RIVE DROITE (EST)----+DE SANTA CROCE A SAN MARCO+

SANTA MADDALENA DE PAZZI; SANTA MARIA NUOVA, MUSÉE

ARCHÉOLOGIQUE ET DES TAPISSERIES, INNOCENTI, SANTA ANNUNZIATA,

ACADÉMIE, ÉGLISE ET COUVENT SAN MARCO, LO SCALZO.

_SAINTE MADELEINE DES PAZZI+ (1, Via delle Colonne).--+La salle du

Chapitre+ contient une grande fresque du PÉRUGIN, _le Christ en

croix_, peinte entre 1492 et 1496, l'ouvrage le plus important que

Florence possède de l'artiste, maîtresse oeuvre par la noblesse des

figures, la gravité des attitudes, la richesse du coloris et enfin la

beauté du paysage. Le Christ sur la Croix avec la Madeleine éplorée,

comme écrasée de douleur à ses pieds, occupe le milieu de la fresque.

Séparés du groupe principal par des pilastres et des arcatures se

trouvent la Vierge et saint Benoît d'un côté et saint Jean avec saint

Bernard de l'autre. Le réel défaut de ce parti pris a été de couper

l'action où les personnages, isolés et séparés les uns des autres par

l'architecture, ne semblent pas reliés à la scène principale dont

l'intérêt réside dans le groupe de la Madeleine et du Christ.

+ARCISPEDALE DE SANTA MARIA NUOVA+.--Ce grand hôpital fut fondé au

XIVe siècle par Falco Portinari, le père de la Béatrice du Dante. La

façade de +l'église San Egidio+ qui en dépend fut au XVIe siècle

augmentée d'un portique, oeuvre de Buontalenti, sous lequel deux fresques

très restaurées sont intéressantes en ce qu'elles sont ce qu'au XVe

siècle on appelait des fresques de _Cérémonie_, c'est-à-dire des

compositions destinées à commémorer un événement. L'une, par LORENZO DE

BICCI, fut peinte en 1420 et représente la consécration de l'église par

le cardinal Correz, en présence du pape Martin V. L'autre, exécutée en

1435 par GHERARDO, rappelle les privilèges accordés à l'hôpital par le

pape Martin V, à la requête du cardinal Correz.

La porte de l'église San Egidio est décorée du _Couronnement de la

Vierge_ (1420), bas-relief en terre cuite de LORENZO DE BICCI. A

l'intérieur, derrière l'autel, a été placé un charmant bas-relief en

bronze émaillé d'ANDREA DELLA ROBBIA, _la Vierge et l'Enfant_. Le

délicat tabernacle du maître-autel est l'oeuvre commune de ROSSELLINO et

de GHIBERTI. Les anges en adoration sont du premier, et le bas-relief en

bronze de la porte fait d'autant plus honneur au second qu'il est d'une

plus grande simplicité.

+GALERIE DE PEINTURE DE L'HOPITAL+ (25 et 29, place Santa Maria

Nuova).

N° 104.--ANDREA DEL CASTAGNO. _Crucifiement_. Lunette provenant du

cloître de l'hôpital. Le Christ est entre la Vierge, saint Jean et deux

bénédictins agenouillés. Les figures de la Vierge et de saint Jean,

animées par la plus grande des douleurs, sont de premier ordre.

(Au n°29, sur le pilier du premier étage.)

+A+.--Bas-relief en terre cuite rehaussée de peintures, _la

Vierge, l'Enfant, Saint Jean et deux Anges_ de l'école de Donatello.

+F+.--Admirable haut relief en terre cuite du VERROCCHIO. La Vierge,

en buste, tient l'enfant debout sur un coussin. Verrocchio a certainement

modelé d'après nature ce groupe d'une beauté et d'une vérité accomplies.

+Salle I+.--Nos 48, 49, 50.--HUGO VAN DER GOES. _L'Adoration des

Mages_, triptyque peint à Bruges, vers 1400, pour Francesco Portinari,

agent des Médicis dans cette ville. C'est l'ouvrage le plus important et

le chef-d'oeuvre de ce maître excellent. Si le sujet principal,

l'Adoration des Mages, est d'un ensemble plutôt défectueux avec des plans

mal observés et des figures sans élégance ni charme, les détails sont en

revanche d'une rare perfection et la coloration d'une fraîcheur et d'un

éclat incomparables. Les deux volets, de toute beauté, furent pour le

portrait l'école où les artistes florentins du XVe siècle vinrent

apprendre leur art. Sur le volet de gauche, le donateur, Francesco

Portinari, et ses deux jeunes fils sont agenouillés en avant de leurs

patrons, saint Antoine abbé et saint Mathieu. Sur le volet de droite, sa

femme agenouillée lui fait face; coiffée du hennin et vêtue du riche

costume flamand, elle est accompagnée de sa fille, jeune enfant d'une

dizaine d'années; leurs visages, ainsi que ceux de sainte Marguerite et

de sainte Madeleine debout derrière elles, respirent la sérénité et

portent l'expression idéale des figures des Memling et des Van der

Weyden.

+N°23+.--BOTTICELLI. _Vierge et l'Enfant, Saint Jean-Baptiste et

anges_.

Cette oeuvre de sa jeunesse a longtemps été attribuée à Fra Filippo Lippi,

tant il y est encore influencé par la manière de son maître. La Vierge se

penche vers l'Enfant couché sur ses genoux qui lui tend les bras, tandis

que deux anges délicieux les contemplent. La tête, entourée de légers

voiles d'une disposition compliquée, est ravissante de grâce.

N° 71.--FRA BARTOLOMMEO. _Le Jugement dernier_. Cette grande

fresque, peinte de 1498 à 1499, est malheureusement mal conservée. Elle

n'en constitue pas moins, telle qu'elle est, un ouvrage d'une haute

portée artistique, première oeuvre où l'art italien ait uni au sentiment

profond des primitifs, la noblesse et la beauté des formes, telles que

les concevait la Renaissance.

Par la belle ordonnance du demi-cercle où sont rangés les Saints, par la

rigoureuse observation de la perspective, par la profondeur de

l'inspiration, cette composition est si remarquable que Raphaël l'a

placée, presque intégralement, dans la partie supérieure de la Dispute du

Saint-Sacrement, peinte, en 1508, pour les chambres du Vatican.

+L'ANCIENNE ÉGLISE SANTA MARIA DEGLI ANGIOLI+ (Via degli Angioli)

sert de bibliothèque à l'hôpital. Dans un de ses cloîtres est conservée

une belle fresque d'ANDREA DEL CASTAGNO, le _Christ en Croix entre la

Vierge, saint Jean, la Madeleine_ au pied de la croix et deux

bénédictins agenouillés de chaque côté, composition d'un sentiment et

d'une facture admirables.

+MUSÉE ARCHÉOLOGIQUE, PALAIS DE LA CROCETTA+. +Le premier

étage+ renferme le Musée égyptien et deux des plus riches collections

qu'ait l'Italie en antiquités étrusques et en numismatique italienne du

moyen âge et de la Renaissance.

Le MUSÉE ÉTRUSQUE se compose des objets découverts dans des fouilles

faites à Chiusi, Orvieto, Grossetto et dans les nombreuses nécropoles

mises au jour autour de ces villes.

+La Salle II+ contient dans des vitrines toute la série des vases

étrusques depuis l'époque la plus reculée jusqu'à l'apogée de cet art

(VIe siècle avant J.-C.).

Ces vases contenaient les offrandes aux morts ou servaient d'urnes

cinéraires; ils sont, en grande partie, décorés des emblèmes relatifs à

leur emploi, soit de colombes ou de coqs chargés d'écarter des cendres

les mauvais esprits, soit de panthères ou de cavaliers symbolisant, les

uns les animaux dévorants, les autres le transport des âmes. Les poteries

de ce temps, presque toutes en terre noire, ont des formes admirables.

+La Salle IV+ renferme une très belle collection de petits bronzes

étrusques d'un grand intérêt: groupes, candélabres, armures avec traces

de dorure, miroirs, etc., etc.

+La Salle V+ possède quelques pièces hors ligne.

+A+.--Statue de Minerve de grandeur naturelle, superbement drapée.

La tête a un grand caractère, les orbites vides des yeux étaient remplis

par des pierres précieuses (Arezzo).

+B+.--Statue d'orateur; portrait de Metellus, fils de Vesia, citoyen

de Chiusi (IIe siècle avant J.-C.). Cette pièce célèbre a été découverte

près du lac Trasimène (1570).

+C+.--Chimère affectant la forme d'un lion; sa queue, faite d'un

serpent, vient mordre une tête de bouc greffée sur le dos de l'animal.

Cette tête fantastique, remarquable comme mouvement et comme étude

approfondie de la forme, appartient à la plus belle période de l'art grec

(IVe siècle avant J.-C.) (Arezzo)

+D+.--_Situla_, petit vase suspendu, de la plus belle époque

étrusque, il fut trouvé à Bolsène en 1871. Primitivement doré, orné de

bas-reliefs de la plus extrême finesse, il représente Vulcain ramené à

l'Olympe par Bacchus et Ariane.

Une vitrine isolée renferme des merveilles.

N° 1.--_Tête de jeune homme_ (IIe siècle avant J.-C.).

N° 2.--Statuette de _Bacchus avec un génie ailé sur les épaules_

(IVe siècle avant J.-C.).

N° 3.--_Statuette de Jupiter_ (copie grecque du IIe siècle avant

J.-C., d'après Phidias).

N° 4.--Statuette de _Castor conduisant un cheval_ (art étrusque

d'après l'art grec, IVe siècle avant J.-C.).

N° 5.--_Minerve Medica_.

N° 6.--_Athéné_, statuette très archaïque.

N° 9.--Statuette d'_Hercule_ (IIIe siècle avant J.-C.).

+Salle IV+.--Au milieu de la salle, le fameux _Vase François_,

ainsi nommé de son premier propriétaire, est orné de peintures divisées

en bandes sur lesquelles sont représentées les chasses de Méléagre,

Thésée et le Minotaure, le combat des Lapithes et des Centaures, les

funérailles de Patrocle, les noces de Pélée et de Thétis, la procession

des dieux quittant l'Olympe pour y assister, Bacchus et Vulcain, un

combat des Pygmées contre les Grues, et enfin, sur les anses, la lutte

autour du corps d'Achille. Cette belle oeuvre grecque est du VIe siècle

avant J.-C.

+Salle VIII+.--_Sarcophage_ en terre cuite de _Larthia

Seranthia_. La défunte, le torse redressé sur son lit funèbre, le bras

gauche relevé sur un coussin, tient un miroir et procède à sa toilette.

Ce splendide monument de la plastique chiusienne a conservé de nombreuses

traces de peinture (IIe siècle avant J.-C.).

+Salle IX+.--I. _Sarcophage en albâtre_, non décoré de

sculptures, mais peint à tempera, de scènes représentant les combats des

Lapithes et des Centaures (art étrusque, Ve siècle av. J.-C).

II. _Sarcophage en albâtre_ ayant conservé les traces de sa

décoration polychrome. Sur le couvercle en ronde bosse, le mari, le torse

nu, appuie la main sur l'épaule de sa femme assise à ses pieds qui relève

son voile pour le regarder; elle porte un collier d'or et ses cheveux ont

conservé leur peinture rouge (Ve siècle avant J.-C.).

III. _Sarcophage de pierre_ également en ronde bosse. Aux pieds du

défunt, une Parque accroupie lui montre le rouleau de sa vie terminée.

IV. _Statue cinéraire_ en terre cuite de la Mater Matuta des

Chiusiens. Elle est assise dans un fauteuil, tenant dans ses bras un

enfant couché. La tête mobile sert de couvercle à l'urne contenue dans

l'intérieur du corps (Ve siècle avant J.-C.).

DEUXIÈME ÉTAGE. +GALERIE DES TAPISSERIES (ARAZZI)+.--La plupart des

tapisseries proviennent de la fabrique de Florence fondée par le

grand-duc Cosme Ier sous la direction de Nicolas Karcher et de Jean van

Boost de Bruxelles. Après leur mort, l'atelier fut tenu par des Italiens

et devint une véritable école, si bien que ce fut Pierre Lefèvre,

français d'origine et directeur vers 1630, qui, appelé avec un brevet par

Louis XIV en 1648, créa aux Tuileries un atelier où seraient appliqués

les procédés italiens et développés les procédés français des

manufactures érigées sous Henri IV, tandis que la manufacture de

Florence, dès 1744, cessait d'exister.

+Salle I+.--Brocarts des XVème, XVIe et XVIIe siècles.

+Salle II+.--Devant l'autel de Sainte-Marie Nouvelle, _le

Couronnement de la Vierge_, superbe broderie du XVe siècle.

+Salles III, IV, V+.--Broderies et étoffes.

+Salle VI+.--Tapisseries de Florence aux armes des Médicis (XVIIe

et XVIIIe siècles). _Les quatre Éléments_ d'après Moro.

+Salle VII+.--Tapisseries flamandes du XVIe siècle.

+Salle VIII+.--Tapisseries de Florence (XVIe siècle).

+Salle IX+.--Suite des mêmes tapisseries. _Ensevelissement du

Christ_ (Florence, XVIe siècle).

Nos 118 et 119.--_Ecce Homo_ et _Déposition_ (Florence, XVIe

siècle).

+Salle XII+.--_Histoire d'Esther_. Trois tapis séries des

Gobelins d'après Audran, XVIIIe siècle, splendides pièces de cette suite

connue.

+Salle XIII+.--Suite de l'_Histoire d'Esther_. Les costumes

turcs, remarquables, sont interprétés avec la fantaisie du XVIIIe

siècle.

+Salle XIV+.--Trois tapisseries flamandes du XVIe siècle tissées

d'or.

N° 74.--Série de tapisseries du XVIe siècle représentant des fêtes

données à l'occasion du mariage d'Henri II et de Catherine de Médicis.

+Salle XV+.--Nos 67, 68, 69.--Suite de la même série.

+Salle XVI+.--Six bandes de tapisseries allemandes du XVIe siècle,

_Histoire de David et de Bethsabée_.

N° 66.--_Baptême du Christ_ (Flandres, XVe siècle).

+Salle Galerie XVII+.--Nos 67, 68.--_Enlèvement de Proserpine_

et _Chute de Phaéton_, d'après les cartons de Bernin (Florence,

XVIIIe siècle).

Nos 53, 54, 55, 56.--Admirable série de tapisseries des Flandres du

XVIe siècle. Cette collection, la plus belle du musée, se compose de

quatre pièces de grandes dimensions tissées d'or. Les sujets en sont:

_la Création de l'homme_, _la Création de la femme_, _la

Tentation_, _Adam et Ève chassés du Paradis_. Le paysage, la

composition et le coloris de ces tapisseries sont de toute beauté.

N° 51.--_Triomphe de déesse_, d'après Coypel (Gobelins, XVIIIe

siècle).

Nos 42, 50.--_Histoire de Phaéton_, d'après Allori (Florence,

XVIIe siècle).

+Salle XIII+.--_Fête champêtre_.

+Salle XIV+.--Cinq scènes de la _Passion_ (Florence, XVIIe

siècle).

+Salle XX+.--Trois scènes de la même série, d'après Allori.

+Salle XXI+.--_Les Douze Mois de l'année_, d'après Bacchiacco

(Florence, XVIe siècle).

+Salle XXII+.--Sept tapisseries avec grotesques sur fond jaune,

d'après Bacchiacco (Florence, XVIe siècle).

+LA PLACE DE L'ANNUNZIATA+ est bordée à droite par l'hospice des

Enfants-Trouvés, les _Innocenti_, à gauche par la confrérie des

Servi di Maria, bâtiments identiques, entre lesquels s'ouvre, au fond de

la place, l'église de l'Annunziata. A l'angle de la Via dei Servi, le

palais Manelli, de 1565, est une construction en brique de Buontalenti.

Au milieu de la place, la statue équestre du grand-duc Ferdinand Ierest

la dernière oeuvre de Jean de Bologne, coulée en 1608 avec le bronze des

canons enlevés aux Turcs.

De chaque côté, deux fontaines de Ph. Rocca, placées en 1629, sont ornées

de monstres marins.

+L'HOSPICE DES ENFANTS-TROUVÉS+ fut construit en 1421 par FRANCESCO

DELLA LUNA, d'après les plans laissés par son maître Brunelleschi; il

avait été commandé par la corporation des tisseurs de soie. Le

rez-de-chaussée est bordé d'un beau portique précédé de marches qui, du

côté de la place, offre entre ses arcatures des médaillons en terre

vernissée blanche sur fond bleu, exécutés en 1460 par ANDREA DELLA

ROBBIA. Ces médaillons, au nombre de quatorze, représentent chacun un

enfant emmailloté, chef-d'oeuvre de grâce et de délicatesse. Dans ces

figures variées à l'infini, la manière d'Andrea diffère déjà profondément

du style simple et sévère de Luca et se rapprocherait bien plutôt, par

une recherche de douceur et de charme excessive, de celui des Ghiberti ou

des Benedetto da Majano. La lunette de la porte de la Chapelle, où l'on

entre par la cour, est occupée par une Annonciation, magnifique

bas-relief émaillé d'Andrea della Robbia.

Au-dessus de l'autel de la chapelle +Santa Maria degli Innocenti+,

le GHIRLANDAJO a peint, en 1488, une belle adoration des Mages fortement

influencée, semble-t-il, par le Van der Goes de l'hôpital Santa Maria

Nuova. Cette page réunit à un haut degré les qualités du Ghirlandajo; non

seulement il s'y révèle dessinateur émérite et savant coloriste, mais

bien encore dans les moindres détails il pousse la conscience à l'excès

et reste irréprochable comme exécution.

En face des Enfants-Trouvés le bâtiment des +SERVI DI MARIA+ fut

également construit, sur les plans laissés par Brunelleschi, par ANTONIO

DA SANGALLO.

+L'ÉGLISE SANTA ANNUNZIATA+ date de 1250, mais depuis elle fut

agrandie et constamment modifiée. Sous le mauvais péristyle qui la

précède, élevé en 1650 par CACCINI, s'ouvrent trois portes. Celle de

gauche donne accès au cloître de l'ancien couvent des Servites, celle de

droite à la chapelle des Pucci, et enfin celle du milieu au parvis décoré

de fresques qui précède l'église. Ces fresques, abritées maintenant

contre les intempéries par une galerie vitrée, furent en grande partie

exécutées par Andrea del Sarto et sont un des plus beaux monuments du

grand art italien.

+A+.--_Saint Philippe donnant son habit à un malade_.

+B+.--_Joueurs frappés de la foudre pour s'être moqués de saint

Philippe_.

+C+.--_Guérison d'un possédé_.

+D+.--_La mort de saint Philippe_.

+E+.--_Un enfant guéri par le contact du manteau de saint

Philippe_.

L'artiste exécuta ces peintures dans sa jeunesse, vers 1510. Le paysage a

quelque importance, mais n'est pas suffisamment traité; ce ne sont plus

les fonds idéalisés et mystérieux des primitifs, et d'autre part les

artistes de l'époque d'Andrea sont encore loin de la perfection des

maîtres qui rendront plus tard si merveilleusement la nature; ce sont des

oeuvres d'une époque de transition, n'ayant plus les qualités des anciens

maîtres, sans pour cela avoir encore celles des nouveaux. Dans les

fresques de l'Annunziata les personnages manquent de mouvement, mais leur

défaut principal est l'absence de la foi profonde, de l'émotion et des

sentiments vrais qu'auraient mis dans un tel sujet les «Quatrocentisti».

A droite, deux belles compositions d'Andrea del Sarto sont très

supérieures aux précédentes.

1° _L'Adoration des Mages_ bien groupée, avec le portrait de

Sansovino tourné vers le spectateur, et au premier plan le portrait du

peintre par lui-même.

2° _La Naissance de la Vierge_ (1514), représentée dans une riche

chambre du XVIe siècle avec des femmes portant les beaux costumes de

l'époque. Au milieu de cette fresque remarquable, deux portraits de

femmes dont l'une est la Lucrezia Fede, la terrible femme de l'artiste.

Les trois médiocres fresques suivantes sont dues à des amis ou à des

élèves d'Andrea: _Le Mariage de la Vierge_ par FRANCIABIGIO (1513).

_La Visitation_ par le PONTORMO (1516). _L'Assomption_ par

ROSSO (1517).

+L'intérieur de l'Église+, décoré au XVIIe siècle avec une triste

somptuosité, consiste en une nef unique sur laquelle donnent des

chapelles latérales, et qui aboutit à une grande rotonde où se trouve le

choeur entouré de chapelles rayonnantes. A gauche de l'entrée, sous un

baldaquin du XVIIe siècle de très mauvais goût, s'ouvre la chapelle

«della Vergine Annunziata», construite aux frais de Pierre de Médicis par

MICHELOZZO en 1448. Derrière l'autel, une Vierge miraculeuse, fresque du

XIIIe siècle, est l'objet d'une grande vénération.

Au-dessus de la porte qui conduit du croisillon gauche au cloître des

Servites est une fresque d'ANDREA DEL SARTO, «la Madone au Sac»

(_Madonna del Sacco_), peinte en 1525, et justement considérée comme

un chef-d'oeuvre; elle est d'une grâce charmante avec des figures bien

groupées. Saint Joseph debout, appuyé sur un sac, lit à côté de la Vierge

assise à terre. Près de la fresque d'Andrea est le _tombeau des

Falconieri_, fondateurs de l'église: sarcophage supporté par des

consoles. Dans le deuxième cloître, grande statue de _Saint

Jean-Baptiste_ en terre cuite, bel ouvrage où MICHELOZZO a reproduit

le Saint Jean qu'il avait placé dans le fameux reliquaire du musée du

Dôme.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 43 / 76 题