«Philoctète blessé au pied par les flèches d'Hercule est ramené au camp
des Grecs apportant ces mêmes flèches qui, selon les oracles, doivent
contribuer à faire tomber les murs de Troie. Soutenu par Ulysse et
Néoptolème, il se fait panser sa blessure par Machaon et Podalyre, fils
d'Esculape.»
Le numéro 1, de M. Peinte, élève de M. Guillaume, est traité avec, une
sauvagerie qui lui donne un grand caractère. Ce sont de vrais humains,
des être ramenés à la réalité. Ulysse est particulièrement bien compris.
Machaon agenouillé soutient le pied du blessé dans sa main gauche,
tandis que de la droite il prend, sans y regarder, des linges qui lui
sont présentés par Podalyre, placé en arrière de lui. Philoctète, assis,
la jambe droite allongée, est d'un bon mouvement; tout cela est calme,
sévère, d'une dureté vraie que l'Institut a trouvée un peu trop
réaliste.
Le numéro 2 entrait en lice; c'était une composition d'une bonne
ordonnance et d'un joli goût d'art. Philoctète debout, soutenu par
Ulysse et Néoptolème, recevait les soins du savant accroupi, soulevant à
peine son pied. Il y avait de la recherche et du savoir dans cet
ouvrage.
Le numéro 4 se faisait remarquer par l'heureux agencement des groupes;
les deux médecins debout devant le blessé étaient admirablement posés et
drapés à l'antique.
C'est ce bas-relief qui a remporté le premier second grand prix. Son
auteur, M. Hugues, est élève de M. Dumont; il a obtenu vingt-trois voix
sur vingt-neuf votants.
Le numéro 5 eut dû être meilleur; on attendait plus de M. Dumilâtre; il
avait eu l'an passé un succès qui le désignait au grand prix. Mais il a
compris le sujet d'une manière trop classique; tout pose, tout est d'une
saillie exagérée et son Philoctète n'a rien de la simplicité de l'exilé
de Lemnos. C'est une revanche à prendre; il y a dans ce travail des
qualités qui font de M. Dumilâtre un vainqueur de l'avenir, surtout s'il
se défie du genre maniéré et du trop d'effet qu'il a voulu produire
cette fois.
Je passerai sous silence 6, 7 et 8, qui ne sont pas de force à figurer
auprès des autres bas-reliefs; cela m'a paru jeune, faiblement conçu,
froidement exécuté, et j'arriverai au numéro 9 qui m'a vivement
impressionné, et pour lequel j'eusse voté de grand coeur si j'étais l'un
des immortels; malgré mon infériorité il paraît que je ne m'étais pas
trompé, car M. Idrac, élève de M. Cavelier, a remporté le grand prix de
Rome avec vingt-trois voix.
Son bas-relief est d'un bel effet, il commande l'attention, la
composition est largement établie et chaque figure a bien l'aspect qui
lui est propre. Cette fois encore voilà un prix très-mérité; le
Philoctète assis, la jambe droite allongée et se retenant du bras gauche
à Ulysse, placé derrière lui, est d'un excellent mouvement, d'un grand
art. Néoptolème, qui tient les précieuses flèches, a une expression
charmante et fière.
Disons-le, cette année les concours sont très-bons; les prix de musique,
de peinture et de sculpture sont tout à fait exceptionnels, et nous en
félicitons le directeur et les professeurs de l'École des Beaux-Arts;
leur zèle, à guider les élèves a produit des fruits qui doivent les
récompenser de leurs soins, de leur sollicitude et de leur studieux
exemple: les Massé, Cabanel, Dumont, sont de beaux modèles à suivre dans
la carrière des arts.
L'exposition d'architecture a eu lieu les vendredi, samedi et dimanche
1er, 2 et 3 août. Concours excellent.
Le sujet indiqué était «_un Château d'Eau_». C'est l'édifice qui
renferme les réservoirs où se rassemblent, avant d'être livrées à la
consommation, les eaux amenées par les aqueducs pour la salubrité,
l'alimentation et l'embellissement des villes. Les célèbres fontaines
Pauline, Trevi et Felice, à Rome, sont des châteaux d'eau abondamment
fournis par les aqueducs antiques. Nous n'en sommes pas là à Paris;
aussi le programme du grand prix n'est-il qu'un prétexte donné aux
candidats d'architecture pour mettre en lumière leur mérite artistique.
C'est donc avec un intérêt particulier que je me suis livré à l'examen
des projets exposés à l'École des Beaux-Arts.
Le premier grand prix a été décerné à M. Lambert, élève de MM. Pacard et
André.
Le premier second grand prix a été accordé à M. Barth, élève de MM.
André et Coquart.
Un deuxième second grand prix a été obtenu par M. Ratouin, élève de MM.
Pacard, Vaudoyer et Coquart.
A bientôt l'étude des envois des pensionnaires de la Villa Médici,
récemment arrivés et dont l'exposition sera prochaine. Il y a, dit-on,
en peinture comme en sculpture, des choses remarquables. L'appréciation
des oeuvres d'art est un travail rempli d'intérêt. Mais aucun ne saurait
être aussi sympathique que celui qui se porte sur cette jeunesse
militante qu'on voit se former, qu'on suit dès ses débuts et sur
laquelle une critique consciencieuse produit les meilleurs effets; sans
les connaître personnellement on devient l'ami de tel ou tel par ses
productions seulement; on l'applaudit, on le blâme, il y a là un lien
spirituel qui, pour un homme artiste et impartial, a beaucoup d'attrait
et rend la critique un ministère.
Jacq. Rozier.
[Illustration: LE GÉNÉRAL J. KOHLER, Commandant en chef l'expédition
hollandaise d'Atschin, tué le 14 avril 1873.]
LES TREMBLEMENTS DE TERRE EN ITALIE.
[Illustration: Bellune.--La place Campitelli]
[Illustration: L'église de Conegliano.]
[Illustration: Vue générale de Bellune.]
[Illustration: L'hôtel de ville.]
[Illustration: Les Invalides de Bronbeek.]
LES MYSTÈRES DE LA BOURSE
III
LES OPÉRATIONS QUE L'ON FAIT A LA BOURSE
Continuons à marcher du connu à l'inconnu. Si nous nous sommes bien fait
comprendre, il nous semble que nos lecteurs ne doivent plus douter de la
vivifiante influence de la Bourse qui est au corps social ce que la sève
est à tous les rameaux de l'arbre. Le revenu de la richesse mobilière
est de deux milliards par an, et il continue à grandir.
Dépouillons-nous donc de nos vieux préjugés, et ne disons plus: Ah! oui,
la Bourse, la roulette en trois pour cent! A peu près comme ce naufragé
qui s'écriait, en abordant une terre inconnue: Ah! mais, c'est une terre
civilisée, j'aperçois une potence!
Ainsi il est bien entendu que les jugements rendus par la cote sont purs
de toute condescendance et de toute flatterie. Apportez à la Bourse les
titres d'une République et d'une monarchie, et, sans se laisser éblouir
par les dorures de l'une et le beau langage de l'autre, la Bourse, en
véritable Gobsec, les mettra indifféremment dans sa balance et se
contentera de dire ce qu'ils pèsent.
L'argent est aussi un souverain, et c'est lui qu'on pourrait à coup sûr
appeler le Roi des Rois. _Sancta divitiarum majestas_, dit l'Écriture.
Or, l'argent ne relève que de lui-même et se conduit toujours de manière
à bien montrer que charité bien ordonnée commence par soi-même.
Songez, en effet, que l'argent n'a jamais eu et n'aura jamais d'autre
préoccupation que l'idée du gain;
Songez que la réalisation de ce gain peut se faire sur des valeurs de
toutes sortes, rentes, chemins de fer, banques, sociétés industrielles,
commerciales, maritimes;
Songez que toutes ces valeurs sont incessamment placées sous le coup de
ce _delirium tremens_ qu'on appelle la hausse et la baisse;
Songez qu'il suffit d'un écart de 10 c. sur la rente,--un rien!--pour
vous donner sur la moindre des opérations, un achat ou une vente de 3000
fr. de rente, un écart de 100 fr.
Donc, pour vous guider dans ce labyrinthe, pour apprécier toutes les
valeurs qu'on fera papilloter à vos yeux, n'ayez jamais d'autre règle
que celle-ci: le revenu du titre qu'on vous offre et sa sécurité.
La forme! la forme! disait Brind'hoison; l'argent! l'argent! dit la
Bourse.
Ainsi constituée, comme la chair de notre chair et l'âme de notre âme,
comme l'ombre qui accompagne chacun de nos mouvements et l'écho qui
redit chacune de nos paroles, la Bourse n'est plus que le mouvement
perpétuel de notre civilisation enfiévrée.
Il n'est pas une nouvelle, pas une impression qui ne vienne là faire
subir à la cote son contre-coup. La paix et la guerre, l'abondance et la
rareté de l'argent, les disettes et les gelées, les bons et les mauvais
gouvernements, la hausse et la baisse du taux de l'escompte, la bonne
santé ou la maladie des ministres, les bonnes et les mauvaises nouvelles
financières, la politique et les grèves, la sécheresse et la pluie,
tout, absolument tout vient se répercuter sur ce marché. Vous ne pouvez
toucher une seule note du clavier social sans que cette note vienne
immédiatement se faire sentir sur le balancier de la hausse et de la
baisse.
Aussi les nouvelles ont-elles une importance énorme sur le va-et-vient
des valeurs, et les faiseurs ne se gênent pas pour en inventer. La
dépêche du Tartare; a laissé à la Bourse un souvenir impérissable.
À l'heure où se préparait la guerre d'Orient, et pendant que le paletot
gris du général Mensikoff faisait trembler le Divan, un spéculateur vint
annoncer un jour à la Bourse que les Russes étaient entrés à
Constantinople. La dépêche avait été apportée à travers les provinces de
la Turquie par un Tartare, dont on donnait l'itinéraire.
La Bourse accueillit par une baisse rapide la terrible nouvelle.
Le lendemain, la dépêche n'était plus qu'une invention qui faisait rire
le public. Mais les habitués de la Bourse tonnaient comme des matelots
qui ont vu passer une trombe sur leur tête.
Vous n'avez certainement pas tous les jours une dépêche du Tartare; mais
vous pouvez vous attendre à un télégramme batailleur de l'Italie contre
Rome et de Rome contre l'Italie, à un froncement du sourcil de M. de
Bismark, à la mauvaise humeur de l'Angleterre et de la Russie, à tous
les mille incidents de la vie politique de chaque jour, et alors vous
devez suivre la devise du sage et vous tâter le pouls neuf fois avant de
toucher à la rente.
Ceci posé, abordons les opérations de la Bourse, c'est-à-dire, en
d'autres termes, déchiffrons les rébus de ces opérations; car de tous
les curieux, de tous les visiteurs inexpérimentés qui assistent au
vacarme de ce marché, qui ressemble à un charivari, il n'en est pas un
qui ne s'écrie: «--Mais tous ces boursiers sont des échappés de
Charenton! C'est l'arche de Noé! Ils sont fous!»
C'est bien pis encore, lorsque l'observateur veut s'initier aux mystères
de ces opérations dont le vocabulaire n'est pour lui qu'un argot
véritable.
L'un n'est occupé qu'à chercher des _Arbitrages._
L'autre ne parle que de son échelle de _Primes._
Celui-ci ne fait que du _Ferme._
Celui-là, vendeur enragé, passe son temps à vendre _Ferme contre Prime._
Un troisième, acheteur quand même, fait le contraire de son voisin et
prend _Ferme contre Prime._
Et le spectateur ballotté entre le _Ferme_, la _Prime_ et l'_Arbitrage_
finit par se dire: C'est la tour de Babel!
Déchiffrons chacune de ces énigmes.
Il est clair, tout d'abord, que cette foule tumultueuse et glapissante
se partage, comme la foule de tous les marchés, en deux moitiés bien
distinctes: les acheteurs et les vendeurs.
Les acheteurs eux-mêmes se partagent en deux camps. Les uns se,
contentent d'acheter ce qu'ils appellent un titre de tout repos--rente
ou obligations--l'enferment dans leur portefeuille et se contentent d'en
toucher les revenus, sans jamais mettre le pied à la Bourse. Ce sont
incontestablement les plus sages.
Mais il y a des acheteurs qui, tout en ne faisant que des affaires au
comptant, tiennent à faire de la Bourse la poule aux oeufs d'or, et qui
passent leur temps à calculer le meilleur emploi de leur argent. Ainsi,
par exemple, les coupons de toutes les valeurs ne se paient pas aux
mêmes époques. Eh bien! les acheteurs dont nous parlons vendent les
titres dont ils ont encaissé les coupons, pour en acheter d'autres dont
les coupons ne sont pas encore échus. C'est ce qu'ils appellent faire la
chasse au coupon. D'un autre côté, les nouvelles qui pleuvent sur le
marché modifient les avantages que peuvent présenter les valeurs. Ces
acheteurs se tiennent également à la piste de ces nouvelles, pour en
profiter au plus vite. Ils vendent les titres qu'ils ont en main pour en
acheter d'autres qu'ils considèrent comme plus profitables.
Eh bien! Ce sont ces opérations qui consistent à vendre un titre pour en
acheter un autre qui s'appellent, en termes de Bourse, des _Arbitrages._
Il y a des boursiers malins, rusés, retors, qui font rapporter quinze à
vingt pour cent par an à leur argent par la pratique dès arbitrages.
Mais il faut bien avoir le pied marin pour rie pas tomber sur ce
plancher mobile. Tout n'est là que mensonges, clinquant, tromperie, et
bien souvent, en faisant un arbitrage, on arrive à vendre un titre
excellent pour acheter un rossignol. Que de bonnes gens qui dormaient
tranquilles sur l'oreiller de leurs rentes, et qui se sont réveillés sur
la paille, après avoir fait un arbitrage!
*
* *
Écoutez, à propos de ces déceptions, le petit dialogue que j'ai entendu
un jour dans une sous-préfecture importante, entre une vieille moustache
grise et un vieux paletot d'Orléans étriqué.
--Vous vous intéressez donc toujours à cette _pancarte_, monsieur
Coussinet?
--Oh! si peu, commandant... Un malheureux petit titre de rente... Une
misère!
--Bah! bah! On sait que vous en avez des paquets de ces papiers, qui
haussent et qui baissent!...
--Autrefois, je ne dis pas, commandant. Mais j'ai bien vite _lâché_ tous
ces _chiffons._
--Et pourquoi donc, papa Coussinet?
--Vous me le demandez? Vous le devinez bien, commandant. J'ai été
_pincé!..._
Ici une grimace qui fait penser à celle d'un chat qu'on écorche.
--Ah! vous avez été _pincé._ Vous êtes plus heureux que moi, papa
Coussinet. Moi, j'ai été _rincé!_
Ici un juron qui ébranlerait un régiment.
--Vraiment! Vous avez été _rincé_, commandant?
--Comme je vous le dis. C'était dans les _Mouzaia..._
Tout y a passé.
--Moi, c'était dans la _Gastronomie._ Il ne m'est pas resté un radis. Le
jour qu'on m'y _pincera!..._
--Le jour qu'on m'y _rincera!..._
Et les deux interlocuteurs se regardent avec des yeux qui dégoûteraient
de toute affaire les chercheurs de commandite.
*
* *
Passons aux Primes.
On fait à la Bourse des primes de 1 fr., de 50 c., de 25 c., de 10 c. et
de 5 c. Les primes de 1 fr., de 50 c. et de 25 c. se font pour la fin du
mois; les primes de 10 c. et de 5 c. se font du jour au lendemain.
C'est un marché immense, et à la manière dont on en parle, il est clair
que le public n'en comprend pas le premier mot. Un de nos plus
spirituels chroniqueurs, faisant un jour la guerre aux millionnaires et
aux boursiers, finissait un de ses paragraphes par ce trait: «Saluez,
piétons, ce sont les princes don Deux Sous qui passent!»
La phrase était bien troussée; mais notre chroniqueur écrivait don Deux
Sous comme il aurait écrit don Carlos, et cette faute d'orthographe
montre assez qu'il ne connaît rien aux opérations de primes.
Il faut écrire dont deux sous, et nos lecteurs vont le comprendre en se
rendant compte de l'opération.
Exemple.
La rente 5 p. 100 est à 91 fr. Pour un motif ou pour un autre, vous
prévoyez une grande hausse et, en conséquence, vous ordonnez à votre
agent ou à votre coulissier de vous acheter 5, 10, 15 ou 20,000 fr. de
rente. Mais comme en cas d'insuccès vous désirez limiter votre perte,
vous ordonnez de les acheter à prime, soit à prime dont 1 fr., dont 50
c., dont 25 c.
Cela veut dire que si la hausse que vous prévoyez n'arrive pas, vous
vous réservez le droit d'abandonner votre marché moyennant le payement
de la prime que vous avez stipulée, soit 1 fr., soit 50 c., soit 25 c.
sur les rentes que vous achetez.
La prime de 1 fr. pour 5000 fr. de rente représente 1000 fr., et par
conséquent la prime de 50 c. représente 500 fr. et la prime de 25 c. 250
fr. Ce sont là les primes qui se liquident à la fin du mois.
Il est clair que cette faculté de continuer ou de résilier votre marché
vous donne un avantage qui doit être compensé pour votre vendeur par un
avantage égal. Cet avantage est représenté, pour le vendeur, par un prix
au-dessus du cours du jour. Ainsi, dans l'exemple que nous citons, en
prenant la rente à 91 fr,, l'acheteur à prime la paiera, je suppose, 92
fr. dont 1 fr., 92 fr. 50 c. dont 50 c. et 92 fr. 75 c. dont 25 c.
Naturellement, moins on risque d'argent et plus la prime est élevée.
C'est logique.
D'après ces explications, on voit maintenant que l'acheteur à prime
tient au vendeur ce langage:--Je vous achète 5000 fr. de rente, dont je
vous paierai 1 fr. (soit 1000), si les cours tournent contre moi.
A la fin du mois, et tous les jours, pour les primes de 10 et de 5
centimes, l'acheteur à l'heure fixée pour la réponse des primes, déclare
s'il _lève_ ou s'il _abandonne_ les rentes qu'il a achetées.
Le marché à primes représente donc pour l'acheteur une opération
facultative qu'il continue ou qu'il abandonne suivant son intérêt.
Or, vous saurez que depuis le commencement du mois jusqu'il la fin, la
spéculation jette sur le marché, comme une pluie, des primes de toutes
sortes pour la fin du mois, pour le lendemain, et comme cette cote des
primes hausse et baisse, comme la rente elle-même, il y a donc pour
toutes les liquidations une _échelle_ de primes qui influe puissamment
sur les cours de la Bourse à la fin de chaque mois.
Et, en effet, il y a ainsi des millions de rentes achetées et vendues à
prime, et l'on comprend que ces millions de rentes pèsent sur le marché,
suivant qu'ils sont _levés_ ou _abandonnés._
Il y a, pour le règlement de ces milliers d'opérations, un jour
sacramentel que l'on appelle le jour de la réponse des primes. C'est le
dernier jour du mois, à deux heures, que sonne ce quart d'heure de
Rabelais. Si les primes sont abandonnées, la Bourse double paisiblement
ce cap des tempêtes. Mais si les premiers échelons de l'échelle des
primes sont atteints, et si les acheteurs lèvent ces primes, on voit
alors les vendeurs courir après leurs primes, comme disent les
boursiers, c'est-à-dire acheter les rentes qu'ils ont vendues et qu'ils
n'ont pas, et déterminer ainsi une hausse rapide. On a vu des réponses
de primes faire 1 fr. de hausse.
--Mais, me direz-vous, c'est là le jeu de la Bourse.
--C'est vrai. Nous y sommes en plein; mais vous verrez que le jeu de la
Bourse comprend bien d'autres choses.
Léon Creil.
[Illustration: TYPES ET PHYSIONOMIES MILITAIRES.--La revue de détail.]
RÉBUS
EXPLICATION DU DERNIER RÉBUS:
En chemin de fer l'on a pas le temps de voir bien.
[Illustration: Nouveau rébus.]
End of Project Gutenberg's L'Illustration, No. 1589, 9 Août 1873, by Various