=318=. On distingue huit planètes principales, y compris la terre; qui
est une véritable planète (V. nº 322). Voici les noms de ces planètes et
leurs distances moyennes au soleil. Nous indiquons les planètes dans
l'ordre croissant de ces distances, que nous exprimons en rayons moyens
de l'orbite terrestre (c'est-Ã -dire la distance moyenne de la terre au
soleil étant prise pour unité).
Outres ces huit planètes, on en connaît un certain nombre d'autres plus
petites dont nous parlerons plus tard.
PLANÃTES SIGNES DISTANCES PLANÃTES SIGNES DISTANCES
moyennes moyennes
au soleil au soleil
Mercure â¿ 0,387 Jupiter â 5,203
Vénus â 0,723 Saturne â 9,539
La Terre â 1,000 Uranus â
19,182
Mars â 1,524 Neptune â 30,04
La terre à part, les anciens connaissaient cinq planètes, savoir:
_Mercure, Vénus, Mars, Jupiter, Saturne_; ces planètes, visibles à l'Åil
nu, ont été connues de toute antiquité. _Uranus_ a été découverte en
1781 par Williams Herschell; _Neptune_, annoncée par M. Leverrier le 1er
juin 1846, fut aperçue le 23 septembre suivant par M. Galle, astronome
prussien.
Les petites planètes ont toutes été découvertes depuis l'an 1800; le
plus grand nombre d'entre elles l'ont été depuis quelques années.
=319=. MOUVEMENTS DES PLANÃTES VUS DE LA TERRE. On peut évidemment
étudier le mouvement propre de chaque planète, de la même manière qu'on
a étudié le mouvement apparent du soleil et celui de la lune. Il suffit
d'observer chaque jour l'ascension-droite et la déclinaison de cette
planète, d'en déduire sa longitude et sa latitude, et de se servir de
ces angles pour figurer sur un globe céleste les positions apparentes
successives de l'astre sur la sphère céleste. Ce travail constate
d'abord l'existence du mouvement propre de la planète; il nous fait
connaître de plus les particularités suivantes:
La courbe qui décrit la position apparente d'une planète sur un globe
céleste dont le centre représente la terre, ne ressemble pas à celles
que l'on obtient pour le soleil et pour la lune; cette courbe est
sinueuse et revient sur elle-même, allant tantôt de l'ouest à l'est
(sens direct), revenant de l'est à l'ouest (sens rétrograde), puis
retournant vers l'est. Si on observe une planète durant une longue suite
de jours, et que sa marche sur la sphère céleste soit d'abord directe,
c'est-Ã -dire que sa longitude augmente, on voit, au bout d'un certain
temps, ce mouvement en longitude se ralentir, puis s'arrêter pendant
quelques jours; on dit alors qu'il y a _station_. Après cela il y a
_rétrogradation_; le mouvement, de direct qu'il était, devient
_rétrograde_; la longitude de la planète diminue; elle précède chaque
jour au méridien les étoiles qu'elle y accompagnait la veille; cela dure
un certain temps; puis le mouvement rétrograde se ralentit à son tour,
et s'arrête. Après cette nouvelle station le mouvement redevient direct,
la planète se dirige de nouveau vers l'est, et ainsi de suite; ces
alternatives de mouvement direct, station, rétrogradation, se
reproduisent indéfiniment dans le même ordre. Néanmoins les
accroissements de la longitude, c'est-Ã -dire la somme des mouvements
directs de l'ouest à l'est, l'emportant sur la somme des chemins de sens
contraire, la planète finit par faire le tour de la sphère céleste. On
comprend, d'après cela, la forme irrégulière de la courbe dessinée sur
le globe céleste dont nous avons parlé d'abord. Cette courbe tantôt
s'élève vers le nord de l'écliptique, tantôt descend au sud,
c'est-à -dire que la latitude de la planète varie comme la longitude;
mais la latitude ne varie que dans des limites généralement peu
étendues.
Les planètes principales s'écartent très-peu de l'écliptique; pour
aucune d'elles la latitude boréale ou australe, dans ses variations, ne
dépasse 8°, c'est-à -dire que ces planètes ne quittent pas la zone
céleste que nous connaissons sous le nom de _zodiaque_ (n° 123). Deux de
ces planètes, Mercure et Vénus (V. plus loin les planètes inférieures),
en se mouvant ainsi le long de l'écliptique, semblent accompagner le
soleil dans son mouvement de translation. Chacune d'elles allant et
venant, tantôt à l'ouest, tantôt à l'est du soleil, ne s'en écarte
jamais au delà de certaines limites. Les trois autres planètes, tout en
s'écartant peu de l'écliptique au nord et au sud, et allant tantôt vers
l'ouest, tantôt vers l'est, ne se maintiennent pas ainsi dans le
voisinage du soleil; la différence entre la longitude de chacune d'elles
et la longitude du soleil passe par tous les états de grandeur de 0° Ã
360°.
Ces irrégularités, ces apparences singulières des mouvements des
planètes ont longtemps embarrassé les astronomes; on en a donné diverses
explications. Ce n'est qu'en rapportant ces mouvements au soleil, au
lieu de les rapporter à la terre, qu'on est parvenu à les expliquer
d'une manière tout à fait satisfaisante.
=320=. MOUVEMENTS DES PLANÃTES VUS DU SOLEIL. On sait maintenant que
cette complication du mouvement des planètes n'est qu'apparente, qu'elle
est due uniquement à ce que la terre est éloignée du centre de ces
mouvements. Chaque planète, en effet, décrit autour du soleil une courbe
plane à peu près circulaire (une ellipse très-peu allongée dont cet
astre occupe un foyer). Si l'observateur était placé au centre du
soleil, il verrait chaque planète tourner autour de lui, toujours dans
le même sens, d'occident en orient, à peu près comme il voit la lune se
mouvoir autour de la terre. La distance de la terre au soleil, centre
des mouvements planétaires, explique d'une manière tout à fait
suffisante, comme nous le verrons bientôt, les apparences que ces
mouvements présentent à l'observateur terrestre. Il nous faut d'abord
faire connaître d'une manière précise les lois générales des mouvements
planétaires.