SAN GIOVANNI DELLA CALZA, VIALE DEI COLLI, SAN SALVATORE AL MONTE, SAN
MINIATO, PLACE MICHEL-ANGE.
+ÉGLISE SAN GIOVANNI DELLA CALZA+. Derrière l'autel est un beau
tableau du PÉRUGIN, oeuvre de jeunesse exécutée vers 1492, alors qu'il
était profondément influencé par le génie de Signorelli. Aussi cette
peinture est-elle remarquable par son naturalisme et sa sobriété sans
aucune trace de l'afféterie habituelle au Pérugin. Le sujet en est
l'_Apparition à saint Jérôme de Jésus sur la croix_ dont la
Madeleine étreint les pieds avec amour, pendant qu'il la contemple avec
reconnaissance. De l'autre côté de la composition, une belle figure de
saint Jean montre avec compassion le Christ à deux religieuses
agenouillées.
Par la +Porta Romana+ on atteint bientôt le +Viale dei Colli+,
une des plus belles promenades de l'Italie, route établie sur les
collines sud de Florence et qui, par de multiples lacets, mène à la place
Michel-Ange et à la basilique de San Miniato al Monte. Avant d'atteindre
la place, on rencontre un chemin détaché sur la droite qui conduit à la
+Torre del Gallo+, dont le nom est dû à ses anciens possesseurs, la
famille des Galli. La légende affirme que c'est dans cette tour que
Galilée fit ses découvertes astronomiques.
De la +place Michel-Ange+, l'oeil embrasse un immense et admirable
panorama. La place s'étend en terrasse au-dessus de la porte
Saint-Niccolò, où l'on peut descendre directement; au milieu s'élève le
monument consacré à Michel-Ange sur lequel sont reproduits son David et
les allégories des tombeaux des Médicis.
De la place on monte à San Miniato; à mi-chemin on rencontre au milieu de
cyprès l'+ÉGLISE SAN SALVATORE AL MONTE+ construite par le CRONACA
en 1504 et que ses nobles proportions firent surnommer «la belle
Villanella», la belle villageoise. A droite, à l'+intérieur+,
monument funéraire en marbre blanc du XVe siècle, buste d'homme
paraissant à une fenêtre cintrée pratiquée dans le mur.
A gauche de l'autel, beau groupe polychrome de JEAN DELLA ROBBIA. De
l'église San Salvatore on monte par un jardin à la porte des
+Fortifications de San Miniato construites+, en 1539, par
MICHEL-ANGE, sur la hauteur d'où il dirigea lui-même pendant onze mois la
défense de la ville contre le pape Clément VII et les Impériaux. On
pénètre par cette porte sur une esplanade où donnent l'église et le
cimetière qui occupe derrière elle tout le plateau de la colline.
A droite de l'église s'élève une construction crénelée du XIVe siècle
ayant fait partie d'un système de défense plus ancien.
+LA BASILIQUE SAN MINIATO AL MONTE+, construite en 1154, remonte
intégralement à cette date.
Quand le style de Nicolas Pisano fut importé à Florence, entre les mains
des Florentins la nouvelle architecture prit un splendide essor dont
l'apogée fut atteint par l'église San Miniato. Ils embellirent ce retour
au classicisme de l'antiquité par l'improvisation charmante des marbres
de diverses couleurs, par un goût plus fin, par des détails plastiques
plus cherchés, enfin par un soin délicat qui, deux siècles à l'avance,
donne déjà le pressentiment de la Renaissance.
L'adorable +façade de San Miniato+, plaquée de marbres blanc et
vert, est une réminiscence antique d'une pureté absolue; la proportion
entre les étages est peut-être traitée pour la première fois avec une
harmonie complète de lignes, motivée par un sentiment de pur esthétisme.
Le rez-de-chaussée, précédé de quelques marches, est formé de cinq hautes
arcatures séparées par des colonnes de marbre cipolin. Les portes
prennent trois de ces arcatures; des dispositions de marbre cipolin
remplissent les deux autres. Le premier ordre est séparé du deuxième par
un entablement délicatement sculpté. Il est plus étroit et repose de
chaque côté sur des contreforts à quadrillages de cipolin, une fenêtre
d'ordre antique en occupe la partie centrale.
Enfin le troisième ordre, purement antique, est composé d'un fronton
angulaire surmonté d'une corniche à modillons délicats que domine l'aigle
guelfe en bronze.
+Le Campanile+ élevé en arrière à gauche a été reconstruit en 1519
par BACCIO D'AGNOLO.
+L'intérieur+, où domine également la marqueterie de marbre blanc et
vert, est à trois nefs et présente le type le plus parfait des basiliques
dont les travées sont coupées par des travées transversales. Les colonnes
en marbre blanc portent ou des chapiteaux très simples de l'époque, ou
des chapiteaux antiques. Le toit est en charpente apparente; le pavé de
1207 consiste en nielles de marbre de différents dessins qui forment,
dans leur merveilleux état de conservation, le plus beau tapis d'Orient
qu'il soit possible de rencontrer.
A la hauteur de la cinquième travée se dresse le mur réglementaire de
l'architecture des basiliques, où accèdent quatre escaliers, ceux du
milieu descendant à la crypte et ceux des côtés montant au choeur ou à son
parvis dont l'accès était interdit aux fidèles.
En avant de la crypte s'élève l'+autel+ réservé au peuple; il fut
reconstruit au XVe siècle par MICHELOZZO sur l'ordre de Pierre de
Médicis. Inspiré par le caractère antique du monument, Michelozzo éleva
un autel très simple, abrité par un sacellum que LUCA DELLA ROBBIA décora
intérieurement de compartiments à rosaces blanches en relief, sur fond
bleu.
+La crypte+ s'ouvre sur l'église par cinq baies; elle est soutenue
par quatre grosses colonnes qui, la traversant, sont également les
colonnes du choeur, et par de nombreuses colonnettes sur lesquelles
retombent les voussures, et se termine par une absidiole fermée d'une
grille.
On accède +au choeur+ surélevé par deux escaliers placés de chaque
côté. Le mur qui le sépare de la nef est richement décoré par des
sculptures en marbre d'un puissant relief, et surmonté d'un délicat
entablement inspiré de l'antique.
Une seconde clôture peu élevée forme encore en avant du choeur une sorte
de couloir étroit sur lequel porte l'ambon carré dont l'avancée sur le
mur de séparation a pour supports deux courtes colonnes de marbre. Le
pupitre de l'ambon est soutenu par les symboles des Évangélistes
curieusement superposés l'un sur l'autre. Ce monument admirablement
conservé est un des seuls et précieux spécimens de ce genre de
construction.
De la tribune on pénètre dans le choeur terminé en abside; une colossale
_mosaïque_, restaurée en 1297, occupe le tympan. Au-dessus de
l'autel un beau _Christ_ vernissé est un ouvrage tardif de LUCA
DELLA ROBBIA. Enfin les stalles du choeur ont été exécutées en 1466 par
DOMINICO GAJUOLE et FRANCESCO MANCIATTO; elles sont très simples, dans un
sentiment franchement gothique.
Sur le bas-côté gauche de la nef la +Chapelle San Giacomo+ fut
construite en 1459 par ROSSELLINO et décorée par ANTONIO POLLAJUOLO et
les DELLA ROBBIA.
La voûte est formée par cinq médaillons de LUCA DELLA ROBBIA, les quatre
vertus cardinales à mi-corps entourent le médaillon central du
Saint-Esprit; toutes ces figures sont en émail blanc sur fond bleu.
Sur le mur de droite est le tombeau du cardinal Jacques de Portugal,
1459.
En face, fresque de BALDOVINETTI, _l'Annonciation_.
A droite, en entrant dans l'église, on rencontre une _Vierge_
entourée de saints, ouvrage unique du peintre PAOLO DI STEFANO, exécuté
en 1426 sous la double influence de Masaccio et de Donatello.
+La Sacristie+, dont l'entrée est à droite du choeur, est une belle
salle carrée surmontée d'un dôme. Elle a conservé intégralement sa
décoration de fresques exécutées en 1385 par SPINELLO ARETINO et
consacrées à l'_histoire de saint Benoît_.
Spinello est principalement un peintre militaire et nul n'égale sa fougue
et son emportement quand il s'agit de rendre les campagnes de Frédéric
Barberousse ou quelque autre sujet du même genre. Aussi, quand il doit,
comme à la sacristie de San Miniato, développer de longs épisodes
religieux, son style se prête moins à ce travail et tourne souvent à
l'inégal et au heurté. Néanmoins, ces fresques peuvent compter parmi les
plus intéressantes que nous ait laissées le XIVe siècle, tant par la
puissance et l'autorité avec lesquelles elles s'imposent que par la
composition étonnante pour l'époque.
+Mur du Sud+.--Saint Benoît quitte la maison paternelle.
Saint Benoît répare à l'aide de sa bénédiction un verre brisé par sa
nourrice.
Entretien de saint Benoît et de Totila, sa mort et la vision de saint
Maur.
+Mur de l'Ouest+.--Saint Benoît prend l'habit.
Saint Benoît résiste à Satan dans une caverne. Il ressuscite un moine
enseveli sous une tour. Il est tenté par le démon sous la forme d'une
chauve-souris.
+Mur du Nord+.--Saint Benoît résiste à Satan en se roulant sur des
épines.
Il est proclamé supérieur du couvent du mont Cassin.
Il sauve Placidius qui se noie.
+Mur de l'Est+.--Saint Benoît quitte son couvent.
Il reçoit dans l'ordre Maure et Placide.
Il bénit une pierre sur laquelle était assis Satan et qu'on ne pouvait
soulever.
Il découvre l'empoisonnement préparé contre lui à cause de l'austérité de
sa règle.
Sur deux côtés de la sacristie règne un _buffet gothique_ surmonté
d'une _boiserie_, ouvrages de FRANCESCO NONCIATO.