Madame, Vostre Majesté pourra comprendre, par la lettre que j'escriptz
présentement au Roy, comme ceulx cy, sentans qu'il s'alume du trouble
en ce royaulme, courent à divers remèdes pour le cuyder estaindre, et
ainsy, sans occasion, ont faict surprendre ung mien pacquet où tant
s'en fault qu'ilz puyssent trouver ce qu'ilz vont cerchant, qu'au
contraire ilz y trouveront de quoy estre convaincuz de leurs malices
et du tort qu'ilz font à leur Maistresse de les luy conseiller. Je ne
pourray vous escripre rien plus de quelques jours parce qu'ilz
tiennent les passaiges estroictement fermez, et s'excusent de ne me
vouloir bailler passeport jusques à ce qu'ilz auront veu quel chemyn
prandront leurs affaires; mais j'espère, Madame, que Vostre Majesté
commandera estre faict le mesmes à leur ambassadeur comme ilz feront
icy à moy; et je prieray Dieu, après avoir très humblement baysé les
mains de Vostre Majesté, qu'il vous doinct, etc.
De Londres ce IIIe d'octobre 1569.