FOOTNOTES:

[1] Ce mot, qui reviendra souvent dans mon Dictionnaire, a besoin

d’être expliqué. Il dérive du grec et désigne un auteur qui écrit sur

les proverbes.

[2] Ce qui n’empêche pas que ces ouvrages n’aient leur mérite,

particulièrement celui de M. de Méry qui me paraît préférable sous tous

les rapports à celui de Lamésangère dans lequel on ne trouve pas un

seul article original.

[3] L’auteur de la _Relation de l’île des Hermaphrodites_ met aussi les

mots _à tous accords_ au titre de cet ouvrage, imprime en 1616, par

allusion au savoir-faire des habitants dudit lieu.

[4] Le titre d’_altesse_, dont la racine est le mot latin _altissimus_

(très élevé), se donnait autrefois aux rois.

[5] Ils s’en servent aussi pour dire: _Il ne faut pas quitter le

certain pour l’incertain._

[6] C’est l’opinion de l’auteur du _Traité historique de la foire de

Beaucaire_, in-4^o, imprimé à Marseille en 1734. Cet auteur dit que le

fils de Raymond VI confirma les franchises accordées par son père à la

ville de Beaucaire. Cependant il n’est pas question de ces franchises

dans la charte des concessions faites par le fils. L’acte le plus

ancien où il en soit parlé, suivant Millin, fut donné par Louis XI,

on 1463; mais on voit par une expression de cet acte, remarque encore

Millin, que la foire était plus ancienne. Charles VIII ajouta aux

priviléges accordés par son père.

[7] Ce guerrier magnanime, disent les historiens, avait eu l’honneur

de recevoir l’ordre de chevalerie des mains de saint Louis, et s’était

montré, pendant sept règnes consécutifs, le plus ferme appui du trône

de ses maîtres.

[8] Le crocodile est une argumentation captieuse et sophistique pour

mettre en défaut un adversaire peu précautionné et le faire tomber

dans le piége. Cette argumentation a été nommée ainsi, conformément à

l’usage de désigner la règle par l’exemple. Il s’agit d’un crocodile

qui, supplié par une mère de lui rendre son fils qu’il est prêt à

dévorer, promet de le faire à l’instant, si elle répond juste à cette

question: Ai-je envie de te le rendre?—Tu n’en as pas envie, dit la

mère; et ayant deviné, elle réclame l’exécution de la promesse; mais

le monstre refuse en ces termes: Si je te le rendais, tu n’aurais pas

deviné.

[9] C’est le nom grécisé de Jérôme le Hangest ou de Hangest, docteur de

Sorbonne, auteur du _Traité des académies contre Luther_.

[10] L’histoire offre plusieurs exemples de cet usage, depuis le fils

du malheureux Psammenit, qui fut envoyé au supplice avec un mors

dans la bouche par ordre de Cambyse, jusqu’à Hugues de Châlons qui,

reconnaissant son impuissance contre l’armée des Normands, alla trouver

le jeune duc Richard qui la commandait et se roula à ses pieds en signe

de soumission, avec une selle de cheval sur ses épaules. C’est en vertu

d’un pareil usage que Eustache de Saint-Pierre et cinq autres bourgeois

de Calais se présentèrent à Édouard III, roi d’Angleterre, avec la

corde au cou.

[11] _Le Lai d’Aristote_, attribué à Henri d’Andelys, trouvère du

treizième siècle, est un conte tiré d’un auteur arabe qui l’a intitulé:

_Le Visir sellé et bridé._ L’usage absurde de substituer Aristote à un

visir est venu, suivant J. M. Chénier, de l’autorité même qu’Aristote

avait acquise dans les écoles du treizième siècle.

[12] La figure du grillon a fourni, sans doute, le modèle du masque

d’Arlequin, comme le remarque M. Ch. Nodier; et ce qui paraît confirmer

cette opinion, c’est que le nom de cet insecte, _grillo_, a été

appliqué au masque d’un farceur de l’ancienne comédie italienne,

et à ce farceur lui-même. Chez les Latins, le même nom, _gryllus_,

signifiait précisément ce que nous entendons en français par

_caricature_.

[13] Voyez Eusèbe, _Préparation évangélique_, liv. IX, chap. 9

[14] Cette homonymie paraît avoir été fondée sur la ressemblance de

bigarrure qui existe entre la peau de ce poisson et le vêtement de

l’acteur chargé du rôle de proxénète dans l’ancienne comédie, ou sur

une autre ressemblance qu’offrent le proxénète et ce poisson qui nage,

dit-on, devant les jeunes aloses et a l’air de les conduire à leurs

mâles. Suivant une conjecture de Le Duchat, le proxénète aurait été

qualifié du titre de _Mercureau_ (petit mercure), parce que le messager

des habitants de l’Olympe était entremetteur de mauvais commerce; et

_mercureau_ serait devenu par altération un terme injurieux que je n’ai

pas besoin de dire, car le lecteur l’a déjà deviné.

[15] Tarquin l’ancien, irrité de la résistance qu’opposait l’augure

Accius Navius au projet qu’il avait de créer trois nouvelles centuries,

lui demanda:—Puis-je faire une chose que je pense en ce moment?—Tu le

peux, répliqua l’augure.—Eh bien, ajouta le roi, je veux couper ce

caillou avec ce rasoir.—Frappe! s’écria Navius; et le caillou fut coupé

en deux. Presque tous les historiens ont attesté ce fait comme ils ont

attesté la première apparition des barbiers à l’époque de Ticinius

Menas. C’est dommage qu’ils n’aient pas expliqué la présence du rasoir

dans l’absence des artistes habitués à le manier.

[16] Misopogon signifie _ennemi de la barbe_. Ce nom est formé des deux

mots grecs _misos_, _haine_, et _pôgon_, _barbe_.

[17] L’excommunication fut fondée, entre autres motifs, sur ce que

Nicolas et son clergé ne se fesaient pas raser le visage.

[18] C’est ce qu’atteste un passage curieux du troubadour Aimeri de

Péguilain. «Quand je considère la beauté de ma dame, dit-il, je me

réjouis des peines que j’endure, et je ressemble au _basilic qui se tue

en se regardant au miroir_.» Du reste, le basilic mort était réputé

aussi utile qu’il avait été supposé nuisible pendant qu’il vivait.

Heureux qui pouvait trouver son corps! Ce corps, réduit en cendres,

possédait des vertus merveilleuses: il guérissait des maux incurables,

et opérait la transmutation des métaux.

[19] C’est-à-dire dont le fer est rompu ou ôté. Ces lances étaient

encore appelées _lances courtoises_ ou _lances innocentes_. Les Romains

avaient aussi de semblables armes, dites _arma lusoria_.

[20] Saint Bernard de Sienne, chap. 7, dit qu’en ce cas on allumait

douze cierges représentant les douze apôtres, dans l’idée que

l’agonisant serait rappelé à la vie par le simple changement de son nom

en celui de l’apôtre dont le cierge brûlait plus longtemps.

[21] Avant l’ordonnance que François I^{er} rendit à Villers-Cotterets,

au mois d’août 1539, il en avait rendu deux autres sur le même sujet,

celle de 1532 et celle de 1529. Il s’était montré en cela imitateur

de Louis XII, qui avait prescrit par un arrêt de 1512 d’employer le

_langage françois uniquement et exclusivement à tout autre_ dans

les actes publics, et Louis XII lui-même n’avait fait que suivre

l’exemple de Charles VIII, dont un décret daté de 1490 exigeait que

les dépositions judiciaires fussent écrites en français. Mais l’usage

de cette rédaction en langue maternelle remonte beaucoup plus haut. Il

était assez fréquent sous le règne de Louis IX; et il y a des preuves

irrécusables qu’il existait du temps de Philippe-Auguste, même du temps

de Louis VII.

[22] On appelait _avage_, _havage_ ou _havée_, une sorte de mesure en

usage dans la Normandie, et quelques autres provinces: c’était une

fraction du septier, équivalente à une poignée. Le droit d’avage, qui

a existé jusqu’en 1750, consistait à prendre dans les marchés autant

de grains ou de denrées que la main peut en contenir. Le bourreau, en

percevant ce droit, marquait avec de la craie l’habit des marchands,

pour quittance du paiement.

[23] C’est le titre d’un ancien registre du parlement.

[24] Bray est un village de Berkshire, dans l’Angleterre proprement

dite.

[25] Je les prends dans un livre de statistique publié par M. Mourgues

en l’an IX (1801).

[26] Le Talmud (mot hébreu qui signifie _instruction_) est un livre qui

contient la loi orale, la doctrine, la morale et les traditions des

Juifs. Ce livre est l’ouvrage d’une foule de rabbins ou docteurs.

[27] On lit dans un sermon d’Innocent III que la fête de la

Chandeleur fut substituée à celle de Cérès, où l’on fesait de grandes

illuminations et où les femmes portaient des flambeaux.

[28] C’est le nom que le peuple donnait à François I^{er}, dont le

nez était un remarquable morceau d’histoire naturelle. Louis Aleaume,

lieutenant-général d’Orléans et bon poëte latin, a dit de ce prince:

_Occupat immenso qui tota numismata naso._

[29] Ces religieux, de la règle de saint Bernard, prirent le nom de

_feuillants_, parce que leur abbaye, chef d’ordre, était au village de

_Feuillans_, en Languedoc, à cinq lieues de Toulouse, dans le diocèse

de Rieux.

[30] Presque tous les commentateurs ont prétendu que c’était d’une

sirène qu’Horace voulait parler, en peignant dans ce vers _une belle

femme dont le corps se termine en poisson_; mais il n’y a aucun

mythologue ni aucun monument de l’antiquité qui aient représenté les

sirènes comme femmes-poissons.

[31] L’apore, mot tiré du grec ἄπορου, qui signifie _sans issue_, est

un problème regardé comme insoluble.

[32] On disait aussi autrefois _écarlate rouge_, _écarlate blanche_,

_écarlate noire_, comme on le voit dans les ordonnances des rois de

France du quatorzième siècle. Le mot _purpureus_ avait en latin une

semblable acception; il signifiait _éblouissant_. Horace applique cette

épithète aux cygnes, _purpurei olores_; et Plutarque, dans la _Vie

d’Alexandre_, parle de la _pourpre blanche_ d’Hermione ville de Laconie.

[33] Cette croix, composée de deux pièces de bois en sautoir, a été

ainsi nommée, parce qu’elle fut l’instrument du martyre que l’apôtre

saint André subit à Patras.

[34] Borel a rapporté d’autres explications que voici: «Pile vient d’un

ancien mot qui signifie _prince_ (aussi est-ce le côté où est la tête

du prince qu’on nomme pile), ou bien de _pileus_, bonnet, parce que le

_pileus_ étant la marque de la liberté, on l’avait mis sur certaines

monnaies; ou bien encore de _pyle_ qui en ancien gaulois se disait pour

navire (d’où dérive _pilote_), car en la première monnoie, qui fut

celle de Janus ou Noé, était représentée la navire ou arche, et j’en ai

plusieurs de telles (monnaies) tant d’argent que de bronze.» (_Antiq.

gauloises._)

[35] Cœlius Rhodiginus cite l’expression _grammatica pocula_, traduite

du grec d’Athénée. On lit dans les Adages des pères de l’Église, _urna

litterata_; et il y a un vieux proverbe italien et français qui dit, _E

scritto sopra i bocali_, _c’est écrit sur les pots_, pour signifier,

c’est très connu.

[36] «Les chrétiens, dit Le Duchat, qualifièrent de _Grand-Turc_

Mahomet II, non par rapport à ses grandes actions, mais eu égard à

l’étendue de sa domination, en comparaison du sultan de Cappadoce,

son contemporain, que Monstrelet désigne sous le nom de _Petit-Turc_.

Après la prise de Constantinople, celui-ci eut sur les bras Mahomet II

qui, s’étant emparé de ses états, conserva le titre de _Grand-Turc_,

quoiqu’il n’y eût plus de _Petit-Turc_.»

[37] On lit dans la _Dama Duende_, comédie de Calderon de la Barca:

«C’était un diable si petit, et il portait un capuchon si petit, qu’à

ces signes je crois que c’était le diable-capucin.» Cobaruvias dit que

le nom de _duende_ a été formé par contraction de _dueno de casa_,

maître de la maison.

[38] Longin reproche à Platon d’avoir appelé l’eau _une divinité

sobre_. Cette expression, dit La Harpe, est en effet ridicule.

[39] La pièce d’Izarn, composée d’environ huit cents vers alexandrins,

a beaucoup d’importance sous le rapport historique. C’est une

controverse qui contient la réfutation en forme et par conséquent

l’exposé de la doctrine attribuée aux Albigeois. On y voit de quelle

manière on s’y prenait pour convertir ces malheureux, et avec quel zèle

à la fois absurde et barbare on renforçait les arguments par la terreur

des supplices. Image parlante de l’ancienne inquisition.

[40] Les guerriers macédoniens portaient une ceinture de cuir, qu’ils

ne devaient quitter qu’après avoir tué un ennemi; alors seulement ils

devenaient de vrais guerriers, des _hommes libres_.

[41] L’usage barbare de vendre les prisonniers faits à la guerre

n’était pas encore tout à fait aboli au dix-septième siècle. M. de

Châteaubriand a remarqué que dans les guerres des Anglais contre

Charles I^{er}, pour la liberté des hommes, on vit ces fameux niveleurs

vendre comme esclaves les royalistes pris sur le champ de bataille.

[42] Le nom d’Arthur est formé des deux mots _Arth-uer_, qui signifient

_souverain des Silures_, suivant Withaer, auteur d’une histoire

intéressante et même probable des guerres de ce prince.

[43] On croit que les gazettes ont été inventées en Chine, où l’on

_imprime_ tous les jours, depuis un temps immémorial, par ordre de la

cour, une relation circonstanciée de ce qui se passe dans l’empire.

Un savant rédacteur du _Journal des Débats_, M. Jos.-Vict. Leclerc,

nous a appris que les gazettes ont existé aussi chez les Romains,

ce dont personne ne s’était douté avant lui. Mais si la chose est

ancienne, le mot ne l’est pas; il vient de l’italien _gazetta_,

petite pièce de monnaie qu’on payait pour la lecture d’un cahier de

nouvelles manuscrites qui se publiaient, chaque semaine, à Venise,

au commencement du seizième siècle, à l’époque où cette ville était

l’asile de la liberté et l’Italie le centre des négociations de

l’Europe. Le médecin Théophraste Renaudot eut le premier, en France,

l’idée de faire une semblable publication pour récréer ses malades, et

il fonda à Paris, en 1631, _la Gazette de France_, pour laquelle il

obtint un privilége du roi l’année suivante.

[44] La raison pour laquelle les époux devaient s’abstenir du devoir

conjugal, non-seulement pendant les fêtes de Pâques, mais pendant

les autres fêtes et les dimanches, d’après la recommandation même de

l’Église, était fondée sur une superstition qui leur fesait croire que

les enfants procréés ces jours-là ne pouvaient manquer d’être noués,

contrefaits, épileptiques ou lépreux. Cette superstition existait dès

le sixième siècle. (Voyez Grégoire de Tours, _de Mirac. S. Martini_,

lib. 11, c. 24.)

[45] On croit à tort que les lettres de rémission furent obtenues par

l’entremise de Diane de Poitiers qui désarma le courroux de François

I^{er}, ému, dit-on, à sa vue, d’un autre sentiment que celui de la

pitié. Rien n’est moins prouvé que ce fait qui, s’il était vrai,

donnerait quelque fondement à l’opinion de certains auteurs qui

veulent que cette dame ait été la maîtresse de ce monarque avant

d’être celle de Henri II, d’où vient que Buchanan l’a surnommée _Diana

venatrix regum_. Ce n’est pas à elle que les lettres de rémission

furent octroyées, mais à son mari, le comte de Maulevrier-Brézé, grand

sénéchal de Normandie, qui avait découvert la conspiration. Elles

n’accordaient pas du reste une grâce pure et simple au coupable:

elles commuaient sa peine en une détention perpétuelle entre quatre

murailles, où il ne devait recevoir le jour et la nourriture que par

une petite lucarne. E. Pasquier (_Recherches_, liv. VIII, ch. 39)

prétend qu’il mourut de la fièvre quelques jours après la terrible

épreuve à laquelle il fut soumis. Cependant le traité de Madrid, conclu

en janvier 1526, atteste qu’il existait encore et était prisonnier, à

cette époque, puisque sa délivrance est stipulée dans une des clauses

de ce traité.

[46] On trouve aussi _écrire florettes_, expression qui signifie

particulièrement: _écrire en chiffres de fleurs_.

[47] Ces flûtes, dont chacune contenait au moins un chopine, ont donné

naissance au verbe _flûter_, très usité parmi le peuple, pour dire

_boire largement_.

[48] Ce vers se trouve dans la tragédie de _la Mort d’Abel_, où il est

déplacé pour deux raisons: 1º parce qu’il fait partie du rôle de Caïn;

2º parce que c’était une chose fort difficile, au temps d’Abel et de

Caïn, dit M. Ch. Nodier, qu’il y eût des amis au troisième degré.

[49] La _rue aux Oues_, _via ad Aucas vel Ocas_, comme dit une vieille

charte latine, est celle qui s’appelle aujourd’hui _rue aux Ours_, par

corruption de son nom primitif, et qui va de la rue St-Martin à la rue

St-Denis.

[50] Ce fait est que _maître Gonin_ ayant été condamné, en 1570, au

supplice de la corde, par arrêt du parlement, usa si bien de son art

magique, que le bourreau, qui croyait le pendre, pendit à sa place la

mule du premier président. (_Disquisit. mag._, liv. III.)

[51] Ils avaient toujours le roi pour parrain et la reine pour

marraine, et c’est apparemment à cause de cela que leur baptême était

retardé jusqu’à un âge où ils fussent en état de sentir que cet honneur

qu’ils recevaient était un lien de plus qui devait les attacher encore

davantage à leur souverain.

[52] Ce droit, qu’un vieil auteur a nommé _suille_, du latin _suillus_,

date d’une époque reculée. Il fut accordé aux églises dès l’an 560, par

édit de Clotaire I^{er}. Ce fut pour le percevoir plus commodément que

le chapitre de Paris fit tenir la _foire des jambons_ dans le parvis de

Notre-Dame, le mardi de la semaine sainte.

[53] Cette dague, encore en usage en 1716, avait été ainsi nommée,

suivant Fauchet, parce que, dès l’instant qu’elle était tirée, le

vaincu devait crier _miséricorde_, s’il voulait éviter la mort.

[54] Dans ce sens, j’ai toujours trouvé le mot écrit _oc_ et non

pas _hoc_. Mais cette différence n’est pas de nature à détruire

l’explication de l’abbé Morellet, qui peut d’ailleurs avoir découvert

des exemples de l’orthographe qu’il a adoptée.

[55] C’est l’opinion de David Hume et de la plupart des historiens qui

est rapportée ici. Il y en a qui pensent que l’ordre de la jarretière

dut sa naissance à la fameuse journée de Crécy, où l’on avait pris pour

mot de guet _garter_, qui, en anglais, signifie _jarretière_.

[56] Charles Quint avait toujours eu un goût très prononcé pour

l’horlogerie. Un de ses maîtres d’hôtel disait qu’il désespérait de

pouvoir réveiller son appétit autrement qu’en lui servant une fricassée

d’horloges.

[57] Les moines _jacobins_ étaient les mêmes que les _dominicains_ ou

_frères prêcheurs_. Le nom de jacobins leur avait été donné parce que

le premier couvent qu’ils avaient occupé à Paris était dans la rue

Saint-Jacques, _in via sancti Jacobi_.

[58] Ce mot vient du latin _scopelismus_, fait de _scopulus_, en grec

σκόπελος, _pierre_, _rocher_.

[59] Jarnac, qui dépensait beaucoup, quoiqu’il n’eût qu’un faible

patrimoine, était soupçonné de devoir l’opulence dont il fesait parade

aux libéralités de sa belle-mère, qui avait pour lui une tendresse plus

que maternelle; et Lachataigneraie avait eu l’indiscrétion de dire que

la chose était vraie, d’après une confidence qu’il prétendait avoir

reçue de Jarnac, lorsqu’ils étaient tous deux intimes. C’est ce qu’on

voit dans les pièces mêmes du cartel qui ont été conservées.

[60] Le dîner fut avancé jusqu’à neuf heures, même jusqu’à huit heures

du matin, à ce que nous apprend Montaigne.

[61] Elles en avaient bien formé treize, mais comme on avait omis trois

jours à différentes époques l’excédant n’était plus que de dix jours.

[62] Il s’agit évidemment de la force morale. Le nom d’Israël, dit

M. Salvador, a été composé expressément dans l’intérêt d’une idée,

d’un principe, et il est provenu de la réunion des deux mots hébreux

_lachar_ et _el_, qui signifient _droiture_ et _force_.

[63] Christine de Pisan rapporte, comme une chose extraordinaire,

qu’une simple dame de Gatinois eût osé porter cette cottehardie à queue

traînante.

[64] _Tailler quelqu’un de l’étole de saint Hubert_, c’était insérer

une parcelle de cette étole dans une entaille qu’on lui fesait au front

avec la clef de saint Hubert, espèce de cor ou de cornet de fer béni.

Cette expression était technique.

[65] Un décret de l’empereur Othon fait voir quel devait être

l’excès de ce luxe épiscopal. Il borne le nombre des chevaux pour un

archevêque, à douze, et pour un évêque, à six.

[66] De là est venu le préjugé qui fait que beaucoup de gens éprouvent

un certain déplaisir à la vue d’un pain tourné au rebours.

[67] Comme ce verbe est très ignoré des lexicographes, dans l’acception

que j’indique, je citerai pour preuve de cette acception les deux vers

suivants, extraits de la _Trésorière_, comédie de Jacques Grevin (Act.

II, sc. 2):

Si est-ce que j’ay espérance _D’émoucher quelque argent de vous_.

[68] Ouvrage composé au XII^e siècle par Hue de Tabarie. Le fragment

cité est extrait d’une édition dans laquelle le style de cet ouvrage a

été un peu rajeuni.

[69] Mabinogion est un mot gallois qui signifie contes pour la jeunesse

et l’enfance. M. de Walckenaer reconnaît dans le mabinogion le type

primitif de nos contes de fées.

[70] Lors de l’avénement de Hugues Capet, on comptait en France plus

de cent cinquante monnaies différentes, dont la plupart s’excluaient

réciproquement, ce qui rendait presque impossible le commerce de

province à province. La monnaie royale n’eut cours, dans tout le

royaume, que sous le règne de Louis IX, qui eut seul le droit de

faire frapper de» pièces d’or et d’argent, en laissant à plus de

quatre-vingts seigneurs celui d’en fabriquer d’une autre matière.

[71] Pour qu’on ne m’accuse pas de vouloir rien ôter à la gloire

de saint Denis, j’ajouterai, d’après Helduin, son biographe, qu’il

baisa plusieurs fois sa tête sur la route, en présence des anges

qui l’accompagnaient en chantant: _Gloria tibi, Domine, alleluia_.

Une action si miraculeuse doit être conservée dans les livres, avec

d’autant plus de soin que la peinture et la sculpture seront à jamais

impuissantes à la représenter.

[72] C’est le nom qu’on donnait à la somme taxée par les lois pour la

réparation de quelque crime. «Les peines corporelles, dit M. Michelet,

étaient rares, inexécutables, chez les Barbares. Ce n’était pas chose

aisée de mettre la main sur un homme désespéré, pour lequel toute une

tribu aurait combattu. Les représailles, d’ailleurs, n’auraient jamais

fini. Il valait mieux éteindre la vengeance, faire payer le coupable.»

De là vint l’usage du _wehrgeld_ ou composition.

[73] Phébus était un surnom donné à ce prince, soit à cause de sa

beauté, soit à cause de son amour pour la chasse, soit à cause du

soleil qu’il avait pris pour emblème.

[74] C’est ce que dit saint Grégoire de Nazianze, dans des vers grecs

dont sir Thomas Brown a rapporté cette traduction latine.

Utque latet rosa verna suo putamine clausa, Sic os vincla ferat,

validisque arctetur habenis Indicatque suis prolixa silentia labris.

[75] Cet usage n’est pas entièrement tombé en désuétude. J’en ai

été témoin dans la petite ville de Vahres, près de Saint-Affrique,

département de l’Aveyron.

[76] _Jacquet_ était, dit-on, venu par corruption de _jacet_: troisième

personne du présent de l’indicatif du verbe latin _jaceo_, employé pour

exprimer l’action du flatteur qui se prosterne, qui se met pour ainsi

dire à plat ventre devant la personne qu’il veut flagorner.

[77] Des écrivains respectables assurent que les lis ne furent

introduits que sous le règne de Louis-le-Jeune dans les armoiries de

France, à la place des abeilles qui y figuraient primitivement. Comme

ce prince avait été surnommé _florus_, à cause de sa grande beauté, ils

conjecturent que ce doux surnom de _fleur_, joint à l’analogie que le

nom de _Loïs_ (_Louis_), avait avec un lis, donna l’idée d’adopter un

tel emblème.

[78] La forme originale de cette phrase est devenue un objet de

controverse pour les grammairiens. Les uns l’ont sévèrement blâmée,

comme contraire aux habitudes reçues; les autres l’ont beaucoup louée,

mais sans nous faire connaître la véritable raison pour laquelle

l’_innocence_ et le _repentir_, qui sont des noms dont le genre est

différent, ont pu être légitimement désignés, dans le nom pluriel

_sœurs_, par le même genre, et par le genre féminin plutôt que par le

masculin. Voici, je crois, cette raison. Le nom _sœurs_ n’est point

en rapport immédiat avec l’_innocence_ et le _repentir_, mais avec

un nom pluriel ellipsé, et la construction pleine est celle-ci: _Il

n’appartenait qu’à la religion chrétienne d’avoir fait deux sœurs_,

DES DEUX VERTUS, _l’innocence et le repentir_. Les mots sont disposés

dans la phrase avec tout l’art nécessaire pour faire passer ce qu’il

y a de singulier et d’imprévu. Le mot _sœurs_ s’offre le premier;

immédiatement après lui vient celui d’_innocence_, qui donne à entendre

que les deux sœurs sont des vertus. Le _repentir_ n’arrive qu’en

dernier lieu, et revêtu, pour ainsi dire, du caractère particulier sous

lequel l’imagination du lecteur l’a déjà entrevu. M. de Châteaubriand,

considérant le _repentir_ comme une autre _innocence_, a fait sa

construction selon l’idée qu’il avait dans l’esprit, plutôt que selon

les mots, en vertu de la figure de grammaire nommée syllepse ou

synthèse. L’usage de la syllepse du genre est assez fréquent dans notre

langue. J’en pourrais citer beaucoup d’exemples; mais je me bornerai

à celui-ci, de Voltaire: _Joue-t-on Tancrède? personne ne m’en dit

rien. Réussit_-ELLE? _Est_-ELLE _tombée_? Mon intention, en choisissant

cette phrase, est de montrer que l’idée peut en être reproduite sous

la même forme que celle de M. de Châteaubriand, sans donner prise à

la critique; et, pour cela, il n’y a qu’à dire: Joue-t-on Zaïre et

Tancrède? Le public applaudit-il toujours ces deux charmantes sœurs?

[79] Expression prise des comédies espagnoles où figure un _capitan

matamoros_, c’est-à-dire un _capitaine tue-mores_.

[80] La _fête des fous_ dont Pierre de Corbeil, archevêque de Sens,

avait composé un office qu’on trouve dans un diptyque conservé à la

bibliothèque de cette ville, était un mélange monstrueux d’impiété

et de religion. Elle donnait lieu à des cérémonies bizarres et

extravagantes. On y élisait un évêque et même, dans quelques églises,

un pape des fous. Les prêtres y figuraient barbouillés de lie, masqués

ou travestis de la manière la plus folle et la plus ridicule. Promenés

dans des tombereaux pleins d’ordure, ils chantaient des chansons

obscènes, prenaient des postures lascives, fesaient des gestes

impudiques et mettaient des morceaux de vieilles savattes dans leurs

encensoirs. La fameuse prose de l’âne y était chantée à deux chœurs qui

imitaient par intervalles et comme par refrain le braire de cet animal

qu’on voulait honorer parce qu’il avait assisté à la naissance de

Jésus-Christ, et l’avait porté sur son dos, lors de sa fuite en Égypte

et de son entrée à Jérusalem. En chantant la prose on conduisait l’âne,

vêtu d’une belle chape, à la porte de l’église ou vers l’autel.

M. Michelet voit un symbole dans la _fête des fous_. L’homme, dit-il, y

offrait l’hommage même de son imbécillité, de son infamie, à l’église

qui devait le régénérer. C’était une comédie sacrée qu’on jugea

dangereuse, lorsque, ayant cessé de la comprendre, on ne vit que la

lettre et on perdit le sens du symbole.

[81] Nom supposé sous lequel le chartreux Noël d’Argonne a publié des

mélanges assez curieux.

[82]

Laissons cela, _ventre saint-George_! Vous me feriez rendre ma gorge.

Dictionnaire étymologique, historique et anecdotique des proverbes et des locutions proverbiales de la Langue Française en rapport avec de proverbes et des locutions proverbiales des autres langues · 第 62 / 62 题