De même en B, nous avons la force

_fm_/_d_² - _fm_/(_d_ + _r_)² = _fm_[(_d_ + _r_)² - _d_²]/_d_²(_d_ + _r_)²

= _fm_(2_dr_ + _r_²)/_d_²(_d_ + _r_)²

qui, d'après les mêmes considérations, peut être exprimée

très-approximativement par le même nombre

2_fmr_/_d_³.

_La force qui soulève la mer en A et en B est proportionnelle à la

masse_ m _de la lune; et varie en raison inverse du cube de la distance

de cet astre à la terre_.

=386.= EFFETS DE LA ROTATION DE LA TERRE SUR ELLE-MÊME ET DU MOUVEMENT

DE TRANSLATION DE LA LUNE AUTOUR DE LA TERRE.

Nous avons supposé la terre et la lune immobiles dans une de leurs

positions relatives. Si cette hypothèse était vraie, la surface des eaux

prendrait d'une manière permanente la forme elliptique que nous venons

d'indiquer, et se maintiendrait en équilibre dans cette position. Mais,

comme on le sait, la terre tourne sur elle-même en 24 heures dans le

sens de la flèche (latérale), et la lune tourne dans le même sens autour

de la terre en 27 jours 1/2. De là un certain mouvement _résultant_ de

la lune par rapport à la terre; tout se passe exactement comme si la

lune partant de la position L (_fig._ 133) tournait d'occident en orient

(dans le sens de la flèche) autour du centre T de la terre, faisant une

révolution en 24h 50m 28s. Nous pouvons, pour plus de simplicité,

supposer que la déclinaison de la lune étant nulle, celle-ci tourne

autour de la terre, sur le plan de l'équateur, qui serait par exemple le

plan de la figure 133. En considérant cet astre dans chacune de ces

positions successives, on voit que le grand axe de l'ellipse liquide

doit toujours être dirigé suivant LT; ce grand axe et par suite

l'ellipse elle-même tourneront donc avec la lune. Par suite, quand cet

astre, au bout de 6h 12m 37s, ayant tourné de 90°, se trouvera au

méridien de C sur la direction TG prolongée, ce sera en C et en D que

l'ellipse sera allongée, tandis qu'elle sera aplatie en A et en B. Il y

aura marée haute en C et en D, et marée basse en A et en B. Comme tout

cela est arrivé progressivement, la mer a monté pendant ces 6h 12m 37s

en C et en D, tandis qu'elle descendait en A et en B.

De plus, dans cet intervalle, la pleine mer a eu lieu successivement

pour tous les lieux situés entre A et C, ou entre B et D, quand la lune

a passé au méridien supérieur des uns et au méridien inférieur des

autres. Après un nouvel intervalle de 6h 12m 37s la lune arrive au

méridien supérieur de B qui est le méridien inférieur de A; il y a de

nouveau haute mer en B et en A, et basse mer en C et en D: la mer a

monté aux premiers lieux et baissé dans les derniers; la pleine mer a eu

lieu dans l'intervalle successivement pour les lieux situés entre C et B

et entre D et A. Dans les 6h 12m 37s suivantes, la lune se rend du

méridien de B au méridien de D; on voit ce qui arrive; puis de même

quand la lune va du méridien de D au méridien de A. Ceci explique

comment l'intervalle de deux hautes mers consécutives, en chaque lieu de

la terre, est précisément de 12h 25m 14s; en même temps se trouve

expliquée l'ascension progressive des eaux de la mer, de la basse mer Ã

la haute mer.

=387.= ACTION DU SOLEIL SUR LES EAUX DE LA MER. Nous avons supposé que

la lune agissait seule de l'extérieur sur les eaux de la mer; mais

évidemment le soleil, qui se trouve vis-à-vis de la terre dans des

conditions analogues à celles que nous venons de considérer quant à la

lune, doit attirer les eaux de la mer et produire sur leur masse un

effet tout à fait analogue à celui que produit la lune. Nos explications

des nº 384 et 385 s'appliquent de point en point au soleil; il suffit de

remplacer la masse _m_ de la lune et la distance _d_ = TL par la masse M

du soleil et la distance D = ST de ce dernier astre à la terre. Le

soleil, se trouvant au méridien d'un lieu A, tendra à y soulever la mer

avec une force que l'on peut évaluer très-approximativement à 2_fmr_/D³.

En considérant spécialement le soleil vis-à-vis de la terre, nous

trouvons donc qu'il doit y avoir une marée solaire de même qu'il y a une

marée lunaire. Il faut de même avoir égard au changement des positions

du soleil par rapport à la terre.

=388.= Si on compare la force avec laquelle la lune, se trouvant au

méridien d'un lieu, y soulève les eaux, à la force analogue pour le

soleil, on trouve le rapport:

(2_fmr_/_d_³) / (2_f_M_r_/D³) = (_m_/_d_³)/ (M/D³) = (_m_/M) · (D³/_d_³).

Leçons de cosmographie à l'usage des lycées et collèges et de tous les établissements d'instruction publique · 第 110 / 117 题