«Je n’ai pas fait de mal à un enfant, dit une inscription funéraire. Je
n’ai pas opprimé une veuve, je n’ai pas maltraité un berger. Durant ma
vie, il n’y avait pas un mendiant; et quand vinrent les années de
famine, je labourai toute la terre de la province, nourrissant tous ses
habitants et je fis en sorte que la veuve était comme si elle n’avait
pas perdu son époux[28].»
[28] Inscriptions d’Ameni, _Denkm_, II, pl. 121.
Celui-ci «était le père des faibles, le soutien de ceux qui n’avaient
pas de mère; craint des méchants il protégeait le pauvre. Il était le
vengeur de celui que le puissant avait dépouillé. Il était l’époux de la
veuve et le refuge de l’orphelin[29]». «Celui-là était le protecteur des
humbles, une palme d’abondance pour l’indigent, l’aliment des pauvres,
la richesse du faible, et sa sagesse était au service de
l’ignorant[30].»--«J’étais le pain de celui qui avait faim, l’eau de
celui qui avait soif, le vêtement de celui qui était nu, le refuge de
celui qui était dans le besoin. Ce que j’ai fait pour eux, Dieu l’avait
fait pour moi»[31], disent d’autres inscriptions, reprenant toujours le
même thème de bonté, de justice et de charité. «Bien que grand, j’ai
toujours agi comme si j’avais été petit. Je n’ai jamais barré la route à
quelqu’un qui valait mieux que moi. J’ai toujours répété ce qu’on
m’avait dit, exactement comme on me l’avait dit. Je n’ai jamais approuvé
ce qui est bas et mal, mais j’ai pris plaisir à dire la vérité. La
sincérité et la bonté qui étaient dans le cœur de mon père et de ma
mère, mon amour les leur a rendues. J’ai été la joie de mes frères,
l’ami de mes compagnons, j’ai reçu les voyageurs sur la route; mes
portes étaient ouvertes à ceux qui venaient du dehors et je leur ai
donné de quoi se rafraîchir. Ce que me dictait mon cœur, je n’hésitais
pas à l’accomplir[32].»
[29] Tablette d’Antuff. Louvre, C. 26.
[30] British Museum, 581.
[31] DUMICHEN, _Kalenderinschriften_, XLVI.
[32] BERGMANN, _Hieroglyphische Inschriften_, pl. VI, I. 8; pl. VIII,
IX.