Meubles anciens et cristaux

+Salle III+.

Cette salle précède la chapelle et elle était nommée la salle des

Condamnés, parce qu'ils y attendaient l'heure de leur dernière prière.

Elle renferme la collection des anciens vases de la pharmacie du couvent

de San Marco, en faïence de Faënza, XVIe siècle.

+Salle IV+ (chapelle).

Elle est décorée de fresques célèbres du GIOTTO respectées par l'incendie

de 1337, mais malheureusement très détériorées par des badigeonnages

successifs et par le partage, sous les Médicis, de la chapelle en trois

étages de prisons.

Les huit divisions du mur de droite sont consacrées à sainte Madeleine et

à sainte Marie l'Égyptienne. Le fond est occupé par le Paradis avec les

portraits de Dante, de Corso Donati et de Brunetto Latini. Au-dessous de

cette fresque deux petits panneaux sont attribués à GHIRLANDAJO. Ils sont

datés de 1490 et représentent la _Vierge_ et _Saint Gérôme_.

Des stalles en marqueterie et le lutrin sont de bons ouvrages du XVe

siècle.

Dans une vitrine, petit bas-relief en pierre de Sonthofen, par ALBERT

DÜRER. Avec une finesse excessive, il représente _Adam et Ève_ au

pied de l'arbre de la connaissance où est enroulé le serpent.

Autre vitrine. _La Cène_, retable en argent doré, par JEAN DE

BOLOGNE.

Huit baisers de paix en argent niellé et en émaux, dont trois sont

d'admirables oeuvres d'art.

I. La plus remarquable pièce des nielles, _le Couronnement de la

Vierge_, fut exécuté en 1452, par MASO FINIGUERRA, pour le Baptistère

Saint-Jean.

Maso, né à Florence en 1425, excellait dans l'art des nielles; c'est en

travaillant à ce genre de gravure, qu'il imagina d'en tirer à l'aide de

la presse des épreuves sur papier, invention qui fait de lui le créateur

d'un art nouveau, celui de la gravure.

II. Autre paix niellée d'un beau caractère, _le Crucifiement_, pièce

exécutée également pour le Baptistère, par MATTEO DEI.

III. _La Déposition de Croix_, ouvrage de toute beauté, d'ANTONIO

POLLAJUOLO, en émail sur paillons.

+Salle V+.

1° Ivoires. 2° Ouvrages en ambre des XVIIe et XVIIIe siècles.

A.--Deux admirables triptyques d'ivoire des XIIIe et XIVe siècles, par

ANDREA ORCAGNA.

B.--Deux superbes selles en ivoire du XIVe siècle: l'une, un travail

allemand avec figures de princes, de chevaliers, de dames en bas-relief

sur fond noir; l'autre, italienne, avec la devise «Amor aspetta tempo»,

ornée de scènes de chasse, d'armoiries et d'ornements fantastiques.

3° Coupes du XVIe siècle en cristal taillé et gravé. Certaines de ces

pièces sont d'une rare beauté.

+Salle VI+ (Bronzes).

GHIBERTI. _Reliquaire de sainte Jacinthe_. Il a la forme d'un petit

sarcophage antique dont la face principale est simplement ornée de deux

anges d'un mouvement gracieux qui soutiennent une couronne. Ghiberti

montre une fois de plus dans cette oeuvre combien il gagne à la simplicité

(1428).

BRUNELLESCHI et GHIBERTI. Deux médaillons dorés polylobés représentant le

_Sacrifice d'Abraham_. Ces médaillons sont les fameuses pièces du

concours pour les portes du Baptistère à la suite duquel Brunelleschi

retira sa candidature (1403).

Dans le relief de Brunelleschi se trouve déjà fortement accusée la

tendance au naturalisme qui se développa chez Donatello. Le mouvement

d'Abraham est sauvage, l'ange arrête son bras d'un geste peu admissible,

le bélier et l'âne sont autant de recherches réalistes. A gauche,

Brunelleschi a placé le tireur d'épines, «le Spinaro», dont l'antique

venait d'être découvert. La composition manque d'unité, de simplicité et

de grandeur.

Ghiberti au contraire sut tirer parti du sujet avec un art incomparable

et placer ses personnages en observant strictement la loi de la valeur

des plans. La figure d'Isaac retourné vers son père pour le questionner

est de premier ordre.

LORENZO VECCHIETTA de Sienne (1412-1480). Statue couchée de _Mariano

Soccino_ provenant de son tombeau et certainement modelée sur le

cadavre.

VERROCCHIO. _Le David_ (1476). Cette statue fut exécutée sur l'ordre

de Laurent le Magnifique désireux de voir, dans un sujet analogue, le

Verrocchio surpasser Donatello. Il devient donc très intéressant de

comparer deux oeuvres si dissemblables. Tandis que Donatello faisait de

son David un héros idéal, sorte de Persée moderne, Verrocchio faisait du

sien un adolescent, presque un enfant, dont les formes encore frêles et

anguleuses semblent plutôt délicates. Ce qui est de premier ordre est la

tête adorable dont le sourire énigmatique et mystérieux est déjà celui du

Vinci, les cheveux courts et bouclés encadrent le visage où à la joie du

triomphe s'allie une certaine timidité.

Dans la vitrine.

ANTONIO DEL POLLAJUOLO. Petit groupe d'_Hercule étouffant Cacus_,

d'une sauvage énergie et d'une superbe allure.

+Salle VII+ (Bronzes).--BENVENUTO CELLINI. Buste colossal de

_Cosme Ier_.

BENVENUTO CELLINI. Deux modèles pour son _Persée_. Ils présentent

des différences notables; l'un est en bronze, l'autre en cire: ce

dernier, très supérieur, même à l'exécution définitive, par la simplicité

des attitudes et des formes.

DONATELLO. Petite frise en relief représentant une _Bacchanale

d'Enfants_ qui traînent le vieux Silène ivre dans un char. Ce petit

chef-d'oeuvre, exécuté pour Cosme de Médicis, est ce qui a pu exister

depuis l'antiquité de plus parfait en ce genre.

JEAN DE BOLOGNE. _Le Mercure_. Cette statue, faite en 1598 pour une

fontaine de la Villa Médicis, à Rome, est certainement la maîtresse oeuvre

de Jean de Bologne, celle où, dans une période de décadence, il s'est le

plus rapproché de l'antiquité. Mercure s'envole d'un mouvement léger, au

souffle d'Éole dont la tête lui sert de base.

Florence historique, monumentale, artistique · 第 36 / 76 题