Madame, ce peu que j'escriptz présentement en la lettre du Roy des
choses de deçà, après la dépesche que naguyères j'ay envoyé par le Sr.
de La Croix, fera assés veoir à Vostre Majesté quel progrez elles
continuent de prendre; dont bientost je vous en pourray faire sçavoir
davantaige, mais [il faut] que j'aye parlé à la Royne d'Angleterre
laquelle, pour l'aparance de peste, qu'il y a encores en ceste ville,
d'où je n'ay bougé, elle m'a mandé que j'aille estre quelque peu de
jours à Coulbronc, qui est ung lieu prez de Vuyndesor, pour prandre
l'air, et que, puys après, je la pourray aller trouver.
Je suys très ayse qu'ayez parlé à Mr. Norrys, son ambassadeur, et,
bien que ce ayt esté ainsy réservéement, comme avez estimé convenir à
voz présentz affaires, j'espère que cella encores servira beaulcoup à
ceulx de la Royne d'Escoce, ausquelz j'adjouxteray l'instante
sollicitation que m'avez commandé envers ceste Royne, sa cousine, et
verray si, par quelque rayson et pacience, je pourray tirer d'elle
aulcune bonne provision pour iceulx; bien que, si une bonne
confirmation me vient par voz lettres que Monseigneur vostre filz ayt
gaigné la victoire contre ceulx de la Rochelle, comme on le publie par
deçà, je ne fais doubte qu'on ne procède icy plus gracieusement et en
meilleur façon au faict de la dicte Royne d'Escoce, et aultres
affaires qui concernent vostre service, qu'on n'a faict jusques à
présent; dont je suplie Nostre Seigneur assister toutjour voz justes
et vertueuses entreprinses, et qu'il vous doinct, etc.
De Londres ce XVIIIe d'octobre 1569.