NOTIONS SUR LES CARTES GÉOGRAPHIQUES.

=85.= Les positions relatives des différents lieux de la terre étant

connues par leurs longitudes et leurs latitudes;, afin d'embrasser d'un

coup d'œil ces positions relatives, ou de les graver plus aisément dans

la mémoire, on fait de la terre entière, ou de ses parties considérées

séparément, diverses représentations dont nous allons nous occuper. Ce

sont les globes et les cartes géographiques.

=86.= GLOBES TERRESTRES. Un globe géographique terrestre se construit de

la même manière qu'un globe céleste (nº 41). On marque de même sur le

globe de carton les deux pôles _p_, _p'_, et l'équateur; sur celui-ci le

point de départ des longitudes. Puis, en employant, pour plus de

facilité, le demi-cercle mobile dont nous avons parlé, on marque sur le

globe la position de chaque lieu remarquable de la terre d'après sa

latitude et sa longitude, connue par l'observation ou autrement. _Nous

renvoyons à ce qui a été dit (nº 41) pour la construction d'un globe

céleste; il n'y a qu'à dire longitude au lieu d'_AR, _et latitude au

lieu de_ D.

Quand on représente ainsi la terre par un globe, on la représente par

une sphère parfaitement unie; on n'entreprend pas de rendre sensible

l'aplatissement de la terre vers les pôles; cet aplatissement étant Ã

peu près de 1/300, sur un globe de 3 mètres de rayon équatorial, déjÃ

bien grand, le rayon polaire aurait 2m,99. On n'entreprend pas non plus

de rendre sensible sur la surface d'un globe géographique la, hauteur

des montagnes, ni la profondeur des mers; car la hauteur de la plus

grande montagne de la terre, le pic de l'Himalaya, au Thibet, est de

1/740 du rayon de la terre; les autres grandes montagnes ne vont pas Ã

la moitié de cette hauteur. Si donc le globe avait 0m,740 de rayon, la

plus grande protubérance de la surface terrestre serait d'un millimètre.

La plus grande dépression (le creux), destinée à représenter la

profondeur maxima des mers, ne serait pas plus grande; et encore pour la

généralité des montagnes et des mers ce serait beaucoup moins. Ces

inégalités seraient moins nombreuses et moins sensibles que les

rugosités sur la peau d'une orange.

Un globe terrestre géographique est sans contredit la représentation la

plus exacte possible de la surface terrestre. Mais l'usage d'un pareil

globe n'est pas commode, surtout pour ceux qui ont le plus besoin de

renseignements géographiques, c'est-à-dire, pour les voyageurs. Car,

pour y rendre distinctes les positions des lieux d'une même contrée, il

faut donner au globe de grandes dimensions. Aussi remplace-t-on

généralement les globes par quelque chose de plus portatif, par des

cartes géographiques.

=87.= CARTES GÉOGRAPHIQUES. On appelle ainsi la représentation sur une

surface plane de portions plus ou moins étendues de la surface de la

terre.

Si la surface d'un globe terrestre géographique, préalablement

construit, pouvait être développée et étendue sur un plan sans déchirure

ni duplicature, on aurait ainsi la meilleure carte géographique. Mais la

surface d'une sphère ne peut pas être ainsi développée; il en résulte

que la représentation de la terre sur une surface plane ne peut se faire

sans qu'il y ait des déformations dans certaines parties; on cherche

naturellement à construire les cartes de manière à atténuer le plus

possible ces déformations. Nous allons faire connaître les dispositions

les plus usitées en indiquant les avantages et les inconvénients de

chacune.

=88.= CANEVAS. Les points de la terre se distinguant par les méridiens

et les parallèles sur lesquels ils se trouvent, on est conduit Ã

représenter ces cercles sur la carte; on ne peut en représenter qu'un

nombre limité. On appelle _canevas_ un ensemble de lignes droites ou

courbes qui, se croisant dans toute l'étendue de la carte, représentent,

les unes des méridiens équidistants (en degrés), les autres des

parallèles équidistants aussi. La première chose que l'on dessine sur

une carte c'est le canevas; on a alors devant soi un grand nombre de

quadrilatères dans lesquels on place les lieux ou objets qui doivent

figurer sur la carte, soit d'après un globe terrestre que l'on a sous

les yeux, soit d'après leurs longitudes et leurs latitudes connues.

=89.= MAPPEMONDES. Quand on veut représenter la terre tout entière, pour

en embrasser l'ensemble d'un coup d'œil, on la divise en deux

hémisphères par un de ses cercles principaux; on exécute, à côté l'une

de l'autre, les représentations des deux hémisphères; l'ensemble est ce

qu'on appelle une _mappemonde_.

On emploie pour la construction dés cartes la méthode des projections ou

les développements de surface.

=90.= PROJECTION ORTHOGRAPHIQUE. La projection orthographique d'un point

est le pied de la perpendiculaire abaissée de ce point sur un plan qu'on

appelle plan de projection. Pour la construction des cartes

géographiques, le plan de projection est ordinairement l'équateur ou un

méridien choisi.

_Projection de l'équateur._ On trace un cercle d'un rayon plus ou moins

grand, suivant les dimensions qu'on veut donner à la carte. On considère

ce cercle comme l'équateur d'un demi-globe terrestre géographique que

l'on imagine superposé à ce cercle même et sur lequel sont supposés

marqués à l'avance les lieux qui doivent figurer sur la carte. Le pôle

de ce globe se projette au centre; chaque parallèle se projette en

véritable grandeur; chaque demi-méridien a pour projection le rayon qui

est la trace même de son plan sur la carte. Les distances des lieux en

longitude, qui sont des arcs de parallèles, sont donc très-exactement

conservés, tandis que les arcs de chaque méridien sont représentés en

raccourci, et sous une forme qui ne rappelle nullement leur forme réelle

(un arc de 90° est représenté par une ligne droite, un rayon). Aux

environs du pôle, les petits arcs de méridiens, approchant d'être

parallèles au plan de projection, sont représentés par des lignes

presque égales en longueur à ces arcs; la représentation des parties de

la terre voisines du pôle est donc la moins défectueuse; mais c'est

précisément là qu'il n'y a pour ainsi dire rien à représenter. A mesure

qu'on se rapproche du bord de la carte, l'altération des longueurs

devient de plus en plus grande; tout près du bord la projection d'un arc

de 1°, par exemple, se réduit presque à un point. Ces déformations,

très-grandes dans les latitudes les plus importantes à considérer, ont

fait abandonner ce mode de construction pour les cartes terrestres.

La projection sur un méridien offre les mêmes inconvénients; chaque

demi-parallèle a pour projection un de ses diamètres; d'où il résulte

précisément la même déformation que tout à l'heure pour les méridiens,

mais cette fois du milieu de la projection de chaque parallèle vers les

bords de la carte.

Si nous avons parlé des projections orthographiques, c'est qu'elles sont

employées pour les cartes ou planisphères célestes, notamment pour

représenter les constellations circumpolaires; ici les environs du pôle

sont plus importants à représenter.

=91.= PLANISPHÈRE. _Projection sur l'équateur._

Pour construire le canevas, on commence par tracer un cercle de rayon

aussi grand que l'on veut, et sur ce cercle un diamètre horizontal. On

divise chaque demi-circonférence en un certain nombre de parties égales,

en degrés par exemple, puis on joint le centre à tous les points de

division. On ne marque généralement que les divisions qui correspondent

aux 24 cercles horaires, c'est-à-dire de 15° en 15°, ou d'heure en

heure, à partir de 0° sur le diamètre horizontal. Ces divisions de la

circonférence indiquent les ascensions droites; les rayons tracés sont

les projections des cercles horaires. Pour obtenir les projections des

parallèles, on abaisse, des points de division du 1er quadrant du

contour, des perpendiculaires sur le diamètre horizontal; puis, enfin,

on trace des circonférences, concentriques au contour, et passant

respectivement par les pieds de toutes ces perpendiculaires: on marque

au pied de chaque perpendiculaire le nombre de degrés marqué à son

origine; chacun de ces numéros indique la déclinaison dé tous les points

du cercle adjacent[32]. Le canevas est alors terminé; il ne reste plus

qu'à y placer les étoiles d'après leurs coordonnées.

[Note 32: La construction des parallèles est fondée sur cette remarque

que le rayon de chaque parallèle céleste est égal au cosinus de la

déclinaison correspondante.]

Si on veut déterminer avec précision la position d'une étoile

particulière, on compte son ascension droite à partir de 0°, et on trace

le rayon qui va à l'extrémité de l'arc mesuré. On compte la déclinaison

sur la circonférence, à partir du même point 0° et on abaisse une

perpendiculaire de l'extrémité de l'arc obtenu sur le diamètre

horizontal; on décrit la circonférence qui passe par le pied de cette

perpendiculaire. L'intersection de cette circonférence et du rayon que

l'on vient de tracer est la position cherchée de l'étoile.

=92.= PROJECTION STÉRÉOGRAPHIQUE. Si de l'œil placé en O on mène un

rayon visuel OA à un point quelconque de l'espace, la trace _a_ de ce

rayon sur un plan fixe, MM', s'appelle la perspective du point A sur le

plan MM'. Le point fixe O est dit le _point de vue_, et le plan MM' le

_tableau_.

[Illustration: 079, Fig. 40.]

Ce mode de projection, connu sous le nom de _projection

stéréographique_, est employé pour construire des cartes géographiques.

On choisit alors pour tableau un méridien G'MGM' (_fig._ 40), et pour

point de vue le pôle O de ce méridien opposé à l'hémisphère MABCM' que

l'on veut projeter en tout ou en partie. Exécutée dans ces conditions,

la projection stéréographique jouit des propriétés fondamentales

suivantes:

1º _Tout cercle de la sphère, quel qu'il soit, a pour perspective un

cercle._

2º _L'angle de deux lignes quelconques, tracées sur la surface de la

sphère est égal à celui que forment les lignes qui les représentent sur

la carte._ (On appelle angle de deux courbes l'angle compris entre les

tangentes menées à ces courbes à leur point d'intersection.)[33]

[Note 33: V. à la fin du chapitre, la démonstration de ces deux

principes.]

Il résulte de ces deux principes que les méridiens et les parallèles

sont représentés sur le canevas _par des arcs de cercle perpendiculaires

entre eux_, comme sur le globe terrestre. Ce canevas est donc facile Ã

construire.

=93.= On choisit ordinairement pour tableau le méridien de l'île de Fer,

la plus occidentale des îles Canaries, ou pour parler d'une manière plus

précise, le méridien situé à 20° de longitude occidentale de Paris. On a

choisi ce méridien parce qu'il partage la terre en deux hémisphères, sur

l'un desquels se trouvent ensemble l'Europe, l'Asie, l'Afrique (tout

l'ancien monde) et une partie de l'Océanie. Le cercle PE'P'E (_fig._

42), qui représente ce méridien, forme le contour de la carte.

Voici les deux problèmes qu'il faut savoir résoudre pour construire une

carte dans ce système de projections.

[Illustration: 080, Fig. 42.]

=94.= PROJECTION D'UN MÉRIDIEN. Soit proposé de construire la

perspective du méridien M, qui fait avec celui de l'île de Fer un angle

de 10°. On prend sur le contour PE'P'E, à partir de P', sur la droite,

un arc P'G de 20° (_fig._ 42), (le double de 10°); on tire la droite PG

qui rencontre E'E en I; du point I comme centre avec le rayon IP, on

décrit un arc de cercle PKP' limité aux deux points P et P'; cet arc est

la perspective du demi-méridien indiqué.

DÉMONSTRATION. Le méridien M, comme tous les autres, passe par les

points P et P' qui sont à eux-mêmes leurs perspectives; l'arc de cercle,

perspective de méridien, passe donc en P et en P', et a son centre sur

E'E. Soit I ce centre supposé trouvé, et PKP' l'arc cherché; menons PIG

et la tangente PS à l'arc PKP'. La tangente RP au méridien PE'P'E est sa

projection à elle-même; il résulte du 2e principe, nº 92, que l'angle

RPS est égal à 10°; mais les rayons OP, IP des cercles PE'P', PKP' étant

perpendiculaires à PR et PS, l'angle P'PG = RPS = 10°; cet angle P'PG

est donc connu _à priori_: comme il est inscrit, l'arc P'G qui le mesure

est égal à 20°. On connaît donc le point G, et par suite la direction du

rayon PIG; de là la construction indiquée.

=95.= PROJECTION D'UN PARALLÈLE. Soit proposé de construire la perspective

du demi-parallèle dont la latitude est 60°. On prend E'C' = 60° (_fig._

42); on mène en C' la tangente C'D au cercle PE'P'E; puis du point D

comme centre avec le rayon DC', on décrit un arc de cercle C'HC limité

au point C, où il rencontre une seconde fois le contour PE'P'E; cet arc

C'HC est la perspective du demi-parallèle en question.

DÉMONSTRATION. Le parallèle en question rencontre le méridien PE'P'E en

deux points C' et C du tableau, situés à 60° des points E', E; l'arc de

cercle, perspective du demi-parallèle en question, passe donc aux points

C', C et a son centre sur P'P: il faut trouver ce centre. Or, le

parallèle proposé étant perpendiculaire au méridien PEP'E', la tangente

CD, qui est sa propre perspective, est perpendiculaire à la tangente qui

serait menée au même point à la perspective du parallèle. La

perpendiculaire menée à la tangente d'un arc de cercle, au point de

contact, passant par le centre de cet arc, la ligne C'D passe au centre

de l'arc à construire. Ce centre est d'ailleurs sur P'P; il est donc en

D. C. Q. F. D.

[Illustration: 081, Fig. 43.]

=96.= CONSTRUCTION DU CANEVAS (_fig._ 43). Nous supposerons qu'on

veuille représenter les méridiens et les parallèles de 10° en 10°. On

divise la circonférence en 36 parties égales (arcs de 10°) à partir de

l'un des pôles. On joint par des lignes au crayon le pôle P à tous les

points de division de rangs pairs à partir de P'; ex. le point G (_fig._

42). De chaque point de rencontre, I, de ces lignes avec E'E comme

centre, avec IP pour rayon, on décrit un arc de cercle limité aux points

P et P'. On obtient ainsi une série d'arcs de cercle tels que PKP'

(_fig._ 42), qui représentent les méridiens considérés de 10° en 10° Ã

partir du méridien de l'île de Fer (_fig._ 43).

Pour tracer les parallèles, à chacun des points de division, ex.: C'

(_fig._ 42), de la _demi-circonférence_ PE'P', on mène au crayon une

tangente C'D à cette demi-circonférence, à la rencontre de PP'. Du point

de rencontre D, comme centre, avec DC' pour rayon, on trace un arc de

cercle limité en C' et en C sur le contour PE'P'E. On obtient ainsi

(_fig._ 43) une série d'arcs de cercle qui représentent les parallèles,

de 10° en 10° à partir de l'équateur. On marque les latitudes de 0 Ã

90°, de E' vers P, puis de E' vers P', sur la demi-circonférence PE'P',

et même, si on veut, sur PEP'. On marque les longitudes de 10° en 10°

sur l'équateur, aux points où il est rencontré par les perspectives des

méridiens; seulement, il faut marquer 10° à la 1re division après le

point E', 0° à la seconde (méridien de Paris), puis 10°, 20°, etc., de

gauche à droite. Le canevas ainsi construit (_fig._ 43), on y marque les

divers lieux, soit d'après un globe terrestre, soit d'après leurs

longitudes et leurs latitudes connues.

_Remarque._ Le méridien du point de vue et l'équateur sont représentés

par des lignes droites PP', EE'. Les perspectives s'aplatissent de plus

en plus quand on s'approche de l'une ou l'autre de de ces lignes.

=97.= AVANTAGE ET INCONVÉNIENT DE LA PROJECTION STÉRÉOGRAPHIQUE

ordinairement employée pour construire les atlas de géographie.

_L'avantage qu'elle présente, c'est qu'une figure de petites dimensions,

située n'importe où sur l'hémisphère, est représentée sur la carte par

une figure semblable._ En effet, cette figure peut être considérée comme

plane à cause de sa petitesse; cela posé, il résulte de la seconde

propriété des projections stéréographiques, nº 92, que les triangles,

dans lesquels la figure et sa représentation peuvent être décomposés,

sont semblables comme équiangles, et semblablement disposés. Cette

figure n'est donc pas déformée; seulement ses dimensions sont réduites

dans le même rapport (V. BC et _bc_, _fig._ 40).

L'inconvénient de ce mode de projection consiste précisément en ce que

le rapport dans lequel se fait la réduction d'une petite figure varie

avec la position de celle-ci sur l'hémisphère. Au bord de la carte il

n'y a pas de réduction, puisque les parties du méridien qui forme le

contour sont représentées en véritable grandeur; mais les dimensions se

réduisent de plus en plus à mesure qu'on s'éloigne du bord; vers le

centre les dimensions sont réduites de moitié. Ex.: _de_ = 1/2 DE

(_fig._ 40).

=98.= SYSTÈME DE DÉVELOPPEMENT EMPLOYÉ POUR LA CARTE DE FRANCE. Dans la

construction de la grande carte de France du dépôt de la guerre, on

s'est surtout attaché à ne pas altérer les rapports d'étendue

superficielle qui existent entre les diverses parties de la contrée,

tout en conservant autant que possible les formes telles qu'elles

existent sur la terre. Pour cela, on a employé un système de

développement, dit _développement conique modifié_, que nous allons

faire connaître.

[Illustration: 083, Fig. 44.]

_Construction du canevas._ Supposons qu'il s'agisse de représenter une

contrée dont les longitudes extrêmes sont 5° Ouest et 7° Est, et les

latitudes extrêmes 42° et 52° Nord (ce sont à peu près celles de

France). On détermine la longitude moyenne, qui est ((7° + 5°)/2) = 1°

Est, et la latitude moyenne, qui est ((42° + 52°)/2) = 47° Nord. Cela

fait, on imagine devant soi un globe terrestre géographique sur lequel

est figurée la contrée à représenter, décomposée par un canevas de

méridiens et de parallèles comme le doit être la carte elle-même. On

représente le méridien moyen SCE (_fig._ 44) par une ligne droite _sce_.

Pour représenter le parallèle moyen, on imagine menée en C une tangente

CS au méridien du globe, jusqu'à la rencontre de l'axe PP' en S; on

déterminera l'aide de la latitude moyenne (47°), la longueur de cette

tangente du points au point C[34]; puis du point _s_ sur la carte, comme

centre, avec un rayon _sc_ = SC, on trace un arc de cercle _fch_ qui

représente le parallèle moyen. Pour avoir la représentation des autres

parallèles, on imagine le méridien moyen ACE divisé en parties AB, BC,

CD, DE,..... dont les extrémités correspondent à des latitudes connues,

de degré en degré par exemple. On porte sur _sce_, de part et d'autre de

_c_, et dans le même ordre que sur le globe, des longueurs _cb_,

_ba_,..... _cd_, _de_...... respectivement égales aux longueurs CB,

BA,... CD, DE...[35]. Puis de _s_ comme centre, on décrit des arcs de

cercle passant aux points _b_, _d_, _c_...; chacun de ces arcs

_bb'b"_,... représente un des parallèles de la contrée correspondant Ã

une latitude connue. Pour achever le canevas, il n'y a plus qu'Ã

représenter un certain nombre de méridiens de part et d'autre du

méridien moyen. Pour cela, on imagine sur le globe un certain nombre de

ces méridiens correspondant à des longitudes connues, de degré en degré

par exemple, lesquels divisent les parallèles en arcs tels que AA',

A'A",... BB', B'B",... etc. Sur chacun des parallèles de la carte,

_aa'a"_, _bb'b"_, on prend des arcs respectivement égaux en longueur Ã

leurs correspondants sur le globe, _aa'_ = AA', _a'a"_ = A'A",... _bb'_

= BB',..., etc.[36]. Cela tait, on fait passer par chaque série de

points ainsi obtenus, occupant le même rang sur leurs courbes

respectives à partir de _sce_, ex.: (_a'_, _b'_, _c'_,...), une ligne

continue (_a'b'c'_...); chacune des lignes ainsi obtenues représente un

des méridiens de la contrée correspondant à une longitude connue que

l'on indique sur la carte. On marque les latitudes sur les bords de la

carte, à gauche et à droite, aux extrémités des arcs _aa'a"_, _bb"_...,

et les longitudes en haut et en bas aux extrémités des arcs _abc_,

_a'b'c'_... Le canevas achevé, il ne reste plus qu'à y marquer les lieux

et les objets que l'on veut indiquer, d'après un globe terrestre ou

d'après leurs longitudes et leurs latitudes connues.

[Note 34: À l'inspection seule de la première des figures 44, on voit

que la tangente SC peut se construire comme il suit:

Le rayon R du globe terrestre est représenté par une longueur qui dépend

des dimensions que l'on veut donner à la carte, 0m,2, par exemple. On

décrit un cercle avec ce rayon et on y trace deux diamètres, l'un

horizontal, l'autre vertical. À partir du premier, on prend sur la

circonférence un arc égal à la latitude moyenne donnée; à l'extrémité de

cet arc, on mène une tangente que l'on prolonge seulement jusqu'à sa

rencontre avec le diamètre vertical prolongé lui-même. Cette tangente

est la longueur cherchée SC.]

[Note 35: Supposons que les arcs AB, BC, CD,..... du méridien moyen

soient 1°. Chacun d'eux est la 360e partie de la circonférence; AB =

2πR/300. Connaissant π et R, on peut calculer la longueur de AB = BC =

CD. Cette longueur est celle que l'on porte sur la droite sce de la

carte, de _c_ en _b_, de _b_ en _a_, etc. Dans la construction de la

carte de France, on a eu égard à l'aplatissement de la terre; la

longueur d'un degré du méridien dépend, dans ce cas, de sa latitude.]

[Note 36: Pour construire les arcs _aa'_, _a'a"_,..... qui appartiennent

à un parallèle dont la latitude est donnée, on construit à part ce

parallèle, avec un rayon _r_ = R × cos. latitude de ce parallèle, ou

bien de la manière indiquée à propos de la projection orthographique. Si

les arcs _aa'_, _a'a"_,.... sont de 1°, on prend un arc de 1° sur ce

parallèle; puis on porte cet arc par parties très-petites, de _a_ en

_a'_, sur l'arc de cercle _aa'a"_; puis une 2e fois de _a'_ en _a"_; une

3e fois de _a"_ en _a‴_, etc.....]

REMARQUES. Dans cette construction, on attribue au globe terrestre, dont

on est censé développer une partie de la surface, un rayon arbitraire R

dont la grandeur dépend du rapport que l'on veut établir entre les

distances sur la carte et les distances réelles. Si les arcs AB, BC,...

sont des arcs de 1°, on déduit leur longueur de celle du rayon assigné

au globe terrestre (1° = 2πR/360). Pour la carte de France, on a eu

égard à l'aplatissement de la terre; la longueur d'un degré du méridien

est estimée suivant la latitude.

Enfin, pour construire les arcs _aa'_, _a'a"_,... _bb'_,... on peut

déterminer la longueur des arcs AA', A'A",... BB',... que nous supposons

de 1°, d'après les rayons des parallèles auxquels ils appartiennent. On

porte chaque longueur ainsi déterminée, AA', par parties très-petites,

sur la ligne _aa'a"_ de la carte. (V. la 2e note ci-contre).

=99.= AVANTAGES LE CE MODE DE DÉVELOPPEMENT.> Ce sont ceux que nous

avons indiqués à l'avance. Les rapports d'étendue superficielle sont

partout conservés; ainsi, des contrées de même surface sur la terre

occupent des surfaces égales sur la carte. De plus, les surfaces

représentées sont fort peu déformées.

En effet, le canevas de la contrée sur le globe terrestre géographique

et sa représentation sur la carte, sont composées de petites figures

telles que A'A"B"B'", _a'a"b"b'_, équivalentes chacune à chacune, à peu

près de la même forme et semblablement disposées. Nous supposons les

parallèles et les méridiens très-rapprochés, ce qu'il est toujours

possible d'effectuer dans la construction.

Cela posé, 1º les petites figures A'A"B"B', _a'a"b"b'_ sont

équivalentes; car elles peuvent être considérées comme des

parallélogrammes ayant des bases égales; B'B" = _b'b"_ par construction,

et même hauteur B'A' = BA = _ba_.

2º Ces figures A'A"B"B', _a'a"b"b'_ ont sensiblement la même forme;

l'une et l'autre peuvent être considérées comme de petits rectangles. En

effet, les méridiens et les parallèles perpendiculaires sur le globe le

sont à fort peu près sur la carte; le long du méridien moyen, _sce_, les

angles sont même exactement droits.

Ce dernier mode de représentation consiste, comme on le voit, Ã

décomposer la contrée sur le globe terrestre, en très-petites parties

(les petites figures A'A"B"B') que l'on transporte une à une aussi

fidèlement que possible sur le papier. Cette représentation approche

d'autant plus de l'exactitude que ces figures sont plus petites.

Leçons de cosmographie à l'usage des lycées et collèges et de tous les établissements d'instruction publique · 第 35 / 117 题