LE CRAPAUD

Un chant dans une nuit sans air....

--La lune plaque en métal clair

Les découpures du vert sombre.

... Un chant; comme un écho, tout vif

Enterré, là, sous le massif....

--Ça se tait; viens, c'est là, dans l'ombre....

Un crapaud!

--Pourquoi cette peur,

Près de moi, ton soldat fidèle!

Vois-le, poète tondu, sans aile,

Rossignol de la boue....

--Horreur!--

...Il chante.--Horreur!!--Horreur pourquoi?

_Vois-tu pas son œil de lumière...._

Non, il s'en va, froid, sous sa pierre.

* * * * * *

Bonsoir--ce crapaud-là c'est moi.

Chez Laforgue, il y a plus de gai sans-souci, de coups de batte de

pierrot donnés à toutes choses, plus de "vaille-que-vaille la vie," dit

d'un air de moqueuse résignation. Sa rancœur n'est pas qui

encombrante. Il était un peu l'enfant indiscipliné que rit à travers les

gronderies, et fait la moue à sa fantaisie; mais son haussement

d'épaules gamin, et ses "Après tout?" qu'il jette comme une chiquenaude

au visage du Temps, cachent toujours au fond de son cœur un lac

mélancolique, un lac de tristesse et d'amours flétris, où vient se

refléter sa claire imagination. Témoins ces fragments pris aux

_Complaintes:_ Mon cœur est une urne où j'ai mis certains défunts,

Oh! chut, refrains de leurs berceaux! et vous, parfums.

* * * * * * *

Mon cœur est un Néron, enfant gâté d'Asie,

Qui d'empires de rêve en vain se rassasie.

Mon cœur est un noyé vidé d'âme et d'essors,

Qu'étreint la pieuvre Spleen en ses ventouses d'or.

C'est un feu d'artifice, hélas! qu'avant la fête,

A noyé sans retour l'averse qui s'embête.

Mon cœur est le terrestre Histoire-Corbillard

Que traînent au néant l'instinct et le hazard

Mon cœur est une horloge oubliée à demeure

Qui, me sachant défunt, s'obstine à marquer l'heure.

* * * * * * *

Et toujours mon cœur ayant ainsi déclamé,

En revient à sa complainte: Aimer, être aimé!

Et cette pièce, d'une ironie concentrée:

Instigations Together with An Essay on the Chinese Written Character · 第 92 / 178 题