Et l'hiver m'a donné la main,
J'ai la main d'Hiver dans les mains,
et dans ma tête, au loin, il brûle
les vieux étés de canicule;
et dans mes yeux, en candeurs lentes,
très blanchement il fait des tentes,
dans mes yeux il fait des Sicile,
puis des îles, encore des îles.
Et c'est tout un voyage en rond
trop vite pour la guérison
à tous les pays ou l'on meurt
au long cours des mers et des heures;
et c'est tout un voyage au vent
sur les vaisseaux de mes lits blancs
qui houlent avec des étoiles
à l'entour de toutes les voiles,
or j'ai le goût de mer aux lèvres
comme une rancœur de genièvre
bu pour la très mauvaise orgie
des départs dans les tabagies;
puis ce pays encore me vient:
un pays de neiges sans fin....
Marie des bonnes couvertures,
faites-y la neige moins dure
et courir moins comme des lières
mes mains sur mes draps blancs de fièvre.
_--Max Elskamp in "La Wallonie_," 1892.
The poem appears in Van Bever and Léautaud's anthology and there may be
no reason for my not having thence received it; but there is, for all
that, a certain value in finding a man among his native surroundings,
and in finding Elskamp at home, among his contemporaries, I gained first
the advantage of comprehension.