Barbarian ethics proceed by general taboos. Gourmont's essays collected
into various volumes, "Promenades," "Epilogues," etc., are perhaps the
best introduction to the ideas of our time that any unfortunate,
suddenly emerging from Peru, Peoria, Oshkosh, Iceland, Kochin, or other
out-of-the-way lost continent could desire. A set of Landor's collected
works will go further towards civilizing a man than any university
education now on the market. Montaigne condensed Renaissance awareness.
Even so small a collection as Lionel Johnson's "Post Liminium" might
save a man from utter barbarity.
But if, for example, a raw graduate were contemplating a burst into
intellectual company, he would be less likely to utter unutterable
_bêtisses, gaffes_, etc., after reading Gourmont than before. One cannot
of course create intelligence in a numbskull.
Needless to say, Gourmont's essays are of uneven value as the necessary
subject matter is of uneven value. Taken together, proportionately
placed in his work, they are a portrait of the civilized mind. I incline
to think them the best portrait available, the best record that is, of
the civilized mind from 1885-1915.
There are plenty of people who do not know what the civilized mind is
like, just as there were plenty of mules in England who did not read
Landor contemporaneously, or who did not in his day read Montaigne.
Civilization is individual.
Gourmont arouses the senses of the imagination, preparing the mind for
receptivities. His wisdom, if not of the senses, is at any rate via the
senses. We base our "science" on perceptions, but our ethics have not
yet attained this palpable basis.
In 1898, "PAYS LOINTAIN" (reprinted from magazine publication of
1892-4), de Gourmont was beginning his method:
"Douze crimes pour l'honneur de l'infini."
He treats the special case, cases as special as any of James', but
segregated on different demarcative lines. His style had attained the
vividness of
"Sa vocation était de paraître malheureuse, de passer dans la vie comme
une ombre gémissante, d'inspirer de la pitié, du doute et de
l'inquiétude. Elle avait toujours l'air de porter des fleurs vers une
tombe abandonnée."
_La Femme en Noir._
In "HISTOIRES MAGIQUES" (1894): "La Robe Blanche," "Yeux d'eau,"
"Marguerite Rouge," "Sœur de Sylvie," "Danaette," are all of them
special cases, already showing his perception of nevrosis, of
hyperæsthesia. His mind is still running on tonal variations in "Les
Litanies de la Rose."
"Pourtant il y a des yeux au bout des doigts."
"Femmes, conservatrices des traditions milésiennes."
"EPILOGUES" (1895-98). Pleasant re-reading, a book to leave lying about,
to look back into at odd half hours. A book of accumulations. Full of
meat as a good walnut.
Heterogeneous as the following paragraphs:
"Ni la croyance en un seul Dieu, ni la morale ne sont les fondements
vrais de la religion. Une religion, même le Christianisme, n'eut jamais
sur les mœurs qu'une influence dilatoire, l'influence d'un bras levé;
elle doit recommencer son prêche, non pas seulement avec chaque
génération humaine, mais avec chaque phase d'une vie individuelle.
N'apportant pas des vérités évidentes en soi, son enseignement oublié,
elle ne laisse rien dans les âmes que l'effroi du peut-être et la honte
d'être asservi à une peur ou à une espérance dont les chaînes fantômales
entravent non pas nos actes mais nos désirs.
* * * * * * *
"L'essence d'une religion, c'est sa littérature. Or la littérature
religieuse est morte." _Religions._
"Je veux bien que l'on me protège contre des ennemis inconnus, l'escarpe
ou le cambrioleur,--mais contre moi-même, vices ou passions, non."
_Madame Boulton._
"Si le cosmopolitisme littéraire gagnait encore et qu'il réussît à
éteindre ce que les différences de race ont allumé de haine de sang
parmi les hommes, j'y verrais un gain pour la civilisation et pour
l'humanité tout entière." _Cosmopolitisme._
"Augier! Tous les lucratifs rêves de la bourgeoise économe; tous les
soupirs des vierges confortables; toutes les réticences des consciences
soignées; toutes les joies permises aux ventres prudents; toutes les
veuleries des bourses craintives; tous les siphons conjugaux; toutes les
envies de la robe montante contre les épaules nues; toutes les haines du
waterproof contre la grâce et contre la beauté! Augier, crinoline,
parapluie, bec-de-corbin, bonnet grec...." _Augier._
"Dieu aime la mélodie grégorienne, mais avec modération. Il a soin de
varier le programme quotidien des concerts célestes, dont le fond reste
le plain-chant lithurgique, par des auditions de Bach, Mozart, Haendel,
Haydn, 'et même Gounod.' Dieu ignore Wagner, mais il aime la variété."
_Le Dieu des Belges._
"La propriété n'est pas sacrée; elle n'est qu'un fait acceptable comme
nécessaire au développement de la liberté individuelle....
* * * * * * *
"L'abominable loi des cinquantes ans--contre laquelle Proudhon lutta en
vain si courageusement--commence à faire sentir sa tyrannie. La veuve de
M. Dumas a fait interdire la reprise d'Antony. Motif: son bon plaisir.
Des caprices d'héritiers peuvent d'un jour à l'autre nous priver pendant
cinquante ans de toute une œuvre.
* * * * * * *
"Demain les œuvres de Renan, de Taine, de Verlaine, de Villiers
peuvent appartenir à un curé fanatique ou à une dévote stupide." _La
Propriété Littéraire._
"M. Desjardins, plus modeste, inaugure la morale artistique et murale,
secondé par l'excellent M. Puvis de Chavannes qui n'y comprend rien,
mais s'avoue tout de même bien content de figurer sur les murs."
_U.P.A.M._
"Les auteurs, 'avertis par le Public....' Il y a dans ces mots toute une
esthétique, non seulement dramatique, mais démocratique: Plus
d'insuccès. Plus de fours. Admirable invention par laquelle, sans doute,
le peuple trouvera enfin l'art qui lui convient et les auteurs qu'il
mérite." _Conscience Littéraire._
"Le citoyen est une variété de l'homme; variété dégénérée ou primitive
il est à l'homme ce que le chat de goutière est au chat sauvage.
* * * * * * *
"Comme toutes les créations vraiment belles et noblement utiles, la
sociologie fut l'œuvre d'un homme de génie, M. Herbert Spencer, et le
principe de sa gloire.
* * * * * * *
"La saine Sociologie traite de l'évolution à travers les âges d'un
groupe de métaphores, Famille, Patrie, Etat, Société, etc. Ces mots sont
de ceux que l'on dit collectifs et qui n'ont en soi aucune
signification, l'histoire les a employés dë tous temps, mais la
Sociologie, par d'astucieuses définitions précise leur néant tout en
propageant leur culte.
"Car tout mot collectif, et d'abord ceux du vocabulaire sociologique
sont l'objet d'un culte. A la Famille, à la Patrie, à l'Etat, à la
Société, on sacrifie des citoyens mâles et des citoyens femelles; les
mâles en plus grand nombre; ce n'est que par intermède, en temps de
grève ou d'émeute, pour essayer un nouveau fusil que l'on perfore des
femelles; elles offrent au coup une cible moins défiante et plus
plaisante; ce sont là d'inévitables petits incidents de la vie
politique. Le mâle est l'hostie ordinaire.
* * * * * * *
"Le caractère fondamental du citoyen est donc le dévouement, la
résignation et la stupidité; il exerce principalement ces qualités selon
trois fonctions physiologiques, comme animal reproducteur, comme animal
électoral, comme animal contribuable.
* * * * * * *
"Devenu animal électoral, le citoyen n'est pas dépourvu de subtilité.
Ayant flairé, il distingue hardiment entre un opportuniste et un
radical. Son ingéniosité va jusqu'à la méfiance: le mot Liberté le fait
aboyer, tel un chien perdu. A l'idée qu'on va le laisser seul dans les
ténèbres de sa volonté, il pleure, il appelle sa mère, la République,
son père, l'Etat.
* * * * * * *
"Du fond de sa grange ou de son atelier, il entretient volontiers ceux
qui le protègent contre lui-même.
* * * * * * *
"Et puis songe: si tu te révoltais, il n'y aurait plus de lois, et quand
tu voudrais mourir, comment ferais-tu, si le régistre n'était plus là
pour accueillir ton nomme?" _Paradoxes sur le Citoyen._
"Si l'on est porté à souhaiter un déraillement, il faut parler, il faut
écrire, il faut sourire, il faut s'abstenir--c'est le grand point de
toute vie civique. Les actuelles organisations sociales ont cette tare
fondamentale que l'abstention légale et silencieuse les rend inermes et
ridicules. Il faut empoisonner l'Autorité, lentement, en jouant. C'est
si charmant de jouer et si utile au bon fonctionnement humain! Il faut
se moquer. Il faut passer, l'ironie dans les yeux, à travers les mailles
des lois anti-libérales, et quand on promène à travers nos vignes, gens
de France, l'idole gouvernementale, gardez-vous d'aucun acte vilain, des
gros mots, des violences--rentrez chez vous, et mettez les volets. Sans
avoir rien fait que de très simple et de très innocent vous vous
réveillerez plus libres le lendemain." _Les Faiseurs de Statues._
"Charmant Tzar, tu la verras chez toi, la Révolution, stupide comme le
peuple et féroce comme la bourgeoisie; tu la verras, dépassant en
animalité et en rapacité sanglante tout ce qu'on t'a permis de lire dans
les tomes expurgés qui firent ton éducation." _Le Délire Russe._
"Or un écrivain, un poète, un philosophe, un homme des régions
intellectuelles n'a qu'une patrie: sa langue." _Querelles de Belgique._
"Il faut encore, pour en revenir aux assassins, noter que le crime, sauf
en des rares cas passionnels, est le moyen et non le but." _Crimes._
"Le vers traditionnel est patriotique et national; le vers nouveau est
anarchiste et sans patrie. Il semble que la rime riche fasse partie
vraiment de la richesse nationale: on vole quelque-chose à l'Etat en
adoucissant la sonorité des ronrons: 'La France, Messieurs, manque de
consonnes d'appui!' D'autre part, l'emploi de l'assonnance a
quelque-chose de rétrograde qui froisse les vrais démocrates.
* * * * * * *
"Il est amusant de voir des gens qui ne doivent leur état 'd'hommes
modernes' qu'à la fauchaison brutale de toutes les traditions
Françaises, protester aussi sottement contre des innovations non
seulement logiques, mais inévitables. Ce qui donne quelque valeur à leur
acrimonie, c'est qu'ils ignorent tout de cette question si complexe; de
là leur liberté critique, n'ayant lu ni Gaston Paris, ni Darmesteter, ni
aucun des écrivains récents qui étudièrent avec prudence tant de points
obscurs de la phonétique et de la rythmique, ils tirent une autorité
évidente de leur incompétence même." _Le Vers Libre et les Prochaines
Elections._
"PELERIN DU SILENCE" (1896) contains "Fleurs de Jadis" (1893), "Château
Singulier" (1894), "Livres des Litanies," "Litanie de la Rose"[2]
(1892), Théâtre Muet, "Le Fantôme" (1893).
"LIVRE DES MASQUES" (1896), not particularly important, though the
preface contains a good reformulation: as, for example,
"Le crime capital pour un écrivain, c'est le conformisme, l'imitativité,
la soumission aux règles et aux enseignements. L'œuvre d'un écrivain
doit être non seulement le reflet, mais le reflet grossi de sa
personnalité. La seule excuse qu'un homme ait d'écrire c'est de s'écrire
lui-même, de dévoiler aux autres la sort de monde qui se mire en son
miroir individuel; sa seule excuse est d'être original; il doit dire des
choses non encore dites, et les dire en une forme non encore formulée.
Il doit se créer sa propre esthétique--et nous devrons admettre autant
d'esthétiques qu'il y a d'esprits originaux et les juger d'après ce
qu'elles sont, et non d'après ce qu'elles ne sont pas.
* * * * * * *
"L'esthétique est devenue elle aussi, un talent personnel."[3]
_Préface._
"Comme tous les écrivains qui sont parvenus à comprendre la vie,
c'est-à-dire son inutilité immédiate, M. Francis Poictevin, bien que né
romancier, a promptement renoncé au roman.
* * * * * * *
"Il est très difficile de persuader à de certains vieillards--vieux ou
jeunes--qu'il n'y a pas de sujets; il n'y a en littérature qu'un sujet,
celui qui écrit, et toute la littérature, c'est-à-dire toute la
philosophie, peut surgir aussi bien à l'appel d'un chien écrasé qu'aux
acclamations de Faust interpellant la Nature: 'Où te saisir, ô Nature
infinie? Et vous, mamelles?'" _Francis Poictevin._
This book is of the '90s, of temporary interest, judgment in mid-career,
less interesting now that the complete works of the subjects are
available, or have faded from interest. This sort of criticism is a duty
imposed on a man by his intelligence. The doing it a duty, a price
exacted for his possession of intelligence.
In places the careless phrase, phrases careless of sense, in places the
thing bien dit as in Verlaine. Here and there a sharp sentence, as
"M. Moréas ne comprendra jamais combien il est ridicule d'appeler Racine
le Sophocle de la Ferté Milon." or:
"Parti de la chanson de Saint Léger, il en est, dit-on, arrivé au
XVIIème. siècle, et cela en moins de dix années; ce n'est pas si
décourageant qu'on l'a cru. Et maintenant que les textes se font plus
familiers, la route s'abrège; d'ici peu de haltes, M. Moréas campera
sous le vieux chêne Hugo et, s'il persévère, nous le verrons atteindre
le but de son voyage, qui est sans doute de se rejoindre lui-même."
_Jean Moréas._
This first "Livre des Masques" is of historical interest, as a list of
men interesting at their time. It is work done in establishing good
work, a necessary scaffolding, the debt to De Gourmont, because of it,
is ethical rather than artistic. It is a worthy thing to have done. One
should not reproach flaws, even if it appears that the author wastes
time in this criticism, although this particular sort of half energy
probably wouldn't have been any use for more creative or even more
formulative writing. It is not a carving of statues, but only holding a
torch for the public; ancillary writing. Local and temporal, introducing
some men now better known and some, thank Heaven, unknown or forgotten.
"DEUXIÈME LIVRE DES MASQUES" (1898), rather more important, longer
essays, subjects apparently chosen more freely, leaves one perhaps more
eager to read Alfred Valette's "Le Vierge" than any other book
mentioned.
"Etre nul arrêté dans son développement vers une nullité équilibrée."
We find typical Gourmont in the essay on Rictus:
"Ici c'est l'idée de la résignation qui trouble le Pauvre; comme tant
d'autres, il la confond avec l'idée bouddhiste de non-activité. Cela n'a
pas d'autre importance en un temps où l'on confond tout, et où un
cerveau capable d'associer et de dissocier logiquement les idées doit
être considéré comme une production miraculeuse de la Nature.
* * * * * * *
"Or l'art ne joue pas; il est grave, même quand il rit, même quand il
danse. Il faut encore comprendre qu'en art tout ce qui n'est pas
nécessaire est inutile; et tout ce qui est inutile est mauvais." _Jehan
Rictus._
He almost convinces one of Ephraim Mikhail's poetry, by his skillful
leading up to quotation of:
"Mais le ciel gris est plein de tristesse câline
inéffablement douce aux cœurs chargés d'ennuis."
The essay on the Goncourt is important, and we find in it typical
dissociation.
"Avec de la patience, on atteint quelquefois l'exactitude, et avec de la
conscience, la véracité; ce sont les qualités fondamentales de
l'histoire.
* * * * * *
"Quand on a goûté à ce vin on ne veut plus boire l'ordinaire vinasse des
bas littérateurs. Si les Goncourt étaient devenus populaires, si la
notion du style pouvait pénétrer dans les cerveaux moyens! On dit que le
peuple d'Athêne avait cette notion.
* * * * * *
"Et surtout quel mémorable désintéressement! En tout autre temps nul
n'aurait songé à louer Edmond de Goncourt pour ce dédain de l'argent et
de la basse popularité, car l'amour est exclusif et celui qui aime l'art
n'aime que l'art: mais après les exemples de toutes les avidités qui
nous ont été donnés depuis vingt ans par les boursiers des lettres, par
la coulisse de la littérature, il est juste et nécessaire de glorifier,
en face de ceux qui vivent pour l'argent, ceux qui vécurent pour l'idée
et pour l'art.
* * * * * *
"La place des Goncourt dans l'histoire littéraire de ce siècle sera
peut-être même aussi grande que celle de Flaubert, et ils la devront à
leur souci si nouveau, si scandaleux, en une littérature alors encore
toute rhétoricienne, de la 'non-imitation'; cela a révolutionné le
monde de l'écriture. Flaubert devait beaucoup à Chateaubriand: il serait
difficile de nommer le maître des Goncourt. Ils conquirent pour eux,
ensuite pour tous les talents, le droit à la personnalité stricte, le
droit pour un écrivain de s'avouer tel quel, et rien qu'ainsi, sans
s'inquiéter des modèles, des règles, de tout le pédantisme universitaire
et cénaculaire, le droit de se mettre face-à-face avec la vie, avec la
sensation, avec le rêve, avec l'idée, de créer sa phrase--et même, dans
les limites du génie de la langue, sa syntaxe." _Les Goncourt._
One is rather glad M. Hello is dead. Ghil is mentionable, and the
introductory note on Felix Fénéon is of interest.
Small reviews are praised in the notes on Dujardins and Alfred Vallette.
"Il n'y a rien de plus utile que ces revues spéciales dont le public élu
parmi les vrais fidèles admet les discussions minutieuses, les
admirations franches." _On Edouard Dujardins._
"Il arrive dans l'ordre littéraire qu'une revue fondée avec quinze louis
a plus d'influence sur la marche des idées et par conséquent, sur la
marche du monde (et peut-être sur la rotation des planètes) que les
orgueilleux recueils de capitaux académiques et de dissertations
commerciales." _On Alfred Voilette._
"PROMENADES PHILOSOPHIQUES" (1905-8). One cannot brief such work as the
Promenades. The sole result is a series of aphorisms, excellent perhaps,
but without cohesion; a dozen or so will show an intelligence, but
convey neither style nor personality of the author:
"Sans doute la religion n'est pas vraie, mais l'anti-religion n'est pas
vraie non plus: la vérité réside dans un état parfait d'indifférence.
* * * * * *
"Peu importe qu'on me sollicite par des écrits ou par des paroles; le
mal ne commence qu'au moment où on m'y plie par la force." _Autre Point
de Vue._
"L'argent est le signe de la liberté. Maudire l'argent, c'est maudire la
liberté, c'est maudire la vie qui est nulle si elle n'est libre."
_L'Argent._
"Quand on voudra définir la philosophie du XIXème siècle, on s'apercevra
qu'il n'a fait que de la théologie.
* * * * * *
"Apprendre pour apprendre est peut-être aussi grossier que manger pour
manger.
* * * * * *
"C'est singulier en littérature, quand la forme n'est pas nouvelle, le
fond ne l'est pas non plus.
* * * * * *
"Le nu de l'art contemporain est un nu d'hydrothérapie.
* * * * * *
"L'art doit être à la mode ou créer la mode.
* * * * * *
"Les pacifistes, de braves gens à genoux, près d'une balance et priant
le ciel qu'elle s'incline, non pas selon les lois de la pesanteur, mais
selon leurs vœux.
* * * * * *
"La propriété est nécessaire, mais il ne l'est pas qu'elle reste
toujours dans les mêmes mains.
* * * * * *
"Il y a une simulation de l'intelligence comme il y a une simulation de
la vertu.
* * * * * *
"Le roman historique. Il y a aussi la peinture historique,
l'architecture historique, et, à la mi-carême, le costume historique.
* * * * * *
"Etre impersonnel c'est être personnel selon un mode particulier: Voyez
Flaubert. On dirait en jargon: l'objectif est une des formes du
subjectif.
* * * * * *
"La maternité, c'est beau, tant qu'on n'y fait pas attention. C'est
vulgaire dès qu'on admire.
* * * * * *
"L'excuse du christianisme, ça a été son impuissance sur la réalité. Il
a corrompu l'esprit bien plus que la vie.
"Je ne garantis pas qu'aucune de ces notes ne se trouve déjà dans un de
mes écrits, ou qu'elle ne figurera pas dans un écrit futur. On les
retrouvera peut-être même dans des écrits qui ne seront pas les miens."
_Des Pas sur le Sable._
Those interested in the subject will take "LE PROBLÈME DU STYLE" (1902)
entire; the general position may perhaps be indicated very vaguely by
the following quotations:
"Quant à la peur de se gâter le style, c'est bon pour un Bemho, qui use
d'une langue factice. Le style peut se fatiguer comme l'homme même; il
vieillira de même que l'intelligence et la sensibilité dont il est le
signe; mais pas plus que l'individu, il ne changera de personnalité, à
moins d'un cataclysme psychologique. Le régime alimentaire, le séjour à
la campagne ou à Paris, les occupations sentimentales et leurs suites,
les maladies ont bien plus d'influence sur un style vrai que les
mauvaises lectures. Le style est un produit physiologique, et l'un des
plus constants; quoique dans la dépendance des diverses fonctions
vitales.
"Les États-Unis tomberaient en langueur, sans les voyages en Europe de
leur aristocratie, sans la diversité extrême des climats, des sols et
par conséquent des races en évolution dans ce vaste empire. Les échanges
entre peuples sont aussi nécessaires à la révigoration de chaque peuple
que le commerce social à l'exaltation de l'énergie individuelle. On n'a
pas pris garde à cette nécessite quand on parle avec regret de
l'influence des littératures étrangères sur notre littérature.
* * * * * *
"Aujourd'hui l'influence d'Euripide pourrait encore déterminer en un
esprit original d'intéressantes œuvres; l'imitateur de Racine
dépasserait à peine le comique involontaire. L'étude de Racine ne
deviendra profitable que dans plusieurs siècles et seulement à condition
que, complètement oublié, il semble entièrement nouveau, entièrement
étranger, tel que le sont devenus pour le public d'aujourd'hui Adenès li
Rois ou Jean de Meung. Euripide était nouveau au XVIIème siècle.
Théocrite l'était alors que Chénier le transposait. 'Quand je fais des
vers, insinuait Racine, je songe toujours à dire ce qui ne s'est point
encore dit dans notre langue.' André Chénier a voulu exprimer celà aussi
dans une phrase maladroite; et s'il ne l'a dit il l'a fait. Horace a
bafoué les serviles imitateurs; il n'imitait pas les Grecs, il les
étudiait.
* * * * * *
"'Le style est l'homme même' est un propos de naturaliste, qui sait que
le chant des oiseaux est déterminé par la forme de leur bec, l'attache
de leur langue, le diamètre de leur gorge, la capacité de leurs poumons.
* * * * * *
"Le style, c'est de sentir, de voir, de penser, et rien plus.
* * * * * *
"Le style est une spécialisation de la sensibilité.
* * * * * *
"Une idée n'est qu'une sensation défraîchie, une image effacée.
* * * * * *
"La vie est un dépouillement. Le but de l'activité propre d'un homme est
de nettoyer sa personnalité, de la laver de toutes les souillures qu'y
déposa l'éducation, de la dégager de toutes les empreintes qu'y
laissèrent nos admirations adolescentes.
* * * * * *
"Depuis un siècle et demi, les connaissances scientifiques ont augmenté
énormément; l'esprit scientifique a rétrogradé; il n'y a plus de contact
immédiat entre ceux qui lisent et ceux qui créent la science, et (je
cite pour la seconde fois la réflexion capitale de Buffon): 'On
n'acquiert aucune connaissance transmissible qu'en voyant par soi-même':
Les ouvrages de seconde main amusent l'intelligence et ne stimulent pas
son activité.
* * * * * *
"Rien ne pousse à la concision comme l'abondance des idées." _Le
Problème du Style_,1902.
Christianity lends itself to fanaticism. Barbarian ethics proceed by
general taboos. The relation of two individuals in relation is so
complex that no third person can pass judgment upon it. Civilization is
individual. The truth is the individual. The light of the Renaissance
shines in Varchi when he declines to pass judgment on Lorenzaccio.
One might make an index of, but one cannot write an essay upon, the
dozen volumes of Gourmont's collected discussions. There was weariness
towards the end of his life. It shows in even the leisurely charm of
"Lettres à l'Amazone." There was a final flash in his drawing of M.
Croquant.
The list of his chief works published by the Mercure de France, 26 Rue
de Condé, Paris, is as follows:
"Sixtine."
"Le Pèlerin du Silence."
"Les Chevaux de Diomède."
"D'un Pays Lointain."
"Le Songe d'une Femme."
"Lilith, suivi de Théodat."
'Une Nuit au Luxembourg."
"Un Cœur Virginal."
"Couleurs, suivi de Choses Anciennes."
"Histoires Magiques."
"Lettres d'un Satyre."
"Le Chat de Misère.
"Simone."