L'empereur François-Joseph a ouvert en personne, le 5 novembre, la
session du nouveau Reichsrath, le premier qui ait été nommé par voie de
suffrage direct de tous les électeurs et non plus, comme autrefois, par
les dix-sept Diètes.
Jamais aussi assemblée n'a peut-être été aussi complète que celle qui
vient de se réunir, les quarante-deux députés tchèques de la Bohème et
de la Moravie seulement s'étant abstenus de prendre leurs sièges et
persistant dans leur résistance passive au constitutionalisme allemand.
L'opposition n'est pourtant pas désarmée dans cette Chambre, à laquelle
vont être soumises des mesures de grande importance. Elle ne pourra pas,
en conséquence de l'absence des Tchèques, s'opposer aux réformes
constitutionnelles, qui exigent les deux tiers des voix, mais elle sera
en situation, dans des circonstances données, de peser sur les
délibérations.
Le ministère actuel dispose d'une majorité considérable: 228 voix. On
est donc en droit d'attendre qu'il obtiendra sans difficulté et sans
troubles l'adoption des mesures annoncées par S. M. François-Joseph. La
situation politique et financière de l'empire austro-hongrois ne pourra
donc que s'améliorer pendant et après la session qui vient de s'ouvrir.