Les fonctionnaires et les marchands ainsi réunis formèrent, pour la

seconde fois, une véritable faction, à laquelle les royalistes,

américains chassés de leur pays, et arrivant dépouillés de tout et le

coeur ulcéré par leur défaite, prêtèrent l'énergie de la haine et des

passions qui les dévoraient eux-mêmes. Cette faction osa essayer de

faire proscrire la langue française dans la législature par la majorité

même de la chambre d'assemblée qui parlait cette langue; si elle ne

réussit pas, elle sut toutefois se faire donner un pouvoir despotique

par la loi qui suspendait l'acte de l'habeas corpus et qui autorisait le

conseil exécutif ou trois de ses membres à faire emprisonner un citoyen

pour délit politique; et elle eut assez d'influence pour faire rejeter

par la métropole l'acte provincial de 99, qui aurait eu l'effet

d'assurer au peuple le pouvoir de taxer et de contrôler la perception et

l'emploi du revenu public. Elle cria à la trahison lorsque la chambre

passa cette loi, qui mettait les fonctionnaires dans sa dépendance, en

chargeant le budget de la colonie de toute la dépense civile, dont une

partie était alors payée par la mère-patrie; et l'on verra dans la suite

quel usage elle fit de la suspension de l'habeas corpus pour intimider

la chambre en emprisonnant ses membres, et en usurpant une autorité

contraire à l'esprit de la constitution.

Dès les premiers pas du gouvernement constitutionnel, les hommes et les

partis se dessinent assez pour faire connaître leur caractère, leur

tendance et leur esprit. Le parti anglais, de rebelle qu'il était en 75

parce que la métropole ne lui laissait pas la domination exclusive du

Canada, voyant ses espérances déçues par l'acte de 91, se rallia au

gouvernement comme un pis-aller. Mais son rôle était encore fort beau;

il régnait toujours dans les conseils exécutif et législatif et dans les

administrations. Le parti canadien dominait dans la chambre d'assemblée

seule; et il fut bientôt en opposition ouverte avec le pouvoir exécutif,

qui restait toujours entre les mains des mêmes hommes, qui avaient été

de tout temps les ennemis secrets ou avoués des anciens habitans: de là

les longues querelles qui vont continuer de remplir nos annales, malgré

l'introduction du principe électif, et dans lesquelles les Canadiens

vont se présenter à nous sous un nouvel aspect. Intrépides et

persévérans sur le champ de bataille dans la guerre de la conquête, et

d'autant plus attachés à leurs institutions que l'on avait fait de

tentatives jusqu'en 91 pour les leur ravir, on va les voir montrer la

même constance sous la nouvelle constitution, et se distinguer également

par leur énergie et par dès talens qu'on ne leur avait pas encore

connus.

Les deux premiers hommes qui vont d'abord fixer l'attention dans la

nouvelle lutte qui commence pour les Canadiens sur le grand théâtre

parlementaire, sont MM. Bedard et Papineau, que la tradition représente

comme étant doués des plus grands talens oratoires; mais dont

malheureusement les discours n'ont pas été conservés par la presse, qui

pendant longtemps n'a publié que ceux qui lui étaient envoyés par les

orateurs qui les avaient prononcés, ce qui arrivait fort rarement. Ces

deux patriotes nous apparaissent aujourd'hui dans l'histoire comme les

plus fermes champions des droits populaires, et en même temps les

partisans les plus désintéressés et les plus fidèles de l'Angleterre,

pour laquelle le dernier s'était déjà distingué par son zèle pendant la

révolution américaine.[71] Ils furent dans la législature les premiers

apôtres de la liberté et les défenseurs des institutions nationales de

leurs compatriotes, parmi lesquels leurs noms ne cesseront point d'être

en vénération. Sortis tous deux du sein du peuple, l'un d'une famille de

Montréal, et l'autre d'une famille originaire de Charlesbourg, près de

Québec, ils avaient reçu une éducation qui les mit de suite de pair avec

la plupart de ces gentilshommes qui cherchaient en vain à conserver le

prestige de leur ancienne illustration, mais qui allaient trouver des

émules redoutables et le plus souvent vainqueurs dans les débats de la

tribune. M. Papineau fut bientôt en effet le premier orateur des deux

chambres. Une stature élevée et imposante, une voix pleine et sonore,

une éloquence plus véhémente encore qu'argumentative, telles étaient les

qualités dont il était doué, et qui sont nécessaires pour faire de

l'effet dans les assemblées publiques. Il conserva jusqu'à la fin de ses

jours un patriotisme pur et la confiance de ses concitoyens, qui

aimaient à entourer de leur respect ce vieillard, dont la tête droite et

couverte d'une longue chevelure blanche qui flottait sur ses larges

épaules, conservait encore le caractère de l'énergie et de la force.

[Note 71: Un officier canadien, M. Lamothe, avait apporté en Canada des

dépêches de lord Howe, général anglais à New-York, pour le général

Carleton; elles étaient adressées au séminaire de Montréal. M. Papineau,

alors jeune homme, se joignit à M. Lamothe pour les porter à Québec.

Elles furent mises dans des bâtons creux, et ils se mirent en chemin par

la rive droite du fleuve, évitant les troupes rebelles et les Canadiens

qui avaient embrassé leur parti, et marchant de presbytère en

presbytère. Ils entrèrent à Québec le 11 mars, et après avoir délivré

leurs dépêches ils entrèrent dans la compagnie du capitaine Marcoux

comme volontaires, et servirent jusqu'à la levée du siège.]

M. Bedard était loin d'offrir les mêmes avantages physiques. A une

figure dont les traits, fortement prononcés, étaient irréguliers et

durs, il joignit une pose peu gracieuse et une tenue très négligée.

Bizarre et insouciant par caractère, il prenait peu d'intérêt à la

plupart des sujets qui se discutaient dans la chambre, et parlait

conséquemment assez mal en général; mais lorsqu'une grande question

attirait son attention et l'intéressait vivement, il sortait de cet état

d'indifférence apparente avec une agitation presque fiévreuse; et

embrassant d'un coup-d'oeil toute la profondeur de son sujet, il

l'entamait par des paroles qui sortaient d'abord de sa bouche comme en

s'entrechoquant et avec effort; mais bientôt sa voix devenait plus

assurée et plus forte, ses idées prenaient de l'ordre dans sa tête, et

il abordait ses adversaires avec une puissance de logique irrésistible;

rien alors n'était capable d'intimider son courage ou de faire fléchir

son opiniâtreté. C'est ainsi que nous allons le voir lutter d'abord

contre les prétentions extravagantes d'une oligarchie qui avait déjà

causé tant de troubles et de maux, et dont l'échec éprouvé en 91 dans le

parlement impérial en voulant faire exclure les catholiques de la

législature, avait rendu la haine plus profonde et plus vive; et ensuite

contre la tyrannie du gouverneur, sir James Craig, en bravant le

despotisme qu'il voulait imposer sur le pays, et en se mettant au-dessus

des terreurs du public, qui admirait sa fermeté sans imiter toujours son

indépendance.

Tels sont les deux hommes que les Canadiens vont prendre pour chefs dans

les premières années du régime parlementaire.

FIN DU TROISIEME VOLUME.

APPENDICE.

(A)

--Extract of a letter from the Right Honorable Lord Sidney, one

of His Majesty's Principal Secretaries of State, to His Excellency

Governor Haldimand, dated Whitehall, the 8th April 1784.

«I have every possible reason to agree with the late Secretary of State,

in the propriety with which you have conducted yourself respecting the

two Priests whom Monsr. Montgolfier attempted to introduce from France

into the Seminary of St.-Sulpice at Montréal. Monsr. de Montgolfier as

well as Monsr. Brassier, seem to have acted very imprudently thro' the

course of the transaction, and they must be told that a repetition of

such behaviour will induce His Majesty to withhold that countenance from

the Seminary, which, by their observing a different line of conduct, he

might be inclined to bestow.

«Messrs. Adhémar and Delisle have, since their first arrival in England,

paid a visit to the continent, and on their return have made application

for the admission of three young Eclesiasticks, whom they proposed to

take out with them from the Seminary of St.-Sulpice at Paris, but the

same reasons which operated with you, have produced a negative to that

requisition. These gentlemen have met with very little countenance here,

and bis Majesty, from your representation of their character, as well as

some other reports which have come to my knowledge of their sentiments,

has chosen, rather to receive the Petition they were charged with thro'

my hands, than that it should be presented to him by them.

«It is proper that it should be known that liberty has been given to

Messrs. Adhémar and Delisle, to engage any number of Eclesiasticks that

were necessary for supplying the vacant Parishes in Canada, and such

other persons as they might judge proper for the tuition of their

children, _from any country unconnected with the House of Bourbon_, as

it is more than probable, that report of different tendency will be

propagated by them on their return to Québec, I am persuaded that the

most effectual way of securing the attachment of the Canadians, is that

of preventing by all possible means, every communication or connection

with France, or persons who are influenced in favor of that country, and

therefore it behoves the King's servants to be watchful of their conduct

upon every occasion, and to act with great firmness whenever any

discovery should be made of even an attempt inconsistent with their

entire separation.

«I am in daily expectation that the four Priests who were applied for

sometime ago, from Savoy, will arrive here, and not a moment's time

shall be lost in sending them to Canada. I have been particularly

strenuous in my application, that in the choice of these gentlemen,

great care may be taken that their characters are fair and that they may

possess the advantages of good education and talents, and I trust, that

I shall not be disappointed in my expectations respecting them.

«Mr. Powell, according to your expectation has arrived in England with a

Petition from the Province of Québec praying a repeal of the Québec Act;

the establishment of a House of Assembly; the full exercise of the

Habeas Corpus; the decision of Trials by optional Juries, and securing

the Independance of the Judges, with sundry other requisitions of less

importance. No measures, however, have yet been taken in consequence of

this Petition, nor do I think it probable that the subjects of it will

be bastily decided upon by the King's servants. The passing of the

Ordinance you propose for the introduction of the Habeas Corpus Act, or

some other mode for personal security, I believe will be very proper;

but I am satisfied in my own mind that any further relaxation from the

powers of government in the present state of the Province, would be

extremely detrimental to its true interests, and that these propositions

have been brought forward by designing men, whose attachment to the

country appears to me very doubtfull.»

(B)

--Extract of a letter to the Right Honorable Lord North, one of

His Majesty's Principal Secretaries of State, dated 27th November 1783,

relative to settling Loyalists near the line 45.

«This leads me, my Lord, to the consideration of another part of your

Lordship letter, where you mention the advantages of settling with

Royalists the tract of land to the eastward of the River St.-Lawrence

and bounded on the North and West by the revolted colonies. Upon this

head, I beg leave to observe that in all probability this Province, when

the posts in the upper country shall be evacuated, will lose much of its

importance in a commercial light, and that it will be a matter of great

doubt whether it would be right to expend much money for the

preservation of it, or at least it would never be worth the while to go

to war about it, from hence it appears prudent to shun every thing which

might bring on a rupture with the bad neighbours which surround us. For

this reason I would rather wish that the tract of country alluded to,

should be kept uninhabited as long as possible, and have therefore

refused the repeated solicitations of many of the people of Vermont who

call themselves our friends, and of several Loyalists, for grants of

lands on that frontier. It is still therefore in His Majesty's power to

instruct his Governors to leave that tract of ground on the frontiers

unconceded, at least for some years, when a better judgment may be made

than at present of the turn which affairs may take, on this continent.»

«There is another consideration; the Canadians will increase much in

population, and in a few years, more lands will be wanted for them, and

it seems good policy that the frontiers should be settled by people

professing different religions, speaking a different language, and

accustomed to other laws and government from those of our restless and

enterprizing neighbours of New-England. Loyalists and Americans settled

near one another could not agree at least for some years, and the

smallest triffle might be productive of outrages, from which great

mutual mischief would ensue in spite of ail efforts on the part of the

respective governments to prevent it; hence, my Lord, appears the great

advantage which the land between the River St.-Lawrence and the Ottawa

River towards Cataraqui possesses for making udefull and happy

settlements for the Loyalists, and of which I have given in former

letters an ample description.»

Extract of a letter from the Right Honorable Lord Sidney, one of His

Majesty's Principal Secretaries of State, to His Excellency Governor

Haldimand, dated 8th April 1784, in answer to the foregoing.

«His Majesty approves of the plan you have proposed for settling some of

the Loyalists at Cataraqui and places adjacent, and is satisfied with

the reasons you have given for suspending the execution of the

directions contained in the late Secretary of State's letter to you with

regard to establishments on the tracts of land to the eastward of the

River St. Lawrence, and bounded on the North and West by the revolted

colonies.»

SOMMAIRES.

LIVRE IX.

CHAP. I.--_Guerre de Sept ans._

1755-1756.

Situation des esprits en France et en Angleterre à l'époque de la guerre

de Sept ans.--La France change sa politique extérieure en s'alliant à

l'Autriche, qui flatte madame de Pompadour, maîtresse de Louis

XV.--Popularité de la guerre dans la Grande-Bretagne et dans ses

colonies; ses immenses armemens.--Extrême faiblesse numérique des forces

du Canada.--Plan d'attaque et de défense de ce pays; zèle des

habitans.--Premières opérations de la campagne.--Un corps de troupes,

parti de Boston, s'empare de Beauséjour et de toute la péninsule

acadienne; exil et dispersion des Acadiens.--Le général Braddock marche

sur le fort Duquesne du côté du lac Erié; M. de Beaujeu va au-devant de

lui; bataille de la Monongahéla; défaite complète des Anglais et mort de

leur général.--L'épouvante se répand dans leurs colonies, que les bandes

canadiennes et sauvages attaquent sur divers points en commettant de

grands ravages et faisant beaucoup de prisonniers.--Armées anglaises

destinées à attaquer Niagara au pied du lac Erié et St.-Frédéric sur le

lac Champlain.--Le colonel Johnson se retranche à la tête du lac

St.-Sacrement (George).--Le général Dieskau attaque les retranchemens du

colonel Johnson; il est repoussé et lui-même tombe blessé entre les

mains de l'ennemi.--Le peuple des colonies anglaises murmure contre

l'inactivité de Johnson après cette bataille; réponse de ce

commandant.--Le général Shirley abandonne le dessein d'assiéger

Niagara.--Résultat de la campagne.--Mauvaises récoltes en Canada;

commencement de la disette.--Préparatifs de l'Angleterre pour la

prochaine campagne.--Exposition de l'état du Canada; demande de secours

à la France--Le général Montcalm arrive à Québec dans le printemps de

1756 avec des renforts.--Plan d'opérations de la prochaine

campagne.--Disproportion des forces des deux parties belligérantes;

projets d'invasion des Anglais.

CHAP. II--_Prise d'Oswégo et de William-Henry._

1756-1757.

Alliances indiennes; les cantons iroquois protestent de leur

neutralité.--Préparatifs militaires.--Bandes canadiennes en campagne

tout l'hiver (1753-56); destruction du fort Bull et dispersion d'un

convoi de 400 bateaux ennemis.--Commencement de désunion entre le

gouverneur et le général Montcalm au sujet de l'entreprise sur

Oswégo.--Siége de cette place.--La garnison abandonnée du général Webb

capitule.--Butin que l'on fait.--Les sauvages tuent un grand nombre de

prisonniers; on ne parvient à lus arrêter qu'avec beaucoup de

peine.--Les fortifications d'Oswégo sont rasées.--Joie que cette

victoire répand en Canada.--Les Anglais suspendent toutes leurs

opérations pour le reste de la campagne.--Les Indiens ravagent leurs

provinces.--Les Canadiens enlèvent Grenville à 20 lieues de

Philadelphie.--Disette en Canada.--Arrivée des Acadiens qui mouraient de

faim.--Ils se dispersent dans le pays.--Demande de secours en

France.--Augmentation rapide des dépenses.--Montcalm suggère d'attaquer

l'Acadie au lieu des forts Edouard et William-Henry.--Pitt monte au

timon des affaires en Angleterre; nouveaux efforts de cette puissance en

1737.--Elle forme et on abandonne en chemin le dessein de prendre

Louisbourg, protégé par la flotte de l'amiral Dubois de la Motthe.--Des

bandes canadiennes tiennent la campagne pendant l'hiver; M. de Rigaud, à

la tête de 1,500 hommes, détruit les environs du fort

William-Henry.--Les tribus indiennes restent fidèles à la France, qui

envoie des secours.--Prise de William-Henry après un siège de 6

jours.--La garnison, forte de 2,400 hommes, met bas les armes.--Les

prisonniers sont encore attaqués à l'improviste par les sauvages, qui en

massacrent plusieurs, les pillent et los dispersent.--Le fort

William-Henry est aussi rasé.--La disette va en augmentant en

Canada.--Murmure des troupes.--Les dissentions deviennent plus visibles

entre les chefs de la colonie.--Succès variés de la France dans les

autres parties du monde.--Elle ne peut envoyer que quelques recrues en

Amérique.--L'Angleterre y porte son armée à 50,000 hommes dont 22,000

réguliers, pour la campagne de 1758.

CHAP. III.--_Bataille de Carillon._--1758.

Le Canada, abandonné de la France, résout de combattre jusqu'à la

dernière extrémité.--Plan de campagne de l'Angleterre: elle se propose

d'attaquer simultanément Louisbourg, Carillon et le fort

Duquesne.--Prise de Louisbourg après un siège mémorable, et invasion de

l'île St.-Jean; les vainqueurs ravagent les établissemens de Gaspé et de

Mont-Louis.--Mesures défensives du Canada.--Marche du général Abercromby

avec une année de 16,000 hommes sur Carillon défendu par moins de 3,500

Français.--Bataille de Carillon livrée le 8 juillet.--Défaite

d'Abercromby et sa fuite précipitée.--Le colonel Bradstreet surprend et

brûle le fort Frontenac.--Le général Forbes s'avance contre le fort

Duquesne.--Défaite du major Grant.--Les Français brûlent le fort

Duquesne et se retirent.--Vicissitudes de la guerre dans toutes les

parties du monde.--Changement de ministres en France.--Brouille entre le

général Montcalm et le gouverneur.--Observations des ministres sur les

dilapidations du Canada et reproches sévères à l'intendant

Bigot.--Intrigues pour faire rappeler M. de Vaudreuil et nommer Montcalm

gouverneur.--Les ministres décident de faire rentrer ce dernier eu

France; le roi s'y oppose.--Dépêches conciliatrices envoyées avec des

récompenses et des avancements.--On n'expédie point de

renforts.--Défection des nations indiennes, qui embrassent la cause de

l'Angleterre par le traité de Easton.--Cette dernière puissance décide

d'attaquer Québec avec trois armées qui se réuniront sous les murs de

cette capitale.--Forces du Canada et moyens défensifs adoptés pour

résister à cette triple invasion.

LIVRE X.

CHAP. I.--_Victoire de Montmorency et première bataille

d'Abraham.--Reddition de Québec.--_1759.

Invasion du Canada.--Moyens défensifs qu'on adopte.--L'armée française

se retranche à Beauport, en face de Québec--Arrivée de la flotte

ennemie.--Les troupes anglaises débarquent à l'île d'Orléans.--Manifeste

du général Wolfe aux Canadiens.--Ce général, jugeant trop hasardeux

d'attaquer le camp français, décide de bombarder la capitale et de

ravager les campagnes.--La ville est incendiée.--Attaque des lignes

françaises à Montmorency.--Wolfe repoussé, rentre accablé dans son camp

et tombe malade.--.Il tente vainement de se mettra en communication avec

le général Amherst sur le lac Champlain.--Les autres généraux lui

suggèrent de s'emparer des hauteurs d'Abraham par surprise afin de

forcer les Français à sortir de leur camp.--Le général Montcalm envoie

des troupes pour garder la rive gauche du St.-Laurent depuis Québec

jusqu'à Jacques Cartier.--Grand nombre de Canadiens, croyant le danger

passé, quittent l'armée pour aller vaquer aux travaux des champs.--Du

côté du lac Champlain M. de Bourlamarque fait sauter les forts Carillon

et St.-Frédéric, et se replie à l'île aux Noix devant le général Amherst

qui s'avance avec 12,000 hommes.--Le corps du Général anglais Prideaux,

opérant, vers le lac Erié, prend le fort Niagara et force les Français à

se retirer à la Présentation au-dessous du lac Ontario.--Les Anglais

surprennent les hauteurs d'Abraham le 13 septembre.--Première bataille

qui s'y livre et défaite des Français.--Mort de Montcalm: capitulation

de Québec.--Le général de Levis prend le commandement de l'armée et veut

livrer une autre bataille; mais en apprenant la reddition de la ville il

se retire à Jacques Cartier et s'y fortifie.--L'armée anglaise,

renfermée dans Québec, fait ses préparatifs pour y passer

l'hiver.--Demande de secours eu France pour reprendre cette ville.

CHAP. II.--_Seconde bataille d'Abraham et dernière victoire des

Français.--Cession du Canada à l'Angleterre et de la Louisiane, à

l'Espagne._--1760-1763.

Sentimens divers que la prise de Québec cause en Angleterre et en

France.--Les ministres de Louis XV abandonnent le Canada à lui-même.--La

Grande-Bretagne organise trois armées pour achever sa conquête.--Mesures

que l'on adopte pour résister à cette triple invasion.--Forces relatives

des Français et des Anglais.--Le général de Levis marche sur

Québec.--Seconde bataille d'Abraham. Défaite complète de l'armée

anglaise, qui se renferme dans la ville et que les Français assiègent en

attendant les secours qu'ils avaient demandés de France.--Persuasion où

l'on est dans les deux armées que le Canada restera à celle qui recevra

les premiers renforts.--Arrivée d'une flotte anglaise.--Le général de

Levis lève le siége et commence sa retraite sur Montréal; le défaut de

vivres l'oblige de renvoyer les milices et de disperser les troupes

régulières.--Etat des frontières du côté des lacs Champlain et

Ontario.--Les ennemis se mettent en mouvement pour attaquer

Montréal.--Le général Murray s'avance de Québec avec 4,000 hommes; le

chef de brigade Haviland avec un corps presqu'aussi nombreux descend le

lac Champlain, et le général Amherst part du lac Ontario avec 11,000

soldats et Indiens.--Les Français se retirent et se concentrent sur

Montréal au nombre de 3,500 soldats.--Impossibilité d'une plus longue

résistance et capitulation générale.--Triomphe et réjouissance de

l'Angleterre.--Procès et condamnation des dilapidateurs du Canada à

Paris.--Situation des Canadiens.--Pertes immenses qu'ils font sur les

ordonnances et lettres de change du gouvernement déchu. Continuation de

la guerre dans les autres parties du monde; paix de 1763, par laquelle

le Canada est cédé à l'Angleterre et la Louisiane à l'Espagne.--Tableau

de la France du temps de ce traité trop fameux, par Sismondi.

LIVRE XI.

CHAP. I.--_Despotisme militaire.--Abolition et rétablissement des

anciennes lois._--1763-1774.

Histoire du Canada depuis sa découverte jusqu'à nos jours. Tome III · 第 30 / 31 段