Madame, cest adviz que Vostre Majesté trouvera en la lettre du Roy m'a
faict ainsy haster ceste dépesche, incontinent après celle de hyer
matin, affin que ne demeuriez en doubte des aprestz d'Allemaigne,
comme j'estime qu'en estiez bien advertye d'ailleurs, et affin aussi,
Madame, qu'y puyssiez pourvoir de bonne heure; et cognoys meintennant
que ceste Royne ne m'a trompé quant elle m'en a donné le premier
advertissement, car les choses aparoissent à ceste heure telles comme
elle me les a cy devant dictes. L'on m'a mandé de ceste court qu'on y
ordonne beaulcoup de préparatifz de guerre et qu'on dict que c'est
pour se deffandre.
Je mettray peyne de sçavoir à quoy tend proprement leur entreprinse,
car, en général, je vous ay desjà assés advertye de leur intention, de
laquelle, s'il y a moyen de rebattre quelque chose, croyés, Madame,
qu'il sera essayé, aydant le Créateur, auquel je prie, etc.
De Londres ce VIe de septembre 1569.