III.--_L'inefficacité de la violence._

1

Forcer les gens par la violence à cesser de faire le mal revient au même

que de poser une digue sur une rivière, et de se réjouir que, l'eau

soit devenue moins profonde derrière la digue. De même que la rivière

inondera la digue en son temps et coulera comme par le passé, les hommes

qui font le mal ne cesseront pas de le faire, mais attendront simplement

une occasion propice.

2

Celui qui exerce sur nous la violence semble nous priver de nos droits,

et c'est pourquoi, nous le détestons. Par contre, nous aimons comme nos

bienfaiteurs ceux qui savent nous convaincre. Ce n'est pas le sage,

mais l'homme grossier et ignorant qui a recours à la violence. Pour

employer la force, il faut de nombreux collaborateurs; pour convaincre,

on n'a besoin de personne. Celui qui se sent suffisamment fort pour

agir sur la raison n'aura pas recours à la violence. Seuls ceux qui se

reconnaissent incapables de persuader, usent de violence.

D'après SOCRATE.

3

Contraindre les gens à faire ce qui me semble bon, est le meilleur moyen

de les en dégoûter.

4

Chacun sait combien il est difficile de modifier sa vie et de devenir

tel que l'on voudrait. Mais lorsqu'il s'agit des autres, il nous semble

qu'il suffit seulement d'ordonner et d'effrayer pour que les autres

deviennent tels que nous désirerions qu'ils soient.

5

S'il est possible de soumettre les hommes à l'équiter par la violence,

cela ne veut pas dire qu'il soit juste de soumettre les hommes par la

violence.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 203 / 513 题