= [Résumé]
Lancée en octobre 2005 à l’instigation de l’Internet Archive, l’Open
Content Alliance (OCA) - – qui débute véritablement en 2006 - est un
vaste projet public et coopératif de bibliothèque numérique mondiale
proposant un répertoire multilingue de livres et documents multimédia
pour consultation et téléchargement sur tout moteur de recherche. L'OCA
regroupe de nombreux partenaires: bibliothèques, universités,
organisations gouvernementales, associations à but non lucratif,
organismes culturels, sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard,
Microsoft, Yahoo!, Xerox, etc.). Les premiers participants sont les
bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, l'European
Archive, les Archives nationales du Royaume-Uni, O'Reilly Media et les
Prelinger Archives. L’OCA souhaite s’inspirer de l’initiative de Google
tout en évitant ses travers, à savoir la numérisation de livres sous
droits sans l’accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation
et le téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.
= L'Internet Archive
En réaction au projet Google Books, l’Internet Archive pense qu'une
bibliothèque à vocation mondiale ne doit pas être liée à des enjeux
commerciaux. Elle s'associe en janvier 2005 à Yahoo! pour mettre sur
pied l’Open Content Alliance (OCA), dans l'optique de fédérer un grand
nombre de partenaires pour créer une bibliothèque planétaire publique
respectueuse du copyright et sur un modèle ouvert.
Qu’est-ce exactement que l’Internet Archive? Fondée en avril 1996 par
Brewster Kahle à San Francisco (Californie), l’Internet Archive a pour
but de constituer, stocker, préserver et gérer une «bibliothèque» de
l’internet, en archivant la totalité du web tous les deux mois, afin
d’offrir un outil de travail aux universitaires, chercheurs et
historiens, et de préserver un historique de l’internet pour les
générations futures.
En octobre 2001, l’Internet Archive met ses archives en accès libre sur
le web grâce à la Wayback Machine, qui permet à tout un chacun de
consulter l’historique d’un site web, à savoir le contenu et la
présentation d’un site web à différentes dates, théoriquement tous les
deux mois à partir de 1996.
L’Internet Archive débute aussi la constitution de collections
numériques telles que le Million Book Project (10.520 livres en avril
2005), des archives de films de la période 1903-1973, des archives de
concerts live récents, des archives de logiciels, etc. Toutes ces
collections sont en consultation libre sur le web.
= L'Open Content Alliance
En janvier 2005, l’Internet Archive s’associe à Yahoo! pour mettre sur
pied l’Open Content Alliance (OCA), une initiative visant à créer un
répertoire libre et multilingue de livres numérisés et de documents
multimédia pour consultation sur n’importe quel moteur de recherche.
L’OCA est officiellement lancée en octobre 2005 et débute véritablement
en 2006. Le but de l’initiative est de s’inspirer de Google Books tout
en évitant ses travers, à savoir la numérisation des livres sous droits
sans l’accord préalable des éditeurs, tout comme la consultation et le
téléchargement impossibles sur un autre moteur de recherche.
L’OCA regroupe de nombreux partenaires: des bibliothèques et des
universités bien sûr, mais aussi des organisations gouvernementales,
des associations à but non lucratif, des organismes culturels et des
sociétés informatiques (Adobe, Hewlett Packard, Microsoft, Yahoo!,
Xerox, etc.).
Les premiers partenaires sont les bibliothèques des universités de
Californie et de Toronto, l’European Archive, les Archives nationales
du Royaume-Uni, O’Reilly Media et les Prelinger Archives. Seuls les
livres appartenant au domaine public sont numérisés, pour éviter les
problèmes de copyright auxquels se heurte Google. Les collections
numérisées sont intégrées à la section Text Archive de l’Internet
Archive.
En décembre 2006, l’Open Content Alliance franchit la barre des 100.000
livres numérisés, avec un rythme de 12.000 nouveaux livres par mois. A
la même date, l’Internet Archive reçoit une subvention d'un million de
dollars de la part de la Sloan Foundation pour numériser les
collections du Metropolitan Museum of Art (l’ensemble des livres et
plusieurs milliers d’images) ainsi que certaines collections de la
Boston Public Library (les 3.800 livres de la bibliothèque personnelle
de John Adams, deuxième président des Etats-Unis), du Getty Research
Institute (une série de livres d'art), de la John Hopkins University
(une série de documents liés au mouvement anti-esclavagiste) et de
l’Université de Californie à Berkeley (une série de documents relatifs
à la ruée vers l’or).
En mai 2007, l’Open Content Alliance franchit la barre des 200.000
livres numérisés.
La barre du million de livres numérisés est atteinte en décembre 2008.
Si Microsoft est un des partenaires de l'OCA, il se lance également
dans l’aventure à titre personnel. En décembre 2006 est mise en ligne
aux Etats-Unis la version bêta de Live Search Books, qui permet une
recherche par mots-clés dans les livres du domaine public. Ces livres
sont numérisés par Microsoft suite à des accords passés avec de grandes
bibliothèques, les premières étant la British Library et les
bibliothèques des universités de Californie et de Toronto, suivies en
janvier 2007 par celles de la New York Public Library et de
l’Université Cornell. Microsoft compte aussi ajouter des livres sous
droits, mais uniquement avec l’accord préalable des éditeurs.
Tout comme Google Books, Live Search Books permet de consulter des
extraits comportant les mots-clés, qui sont eux-même surlignés. Mais
les collections sont moins riches que celles de Google Books, le moteur
de recherche est plus rudimentaire, et il n'est pas possible de
télécharger les livres au format PDF dans leur entier.
En mai 2007, Microsoft annonce des accords avec plusieurs grands
éditeurs, dont Cambridge University Press et McGraw Hill.
Microsoft met finalement un terme à ce projet en mai 2008 pour
concentrer ses efforts sur d'autres activités. Les 750.000 livres déjà
numérisés sont versés dans les collections de l'Open Content Alliance.
= Europeana
En Europe, certains s’inquiètent de l'«hégémonie américaine» que
représente Google Books. Il existe sur le web une Bibliothèque
européenne, qui est en fait un portail commun aux 43 bibliothèques
nationales, lancé en janvier 2004 par la CENL (Conference of European
National Librarians) et hébergé sur le site de la Bibliothèque
nationale des Pays-Bas.
En septembre 2005, la Commission européenne lance une vaste
consultation sur un projet de bibliothèque numérique européenne, avec
réponse requise en janvier 2006, suite à quoi le projet est
officiellement lancé en mars 2006.
«Le plan de la Commission européenne visant à promouvoir l’accès
numérique au patrimoine de l’Europe prend forme rapidement, lit-on dans
le communiqué de presse. Dans les cinq prochaines années, au moins six
millions de livres, documents et autres oeuvres culturelles seront mis
à la disposition de toute personne disposant d’une connexion à
l’internet, par l’intermédiaire de la "bibliothèque numérique
européenne". Afin de stimuler les initiatives de numérisation
européennes, la Commission va cofinancer la création d’un réseau
paneuropéen de centres de numérisation. La Commission abordera
également, dans une série de documents stratégiques, la question du
cadre approprié à adopter pour assurer la protection des droits de
propriété intellectuelle dans le cadre des bibliothèques numériques.»
Europeana et ses deux millions de documents sont disponibles en
novembre 2008, avec un serveur qui déclare rapidement forfait suite à
la très forte demande des premières heures, puis une période
expérimentale avec consultation partielle des collections suite au
«renforcement» de la capacité de ce serveur.