=280=. Il arrive de temps en temps, à l'époque de la pleine lune, que le
disque de cet astre s'entame peu à peu d'un côté; une échancrure s'y
forme, augmente progressivement d'étendue, puis diminue peu à peu, et
finit par s'anéantir, le disque redevenant ce qu'il était avant le
commencement du phénomène. Quelquefois l'échancrure augmente à tel point
qu'elle envahit le disque entier; l'astre disparaît complètement pendant
un certain temps; au bout de ce temps il reparaît; le disque se découvre
progressivement, en nous présentant en sens inverse les mêmes phases
successives qu'avant sa disparition. Le phénomène que nous venons de
décrire est ce qu'on appelle une _éclipse de lune partielle ou totale_.
Les phases d'une éclipse de lune ont quelque analogie avec celles que
cet astre nous présente régulièrement à chaque lunaison; mais elles en
diffèrent essentiellement par leur durée (les phases d'une éclipse se
produisent toutes dans un petit nombre d'heures), et par l'irrégularité
des intervalles de temps compris entre les éclipses successives.
=281=. Il y a aussi des _éclipses de soleil partielles ou totales_. De
temps à autre, à des intervalles irréguliers, le disque du soleil
disparaît graduellement, en partie ou en totalité, nous offrant des
phases analogues à celles que nous venons de décrire pour la lune.
=282=. Les éclipses de lune ont toujours lieu, au moment de
l'_opposition_, quand la lune est _pleine_; or à cette époque la terre
se trouve entre le soleil et la lune (nº 242, fig. 98); en se rendant
compte d'une manière précise de la position des trois corps, on
reconnaît facilement qu'une éclipse de lune a pour cause l'interposition
de la terre qui intercepte une partie ou la totalité des rayons solaires
dirigés sur le globe lunaire.
=283=. Les éclipses de soleil ont toujours lieu à l'époque de la
_conjonction_, quand la lune est _nouvelle_; or à cette époque la lune
se trouve entre le soleil et la terre (nº 242, fig. 98); on reconnaît
aisément qu'une éclipse de soleil, partielle ou totale, est due Ã
l'interposition de la lune qui intercepte une partie ou la totalité des
rayons solaires dirigés vers la terre.
=284=. EXPLICATION DES ÃCLIPSES. La figure 108 rend manifeste cette
explication des éclipses.
[Illustration: 212, fig. 108]
[102]
Considérons deux globes sphériques S et T; le premier S plus grand que
le second est lumineux; l'autre T est opaque, et ne peut être éclairé
que par le globe S.
[Note 102: La _concavité_ de la courbe que décrivent les différentes
positions _l, l', l"_... de la lune doit être tournée en sens inverse
(vers la terre): le graveur s'est trompé.]
Concevons par la ligne des centres, ST, un plan qui détermine sur les
globes les circonférences de grands cercles, circ. SB', circ. TB; soit
DBB' une tangente commune aux deux circonférences. Imaginons que cette
tangente fasse une révolution autour de TS avec les demi-circonférences
qu'elle touche. Tandis que celles-ci décrivent les surfaces des deux
globes, la tangente engendre un cône droit indéfini dont le sommet est
en D; ce cône DB'C' touche et enveloppe les deux globes T et S; c'est ce
qu'on appelle le cône tangent _extérieur_ aux deux sphères. Limitons ce
cône au petit cercle BKC; on a ainsi le cône circulaire droit DBC; ce
cône est ce qu'on appelle le _cône d'ombre_ du globe opaque T par
rapport au globe lumineux S. On le nomme ainsi parce que tous les
points, N, de l'intérieur de ce cône, sont dans l'obscurité; tous les
rayons lumineux, qui pourraient y arriver en ligne droite du globe S,
étant, comme le montre la figure, interceptés par le globe opaque T
(essayez de joindre, par une ligne droite, un point du globe S au point
N). D'aucun de ces points, N, intérieurs au cône d'ombre DBC, on ne peut
non plus apercevoir le globe S[103].
[Note 103: Pour plus de clarté et de simplicité, _nous faisons ici et
plus loin abstraction de tout effet de réfraction_; il en sera ainsi
jusqu'à l'endroit où nous expliquons l'effet de l'atmosphère terrestre
sur les éclipses de lune.]
Concevons maintenant une tangente commune, HIH', passant entre les mêmes
circonférences, circ. TB et circ. SB'; faisons encore tourner cette
tangente en même temps que les deux circonférences autour de ST comme
axe; cette tangente engendre une nouvelle surface conique indéfinie dont
le sommet est en I, et qui touche et enveloppe les globes T et S, de ses
deux nappes _p_I_q_, P'I_q'_; ce nouveau cône est le cône tangent
_intérieur_ aux deux sphères. Le tronc de cône indéfini _p_EH_q_
comprend dans son intérieur _le cône d'ombre_, DBC, du globe T. L'espace
qui existe _dans ce tronc de cône_, autour et au delà du cône d'ombre,
DBC, se nomme la _pénombre_ du globe opaque T par rapport au globe
lumineux S. Ce nom de _pénombre_ (presque ombre) vient de ce que chaque
point; M, situé dans l'espace ainsi désigné, est mis par le globe opaque
T à l'ombre d'une partie du corps lumineux S. Ainsi le point M, marqué
sur notre figure, ne reçoit pas de lumière de la partie G'E'C' du globe
S, tandis qu'il en reçoit librement de la partie supérieure G'H'B'
(essayez de joindre M, par une ligne droite, Ã un des points de G'E'C;
MG' est une tangente au globe T). Du point M on ne voit pas la partie
G'E'C de S, on ne voit que la partie supérieure G'H'B'. Chaque point M
de la pénombre reçoit du globe S une somme de rayons lumineux d'autant
moindre qu'il est plus rapproché du cône d'ombre; c'est ce que la figure
met en évidence.
A l'aide de ces explications géométriques, on comprendra facilement ce
que nous allons dire des éclipses. Nous commencerons par les éclipses de
lune.
=285=. ÃCLIPSES DE LUNE. Supposons que le globe lumineux S soit le
soleil, et que le globe T soit la terre. Celle-ci se meut autour du
soleil avec son _cône d'ombre_. Quand, à l'époque de l'opposition
(pleine lune), la terre se trouve entre le soleil et la lune, il peut
arriver que cette dernière, qui se trouve précisément du côté du cône
d'ombre, se rapproche assez de la terre pour pénétrer dans ce cône en
totalité ou en partie, comme il est indiqué sur notre figure; positions
_l_ et _l'_ de la lune. Quand la lune se trouve dans la position _l_,
elle ne reçoit aucune lumière du soleil; elle n'en reçoit pas non plus
de la terre par réflexion (car elle est précisément vis-à -vis de
l'hémisphère obscur de la terre). La lune est donc alors complètement
obscure et invisible; on ne la voit plus d'aucun point de la terre, _ni
de l'espace_ (V. nº 290). Il y a alors _éclipse totale de lune_.
=286=. _Les phases d'une pareille éclipse s'expliquent naturellement_.
La lune tournant autour de la terre, de l'ouest à l'est, arrive au cône
d'ombre de la terre dans lequel elle se plonge peu à peu (du côté DB par
exemple); le disque lunaire s'échancre vers le bord oriental (position
_l'_); l'échancrure, augmentant progressivement, envahit tout le disque;
l'astre est alors tout entier dans le cône (position _l_). Son mouvement
vers l'est continuant, il atteint l'autre côté (DC) du cône, et commence
à en sortir (4e position); le bord oriental du disque, éclipsé le
premier, reparaît aussi le premier; l'astre sortant peu à peu de
l'ombre, le disque se découvre progressivement, nous offrant les mêmes
phases qu'à l'entrée, mais en sens inverse; après quoi nous le revoyons
tel qu'il était avant le commencement de l'éclipse.
Il y a _éclipse partielle_ quand la lune, au lieu d'entrer en plein dans
le cône d'ombre, atteint ce cône sur le côté: une partie seulement du
globe lunaire, _l'_, traverse l'ombre; elle y entre progressivement,
puis en sort de même; on se figure aisément la marche du phénomène et
les apparences qui en résultent pour nous.
=287=. EFFET DE LA PÃNOMBRE. Avant d'entrer dans le cône d'ombre, la
lune traverse la pénombre (de EP à BD); la quantité de rayons solaires
qu'elle reçoit en général du soleil diminue de plus en plus; il en
résulte que l'éclat de chaque partie du disque s'affaiblit
progressivement à mesure que l'astre approche du cône d'ombre. Il n'y a
donc pas passage subit de l'éclat ordinaire du disque à l'obscurité,
mais dégradation progressive de lumière depuis l'un jusqu'Ã
l'autre[104]. De même à la sortie, l'astre, quittant le cône d'ombre (du
côté CD), entre dans la pénombre; à mesure qu'il s'avance vers la limite
extérieure (HQ) de cette pénombre, le disque d'abord terne reprend peu Ã
peu son éclat ordinaire[A].
[Note 104: Cette dégradation de teinte est tellement prononcée, qu'il
est impossible d'indiquer avec précision l'instant où un point
remarquable de la lune quitte la pénombre pour entrer dans l'ombre pure,
ou inversement.]
=288=. Il peut arriver que la lune ne passe pas assez près de l'axe DTS
du cône d'ombre pour entrer dans ce cône, mais qu'elle traverse la
pénombre à côté du cône; alors son éclat se ternit, le disque nous
paraît moins brillant; mais comme aucune de ses parties ne cesse
absolument d'être éclairée par le soleil, il n'y a pas d'éclipse
proprement dite.
=289=. _Les éclipses de lune ne peuvent avoir lieu que vers
l'opposition, à l'époque de la pleine lune; mais il n'y a pas
nécessairement éclipse à toutes les oppositions_.
A l'inspection de la _fig._ 108, on voit aisément qu'il ne peut y avoir
éclipse de lune qu'aux époques où cet astre est assez _rapproché de
l'axe_ STD _du cône d'ombre de la terre, du côté de la terre opposé au
soleil_. Or cette ligne STD qui joint le centre du soleil à celui de la
terre n'est autre que la ligne ST de la _fig._ 98, sur laquelle nous
avons indiqué approximativement les positions relatives que prend
successivement la lune dans sa révolution autour de la terre. A
l'inspection de cette figure 98, on voit que les deux conditions
ci-dessus exprimées ne peuvent être remplies que vers l'époque où la
luné arrive à la position (E), c'est-à -dire à l'_opposition_.
Si la lune se mouvait exactement dans le plan de l'écliptique, comme
nous le supposons dans la _fig._ 98, il suffirait évidemment, pour qu'il
y eût éclipse à chaque opposition, que la distance T_l_ qui sépare en ce
moment la lune de la terre fût moindre que la longueur TD du cône
d'ombre; de plus, pour que l'éclipse fût totale, il suffirait que T_l_
fût assez notablement inférieur à TD pour que la lune arrivât dans une
partie du cône d'ombre suffisamment large pour la contenir tout entière,
à l'instant où son centre arriverait sur l'axe STD. _Ces deux conditions
sont toujours remplies_; car la longueur TD, du cône d'ombre de la terre
est, en moyenne, d'environ 216 rayons terrestres, tandis que la
distance, T_l_ de la lune à la terre est en moyenne de 60 rayons
terrestres (au maximum 63,9). De plus, Ã cette distance 60_r_ de la
terre, le diamètre de la section circulaire du cône d'ombre est beaucoup
plus grand que celui de la lune. Tout cela se vérifie par la géométrie
la plus simple[105]. _Il est donc certain que si la lune se mouvait dans
le plan même de l'écliptique, il y aurait éclipse de lune à chaque
opposition ou pleine lune_.
[Note 105: LONGUEUR DU CÃNE D'OMBRE DE LA TERRE. Il s'agit de comparer
cette longueur DT au rayon de la terre TB = _r_. Les triangles
rectangles semblables DSB', DTB donnent:
SD / DT = SB' / TB'; d'ou (SD-DT) / TD, ou ST / TD = (SB'-TB) / TB.
La distance, ST, du soleil à la terre, vaut moyennement 24000 _r_; le
rayon SB' du soleil vaut 112_r_; donc SB'-TB = 112r-r = 111_r_. En
mettant ces valeurs dans la dernière égalité, on trouve 24000_r_ / DT =
111_r_ / _r_ = 111.
D'où on déduit DT = 24000_r_ / 112 ou 216_r_, à moins d'un rayon
terrestre.
_A la distance moyenne de la lune à la terre, et même au maximum de
cette distance, 63 à 64_r_, le diamètre de la section circulaire du cône
d'ombre de la terre est beaucoup plus grand que le diamètre de la lune;
il en est plus que le double_.
à moitié chemin de la terre T au sommet D du cône d'ombre, c'est-à -dire
à la distance 108_r_, le diamètre de la section circulaire du cône est
évidemment là moitié du diamètre de la terre. Or le diamètre de la lune
est égal aux 3/11 du diamètre de la terre, â peu près le quart. Le
diamètre de la section circulaire à la distance 108_r_ étant presque le
double du diamètre de la lune, on en conclut qu'à la distance 60_r_, le
premier diamètre est _à fortiori_ beaucoup plus grand que le second. Si
on veut avoir leur rapport exactement, il suffit, en appelant _x_ le
diamètre de la section à la distance 60_r_, de résoudre cette équation
très simple:
_x_/2_r_ = (216_r_-60_r_)/216_r_ = 156/216 = 13/18; à peu près 8/11.]
Nous pouvons donc dire en toute certitude:
_S'il n'y a pas d'éclipses de lune à toutes les oppositions, cela tient
à ce que cet astre ne se meut pas sur le plan même de l'écliptique, mais
dans un plan incliné à celui-là d'environ_ 5° 9'.
Il résulte de là , en effet, qu'au moment de l'opposition la lune ne se
trouve pas, en général, sur le plan de l'écliptique; qu'elle peut, par
suite, ne pas rencontrer l'axe ST du cône d'ombre, et même passer assez
loin de cette ligne pour ne pas entrer, même partiellement, dans le
cône; dans ce cas, il n'y a pas d'éclipse du tout. (V. dans les notes,
p. 228, ce qui concerne la prédiction des éclipses.)
=290=. INFLUENCE DE L'ATMOSPHÃRE TERRESTRE SUR LES ÃCLIPSES DE LUNE. Les
circonstances d'une éclipse de lune ne sont pas tout à fait telles que
nous les avons indiquées; elles sont un peu modifiées par l'influence de
l'atmosphère qui entoure la terre. Dans les explications précédentes,
nous n'avons tenu compte, en fait de rayons solaires arrivant sur la
lune, que de ceux qui y arrivent en _ligne droite_, sans avoir été
brisés; il n'a donc été nullement question des rayons lumineux qui
arrivent à la lune après avoir traversé l'atmosphère; car ceux-là , comme
on l'a vu, nº 107, sont _brisés_ et déviés par la réfraction
atmosphérique. Nous allons réparer cette omission volontaire[106].
Il résulte de la réfraction qu'éprouvent les rayons solaires qui
traversent l'atmosphère, _sans être arrêtés par la terre_, que tel de
ces rayons qui, en entrant, avait la direction SA (_fig._ 109), sort de
l'atmosphère, dans la direction AS"[107], après une série de déviations
éprouvées toutes dans le même sens par rapport à la direction primitive
SA. On conçoit bien qu'il peut résulter de cette déviation des rayons
solaires, que le rayon brisé AS" atteigne le cône d'ombre situé du même
côté de la terre que lui (V. la _fig._ 110).
[Note 106: Nous agissons dans l'explication des éclipses comme dans
celle des mouvements propres du soleil ou de la lune; nous avons divisé
notre explication pour la rendre plus claire. Nous exposons d'abord les
circonstances et les causes principales du phénomène, en omettant Ã
dessein certaines circonstances moins importantes; c'est là une première
approximation. Puis nous complétons cette première explication par
l'examen de ce qui a été omis.]
[Note 107: Voici, avec un peu plus de détail, ce qui se passe quand un
rayon lumineux traverse l'atmosphère, _sans être arrêté par le soleil_.
[Illustration: 218, Fig. 109]
L'extrémité mobile de ce rayon, se rapprochant d'abord de la terre,
commence par traverser une série de couches d'air de plus en plus
denses; chaque fois qu'elle entre dans une nouvelle couche, la direction
de ce rayon éprouve une déviation telle que son prolongement s'abaisse
de plus en plus vers la terre. Au bout d'un certain temps, cette
direction déviée devient tangente à la couche atmosphérique qu'elle
vient d'atteindre; elle est devenue, par exemple, S'AS'(1) (_fig._ 109).
La déviation totale depuis l'entrée du rayon dans l'atmosphère est, par
exemple, l'angle S(1)AS'(1) (SAS(1) est une parallèle à la direction
primitive du rayon). A partir de ce contact, l'extrémité mobile de notre
rayon lumineux, s'éloignant du centre de la terre, traverse des couches
d'air de moins en moins denses; à son entrée dans chaque couche, la
direction de ce rayon éprouve une déviation telle, que son prolongement
s'abaisse encore de plus en plus du côté de la terre. Quand il sort, il
a éprouvé depuis son passage en A une nouvelle déviation S'(1)AS" =
S(1)AS'(1); ce qui fait en tout, depuis son entrée dans l'atmosphère,
une déviation S(1)AS" double de S(1)AS'(1) (AS" est une parallèle à la
direction définitive du rayon quittant l'atmosphère). A l'inspection de
la figure 110, on voit qu'il peut résulter de la réfraction que le rayon
dévié AS" atteigne le cône d'ombre DBC de la terre, située précisément
du même côté que lui. Il suffit pour cela que le point A ne soit pas
trop éloigné de la surface de la terre.
Si on considère, en effet, un rayon qui traverse l'atmosphère terrestre
en passant tout près du sol de la terre, la déviation qu'il éprouve
jusqu'à son arrivée en A est d'environ 33" (nº 108); quand il sort, la
déviation doublée, S(1)AS", dépasse 1º dans les circonstances
ordinaires. Cette déviation totale qu'éprouve un rayon lumineux qui
traverse l'atmosphère sans s'arrêter à la terre est d'ailleurs plus ou
moins grande, suivant que ce rayon s'approche plus ou moins de la
surface du sol; elle présente tous les états de grandeur, depuis la
déviation de 1°,6 relative aux rayons qui pénètrent dans les couches les
plus basses de l'atmosphère, jusqu'à la déviation nulle du rayon qui
touche l'atmosphère sans y pénétrer.
REMARQUE. On conçoit aisément qu'à l'entrée d'un rayon dans
l'atmosphère, la réfraction rapprochant le prolongement de ce rayon de
la normale intérieure à la couche, ce prolongement s'abaisse
progressivement du coté de celle-ci. Pour concevoir ce qui se passe dans
la seconde période, depuis le point A, il faut se transporter à la
sortie du rayon et faire le chemin en sens inverse; dans ce mouvement
inverse, le rayon considéré S"A, revenant vers des couches plus denses,
doit continuellement se relever; en se relevant ainsi, il revient à la
position AS'_(1); donc, réciproquement, il s'est abaissé de AS'_(1), Ã
sa sortie dans la direction AS". Les deux cônes D et I n'ont pas tout Ã
fait la même base; nous l'avons, supposé pour ne pas compliquer la
figure; le sommet I étant donné, le lecteur voit bien où doit être la
base du petit cône.]
[Illustration: 218, Fig. 110]
C'est, en effet, ce qui arrive; une partie du cône d'ombre pure, DBC,
est atteinte et détruite par les rayons solaires réfractés qui y
apportent de la lumière.
[Illustration: 219, Fig. 111]
Comme tout se passe de la même manière autour de ST et de la terre, les
rayons solaires réfractés, les plus rapprochés de celle-ci, parmi ceux
qui sortent de l'atmosphère, forment un cône IBC (_fig._ 111) tangent Ã
la terre, et dont l'axe est aussi dirigé suivant ST; ce cône IBC est le
véritable cône d'ombre pure de la terre; _la nuit_ _est absolue dans son
intérieur_. Mais ce qui dépasse la surface de IBC, dans le cône DBC, par
exemple, est atteint et éclairé par un nombre de rayons solaires
réfractés de plus en plus grand, à mesure qu'on s'éloigne du sommet I,
ou de la surface IBC; cette partie excédante DIBC du cône d'ombre est
littéralement détruite par ces rayons réfractés. La lumière que ceux-ci
y apportent croît insensiblement, depuis l'obscurité absolue, à partir
de la surface IBC, ou bien du sommet I.
à l'aide du calcul on peut déterminer la distance du sommet I au centre
de la terre; cette distance est en moyenne de 42 rayons terrestres. On
voit donc que la lune ne peut jamais pénétrer dans l'espace IBC
complètement privé de lumière; au moment d'une éclipse totale, cet astre
se trouve tout entier dans la partie du cône DBC, où pénètrent les
rayons réfractés. _Dans une éclipse totale la lune ne perd donc pas
complètement sa lumière; elle est faiblement éclairée par les rayons
réfractés_.
On a observé que cette faible lumière que la lune conserve dans les
éclipses totales, présente une teinte rougeâtre très-prononcée. Cet
effet est dû à un mode d'action de l'air sur les rayons solaires qui le
traversent; il se produit une décomposition de la lumière solaire que
nous ne pouvons expliquer ici.
Nous n'avons pas besoin de dire que dans une éclipse partielle
l'intensité de l'éclipse est de même diminuée par l'effet des mêmes
rayons réfractés.
=291=. REMARQUE. On ne peut voir une éclipse de lune que si cet astre et
le cône d'ombre de la terre, ou au moins une partie de cette ombre, se
trouvent ensemble au-dessus de l'horizon; ce qui ne peut avoir lieu que
lorsque le soleil est au-dessous; _on ne peut donc voir des éclipses de
lune que pendant la nuit_. Cependant il peut arriver quelquefois que la
réfraction atmosphérique permette d'observer une éclipse un peu après le
coucher du soleil, et un peu avant son lever; cela se comprend aisément.
(V. le complément, page 228).
=292=. ÃCLIPSES DE SOLEIL. Une éclipse de soleil n'a jamais lieu qu'Ã
l'époque d'une conjonction, ou nouvelle lune. La lune se trouvant alors
entre le soleil et la terre, cache à certains lieux de celle-ci une
partie ou la totalité du disque du soleil. Ce phénomène s'explique de la
même manière que les éclipses de lune.
[Illustration: 221, Fig. 114.]
=293=. EXPLICATION DES ÃCLIPSES DE SOLEIL, TOTALES, ANNULAIRES,
PARTIELLES. Dans la fig. 114, Ã laquelle s'applique tout ce que nous
avons dit nº 284 relativement à la fig. 108, le corps lumineux S est
toujours le soleil, mais le corps opaque est la lune, _l_, qui, de même
que notre globe, a un cône d'ombre DBC, et une pénombre PEHQ, qui
l'accompagnent dans sa révolution autour de la terre. à l'époque d'une
conjonction ou nouvelle lune, il peut arriver que, la lune se trouvant
entre le soleil et la terre, celle-ci soit atteinte en partie par le
cône d'ombre et la pénombre lunaire, comme l'indique la fig. 114, ou
seulement par la pénombre comme on le voit sur la fig. 115
ci-après[108]. (V. la note).
[Note 108: _Longueur du cône d'ombre pure de la lune_. On détermine la
longueur _l_D du cône d'ombre pure de la lune de la même manière que la
longueur de l'ombre de la terre (page 211, en note); il suffit de
remplacer le rayon TB de la terre par le rayon _l_B de la lune dans les
formules trouvées. En remplaçant dans ces formules la distance du soleil
à la lune par ses valeurs extrêmes, on trouve que la longueur du cône
d'ombre pure de la lune varie entre 57r,76 et 59r,76 (_r_ rayon de la
terre); on sait que la distance _l_T, de la terre à la lune, varie entre
55r,95 et 63r,80. Il peut arriver que la longueur de l'ombre étant à son
maximum ou près de ce maximum, 59r,76, la distance de la terre soit Ã
peu près au minimum, 55r,95; dans ce cas, si la ligne S_l_ n'est pas
trop écartée de la ligne ST (V. nº 296), le cône d'ombre pure de la lune
peut atteindre (_fig._ 114) et même traverser la terre; il y a alors
éclipse totale de lune pour une certaine région de la terre. Les nombres
ci-dessus nous apprennent également qu'il arrivera le plus souvent qu'au
moment d'une conjonction la longueur _l_D sera plus petite que la
distance _l_T-_r_, auquel cas il n'y a nulle part éclipse totale du
soleil. On peut calculer le diamètre de la section de l'ombre pure de la
lune à la distance minimum de la surface terrestre; on sait ainsi dans
quelle étendue de cette surface on peut cesser de voir complètement le
soleil _à un moment donné_. Cette étendue est relativement très-petite.]
ÃCLIPSE TOTALE. Quand une partie _ab_ de la terre est atteinte par
l'ombre pure de la lune, chaque lieu de cette région _ab_ cesse de voir
le soleil et d'être éclairé par ses rayons; il y a pour ce lieu _éclipse
totale_ du soleil. Chaque lieu M simplement atteint par la pénombre de
la lune cesse de voir une certaine partie, GE', du soleil; il n'en
reçoit plus de lumière; il y a pour ce lieu éclipse partielle de soleil.
En même temps qu'il y a éclipse totale pour les lieux de la région _ab_,
et _éclipse partielle_ pour les lieux tels que M, _il n'y a pas
d'éclipse de lune_ pour d'autres lieux, tels que N, situés sur la terre,
en dehors de l'ombre et de la pénombre de la lune.
ÃCLIPSES PARTIELLES. Il peut arriver, avons-nous dit, que la terre soit
atteinte par la pénombre seule de la lune (_fig._ 115); alors il n'y a
éclipse totale pour aucun lieu de la terre; il y a seulement éclipse
partielle pour chaque lieu M, atteint par la pénombre.
[Illustration: 222, Fig. 115]
Il y a deux espèces d'éclipses partielles de soleil; les éclipses
_annulaires_, et les éclipses partielles proprement dites. L'éclipse est
_annulaire_, quand, au milieu du phénomène, le disque solaire nous
présente l'aspect d'un cercle noir entouré d'un anneau ou couronne
lumineuse (_fig._ 116). L'éclipse _partielle ordinaire_ est celle dans
laquelle il se forme simplement une échancrure plus ou moins étendue sur
un côté du disque solaire (_fig._ 117).
[Illustration: 223, Fig. 116]
[Illustration: 223, Fig. 117]
[Illustration: 223, Fig. 118]
Il y a éclipse annulaire pour tous les points de la terre qui sont
atteints par la seconde nappe du cône d'ombre de la lune, prolongé au
delà du sommet D (_fig._ 115 et 118). La _fig._ 118 montre que pour
chacun de ces points _p_ le disque du soleil se partage en deux zones;
la plus avancée, _ef_, comprenant le centre du disque est cachée par la
lune; c'est elle qui fait l'effet d'un cercle noir. Le reste du disque
déborde, pour ainsi dire, la lune, et fait l'effet d'un anneau lumineux,
entourant le cercle noir. L'éclipse annulaire est centrale, l'anneau est
régulier pour les lieux de la terre successivement atteints par le
prolongement de l'axe S_l_D du cône d'ombre; il est moins régulier pour
ceux qui sont seulement atteints par les bords de la seconde nappe du
cône.
Dans l'éclipse partielle ordinaire, l'échancrure du disque solaire est
d'autant plus grande que le lieu de la terre est plus rapproché de la
limite de l'ombre pure ou de son prolongement; comme la pénombre dépasse
aussi bien la seconde nappe du cône d'ombre que la première, il peut
arriver que la terre ne soit atteinte que par cette partie excédante de
la pénombre; alors il n'y a pour aucun lieu de la terre ni éclipse
totale, ni éclipse annulaire, mais seulement une éclipse partielle pour
les lieux atteints par la pénombre. Il peut arriver, encore qu'Ã
l'époque d'une opposition l'ombre pure et la pénombre de la lune
n'atteignent ni l'une ni l'autre aucun lieu de la terre (nº 296).
=294.= EXPLICATION DES PHASES D'UNE ÃCLIPSE DE SOLEIL. Dans le cas d'une
éclipse totale pour un lieu _a_ de la terre, _fig._ 114, ce lieu est
d'abord atteint par le côté oriental HQ de la pénombre lunaire; le
disque du soleil s'échancre à l'occident (vers B'); l'échancrure
augmente à mesure que l'ombre pure approche. Quand le premier côté, DC,
de cette ombre atteint le lieu _a_, le disque solaire est devenu tout Ã
fait invisible. Il reparaît quand le côté occidental DB, du cône
d'ombre, étant passé à son tour en _a_, ce lieu est atteint par la
seconde partie PED de la pénombre. A mesure que celle-ci passe en _a_,
l'échancrure du disque solaire diminue du côté occidental et finit par
s'anéantir quand la pénombre a fini de passer.
On se rend compte de la même manière des phases d'une éclipse partielle.
On peut encore expliquer les phases (sans figure) comme il suit: Le
disque lunaire, dans le mouvement propre de l'astre, atteint en face de
nous le disque solaire, et passe progressivement devant lui. Si le
mouvement de la lune est dirigé de manière que le centre de son disque
doit passer sur le centre du soleil, ou très-près de ce centre,
l'éclipse est totale ou annulaire, suivant que, à l'époque du phénomène,
le diamètre apparent de la lune est plus grand ou plus petit que celui
du soleil[109]. Considérons le premier cas: le bord oriental du disque
lunaire atteignant, puis dépassant le bord occidental du disque solaire,
celui-ci s'échancre progressivement de plus en plus; quand le centre de
la lune passe sur le centre du disque solaire, ou très-près, le disque
solaire recouvert en entier est devenu invisible. Bientôt la lune
continuant son mouvement vers l'orient, le bord occidental du soleil
reparaît; l'échancrure du disque diminue de plus en plus et s'anéantit
quand la lune quitte le soleil, le laissant à l'ouest.
[Note 109: _V._ nº 239, les limites respectives des demi-diamètres
apparents des deux astres.]
On s'explique de même les phases d'une éclipse annulaire, ou d'une
éclipse partielle ordinaire; cette dernière a lieu quand le centre de la
lune passe trop loin de celui du soleil[110].
[Note 110: Dans cette explication nous parlons comme si le soleil était
immobile en face de nous; il n'en est pas ainsi. La lune atteint et
dépasse le soleil en vertu de l'excès de vitesse de son mouvement
propre, qui est 13 fois-1/3 plus rapide que celui du soleil. Tout se
passe, en apparence, comme si le soleil était immobile en face de nous,
la lune se mouvant de l'ouest à l'est avec une vitesse égale à 12
fois-1/3 la vitesse du mouvement propre apparent du soleil.]
=295=. _Les éclipses du soleil n'ont lieu qu'à l'époque de la
conjonction ou nouvelle lune_.
En effet, pour que l'ombre ou la pénombre de la lune atteignent la
terre, il faut évidemment que la lune se trouve entre le soleil et la
terre, et que l'axe S_l_ de l'ombre et de la pénombre lunaires fasse un
angle nul pu très-petit avec la ligne ST qui va du soleil à la terre.
Or, la _fig._ 98 nous montre que cette double condition n'est remplie
qu'à l'époque de la conjonction.
=296=. _Il n'y a pas d'éclipses de soleil à toutes les conjonctions_,
par la raison déjà donnée à propos des éclipses de lune; _c'est que la
lune ne circule pas sur le plan de l'écliptique, mais sur un plan
incliné à celui-là d'environ 5° 9'_. Il résulte, en effet, de cette
circonstance qu'à l'époque de la conjonction, les intersections de ces
deux plans avec le cercle de latitude du soleil, qui sont précisément
les lignes ST et S_l_, font entre elles en général un angle d'une
certaine grandeur. On conçoit que cette divergence des deux lignes
puisse quelquefois être assez grande pour que l'ombre et la pénombre de
la lune, qui entourent leur axe S_l_, n'atteignent ni l'une ni l'autre
aucun lieu de la terre[111]. (V. la note, page 228.)
[Note 111: On conçoit également qu'il dépend de la grandeur de cet angle
qu'une partie plus ou moins grande de l'ombre ou de la pénombre lunaire
atteigne une partie plus ou moins grande de la terre.]
=297=. _Phénomènes physiques des éclipses totales de soleil_[112].
Plaçons-nous sur le parcours de l'ombre pure, en un des points où
l'éclipse est totale et même centrale. L'éclipse commence; le bord
occidental[113] du soleil paraît entamé par la lune; celle-ci avance de
plus en plus sur le disque qu'elle échancre et où elle se projette en
noir. La clarté du jour diminue peu à peu; les objets environnants
prennent une teinte blafarde; mais tant que le soleil n'est pas
entièrement masqué, il fait encore jour. Enfin le soleil, réduit à un
croissant extrêmement mince, disparaît, et aussitôt les ténèbres
succèdent au jour. Les étoiles et les planètes, auparavant, effacées par
l'éclat du soleil, deviennent visibles. La température a baissé comme la
lumière; une brusque impression de froid se fait sentir, et bientôt une
rosée abondante viendra prouver que tous les corps de la surface de la
terre ont participé à l'abaissement de la température. Les plantes
sensibles à l'action de la lumière se replient, comme pendant la nuit;
les animaux éprouvent de l'effroi; les hommes eux-mêmes ne peuvent se
soustraire à un sentiment pénible qui rappelle et explique la terreur
profonde que ces phénomènes grandioses ont inspirée autrefois. Cependant
la nuit n'est pas complète; il se forme autour du disque noir de la lune
une auréole de lumière (_la couronne_) qui répand une faible clarté sur
les objets environnants. Cette auréole encore inexpliquée, sur laquelle
la lune se dessine comme un grand cercle noir à contours tranchés, a
produit souvent un effet extraordinaire sur les spectateurs de ce
magnifique phénomène; en 1842, à Pavie, vingt mille habitants battirent
des mains à son apparition. Mais l'éclipse totale dure peu; au bout de
5m _au plus_, un jet de lumière jaillit à l'orient du disque noir de la
lune et ramène subitement la clarté du jour. C'est le soleil qui
reparaît pour présenter, en ordre inverse, toutes les phases qui ont
précédé l'obscurité totale. Ce premier rayon dissipe à la fois les
ténèbres et l'espèce d'anxiété à laquelle l'astronome lui-même ne
saurait échapper.
[Note 112: D'après M. Faye.]
[Note 113: C'est toujours par le bord oriental de la lune que commencent
les éclipses de soleil ou de lune, car c'est par l'excès de vitesse de
la lune sur le soleil, ou sur l'ombre terrestre, que la lune atteint,
soit le disque solaire, soit le cône d'ombre pure de la terre; elle les
traverse de l'ouest à l'est, et finalement elle les dépasse. En prenant
deux disques, dont l'un représentera la lune L et l'autre le soleil ou
l'ombre de la terre, S ou O, il suffit de placer L Ã droite (Ã l'ouest)
de S et de le faire marcher de droite à gauche pour figurer assez bien
les phases des éclipses. On verra que la première impression sera faite
par le bord oriental de la lune sur le bord occidental du soleil ou de
l'ombre, en sorte que l'échancrure aura lieu à peu près au bord
occidental du soleil dans les éclipses de soleil, ou au bord oriental de
la lune, dans les éclipses de lune.]
=298=. _Occultation des étoiles par la lune._ Ces phénomènes sont
analogues aux éclipses du soleil; seulement une étoile n'a pas de
mouvement propre, son diamètre apparent n'a pas d'étendue appréciable,
et sa distance à la lune est excessivement grande. L'ombre de la lune
relativement à une étoile a sensiblement la forme d'un cylindre
parallèle à la ligne qui joint l'étoile au centre de la lune. Ce
cylindre, qui se déplace avec la lune, venant à atteindre la terre,
passe successivement sur une certaine partie de sa surface et y produit
le phénomène de l'occultation. Connaissant le mouvement de la lune et de
la terre, les astronomes peuvent suivre la marche du cylindre d'ombre
d'une étoile donnée quelconque, et prédire le commencement et la fin de
chaque occultation pour un lieu donné de la terre. Nous avons dit, nº
277, que la durée de l'occultation fournie par le calcul est précisément
celle qui résulte de l'observation du phénomène.
=299=. DÃTERMINATION DES LONGITUDES TERRESTRES PAR LES DISTANCES
LUNAIRES. Le bureau des longitudes de France fait calculer et insérer Ã
l'avance, dans la _Connaissance des temps_, les distances angulaires qui
doivent exister entre le centre de la lune et les étoiles principales
qui l'avoisinent, de trois heures en trois heures, pour tous les jours
de chaque année. Ces distances sont calculées en supposant l'observateur
placé au centre de la terre, et les heures sont données en temps vrai de
Paris.
L'observateur qui veut connaître la longitude d'un lieu où il se trouve
cherche à déterminer l'heure qu'il est à Paris à un certain moment de la
nuit. Pour cela, il mesure la distance angulaire d'une étoile principale
au bord du disque de la lune; il en déduit la distance au centre même du
disque, à l'aide du diamètre apparent. En corrigeant son observation des
effets de la parallaxe et de la réfraction, l'observateur détermine la
distance angulaire précise de l'étoile au centre de la lune, pour un
observateur placé au centre de la terre. Cette distance angulaire
connue, il cherche dans la _Connaissance des temps_ Ã quelle heure de
Paris elle correspond dans les tables: si cette distance ne se trouve
pas exactement, elle est comprise entre deux distances angulaires des
tables; alors il détermine l'heure de Paris par une proportion. Il
possède d'ailleurs un chronomètre réglé sur le temps solaire du lieu où
il est. La différence entre l'heure locale et celle de Paris donne la
longitude cherchée.