365j. sol. moyens 5h 48m 46s[66].
[Note 66: _Pour connaître la longueur d'une année tropique_, il
suffirait de déterminer l'instant précis de l'équinoxe du printemps pour
deux années consécutives; le temps sidéral écoulé entre ces deux
observations serait la longueur cherchée. Pour plus de précision, on
s'est servi des observations d'équinoxes faites par Lacaille et Bradley
il y a un siècle; en les combinant avec des observations récentes, on a
connu le temps compris entre deux équinoxes séparés par cent années
tropiques; en divisant cette durée par 100, on a eu la longueur
cherchée, à moins d'une seconde d'approximation. L'erreur, ne provenant
que des observations extrêmes, est ainsi pour cent ans la même qu'elle
serait pour un an, si on se servait de deux observations consécutives;
l'erreur rendue ainsi cent fois plus petite est devenue négligeable.]
=158=. L'année est une période de temps usuelle, fort importante Ã
considérer. Il est un fait sur lequel nous reviendrons plus tard: la
température, en un lieu donné, varie d'un bout de l'année à l'autre; les
températures annuelles s'y partagent en deux périodes, l'une croissante,
l'autre décroissante, qui se reproduisent les mêmes d'année en année; la
même chose arrive pour les durées des journées et des nuits. Ainsi, Ã
chaque jour occupant dans l'année un rang déterminé, correspond tous les
ans, abstraction faite des circonstances atmosphériques accidentelles,
la même température, la même durée du jour et de la nuit. Cela tient Ã
ce qu'en moyenne le soleil revient ce jour-là à la même position par
rapport à l'horizon du lieu en question; car, c'est cette position du
soleil qui règle les températures terrestres et les durées des journées
et des nuits. Chacun sait quelle influence la température et la durée du
jour et de la nuit ont sur la plupart de nos travaux et de nos actions.
De là , l'utilité des calendriers.
=159=. CALENDRIER. On appelle _Calendrier_ un tableau détaillé des jours
de l'année, relatant les circonstances astronomiques ou autres
remarquables, qui se rapportent à chacun d'eux.
=160=. La fraction de jour qui complète l'année tropique est fort
difficile à retenir; il serait fort incommode d'avoir à préciser
l'instant d'un jour intermédiaire où une année finirait et une autre
commencerait. C'est pourquoi on a senti, de tout temps, la nécessité
d'adopter pour l'usage ordinaire une année _civile_ composée d'un nombre
entier de jours.
Mais eu égard aux considérations précédentes (158), il était
indispensable que la durée et les subdivisions de l'année civile
concordassent le plus possible avec celles de l'année tropique, période
naturelle et régulatrice. Ce but n'a pas été atteint tout de suite; mais
il l'est à très-peu près et d'une manière suffisante par la combinaison
adoptée aujourd'hui.
161. ÃRES DIVERSES. Les années successives ses distinguent par un numéro
d'ordre, qui dépend du nombre d'années écoulées depuis un certain
événement remarquable. L'événement à partir du quel on commence Ã
compter les années n'est pas le même pour tous les peuples. Les anciens
Romains les comptaient à partir de la fondation de Rome, laquelle eut
lieu 753 ans avant Jésus-Christ; les Chrétiens les comptent à partir de
la naissance de Jésus-Christ; les Mahométans à partir du moment où
Mahomet s'enfuit de la Mecque. _Chaque manière de compter les années se
nomme une_ ÃRE. Il y avait l'ère romaine; il y a l'ère chrétienne et
l'ère mahométane; celle-ci commence à l'an 622 de l'ère chrétienne[67].
[Note 67: Il y avait aussi l'ère grecque, datant par olympiades,
périodes de quatre années, dont la première commence à l'an 776 avant
J.-C., et l'ère égyptienne de Nabonassar, qui commençait à l'an 747
avant J.-C.]
=162.= Cela posé, occupons-nous de la convention qui règle aujourd'hui la
durée de l'année civile.
ANNÃE CIVILE. On a adopté deux espèces d'années civiles, les unes de 365
jours solaires, les autres de 366 jours, tellement combinées que la
moyenne d'un nombre quelconque, même relativement considérable, d'années
civiles diffère extrêmement peu de la valeur exacte de l'année tropique.
Voici cette combinaison:
Sur quatre années civiles consécutives, il y en a généralement trois de
365 jours et une de 366 jours dite année bissextile. Une année est en
général bissextile, quand le nombre qui la désigne dans l'ère chrétienne
est divisible par 4; ex: 1848, 1852. Toute autre année n'a que 365 jours
et garde le nom d'année commune; ex.: 1850, 1853. Il n'y a que trois
exceptions à la règle générale précédente dans chaque période de 400
ans; quand une année est séculaire, c'est-à -dire exprimée par un nombre
terminé par deux zéros, elle devrait être bissextile si on suivait la
règle précédente; par exception, une année ainsi dénommée n'est pas
bissextile, si le nombre qu'on obtient en supprimant les deux zéros
n'est pas divisible par 4. Ex.: sur les quatre années séculaires
consécutives 2000, 2100, 2200, 2300, une seule sera bissextile, c'est la
première; les trois autres ne le seront pas; 1700, 1800 n'ont pas été
bissextiles, 1900 ne le sera pas non plus.
=163.= Une période de cent années civiles s'appelle un _siècle_.
On donne quelquefois le nom de _lustre_ à une période de cinq années.
=164.= Parlons maintenant des subdivisions de l'année. L'année se
subdivise en douze mois, généralement de 30 ou 31 jours, excepté un seul
de 28 ou de 29 jours. Les voici _par ordre_:
_Janvier_. 31j.
_Février_. 28 ou 29j.
_Mars_. 31j.
_Avril_. 30j.
_Mai_. 31j.
_Juin_. 30j.
_Juillet_. 31j.
_Août_. 31j.
_Septembre_. 30j.
_Octobre_. 31j.
_Novembre_. 30j.
_Décembre_. 31j.
Quand une année se compose de 365 jours, février n'en a que 28; quand
l'année est bissextile, février a 29 jours.
L'année civile commence le 1er janvier; c'est en hiver, car l'équinoxe
du printemps a lieu vers le 21 mars.
Chaque période de sept jours consécutifs s'appelle une _semaine_.
Les sept jours de chaque semaine prennent des noms particuliers dans
l'ordre suivant: _lundi_, _mardi_, _mercredi_, _jeudi_, _vendredi_,
_samedi_, _dimanche_[68].
[Note 68: Ces noms sont tirés de ceux des planètes connues des anciens,
parmi lesquels ils faisaient figurer le soleil et la lune. Ainsi _lundi_
vient de _Lune_ (_di leune, dies lunæ_); _mardi_, de _Mars_ (_di mars,
dies martis_); _mercredi_, de _Mercure_; _jeudi_, de _Jupiter_ (_dies
jovis_); _vendredi_, de _Vénus_; _samedi_, de _Saturne_ (_Saturday_ en
anglais); _dimanche_ est le jour du Seigneur ou du _Soleil_ (_dies
dominica_; en anglais _Sunday_).]
Les semaines se suivent sans qu'on les distingue en général par des
numéros d'ordre, sans qu'on les classe même dans les mois ou dans les
années. C'est une période qui n'a aucun rapport avec les circonstances
du mouvement du soleil[69].
[Note 69: L'année civile commune de 365 jours comprend 52 semaines et un
jour.
Le dernier jour d'une année commune, commençant une 53e semaine, porte
le même nom de semaine que le premier jour de cette même année.
Le premier jour de l'année qui suit une année commune doit donc porter
le nom de semaine, qui vient immédiatement après le nom du premier jour
de cette année commune précédente. Ex.: le 1er janvier 1854 a été un
dimanche; le 1er janvier 1855 sera un lundi. Après une année bissextile,
il faut avancer de deux jours dans la semaine. Par ex.: le 1er janvier
1860 ayant été un dimanche, le 1er janvier 1861 sera un mardi.]
Nous allons maintenant parler de l'invention et du perfectionnement des
combinaisons relatives au nombre des jours de l'année civile, de la
réforme julienne et de la réforme grégorienne.
=165=. De tout temps, comme nous l'avons dit, les hommes sentirent la
nécessité de composer l'année civile d'un nombre entier de jours; mais
ce n'est qu'après un temps très-long qu'on est arrivé à rendre la
longueur moyenne de l'année civile à très-peu près égale à celle de
l'année tropique.
On pense que les Ãgyptiens firent primitivement usage d'une année de 360
jours, partagée en 12 mois de 30 jours chacun. De là , suivant quelques
érudits, la division du cercle en 360 degrés.
Cette année différait trop de l'année astronomique, et ses
inconvénients, immédiatement évidents, donnèrent lieu à une première
correction ou réforme; l'année commune fut portée à 365 jours.
Cette nouvelle année avait, quoique à un degré moindre, l'inconvénient
capital de l'année de 360 jours, celui de différer trop du temps que le
soleil met à faire sa révolution complète, c'est-à -dire de l'année
tropique.
Cette année de 365 jours a pris le nom d'année _vague_ ou de Nabonassar.
=166.= INCONVÃNIENTS DE L'ANNÃE VAGUE. Ayant égard aux considérations
développées, nº 158 et 160, voyons ce qui arriverait si toutes les
années civiles n'étaient que de 365 jours comme l'année égyptienne,
tandis que l'année astronomique est d'environ 365 jours-1/4.
Choisissons un jour d'une dénomination déterminée, le 21 mars, par
exemple, jour actuel de l'équinoxe. Dans ce jour on éprouve une certaine
température liée à cette circonstance que ce jour-là le soleil décrit Ã
peu près l'équateur.
L'année suivante, quand commencera le 21 mars, comme il y aura seulement
365 jours écoulés depuis l'équinoxe précédent, le soleil ne sera pas
encore arrivé sur l'équateur; il lui faudra un quart de jour pour
l'atteindre. Quand arrivera le 21 mars d'une troisième année, il sera
encore plus éloigné de l'équateur; il lui faudra une demi-journée pour
l'atteindre.
Enfin, après quatre années, le 21 mars précédera d'un jour l'arrivée du
soleil à l'équateur; cette arrivée n'aura lieu que le 22 mars de la
cinquième année. Cette année ce sera le 22 mars qui jouira de la
température qui avait lieu d'abord le 21 mars; le 21 mars jouira de la
température primitive du 20, et ainsi de suite, chaque jour rétrogradant
quant à la température.
Après quatre nouvelles révolutions, le soleil n'atteindra l'équateur que
le 23 mars, qui aura alors la température qu'avait primitivement le 21;
et ainsi de suite, après chaque période de 4 années, la date de
l'arrivée du soleil à l'équinoxe étant reculée d'un jour, tous les jours
de l'année viendront successivement, quant à la température, prendre la
place du 21 mars, puis continuant à rétrograder, se plongeront de plus
en plus dans l'hiver.
Après 30 périodes de quatre ans, ou 120 ans, la date de l'équinoxe se
trouvera reculée d'un mois, et ainsi de suite; de sorte que la
température originelle du 21 mars aura lieu successivement en avril,
puis en mai, en juin, etc...
Au bout d'environ trois fois cent vingt ans, ou 360 ans, par exemple, le
jour de l'équinoxe, qui est le premier jour du printemps, se trouvant
transporté au 21 juin, il en résultera que le printemps prendra, dans la
nomenclature des mois et de leurs jours, la place de l'été, qui prendra
la place de l'automne; celui-ci prend la place de l'hiver qui vient
remplacer le printemps, et cette perturbation aurait lieu sans
cesse[70].
[Note 70: Nous parlons des saisons, bien qu'elles ne soient définies et
expliquées que plus tard (nº 171). Leurs noms et les caractères qui les
distinguent, quant à la température, sont si vulgairement connus qu'il
n'y a pas d'inconvénient dans la transposition faite par le programme.]
Dans l'état actuel des choses, on jouit dans nos climats d'une
température modérée en avril et mai; les mois de juillet et d'août sont
chauds, décembre et janvier sont froids.
Dans le système que nous examinons, le même mois serait successivement
tempéré, chaud et froid. Les travaux de l'agriculture se rapportent aux
divers mois, non à cause de leurs noms, mais à cause de leurs
températures.
Dans le système de l'année vague, on ne pourrait pas dire comme
aujourd'hui: la moisson se fait dans tel mois, la vendange dans tel
autre, puisque la température favorable à l'un ou à l'autre de ces
travaux n'arriverait plus d'une manière fixe à un mois plutôt qu'à un
autre. Chacun, pour diriger les travaux qui dépendent de la température,
serait à peu près livré à ses propres appréciations, à moins que le
calendrier ne fût continuellement remanié.
=167=. RÃFORME JULIENNE. Voilà les inconvénients qui, avec bien
d'autres, résultaient, avant Jules César, de ce que la durée fixe de
l'année civile différait trop de l'année tropique.
Jules César, conseillé par Sosygène, astronome égyptien, résolut de
porter remède à ce désordre par une intercalation régulière, exempte
d'arbitraire, et uniquement fondée sur la différence d'un quart de jour
qu'il croyait exister exactement entre l'année de 365 jours et l'année
astronomique de 365 jours-¼.
Il décida que, sur quatre années consécutives, trois seraient composées
de 365 jours, et la quatrième de 366 jours.
C'est dans cette unique prescription que consiste la réforme dite
réforme _julienne_, du nom de son auteur officiel.
Il arriva ainsi que la moyenne des années civiles fut de 365 jours-¼ ou
365j,25, peu différente de l'année tropique, composée de 365j,2422.
Le jour complémentaire ajouté à chaque quatrième année fut placé à la
fin du mois de février, qui, au lieu d'avoir 28 jours comme dans l'année
de 365 jours, en a 29 dans chaque année bissextile.
De cette manière, en admettant que l'équinoxe du printemps arrive le 21
mars de la première année d'une période composée de trois années
communes et d'une année bissextile, il arrivera pour la cinquième fois
le 21 mars de la cinquième année civile, à peu près à la même heure que
le 21 mars de la première.
En effet, entre ces deux 21 mars il se sera écoulé 365j à 3 + 366j =
1461 jours = (365j + 1/4) à 4, ou quatre années tropiques, à très-peu
près.
De sorte que, dans la seconde période de quatre ans, tout se passera Ã
très-peu près comme dans la première, et ainsi de suite, de période en
période.
Ainsi furent corrigés en très-grande partie les inconvénients de l'année
vague.
Nous disons _en très-grande partie_, car, dans ce qui précède, nous
faisons abstraction de la différence entre 365j 1/4 ou 365j,25, valeur
supposée par Jules César à l'année tropique, et la valeur exacte de
cette année qui est 365,2422 (à moins de 0,0001).
365j,25-365j,2422 = 0j,0078.
Les inconvénients de cette différence ne pouvaient devenir sensibles
qu'après un assez grand nombre de siècles.
En effet, à raison de 0j,0078 de différence pour une année, c'est 0j,78
pour 100 ans et 3j,12, ou environ 3 jours pour 400 ans; plus exactement
encore, 1 jour pour 130 ans. Cette différence se produit en sens
contraire de l'ancienne; c'est l'année civile moyenne qui est plus
grande que l'année tropique, au lieu d'être moindre; de sorte que la
date de l'équinoxe, si nous la considérons de nouveau, a dû reculer
après la réforme julienne au lieu d'avancer comme auparavant.
=168.= A l'époque du concile de Nicée, l'an 325 après J.-C., l'équinoxe
du printemps arrivait le 21 mars. Les Pères de l'Ãglise, qui voulaient
que la célébration de la fête de Pâques eût lieu au commencement du
printemps, réglèrent l'époque de sa célébration au premier dimanche
après la pleine lune qui vient immédiatement après l'équinoxe du
printemps, celle qui suit le 21 mars, dans la persuasion qu'après la
réforme julienne l'équinoxe du printemps arriverait toujours le 21 mars.
Mais ils avaient compté sans la différence susdite de 0j,0078, entre
l'année civile moyenne et l'année tropique.
130 années civiles valant 130 années tropiques plus un jour, il en
résulta que, 130 ans après le concile de Nicée, le 21 mars dépassait
d'un jour l'arrivée du soleil à l'équinoxe, celle-ci ayant lieu alors le
20 mars. Au bout de 130 nouvelles années, nouvelle rétrogradation de la
date de l'équinoxe qui arrivait le 19 mars, et ainsi de suite; de sorte
que, en 1582, sous le pontificat de Grégoire XIII, la date de l'équinoxe
avait rétrogradé de 10 jours; il avait lieu réellement le 11 mars. Cette
rétrogradation, non remarquée, aurait, avec le temps, fait célébrer en
été une fête que les traditions rattachent au printemps, et aurait fini
par reproduire en sens contraire, beaucoup plus à la longue, il est
vrai, les inconvénients que nous avons reprochés à l'année vague.
=169.= _Réforme grégorienne._ Le pape Grégoire XIII eut la gloire de
compléter, en octobre 1582, la réforme julienne.
L'équinoxe du printemps avait eu lieu cette année le 11 mars. Afin qu'il
eût lieu à l'avenir le 21 mars, comme à l'époque du conseil de Nicée, il
commença par faire en sorte que le 11 mars devint le 21 mars: il n'y
avait pour cela qu'à augmenter toutes les dates subséquentes de 10
jours. _Il décida, en conséquence, que le 5 octobre 1582, époque de la
publication de la bulle pontificale, s'appellerait le 15 octobre, et que
l'on compterait ainsi jusqu'à la fin de 1582_, cette année devant avoir
ainsi dix jours de moins que les autres.
De plus, pour corriger l'erreur de l'intercalation julienne et
rapprocher, en la diminuant, la moyenne des années communes de la valeur
de l'année tropique, Grégoire XIII _remplaça 3 années bissextiles, sur
100, par 3 années communes_. C'est lui qui créa cette exception que nous
avons indiquée, à savoir: _qu'une année, dont le nom en chiffre est
terminé par deux zéros, n'est pas bissextile quand le nombre obtenu par
la suppression de ces deux zéros n'est pas divisible par 4_.
Ainsi, en résumé, la réforme grégorienne consista dans le changement de
date du 5 octobre 1582 en 15 octobre 1582, et dans la prescription que
nous venons de rappeler.
Moyennant cette réforme complémentaire, il faudra plus de 3000 ans, Ã
partir de 1582, pour que l'équinoxe s'écarte d'un jour du 21 mars. C'est
ce qu'on vérifie aisément.
=170.= A Rome, la réforme grégorienne eut son effet le 5 octobre 1582
qui devint le 15 octobre 1582. En France, elle fut adoptée le 10
décembre de la même année qui devint le 20 décembre. En Allemagne, dans
les pays catholiques, en 1584; dans les pays protestants, le 19 février
de l'an 1600.
Le 1er mars 1600, le Danemark, la Suède, la Suisse, suivirent l'exemple
de l'Allemagne.
En Pologne, la réforme eut lieu en 1586. Enfin l'Angleterre se décida Ã
l'adopter en 1752, le 3/14 septembre. Il lui fallut avancer la date de
11 jours, l'année 1700, bissextile suivant la méthode julienne, et non
bissextile après la réforme grégorienne, s'étant écoulée depuis cette
dernière.
Les Russes et les autres peuples de l'Ãglise grecque en sont restés à la
méthode julienne; ils ont, sans interruption, une année bissextile sur
4. Or, depuis le concile de Nicée, en 325, point commun de départ, il y
a eu douze années séculaires qui, pour les motifs de la réforme
grégorienne, ne devaient pas être bissextiles; il en résulte que les
Russes, et autres peuples susdits, ont compris dans les années
antérieures à l'année présente douze jours de plus que nous; cette année
présente a donc commencé pour eux douze jours plus tard que pour nous;
pour chaque jour de l'année leur date est donc en arrière de douze jours
sur la nôtre; quand nous sommes au 22 mars, ils ne sont encore qu'au 10.
Une date russe s'indique ainsi, (4 mai / 16 mai), ce qui signifie que le
jour en question est le 4 mai pour les Russes, et pour nous le 16 mai.