IV.--_Conséquences de la tentation de l'orgueil._

1

De même que les mauvaises herbes qui poussent parmi le blé, boivent

l'eau et le jus de la terre et empêchent le soleil de pénétrer jusqu'au

blé, l'orgueil absorbe toutes les forces de l'homme et lui cache la

lumière de la vérité.

2

La conscience du péché est souvent plus utile à l'homme qu'une bonne

action: la conscience du péché humilie l'homme, alors qu'une bonne

action augmente souvent sa fierté.

3

Il y a bien des punitions pour un orgueilleux; mais la punition

principale et la plus douloureuse est le fait que, malgré tous les

mérites qu'il pourrait avoir et tous ses efforts les gens ne l'aiment

pas.

4

Dès que je me réjouis en disant: comme je suis bon, c'est fini, je tombe

dans l'abîme.

5

L'orgueilleux veut se distinguer des autres et se prive ainsi de la

meilleure joie de la vie, de la communication libre et joyeuse avec les

hommes.

6

L'orgueilleux craint toute critique. Il la craint parce qu'il sent que

sa grandeur n'est pas solide, qu'elle ne tient que jusqu'au moment où il

n'y a pas le moindre petit trou dans le ballon qui le gonfle.

7

L'orgueil pourrait encore se comprendre s'il plaisait aux gens et les

attirait. Mais il n'y a pas de défaut qui éloigne davantage.

8

L'assurance étonne les gens au début. Et, les premiers temps, ils

attribuent à l'homme confiant en lui-même exactement la même importance

que celle qu'il se donne. Mais l'étonnement passe vite. Les gens sont

bientôt désenchantés et ils paient par le mépris pour avoir été

trompés.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 189 / 513 题