en

décembre 1380, puisqu’à la date du 19 de ce mois on voit un Jean

Beaudouin arrêtant un Juif «pour avoir de lui une ou deux pintes de

vin, ainsi que compagnons ont acoustumé de demander aux Juifs, quant

ilz sont trouvez sanz rouelle ou sauf conduit» (_Arch. nat._, JJ 118,

fol. 93 vº). Une nouvelle émeute contre les Juifs avait lieu à Paris

en janvier 1381 (_Ibid._, fol. 139).

Après la messe, le roi dîne au palais, sous une tente, avec ses oncles

et les prélats; il est servi par des hauts barons montés sur des

destriers caparaçonnés d’or: les sires de Couci, de Clisson, Gui de la

Trémoïlle, l’amiral de France[24], et autres.

[24] M. Terrier de Loray (_Jean de Vienne_, p. 158, note 2) cite une

quittance donnée par l’amiral, à la date du 4 novembre, «estant à la

poursuite des Anglais», ce qui rend sa présence au sacre de Reims

assez douteuse.

Le lundi, le roi se rend pour dîner à l’abbaye de Saint-Thierri[25],

près de Reims; il retourne ensuite à Paris où il est bien accueilli par

les habitants[26].

[25] Marne, arr. de Reims.

[26] C’est le dimanche 11 novembre que le roi rentra à Paris «à grant

solempnité... et fu la ville encourtinée, et furent joustes faites

au palais, le lundi et le mardi, des chevaliers et escuiers qui y

estoient» (_Grandes Chroniques_, t. VI, p. 472).

Après ces fêtes, les oncles du roi se partagent le gouvernement: le

duc de Berri a le Languedoc; le duc de Bourgogne la Picardie et la

Normandie; le duc d’Anjou reste auprès de son neveu, pour diriger en

son nom le royaume[27]. Sur la demande des ducs de Brabant et d’Anjou,

le comte de Saint-Pol peut rentrer en France[28], où il s’établit dans

son château de Bohain[29]. P. 9 à 13, 300, 301[30].

[27] A la date du 19 novembre 1380, le duc de Berri est nommé

lieutenant général du roi en Guyenne, Toulousain, Languedoc, Berri,

Poitou et Auvergne, avec faculté de disposer dans ces pays des

finances du roi (_Bibl. nat., Brienne_ vol. 259, fol. 219-222 vº).

Le duc d’Anjou, qui s’était déjà fait attribuer la majeure partie

du trésor royal, reçoit en don (25 décembre 1380) les restes des

forfaitures des Navarrais (_Arch. nat._, JJ 121, fol. 120). L’accord

définitif pour le gouvernement du royaume eut lieu le 28 janvier

1381: un conseil de régence de douze personnes était nommé; la garde

du roi et de Mr de Valois était confiée aux ducs de Bourgogne et de

Bourbon; le duc d’Anjou avait la présidence du conseil (_Bibl. nat._,

ms. fr. 6537, fol. 45, _orig._).

[28] Le comte de Saint-Pol vint à Paris demander grâce au roi, et,

soutenu par de puissants amis, entre autres le sire de Couci, obtint

la restitution de ses biens (_Chronographia regum francorum_, p. p.

H. Moranvillé, t. III, p. 2). Il ne put, malgré ses efforts, arriver

à perdre Bureau de la Rivière, auquel il reprochait sa disgrâce

(_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 36 et 38).

[29] Aisne, arr. de Saint-Quentin.

[30] Ici se placent, dans l’édition de Johnes, deux chapitres

nouveaux, dont nous reparlerons à propos des §§ 210 et 216.

Le duc de Bretagne, comme nous l’avons dit, avait quitté Rennes et se

dirigeait, avec les seigneurs de Montbouchier, de Montraulieu et tous

ses conseillers, vers Hennebont et Vannes. Le comte de Buckingham,

passant par Châtillon[31], Bain[32] et Nozay[33], arrive en quatre

jours aux faubourgs de Nantes où il se loge à la porte Sauvetout;

Guillaume de Latimer, connétable de l’armée, Gautier Fitz-Walter et

Raoul Basset se logent à la porte Saint-Pierre; Robert Knolles et

Thomas de Persi à la porte Saint-Nicolas; Guillaume de Windsor et

Hugues de Calverley à la poterne de Richebourg.

[31] Châtillon-sur-Seiche, Ille-et-Vilaine, arr. de Rennes.

[32] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[33] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

Ils sont aussitôt inquiétés par les défenseurs de la ville, Jean le

Barrois des Barres en tête[34], qui, la veille de la Saint-Martin (10

novembre), les surprennent à la porte Saint-Pierre. P. 13 à 15, 301,

302.

[34] Aux défenseurs de la ville était venu se joindre, avec ses

hommes d’armes, Pierre de Beuil, dont le père, Jean de Beuil, était

engagé, le 12 décembre 1380, par le connétable de Clisson pour la

guerre de Bretagne (_Bibl. nat., Clair._ vol. 23, nº 1665).

Le surlendemain (12 novembre), nouvelle escarmouche du côté de la

Loire, que soutiennent Jean de Harleston, Guillaume de Windsor et

Robert Knolles. P. 15, 16, 302.

Le 18 novembre, les Français font une sortie par la porte Sauvetout;

mais les Anglais, gardés par les troupes allemandes, se défendent bien:

ils n’en perdent pas moins un de leurs chefs, Thomas de Rhodes, et se

laissent faire six prisonniers. P. 16, 17, 302.

Le siège dure toujours, et le comte de Buckingham reste sans nouvelles

du duc de Bretagne, malgré les messagers qu’on lui envoie et que

guettent sur les chemins les gens du pays. Le duc, en effet, ne peut

décider ses hommes à venir avec lui assiéger Nantes: ils refusent de

faire guerre et dommage sur la terre de Bretagne, pour le service des

Anglais, alors que la cour de France, qu’on voulait effrayer tout

d’abord, semble disposée à respecter leurs anciennes coutumes.

D’autre part, les hauts barons, les seigneurs de Clisson, de Dinan, de

Laval, de Rochefort, le vicomte de Rohan, menacent le duc de lui faire

eux-mêmes la guerre, s’il vient assiéger Nantes; ils lui conseillent,

au contraire, de se soumettre au jeune roi de France, qu’il ne peut

haïr comme son père[35]. P. 17 à 19, 302, 303.

[35] D’après le _Religieux de Saint-Denis_ (t. I, p. 58 et 60), c’est

surtout à l’intervention du sire de Beaumanoir qu’est due la reprise

des négociations, commencées du vivant même de Charles V (_Grandes

Chroniques_, t. VI, p. 473).

Sous les murs de Nantes les escarmouches continuent; le soir de la

Notre-Dame des Avents (8 décembre), dans une sortie contre Guillaume de

Cosyngton[36] et les hommes de guet, le seigneur d’Amboise[37] est fait

chevalier par Amauri de Clisson[38], cousin-germain du connétable. P.

19, 20, 303.

[36] Ce _Cosyngton_, qui ne peut être le Guillaume figurant en 1313

dans Rymer (t. III, p. 406), doit être identifié avec _Étienne_ de

Cosyngton, bien connu déjà, qui, d’après la _Chronique du bon duc

Loys de Bourbon_ (p. 124), fut fait prisonnier dans cette sortie.

[37] Pierre II, seigneur d’Amboise, vicomte de Thouars en 1397, mort

en 1422.

[38] Amauri de Clisson, qui prend part plus tard à l’expédition

de Gueldre, figure comme chevalier bachelier, avec deux autres

chevaliers et six écuyers, dans une revue reçue à Corenzich le 1er

octobre 1388. Une quittance à son nom, de 129 francs, porte la date

du 27 septembre de la même année (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol.

789).

Le jeudi d’avant la Noël (20 décembre)[39], les Anglais sont encore

attaqués par le Barrois des Barres et le seigneur de Cholet[40]; ils

perdent un de leurs chevaliers, Hugues Tyrel[41], mais, malgré leur

désir, ils n’osent dégarnir leurs postes pour envoyer, sous bonne

escorte, de nouveaux messagers rappeler au duc ses engagements. P. 20 à

22, 303, 304.

[39] A la date du 18 décembre 1380, le roi Richard appointe John

Orewell pour arrêter vingt vaisseaux destinés à aller porter secours

_par la Loire_ à l’armée de Buckingham (_Rec. Off., Lord Treas. Rem.,

For. Rolls_ nº 2).

[40] Yves de Cholet mourait en 1390 sous les murs de Carthage pendant

l’expédition de Barbarie (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 668).

[41] Rymer cite au moins deux Anglais de ce nom. Il faut sans doute

identifier celui dont il s’agit ici avec Hugh Tyrrel, capitaine,

en 1374, du château d’Auray en Bretagne et garde du château de

Carisbrooke dans l’île de Wight en 1377 (Rymer, t. VII, p. 51 et

147).

La veille de Noël (24 décembre), grande escarmouche, où se distinguent

du côté anglais Yves Fitz-Warin et Guillaume Drayton[42]; le chevalier

français, Tristan de la Jaille, est fait prisonnier par un écuyer de

Hainaut, Thierri de Sommaing[43]. P. 22, 23, 304.

[42] Nous retrouvons ce personnage en Flandre en 1385 au service du

roi d’Angleterre (Rymer, t. VII, p. 488).

[43] Les Nantais surprirent l’ennemi et détruisirent la mine qu’il

faisait depuis plusieurs jours. Tristan de la Jaille, prisonnier, fut

sans doute échangé, car il figure plus loin aux joutes de Vannes. Au

dire de la _Chronique du bon duc Loys_, Thierri de Sommaing fut tué

dans cette escarmouche (p. 125).

Pendant les fêtes de Noël, les hostilités cessent. P. 23, 24, 304.

Depuis plus de deux mois, les Anglais sont sous les murs de Nantes.

Le comte de Buckingham décide alors de lever le siège et d’aller avec

toutes ses troupes trouver le duc à Vannes. L’armée anglaise part donc

le 2 janvier[44], passe par Nort[45], Moisdon[46], Teillais[47], Bain,

traverse la Vilaine et arrive à Lohéac[48] un samedi (12 janvier); de

là par Guer[49], Mauron[50], la Trinité[51], elle vient traverser

l’Oust à Brehan[52], et campe sur la rive droite de la rivière.

[44] Malgré les pillages nombreux auxquels ils se livraient

(_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 62), les Anglais avaient

grand’peine à se ravitailler; aussi la disette de vivres, jointe à

«une maladie de cours de ventre qui fort les acoura» (_Chr. du bon

duc Loys de Bourbon_, p. 127), fut la véritable cause de la levée du

siège de Nantes.

[45] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[46] Loire-Inférieure, arr. de Châteaubriant.

[47] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[48] Ille-et-Vilaine, arr. de Redon.

[49] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[50] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[51] La Trinité-Porhoët, Morbihan, arr. de Ploërmel.

[52] Morbihan, arr. de Ploërmel.

Effrayés de l’approche des Anglais, les habitants de Vannes demandent

conseil au duc de Bretagne qui les rassure et les engage à ouvrir leurs

portes au comte, sous la condition qu’il ne logera que quinze jours

dans leur ville. Lui-même, le lendemain, il sort de Vannes au-devant

de Buckingham qui, après un arrêt à Brehan, avait, la nuit précédente,

couché à Saint-Jean[53].

[53] Saint-Jean-Brevelay, Morbihan, arr. de Ploërmel.

Le duc s’excuse auprès du comte de son manque de parole: il invoque

les résistances qu’il a rencontrées chez ses vassaux et les menaces

des seigneurs de Clisson, de Laval et autres hauts barons. La saison,

du reste, est avancée; mieux vaut attendre l’été pour recommencer la

campagne. Le comte, bien accueilli par les habitants de Vannes, jure de

n’y séjourner que quinze jours et est logé au château de la Motte[54],

tandis que le duc s’en va à son château de Sucinio[55], d’où il échange

des visites avec le comte.

[54] Ce château ducal, à Vannes, fut rebâti au XIIIe, puis au XVIIe

siècle pour devenir le palais épiscopal, et servit de préfecture

après la révolution; il a été presque complètement démoli en 1866.

[55] Château situé à Sarzeau, Morbihan, arr. de Vannes.

Les lieutenants de Buckingham devaient, d’après les conventions, être

logés avec leurs hommes à Hennebont[56], à Quimper-Corentin[57] et à

Quimperlé[58]; mais ils ne peuvent réussir à se faire ouvrir les portes

de ces villes et sont forcés de se cantonner dans les faubourgs, où ils

souffrent du froid et du manque de vivres[59].

[56] Morbihan, arr. de Lorient.

[57] Quimper, Finistère, ch.-l. de dép.

[58] Finistère, ch.-l. d’arr.

[59] Les barons bretons n’avaient pas consenti à laisser entrer les

Anglais dans les villes; ils ne leur avaient laissé que la campagne

et les faubourgs et les avaient obligés à s’approvisionner à prix

d’argent auprès des habitants (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p.

58).

Harcelées sans cesse par les garnisons des châteaux de Kaer[60] et de

Guéméné-Guingamp[61], appartenant au vicomte de Rohan, et par celles

des châteaux de Josselin[62], de Montaigu[63] et de Moncontour[64],

appartenant au seigneur de Clisson, menacées par les forces du

connétable qui occupe le pays[65], n’osant ni s’en aller ni se porter

mutuellement secours, les troupes anglaises en sont réduites à se

contenter de l’intervention douteuse du duc de Bretagne. P. 24 à 30,

304 à 306.

[60] Château situé à Locmariaquer, Morbihan, arr. d’Aurai.

[61] Aujourd’hui Guéméné-sur-Scorf, Morbihan, arr. de Pontivi.

[62] Morbihan, arr. de Ploërmel.

[63] Vendée, arr. de la Roche-sur-Yon.

[64] Côtes-du-Nord, arr. de Saint-Brieuc.

[65] Les troupes qu’avait rassemblées Olivier de Clisson étaient

importantes; à la date du 1er août 1380, nous voyons figurer dans

une montre passée à Château-Josselin deux chevaliers bannerets,

trente-deux chevaliers bacheliers et cent soixante-cinq écuyers (Dom

Morice, _Mémoires_, t. II, col. 254-255).

Le duc, en effet, durant ce temps, négocie la paix à Paris avec le roi

de France, par l’entremise du vicomte de Rohan, de Charles de Dinan, de

Gui de Laval et de Gui de Rochefort, aux conseils desquels il se rend,

craignant qu’une fois établis en Bretagne, les Anglais n’en veuillent

plus sortir. P. 30 à 32, 306, 307.

Les Anglais ignorent[66] tout cela et passent leur temps en joutes. On

se rappelle le combat de Gauvain Michaille et de Janekin Cator dans

la forêt de Marchenoir[67]. A cette occasion, plusieurs défis avaient

été échangés entre chevaliers anglais et français, mais le comte de

Buckingham avait ajourné ces joutes, qui, une fois encore, sous les

murs de Nantes, n’avaient pu avoir lieu.

[66] Malgré l’opinion du _Religieux de Saint-Denis_ (t. I, p. 56),

les Anglais ignorèrent si bien les négociations de paix entreprises

par les barons bretons, qu’à la date des 21 et 24 décembre 1380,

Thomas Credy et Walter Leicester étaient chargés de réunir des

navires destinés à transporter des troupes en Bretagne en même temps

qu’en Portugal (_Rec. Off., Issue Rolls_ 302, m. 13; _Queen’s Rem.,

Misc., Nuncii_ 632/12). Dès le mois de février 1381, Thomas de Felton

s’apprêtait à partir pour la Bretagne avec 900 hommes d’armes et

900 archers, «pro fortificatione Thome, comitis Buk. et exercitus

regis...» (_Ibid., Issue Rolls_ 303, m. 12). L’insurrection des

communes empêcha son départ ainsi que celui de Jean des Roches, de

Pierre Veel et de Robert Passelewe, qui, de Dartmouth, devaient aller

au-devant de Buckingham (_Rec. Off., Lord Treas., Rem., For. Acc._ 5,

m. 11 rº et m. 20 vº).

[67] Voy. t. IX, p. 272-274 et 278-279.

Quand les Anglais sont cantonnés à Vannes et aux environs, les

chevaliers français veulent à tout prix tenir leurs engagements, et,

grâce à un sauf-conduit donné par le connétable de France, des passes

d’armes mettent en présence à Château-Josselin des chevaliers des deux

nations, entre autres le Galois d’Aunoi[68] et Guillaume Clynton[69],

Lionnel d’Airaines[70] et Guillaume Frank[71]. P. 32 à 34, 307, 308.

[68] Voy. sur Robert d’Aunoi, dit le Galois, que Kervyn confond avec

son père Philippe, la notice détaillée de M. H. Moranvillé dans le

_Songe véritable_, p. 93-96 (Extrait des _Mémoires de la Soc. de

l’Hist. de Paris_, t. XVII).

[69] La _Chronique du bon duc Loys_ fait mourir ce «banneret» anglais

sous les murs de Nantes. Il est probable qu’elle commet une erreur,

car en avril 1399, nous voyons un Guillaume Clynton accompagnant le

roi Richard en Irlande et intervenant, en 1406, à l’acte réglant la

succession du roi Henri IV (Rymer, t. VIII, p. 78 et 463).

[70] Peu de temps auparavant, le 1er octobre 1380, Lionnel d’Airaines

assistait à une revue à Ardres (_Bibl. nat., Clair._ vol. 5, nº 238).

[71] Ce chevalier anglais est sans doute le même que _Jean_ Franc,

que la _Chronique du bon duc Loys_ fait mourir à tort dans une

escarmouche du siège de Nantes, puisque nous le retrouvons plus tard

en Barbarie en 1390. Le témoignage de Cabaret est du reste ici comme

ailleurs assez sujet à caution, car parmi les chevaliers anglais

tués en même temps que Franc, il cite Thomas Trivet, qui ne mourut

qu’en 1388 d’une chute de cheval (Froissart, éd. Kervyn, t. XII, p.

251-252).

Les joutes se continuent à Vannes, en présence du comte de Buckingham

et des principaux chefs anglais[72]. P. 34, 35, 308.

[72] La _Chronique du bon duc Loys_ parle longuement de ces joutes

de Vannes, où devaient primitivement figurer quinze hommes d’armes

de l’hôtel du duc de Bourbon contre quinze Anglais (p. 127-128) et

combattre à outrance. Les champions, réduits à cinq de chaque côté,

par suite de la fatigue des chevaliers anglais (p. 130), ne portent

pas tout à fait les mêmes noms que dans Froissart. Ce sont, du

parti anglais: Wautier Cloppeton, Édouard de Beauchamp, Thomas de

Hennefort, Brisselai et Jean de Traro; du parti français: Jean de

Châteaumorand, le Barrois, le bâtard de Glarains, le vicomte d’Aunai

et Tristan de la Jaille.

Joute des seigneurs de Pouzauges et de Vertaing; le seigneur de

Pouzauges est blessé. Joute de Jean d’Aubrecicourt et de Tristan de la

Jaille. Joute du bâtard de Clarens[73] et d’Édouard de Beauchamp[74],

remplacé par Janekin Stonckel. P. 35 à 37, 308, 309.

[73] De la maison du duc de Bourbon, le bâtard de Clarens se trouvait

en Bretagne, après avoir fait la campagne d’Auvergne, en 1375,

et accompagné B. du Guesclin en Bourbonnais en 1380. En 1382, il

assiste à la bataille de Rosebecque et, en 1386, il fait partie des

chevaliers partant porter secours à l’évêque de Metz, Pierre de

Luxembourg.

[74] D’après la _Chronique du bon duc Loys_ (p. 131), Éd. de

Beauchamp était ivre, ce qui l’empêcha de fournir sa joute. Cet

écuyer fit, en 1386, la campagne d’Espagne au service du roi de

Castille (Rymer, t. VII, p. 490).

Joute de Janekin Cloton[75] et de Jean de Châteaumorand. Janekin

Cloton est jugé trop faible pour lutter. P. 37, 38, 309.

[75] Le même sans doute que le _Gautier_ Clopton de la _Chronique du

bon duc Loys_, que Rymer cite à la date de 1397 (t. VIII, p. 10).

Il est remplacé par Guillaume de Faringdon[76], qui blesse à la cuisse

Jean de Châteaumorand. P. 38, 39, 309, 310.

[76] La joute de Jean de Châteaumorand et de Guillaume de Faringdon

eut lieu le lendemain de celle où avait figuré Janekin Cloton.

Tandis que les Anglais, logés à Vannes et aux environs, sans autre

ravitaillement que ce qui leur vient des îles de la Manche et de

Cornouailles, attendent la fin de l’hiver pour recommencer la guerre

avec de nouveaux renforts, les barons bretons continuent à Paris leurs

négociations en vue de la paix, désirée surtout par le duc d’Anjou qui

prépare son expédition d’Italie[77].

[77] Grâce aussi au duc de Bourgogne, allié par sa femme au duc de

Bretagne (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 60).

On arrive enfin à une entente: le duc de Bretagne s’engage à faire

évacuer son duché par les Anglais, auxquels il fournira des navires.

Ceux d’entre eux qui appartiennent à la garnison de Cherbourg seront

libres de retourner par terre avec un sauf-conduit. Le duc viendra en

France faire hommage au roi[78]. P. 39 à 42, 310, 311.

[78] Le traité de paix, par lequel le duc de Bretagne fait sa

soumission au roi, est signé le 15 janvier 1381 à Vincennes. Par

cet acte, le duc de Bretagne demande pardon au roi et s’engage à

lui faire hommage; il promet son concours contre les ennemis du roi

de France et particulièrement les Anglais; il paie une indemnité

de 200,000 francs (Dom Lobineau, _Hist. de Bretagne_, t. II, col.

610 et suiv.). Olivier de Clisson ratifie ce traité le 23 février,

remettant aux mains du roi son différend avec le duc de Bretagne,

qui, le 4 avril, à Guérande, appose son sceau au traité en présence

des commissaires royaux: Jean le Fèvre, évêque de Chartres, Arnaud

de Corbie, premier président au Parlement, Pierre de Chevreuse, Jean

le Mercier et Jean Tabary, secrétaire du roi (H. Moranvillé, _Étude

sur Jean le Mercier_, p. 85). Ce n’est que le 27 septembre, à Paris,

que le duc de Bretagne prête hommage au roi (Dom Morice, _Hist. de

Bretagne_, t. I, p. 384). Charles VI n’avait pas attendu cette date

pour accorder une rémission générale aux partisans du duc de Bretagne

à Saint-Denis, le 2 mars 1381 (_Arch. nat._, JJ 118, fol. 187).

Quand les Anglais apprennent que la paix est conclue entre le roi de

France et le duc de Bretagne, ils s’en montrent fort mécontents. Après

de longues explications et excuses de la part du duc[79], le comte de

Buckingham quitte Vannes le 11 avril 1381[80] et s’embarque aussitôt:

il part le soir même pour l’Angleterre, refusant une dernière entrevue

que lui demande le duc. P. 42 à 44, 311.

[79] Pour apaiser Buckingham, le duc avait, le 11 avril, fait dresser

un acte par lequel ses barons s’engageaient à refuser de combattre

les Anglais, si le roi de France voulait y forcer le duc. Buckingham

feignit de se contenter de cet acte et partit (Dom Morice, _Hist. de

Bret._, t. I, p. 384).

[80] Walsingham (_Hist. angl._, t. I, p. 444) prétend que le

duc de Bretagne donna de l’argent aux Anglais pour obtenir leur

départ. L’armée anglaise était alors bien diminuée par les maladies

(_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 66): de 6,000 hommes qu’elle

comptait devant Nantes, elle n’en avait guère plus de 3,000 (_Chr. du

bon duc Loys_, p. 35), et avait perdu tous ses chevaux (Walsingham,

t. I, p. 444). Le paiement des gages de Buckingham (9,000 livres)

et celui de ses chevaliers est daté de Brest, 30 avril 1381 (_Rec.

Off., Lord Treas. Rem., For. Acc._ 4, m. 40 vº et 50 vº). Le 2 mai,

le comte de Buckingham arrive à Falmouth avec 1,069 hommes; le reste

de ses gens débarque dans d’autres ports de Cornouailles (_Rec. Off.,

Lord Treas. Rem., For. Acc._ 4, m. 40 vº).

Le connétable fait donner des sauf-conduits aux Anglais qui retournent

à Cherbourg; parmi eux se trouvent les chevaliers Jean Burley, Yves

Fitz-Warin, Guillaume Clynton et l’écuyer Nicolas Clifford[81]. Ce

dernier rencontre à Château-Josselin un écuyer du comte de la Marche,

Jean Boucinel, qui l’avait défié autrefois à Valognes. Un nouveau défi

a lieu, et, malgré les résistances de Clifford, le connétable, pris

comme arbitre, décide que le lendemain le combat se fera. P. 44 à 47,

311, 312.

[81] A ces noms, il faut ajouter ceux de Guillaume de Windsor, qui

part pour Cherbourg le 5 mars, de Guillaume de Faringdon et de Massy

de Podyngton, qui s’apprêtent à le rejoindre, le 30 mai (_Rec. Off.,

Early Chancery Rolls_ 325, m. 13 et 2).

Jean Boucinel est tué par Clifford. Les Anglais, sous la conduite du

Barrois des Barres, s’acheminent vers Cherbourg. P. 47 à 51, 312, 313.

CHAPITRE XII.

_1380, juin._ CONCLUSION DE LA PAIX ENTRE LE COMTE DE FLANDRE ET

LES GANTOIS.--_8 août._ REPRISE DES HOSTILITÉS.--_27 août._ DÉFAITE

DES GANTOIS.--_Septembre._ LE COMTE FAIT LE SIÈGE DE GAND.--_5

novembre._ VICTOIRE DES GANTOIS A LONGPONT.--_10 novembre._ PAIX

MARTINIENNE.--_1381, février._ NOUVEAUX DIFFÉRENDS.--_13 mai._

DÉFAITE DES GANTOIS A NEVELE; LEUR DÉSUNION (§§ 193 à 208).

En Flandre, les Gantois sont toujours en hostilités avec le comte, qui

profite d’une émeute populaire à Bruges pour intervenir et mettre la

main sur la ville, où il fait de nombreuses exécutions; ce qui entraîne

la soumission du Franc de Bruges[82].

[82] Après l’exécution de Jean Pruneel et l’appel fait par le comte

aux bannis de Flandre (voy. t. IX, p. XCIV-XCV), le 18 juin 1380,

les Brugeois avaient arraché à Louis de Male certains privilèges

relatifs, entre autres, à la bière et aux vins. Revenu à Lille, le

comte s’était hâté de révoquer ces concessions (_Arch. du Nord_,

citées dans Le Glay, _Chronique rimée_, p. 88, note 1) et avait

imposé son alliance aux habitants de Bruges et du Franc (J. Meyer,

_Ann. flandr._, fol. 174). Malgré ces alliés, malgré ses mercenaires

anglais (_Religieux de Saint-Denis_, t. I, p. 110), le comte

assistait aux nouveaux succès des Gantois, qui s’étaient emparés de

plusieurs villes (Kervyn, _Ist. et chr. de Flandre_, t. II, p. 191 et

236); il se résolut à la paix, qui fut «criée» au mois de juin 1380.

Elle fut bientôt rompue, le 8 août, à l’occasion d’une querelle de

tisserands (Meyer, fol. 174), et les hostilités recommencèrent.

Enhardi par ce succès, le comte décide d’aller assiéger Ypres, que

viennent secourir 3,000 Gantois, conduits par Jean Boele[83] et Arnould

de Clerk[84]. De Bruges, le comte se dirige sur Thourout, puis sur

Poperinghe, où il réunit une armée de 20,000 hommes. P. 51 à 53, 313,

314.

[83] C’est par erreur que, dans le volume précédent (t. IX, p.

LXXXII), ce personnage a été appelé _Guillaume_. Jean Boele, qui

figure à différentes reprises dans les comptes de la ville de Gand,

était échevin en février 1381 (J. Vuylsteke, _Rekeningen der Stad

Gent_, 1893, p. 185).

[84] Arnould de Clerk (en flamand Arent de Cleerc) est mentionné en

1380 avec Simon Colpaert dans les comptes de Gand (_Rekeningen_, p.

192) à propos d’une expédition à Dixmude.

Les Gantois envoient alors à Ypres un nouveau renfort de 9,000

hommes, sous les ordres de Rasse d’Herzeele, Pierre du Bois, Pierre

de Wintere[85] et Jean de Launoit[86], qui, après être passés par

Courtrai, décidés à livrer bataille au comte, attendent à Roulers[87]

d’être rejoints par les troupes d’Ypres, déjà renforcées par celles de

Jean Boele et d’Arnould de Clerk.

[85] Un Pierre de Wint paraît en mai 1378 dans les comptes de Gand

(_Rekeningen_, p. 104).

[86] Jean de Launoit (Jan vander Elst) appartient à la corporation

des marchands en 1376 et 1377 (_Rekeningen_, p. 24, 35, 83, 97,

etc.). Est-ce le même que Jan vander Helst, échevin entre 1377 et

1380 (_Ibid._, p. 151)? D’après Meyer (fol. 177 rº), c’était un

banni.

[87] Belgique, prov. de Flandre occidentale.

Surprises dans une embuscade, ces dernières troupes sont taillées en

pièces par les gens du comte[88] et perdent près de 3,000 hommes[89].

Les Yprois rentrent dans leur ville et les Gantois se réfugient à

Courtrai. P. 53 à 56, 314.

[88] La défaite des Gantois eut lieu le 27 août 1380 (Meyer, fol. 175

rº), au moment où, d’après une rédaction des _Chroniques de Flandre_,

ils se disposaient à marcher sur Dixmude (_Ist. et chr._, t. II, p.

539). C’est peut-être ici qu’il faut placer l’expédition d’Arnould de

Clerk, voy. p. XIV, note 84.

[89] Meyer n’estime qu’à 1,200 le nombre des Gantois morts.

Mais, dans leur fureur d’avoir été vaincus, ils accusent Jean Boele de

trahison et le tuent; ils retournent ensuite à Gand, pendant que Jean

de Launoit va s’emparer du château de Gavre sur l’Escaut. P. 56, 57,

315.

Le comte marche alors sur Ypres, qui lui ouvre ses portes et se rend à

merci[90]; il fait mettre à mort plus de 700[91] partisans des Gantois,

envoie à Bruges 300 otages, et, cela fait, se dispose à assiéger

Courtrai. P. 57, 58, 315.

[90] Ypres ouvrit ses portes au comte le 28 août, bien qu’une

rédaction des _Chroniques de Flandre_ (_Ist. et chr._, t. II, p. 257)

place cet événement après le 9 septembre.

[91] Le comte «fist decoler bien .IIIIC. de ceuls de ladicte ville»

(_Ist. et chr._, t. II, p. 174).

N’espérant plus de secours de la part des Gantois, la ville se rend

au comte[92], qui prend 200 otages et, peu de temps après, rentre à

Bruges en passant par Deynse[93]. Au bout d’une quinzaine de jours,

aux environs de la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste (29

août)[94], le comte convoque de nouveau ses gens et vient s’établir à

la Biete[95] pour faire le siège de Gand. Robert de Namur a répondu à

son appel, mais non Guillaume, qui alors est en France, auprès du roi.

Gautier d’Enghien est maréchal de l’armée. Les Gantois, encouragés dans

leur défense par les Liégeois, les gens de Bruxelles et du Brabant,

supportent vaillamment le siège, qui ne peut être complet, et sont

ravitaillés du côté de Bruxelles et des Quatre-Métiers[96]. P. 58 à 60,

315.

[92] Le 29 août 1380.

[93] Voy. _Ist. et chr._, t. II, p. 174.

[94] D’après Meyer (fol. 175), ce fut le 1er septembre, immédiatement

après la prise de Deynse, que commença le siège de Gand, qui devait

être long et durer près de dix semaines. Le comte avait avec lui

100,000 hommes (_Ist. et chr._, t. II, p. 193).

[95] Ter Boote, plateau situé au nord de Gand, au delà de Longpont

(Langerbrugge).

[96] Région située au nord de Gand et comprenant les métiers

d’Assenede, de Bouchaute, de Hulst et d’Axel.

Tandis que le seigneur d’Enghien, que le Hase de Flandre et le jeune

sénéchal de Hainaut, Jacques de Werchin, se distinguent dans des

escarmouches, les gens de Bruges, de Poperinghe et d’Ypres, envoyés par

le comte à Longpont[97], se font battre par les Gantois[98]. P. 60 à

62, 316.

[97] Langerbrugge, au nord de Gand.

[98] Ce combat eut lieu à la fin du siège, le 5 novembre 1380. Il fut

fort meurtrier; c’est là que mourut Josse de Hallwin (_Ist. et chr._,

t. II, p. 174). Voy. les comptes relatifs à Longpont (_Rekeningen_,

p. 218).

Fiers de ce succès, les Gantois, au nombre de 6,000, vont prendre,

brûler et piller Alost[99], dont les seigneurs, Louis de Marbais,

Geoffroi de la Tour[100] et Philippe de Jonghe, n’ont que le temps

de fuir; ils se rendent maîtres ensuite de la ville de Termonde[101]

(Philippe de Masmines est tué dans cette affaire), mais ne peuvent

s’emparer du château, défendu par le seigneur de Widescot; enfin ils

entrent par force dans Grammont[102], puis retournent à Gand avec leur

butin. P. 62, 63, 316.

[99] Le 6 octobre 1380 (Meyer, fol. 176).

[100] Godefroy de la Tour, rentier de Brabant, donne quittance le 15

décembre 1374 de 125 francs d’or, pour terme d’une rente à lui due

par le trésor royal (_Bibl. nat., Pièces orig._ vol. 2859).

[101] C’est le jour de la Saint-Denis, 9 octobre, que les Gantois

partent pour Termonde, qu’ils prennent le 11 (Meyer, fol. 176 rº).

[102] La prise de Grammont par les Gantois eut lieu en novembre 1380;

le seigneur d’Enghien y fut fait prisonnier (_Ist. et chr._, t. II,

p. 193). Elle avait été précédée en octobre de l’attaque contre

Audenarde, de la prise d’Eenaeme et de la défaite et mort d’Arnould

de Clerk, que Froissart, d’accord avec une des rédactions des

_Chroniques de Flandre_ (t. II, p. 198-199), place en carême 1381; ce

dernier combat est daté par Meyer (fol. 176 rº) du 25 octobre. Dix

jours après (le 5 novembre) se passait la bataille de Longpont, dont

Froissart a parlé plus haut.

L’hiver s’approche; le comte se retire alors à Bruges[103] et envoie à

Audenarde tenir garnison les seigneurs d’Enghien et de Montigni, pour

inquiéter les Gantois.

[103] Avant de retourner à Bruges, le comte signa la paix que

demandaient les Gantois; lui-même «tot fessus malis et ære exhaustus,

videns plus se damni quam lucri facere» (Meyer, fol. 176 vº), y

consentit volontiers. Cette paix, signée «au camp devant Gand» le

11 novembre 1380, jour de la Saint-Martin, prit le nom de paix

Martinienne; elle est ignorée de certaines _Chroniques_, qui disent

que «demoura la cose ainsy toute la saison _sans pais_, sans trieues

et sans nul accord» (_Ist. et chr._, t. II, p. 193; cf. p. 238).

Par cette paix, dit Wielant, dans ses _Antiquités de Flandres_ (Dom

Smet, _Rec. des chr. de Fl._, t. IV, p. 307), «le comte pardonne tous

meffaictz sans jamais rien pouoir demander; _item_, que tous ceulx

qui sont banniz par ceuls de Gand demoureront banniz et obeyront au

ban et que desormais l’on fera justice selonc les coustumes de la

ville». De plus, toute personne qui violera cette paix sera punie

comme si elle avait violé une réconciliation légale (Van Duyse et

de Busscher, _Inventaire... des chartes... de Gand_, p. 158, et J.

Vuylsteke, _Rekeningen der Stad Gent_, p. 448-450). A cette époque,

le comte cherche aussi à s’assurer le concours de l’Angleterre, où il

envoie des ambassadeurs, en décembre 1380 (_Rec. Off., Early Chanc.

Rolls_ 325, m. 20). Le 20 février suivant, Jean Elyot est envoyé à

Calais, porteur de lettres pour le comte, les échevins et bourgeois

de Bruges, Ypres et Gand (_Rec. Off., Issue Rolls_ 302, m. 20).

En mars suivant, au printemps, le comte rassemble une nouvelle armée,

dont il fait chef le seigneur d’Enghien. Les contingents de Deynse et

d’Audenarde sont attaqués et maltraités par Rasse d’Herzeele et Jean de

Launoit, qui revenaient à Gand d’une expédition contre Deynse[104].

[104] La paix ne dure guère. De nouvelles contestations s’élèvent

entre les Gantois et les Brugeois, ces derniers voulant garder ce qui

avait été pris par les autres durant les hostilités. Le 24 février

1381, les Gantois renouvellent leur alliance avec Ypres et créent un

tribun du peuple, Rasse Mulaert; par une nouvelle loi, ils décident

que quiconque fera prisonnier un chevalier recevra deux livres; pour

un écuyer le prix ne sera que d’une livre. Au commencement de mai,

les Gantois prennent Termonde, Courtrai, Grammont, etc., sans pour

cela que le calme règne dans la ville. Pendant une émeute, Simon Rym

est tué (Meyer, fol. 176 vº-177 rº).

Le lendemain, les Gantois vont brûler les faubourgs de Courtrai et

rencontrent les troupes du comte à Nevele[105]. Rasse d’Herzeele et

Jean de Launoit s’apprêtent à livrer bataille, sans attendre Pierre du

Bois et Arnould de Clerk. P. 63 à 66, 316, 317.

[105] Village près de Gand. La bataille eut lieu le lundi 13 mai

1381, jour de la Saint-Servais. On trouve des comptes se rapportant

aux expéditions de Courtrai (voy. la note précédente) et de Nevele

dans le livre de M. J. Vuylsteke (_Rekeningen_, p. 220-223).

L’armée du comte est forte de 20,000 hommes, de 1,500 lances, tant

chevaliers qu’écuyers; ce sont: de Hainaut, le seigneur d’Enghien,

maréchal de l’armée, Michel de la Hamaide, le bâtard d’Enghien[106],

le seigneur de Montigni, Gille de Risoit, Hustin du Lai, le seigneur

de Lens et Jean de Berlaimont[107]; de Flandre, Jean et Gui[108]

de Ghistelles, le seigneur d’Escornai, le seigneur de Hulluc, le

seigneur et Daniel d’Halewin, le seigneur d’Estaimbourg, Thierri de

Dixmude[109], et d’autres, en y comptant le jeune sénéchal de Hainaut,

Jacques de Werchin, qui mourut à Obies. Le seigneur de Leeuwerghem[110]

porte la bannière du comte. Le choc a lieu, et mal fût avenu aux gens

du comte, si Pierre du Bois, qui était arrivé sur le lieu du combat,

eût pu secourir les siens; mais il en est empêché par un marais. P. 66

à 68, 317, 318.

[106] _Jean_, bâtard d’Enghien, figure déjà en 1379 au siège

d’Audenarde, pendant lequel il fut fait chevalier (_Ist. et chr._, t.

II, p. 230).

[107] Kervyn a consacré aux Berlaimont une assez longue notice (t.

XX, p. 310-311) où ne figure pas celui dont il est ici question.

[108] Sur Gui de Ghistelles, voy. t. IX, p. LXXXIV, note 4.

Chroniques de J. Froissart, tome 10/13 · 第 1 / 36 段