Les élections au Landtag ou Chambre des députés de Prusse, qui ont eu
lieu le 2 novembre, ont eu pour résultat de laisser, comme par le passé,
une grande majorité au prince de Bismark et au ministère qui représente
sa politique. Cependant, la lutte a été très-vive, et cette majorité,
tout en restant prépondérante, s'est affaiblie de manière à donner à
réfléchir aux hommes politiques allemands, qui n'ont pas craint de
froisser les croyances d'une partie notable de la population par des
réformes prématurées dans les rapports de l'État avec le clergé. Voici,
du reste, comment s'exprime à l'égard de ces élections la
_Correspondance provinciale_, organe officieux du cabinet.
«D'après les communications reçues à ce jour, il ressort,--à l'égard de
la lutte qui donnait principalement leur caractère aux nouvelles
élections,--que les efforts du parti ultramontain ont réussi à augmenter
le nombre des membres de la fraction centre (de 63 à 86), mais non pas
néanmoins dans la proportion que les cléricaux pensaient pouvoir
espérer. L'accroissement de ce parti s'est fait d'ailleurs aux dépens
des fractions les plus rapprochées de lui.
«Le centre de gravité de la Chambre des députés se trouvera
indubitablement dans le parti libéral.»