VIA DEL PROCONSOLO.

+PALAZZO NONFINITO+ (occupé par le télégraphe). Construit en 1592

par BUONTALENTI. Lourde façade du style Barocco.

Au numéro 10 le +PALAZZO DE RASTI+ (anciennement Quaratesi) a été

construit par BRUNELLESCHI dans le style des beaux palais de Florence; il

porte les armoiries des Pazzi, ses anciens propriétaires.

+L'ÉGLISE DE LA BADIA+ fondée en l'an 1000 et reconstruite en 1285

par ARNOLFO DI CAMBIO, fut remaniée en 1625 par Ségaloni qui ne conserva

de l'édifice précédent que le chevet et le ravissant clocher octogonal de

1330, dont la flèche de pierre forme avec la tour du Bargello un des

points de vue les plus caractéristiques de Florence.

MINO DA FIESOLE obtint, après avoir terminé le monument de Salutati à

Fiesole, la commande des deux tombeaux qui décorent la Badia:

1° A droite de l'entrée. _La Vierge assise avec l'Enfant entre deux

diacres_; bas-relief à trois divisions où Mino n'est resté que trop

fidèle au retable de la chapelle de Salutati.

2° Dans le bras gauche du transept, _tombeau du comte Hugo_,

bienfaiteur de l'église (1481).

Dans ces deux monuments, Mino copia, pour ainsi dire, les tombeaux du

Marsuppini et de Bruni de Santa Croce, plaçant les sarcophages sous une

arcade et les surmontant de l'effigie couchée des défunts.

Dans la chapelle de la famille del Bianco, à gauche de l'entrée, le

tableau d'autel: _l'Apparition de la Vierge à saint Bernard_, a été

peint en 1480 par FILIPPINO LIPPI, encore à cette époque dans l'atelier

de Botticelli. Saint Bernard, en robe blanche drapée à la perfection, est

assis devant un rocher lui servant d'ermitage, dans les anfractuosités

duquel sont placés ses livres. Le pupitre où il écrit est disposé sur un

tronc d'arbre, mais il interrompt son travail et reste plongé dans une

profonde adoration au moment où la Vierge lui apparaît et vient poser la

main sur son manuscrit. La Vierge est entourée d'un groupe charmant de

petits anges tout surpris de se trouver sur la terre et qui, par leur

attitude, manifestent leur curiosité. Dans le bas du tableau, le

donateur, à mi-corps, vêtu d'une robe noire à revers rouges, joint les

mains en prière.

Cette composition, charmante de délicatesse et d'expression, a conservé

toute sa vivacité de coloris, et l'ensemble est si parfait qu'on peut

vraiment la considérer comme le chef-d'oeuvre de Filippino Lippi.

+Le cloître+ est entouré de deux étages de portiques. Sous le

portique supérieur sont conservées des fresques d'ANTONIO SOLARIO LE

ZINGARO (1512) d'un joli ton doré. Toutes ces peintures retracent la

_Vie de saint Benoît_ et semblent comme la préparation aux fresques

si remarquables traitant le même sujet à l'église de San Severino, à

Naples.

L'oeuvre de la Badia, fort intéressante, montre des perspectives très bien

traitées et des groupements harmonieux. Quelques-unes de ces compositions

sont même de premier ordre; il faut citer:

A.--_Saint Benoît enfant prie aux côtés de sa mère_.

B.--_Saint Benoît reçoit l'habit_.

C.--_Apparition d'un ange pour inviter le saint à la vie monacale_.

D.--Portique avec des moines agenouillés et debout.

E.--_Maure sauve Placide qui se noie_.

F.--_Repas des moines_.

G.--_Seigneurs et dames à cheval_.

+CASA BUONARROTI+ (Musée Michel-Ange, 64, Via Ghibellina).--Cette

maison où Michel-Ange vécut à Florence fut consacrée au XVIIe siècle par

son arrière-neveu le poète, son homonyme, à la gloire de son grand-oncle.

Il la fit décorer, en 1620, par les meilleurs artistes de ce temps, de

fresques et de peintures sur toile où sont retracés les principaux faits

de la vie de Michel-Ange.

La «Casa Buonarroti» est en somme un musée intime et fort inégal, où, à

côté de documents écrits, lettres autographes, papiers de famille,

dessins d'architecture et croquis de toute sorte, brillent quelques

pièces inestimables, comme le bas-relief de «la Guerre des Centaures et

des Lapithes», celui de «la Vierge assise avec l'Enfant», l'esquisse du

«David», le modèle en terre cuite de la «Vierge de Médicis», et enfin ce

merveilleux carton à la sanguine d'une «Vierge avec l'Enfant», morceau de

toute beauté, d'une incomparable maîtrise.

+Chambre I+.--_Combat des Centaures et des Lapithes_, une des

premières oeuvres de Michel-Ange. Il avait dix-sept ans quand il entreprit

ce travail. C'est une composition de style héroïque où tous les

personnages sont nus et où règne dans la mêlée une étonnante fougue

épique; ce morceau non terminé garde encore les traces du ciseau. La

jeunesse du maître se révèle par de certaines inexpériences; il n'a pas

introduit de variété dans les formes et toutes les figures ont une

saillie si faible qu'elles en sont comme déprimées; pourtant on y

reconnaît déjà quelques traits de cet idéal dont la poursuite sera la

constante obsession de sa vie.

+Chambre II+.--_Dessins originaux_. Cadre I.--N° 2.--Buste de

Cléopâtre bizarrement coiffée. Elle est entourée d'un serpent qui lui

mord le sein.

N° 3.--Belle tête de vieille femme de profil.

Cadre 9.--N° 75.--Projet de façade pour Saint-Laurent de Florence.

Cadre 13.--N° 65.--Esquisse primitive du _Jugement dernier_.

Cadre 14.--N° 70.--Sacrifice d'Abraham.

Cadre 15.--N° 75.--La Vierge allaitant l'Enfant. Ce dessin de toute

beauté est au crayon noir, rouge et blanc.

Cadres 25, 26, 27, 30, 31, 32.--Divers plans des fortifications de

Florence, à la plume, au crayon rouge et au bistre, faites pendant le

siège de 1529.

Dans la +Chapelle+ se trouve l'admirable bas-relief (n° 72) de _la

Vierge assise avec l'Enfant_ auquel elle donne le sein. Cette

composition que Michel-Ange exécuta à la fois en marbre et en bronze,

vers l'âge de seize ans, est influencée par le génie de Donatello et

montre la forte emprise qu'un tel maître exerça sur lui par son réalisme

viril et son naturalisme puissant. Mais tout grand que soit Donatello, ce

qui dès l'abord le différencie profondément de son génial élève, est que

chez l'un l'oeuvre se double volontiers du portrait et recherche

l'individualité, tandis que chez l'autre la conception tout idéale

jaillit de son puissant cerveau pour ainsi dire par génération spontanée.

N° 78.--_La Vierge avec l'enfant Jésus_. Maquette en terre cuite,

pour le groupe en marbre de la nouvelle sacristie de Saint-Laurent. La

tête manque.

Bibliothèque. Armoire V.--N° 10.--_David_. Deux petites statuettes

en cire, délicieuses et premières ébauches du _David_ colossal de

l'Académie des Beaux-Arts.

+INSTITUT PHILHARMONIQUE+ (83, Via Ghibellina).--Dans l'escalier,

protégée par des volets, est la curieuse fresque du GIOTTINO,

l'_Expulsion du duc d'Athènes_ chassé de Florence en 1308, le jour

de la Sainte-Anne. Aussi l'artiste a-t-il peint sainte Anne remettant aux

nobles florentins agenouillés à ses côtés les étendards de la ville et du

peuple, pendant qu'au fond de la fresque saint Zenobe chasse de son trône

le duc, qui fuit en barque sur l'Arno.

+PIAZZA SANTA CROCE+ où se trouvent le monument moderne du Dante, le

Palazzo dell'Antella décoré de fresques de 1610 en partie effacées, et

enfin, sur le côté est, la façade moderne de l'église Santa Croce.

+SANTA CROCE+ fut construite par ARNOLFO DEL CAMBIO en 1294 pour les

Franciscains. L'architecte était tenu par son contrat «à élever une

église comme il convient à l'humilité d'un ordre mendiant», c'est-à-dire

une église dont les dimensions contiendraient tout un peuple appelé par

la vogue extraordinaire dont l'ordre jouissait alors, mais où tout

viserait uniquement à la simplicité et à la pauvreté en rapport avec

l'esprit de l'ordre. Aussi les dispositions d'Arnolfo furent-elles

sévères et froides dans le détail, mais grandioses par les immenses

dimensions de la nef et des bas-côtés, dont l'aspect majestueux rappelle

la basilique antique. Mais les transepts et la branche supérieure de la

croix, à peine figurée par un choeur court et mesquin, ne répondent

aucunement à ces proportions.

Au milieu du mur terminal s'ouvre, en guise de choeur, une sorte de

chapelle accompagnée de chaque côté de cinq chapelles moins importantes,

ouvertes sur les transepts. A ces chapelles du mur oriental s'en ajoutent

quatre autres, deux ouvertes sur le mur occidental et deux fermant les

transepts.

Il était de mode, dès le XIVe siècle, de se faire enterrer à Santa Croce

et toutes les grandes familles de Florence y avaient leurs caveaux. Cet

usage se perpétua si bien que l'église est devenue en quelque sorte le

panthéon de l'Italie. Les tombes qu'elle contient appartiennent à toutes

les époques et se trouvent soit adossées aux murs des bas-côtés, soit

encastrées dans le pavé de l'église.

Placée trop haut, au-dessus du portail de l'église, est la belle statue

de _Saint Louis de Toulouse_ par DONATELLO. Ses vêtements, d'une

grande somptuosité, sont d'une exécution poussée à l'extrême.

_La chaire_, le chef-d'oeuvre de BENEDETTO DA MAJANO, d'une extrême

légèreté, malgré son excessive richesse, fut exécutée en 1475. Pour ne

pas déranger les lignes de son monument, Benedetto dissimula l'escalier

de la chaire dans un des piliers auxquels elle est adossée, qu'il creusa

à cet effet, et qu'il ferma par une délicieuse porte en marqueterie

ouverte sur le bas-côté. La chaire, en marbre blanc, est pentagonale, et

ses cinq pans, séparés par des colonnettes portées sur des consoles, sont

consacrés à l'histoire de saint François traitée à la manière de

Ghiberti, c'est-à-dire avec des bas-reliefs en ronde bosse au premier

plan, pour finir au fond par des méplats.

1°.--_Le Pape approuvant l'ordre des Franciscains_.

2°.--_La destruction des livres hérésiarques_.

3°.--_Saint François recevant les Stigmates_.

4°.--_Obsèques du Saint_.

5°.--_Martyre de Franciscains_.

Cinq petites niches intermédiaires contiennent des statuettes de _la

Foi_, de _l'Espérance_, de _la Charité_, de _la

Justice_ et de _la Force_ qui sont peut-être ce que la sculpture

de la première Renaissance a produit de plus parfait.

+Nef de droite+.--_Monument de Michel-Ange_, érigé en 1570 et

oeuvre de VASARI. Des trois figures de la Sculpture, de l'Architecture et

de la Peinture, la moins mauvaise, celle de l'Architecture, est de

GIOVANNI DEL OPERE. Si Michel-Ange avait jamais pu prévoir que Vasari lui

élèverait un jour un tel tombeau, sa mort certes en serait devenue amère.

Sur le pilier, au-dessus du bénitier, _Madonna del Latte_,

bas-relief de ROSSELLINO.

_Cénotaphe du Dante_, affreux monument de 1829.

_Monument d'Alfieri_ par CANOVA, érigé par la comtesse d'Albany.

_Monument de Machiavel_, de 1787.

_Tombeau de Lanzi_.

DOMENICO VENEZIANO (attr. à Andrea Castagno). Ces deux petites fresques

représentent _Saint Jean-Baptiste_ et _Saint François d'Assise_

sous les traits d'ascètes décharnés. La critique a rendu ces peintures à

Domenico Veneziano, tant leur ressemblance est frappante avec le tableau

de la salle de Lorenzo Monaco au musée des Offices et tant les figures de

ces deux Saints en semblent détachées.

L'_Annonciation_, tabernacle sculpté en 1406 pour la chapelle

Cavalcanti par DONATELLO. Cet ouvrage d'un jeune homme de dix-neuf ans

est le plus pur et le plus suave des hauts-reliefs de Donatello; il s'y

trouve une préoccupation d'élégance et de noblesse rares dans ses autres

oeuvres. Dans l'attitude de la Vierge l'afféterie coudoie la grâce et la

recherche se mêle à l'émotion; debout, retournée vers l'Ange, elle met la

main sur son coeur pour indiquer sa soumission à la nouvelle qu'il lui

apporte. Quant à la figure de l'Ange, un genou en terre, la main droite

relevée, elle est d'un si incomparable mouvement par son expression

idéale, par son admirable pondération entre l'action et le mouvement,

qu'elle ne saurait être dépassée.

Donatello a placé ses personnages au milieu d'une étonnante architecture

dont les pilastres les enferment dans une sorte de cadre profond. Il a

surmonté le fronton de deux petits génies en terre cuite, premiers et

délicieux essais de ces figures d'enfants dans lesquelles il était

destiné à passer maître.

Tombeau du secrétaire d'État florentin _Leonardo Bruni_, mort en

1444, par ROSSELLINO.

Sur un soubassement formé de guirlandes retenues par des enfants, repose

le sarcophage de forme antique, sévère et pure, décoré uniquement de deux

anges soutenant le cartouche de l'inscription, tandis que deux autres

anges portent sur leurs ailes étendues la civière où repose la superbe

effigie du défunt. Cette partie inférieure du monument est d'une grande

beauté; la partie supérieure, un peu lourde, est mal venue. Le sol de

Santa Croce est jusqu'à cette hauteur dallé de _plaques tombales_

très simples des XIVe et XVe siècles, portant presque toutes des

armoiries.

A partir des transepts, elles deviennent beaucoup plus belles et

remontent, pour la plupart, à la fondation de l'église. Ce sont des

monuments giottesques où les effigies sont sculptées en relief.

+Transepts+ (Bras droit).--1°--_Chapelle Castellani_ ou du

Saint-Sacrement. Elle est décorée de fresques très abîmées d'AGNOLO GADDI

relatives à _Saint Nicolas_ et à _Saint Jean-Baptiste_ d'une

part, et à _Saint Antoine_ et _Saint Jean l'Évangéliste_ de

l'autre (1380).

_Saints François_ et _Antoine de Padoue_, belles statues en

terre blanche vernissée de LUCA DELLA ROBBIA.

2°--Entre cette chapelle et la suivante, joli petit monument gothique de

1327.

3°--+Chapelle Baroncelli+, aujourd'hui _Giugni_ (extrémité du

transept).

_Fresques_ de la Vie de la Vierge par TADDEO GADDI (1352-1356),

ouvrage médiocre.

4--Sur le mur de droite, _la Vierge à la ceinture_, fresque de

Menardi.

5°--+Chapelle à droite+ du passage de la sacristie.

_Le combat de l'archange saint Michel_, fresque du temps de Cimabue.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 39 / 76 题