III. Au-dessus du triomphe de saint Thomas d'Aquin, _la Pentecôte_,
symbole de toute science considérée comme don divin.
IV. Au-dessus de l'entrée, _l'Ascension_. Au delà du Cloître vert
s'étend le Grand Cloître, aujourd'hui cour de l'École des Cadets.
+La Pharmacie+ de l'ancien couvent, «la Spezeria» (Via della Scala),
possède dans une petite pièce des fresques dures et heurtées de SPINELLO
ARETINO, _histoire de la Passion_.
+SAINT-JACQUES DE RIPOLI+. Au tympan de la porte, bas-relief des
DELLA ROBBIA. _Le Christ entre Saint Thomas et un Saint_.
+A l'intérieur+, l'église contient la meilleure oeuvre de RIDOLFO
GHIRLANDAJO, le _Mariage mystique de sainte Catherine_ exécuté vers
1505, sous la double influence de ses maîtres, Léonard et son père. La
couleur admirable de ce tableau et sa tenue sobre et énergique l'ont fait
longtemps attribuer au Vinci; c'est une oeuvre de premier ordre.
+ÉGLISE SAN FRANCESCO DE VANCHETONI+ (Via del Palazzuolo). Cette
église conserve quelques ouvrages remarquables de DONATELLO. Deux
admirables _bustes d'enfants_ semblent être des portraits, tant leur
originalité est puissante. L'un est un enfant à l'air triste et presque
morose, tandis que l'autre, d'après la peau de chèvre de sa draperie,
paraît être un Saint Jean-Baptiste adolescent.
+L'ÉGLISE D'OGNISSANTI+, édifiée en 1524, et remaniée en 1627,
n'offre comme architecture rien d'intéressant. Dans le tympan de la porte
principale, bas-relief de DELLA ROBBIA, _le Couronnement de la
Vierge_. +A l'intérieur+, entre le troisième et le quatrième
autel, sont deux fresques, oeuvres de premier ordre: l'une de BOTTICELLI,
l'autre de GHIRLANDAJO.
La fresque de BOTTICELLI, peinte en 1480, représente _Saint Jérôme_;
c'est un chef-d'oeuvre autant par le fini précieux des détails que par
l'anatomie puissante et large et par la profonde ferveur religieuse qui
anime la figure du saint. Saint Jérôme, beau vieillard vêtu de la pourpre
cardinalice, est assis devant une table, où il est accoudé et paraît
réfléchir profondément. Ce qui est extraordinaire d'art minutieux, ce
sont les multiples objets posés sur cette table; les pupitres à écrire et
à lire, les parchemins, les livres, les lunettes, les ciseaux et jusqu'au
tapis d'Orient qui la recouvre, tout dénote la précision et l'amour du
détail, poussés à l'extrême.
Le _Saint Augustin_ de Ghirlandajo a malheureusement pâli; il est
également assis devant une table, l'aménagement peu compliqué de la pièce
contraste fortement avec la fresque précédente. Le visage est admirable,
et les mains surtout sont d'un modèle parfait.
+La Sacristie+ est décorée d'une grande fresque, de l'école de
Giotto, _Christ en croix_ entouré d'anges, probablement une oeuvre de
FRANCESCO DA VOLTERRA (1350).
Au fond du transept, un escalier conduit à une chapelle où un
_Christ_ de Giotto est un premier et timide essai d'anatomie dans ce
sujet.
+Dans l'ancien Réfectoire+ du couvent ouvert sur le cloître,
GHIRLANDAJO a peint en 1480 +la Cène+. A cette époque, le maître
avait accepté la décoration complète à fresque de l'église, mais le
travail ne fut jamais exécuté et la fresque du réfectoire est la seule
trace subsistant de ce projet dont elle était destinée à être le
commencement. Ghirlandajo s'y montre en pleine possession de son beau
talent; le dessin est large; les figures, bien composées, sont
supérieures par l'élévation de la pensée, et il ne s'y trouve aucune
trace de la sécheresse qu'on pourrait quelquefois reprocher à l'artiste.
Le ravissant _tabernacle_ qui surmonte la porte d'entrée fut exécuté
par AGOSTINO DI DUCCIO en 1463. Ce bijou est digne du meilleur et du plus
cher élève de LUCA DELLA ROBBIA. Il a malheureusement été repeint.