COMPLAINTE DES BONS MENAGES

L'Art sans poitrine m'a trop longtemps bercé dupe.

Si ses labours sont fiers, que ses bles décevants!

Tiens, laisse-moi bêler tout aux plis de ta jupe

Qui fleure le couvent.

La Génie avec moi, serf, a fait des manières;

Toi, jupe, fais frou-frou, sans t'inquièter pourquoi....

* * * * * * *

Mais l'Art, c'est l'Inconnu! qu'on y dorme et s'y vautre,

On ne peut pas l'avoir constamment sur les bras!

Et bien, ménage au vent! Soyons Lui, Elle et l'Autre.

Et puis n'insistons pas.

Et puis? et puis encore un pied de nez mélancolique à la destinée:

Qui m'aima jamais? Je m'entête

Sur ce refrain bien impuissant

Sans songer que je suis bien bête

De me faire du mauvais sang:

Jules Laforgue a publié outre les _Complaintes_, un livret de vers

dégingandés, d'une raillerie splénétique, à froid, comme celle qui sied

aux hommes du Nord. Mais il a su y ajouter ce sans-façon de choses dites

à l'aventure, et tout un parfum de lumière argentine, comme les rayons

de _Notre-Dame la Lune_ qu'il célèbre. Le manque de place nous prive

d'en citer quelques pages. Nous avons lu aussi cette étrange Nuit

d'Etoiles: le _Conseil Féerique_, un assez court poème édité par la

"Vogue"; divers articles de revue, entre lesquels cette page

ensoleillée, parue dans la Revue Indépendante: _Pan et la Syrinx_. Enfin

un nouveau livre était annoncé: _de la Pitié, de la Pitié_!, déjà

préparé par l'une des Invocations du volume précédent, et dont nous

croyons voir l'idée en ces vers des _Complaintes_:

Vendange chez les Arts enfantins; sois en fête

D'une fugue, d'un mot, d'un ton, d'un air de tête.

* * * * * *

Vivre et peser selon le Beau, le Bien, le Vrai?

O parfums, ô regards, ô fois! soit, j'essaierai.

* * * * * *

... Va, que ta seule étude

Soit de vivre sans but, fou de mansuétude--

_--Albert Mockel in "La Wallonie"_, 1887.

I have quoted but sparingly, and I have thought quotation better than

comment, but despite the double meagreness I think I have given evidence

that _La Wallonie_ was worth editing.

It began as _L'Elan Littéraire_ with 16 pages, and an edition of 200

copies; it should convince any but the most stupid that size is not the

criterion of permanent value, and that a small magazine may outlast much

bulkier printings.

After turning the pages of _La Wallonie_, perhaps after reading even

this so brief excerpt, one is ready to see some sense in even so lyric a

phrase as "temps doré, de ferveur et de belle confiance."

In their seven years' run these editors, one at least beginning in his

"teens," had published a good deal of the best of Verhaeren, had

published work by Elskamp, Merrill, Griffin, Louys, Maeterlinck,

Verlaine Van Lerberghe, Gustave Kahn, Moréas, Quillard, André Gide; had

been joined in their editing board by De Régnier (remember that they

edited in Liège, not in Paris; they were not at the hub of the universe,

but in the heart of French Belgium); they had not made any compromise.

Permanent literature, and the seeds of permanent literature, had gone

through proof-sheets in their office.

There is perhaps no greater pleasure in life, and there certainly can

have been no greater enthusiasm than to have been young and to have been

part of such a group of writers working in fellowship at the beginning

of such a course, of such a series of courses as were implicated in _La

Wallonie._

If the date is insufficiently indicated by Mallarmé's allusion to

Whistler, we may turn to the art notes:

"eaux-fortes de Mlle Mary Cassatt ... Lucien Pissaro, Sisley ...

lithographies de Fantin-Latour ... Odillon Redon."

"J'ai été un peu à Paris, voir Burne Jones, Moreau, Delacroix ... la

danse du ventre, et les adorables Javanaises. C'est mon meilleur

souvenir, ces filles "très parées" dans l'étrange demi-jour de leur case

et qui tournent lentement dans la stridente musique avec de si

énigmatique inflexions de mains et de si souriantes poursuites les yeux

dans les yeux."

Prose poetry, that doubtful connection, appears at times even to

advantage:

"Séléné, toi l'essence et le regard des infinis, ton mal nous serait la

félicité suprême. O viens à nous; Tanit, Vierge Tanit, fleur métallique

épanouie aux plaines célestes!"--_Mockel._

[1] _The Little Review_, February, 1918.

[2] A testimony to the effect of anthologies, and to the prestige of Van

Bever and Léautaud in forming French taste, and at the same time the

most amazing response to my French number of the _Little Review_, was

contained in a letter from one of the very poets I had chosen to praise:

"Je vous remercie de m'avoir révélé Laforgue que je connaissais

seulement par les extraits publiés dans la première Anthologie en I

volume par Van Bever et Léautaud."

This is also a reply to those who solemnly assured me that any foreigner

attempting to criticize French poetry would meet nothing but ridicule

from French authors.

I am free to say that Van B. and L.'s selections would have led me

neither to Laforgue nor to Rimbaud. They were, however, my approach to

many of the other poets, and their two volume anthology is invaluable.

[3] Statement dated Feb., 1918.

[4] _"Max Elskamp"; essai par Jean De Bosschère. Bibliothèque de

l'Occident, 17 rue Eblé, Paris, fr_. 3.50.

[5] _Little Review_, Oct., 1918.

[6] _Laforgue!_

Instigations Together with An Essay on the Chinese Written Character · 第 93 / 178 题