2
La doctrine chrétienne ne donne pas les mêmes règles pour tout et pour
tous; elle ne fait qu'indiquer la perfection vers laquelle il faut
tendre. Il en est ainsi pour la question sexuelle: la perfection, c'est
la chasteté absolue. Tout effort vers la chasteté absolue constitue une
observation plus ou moins grande dé la doctrine.
3
Pour toucher une cible, il faut viser plus loin. De même pour que le
mariage soit indissoluble et les deux époux fidèles l'un à l'autre, il
faut que tous deux tendent à la chasteté.
4
Si l'homme cherche le plaisir dans les rapports sexuels, même entre
époux, ainsi que cela arrive parmi nous, il tombera sûrement dans le
vice.
5
La cohabitation entre homme et femme ayant des enfants pour résultat
est le mariage réel; toutes les cérémonies extérieures ne font pas le
mariage, mais ne s'emploient que pour reconnaître comme mariage une
seule union entre beaucoup d'autres.
6
La véritable doctrine chrétienne ne contient aucune allusion à
l'institution du mariage. Aussi, les chrétiens de notre temps qui s'en
aperçoivent, mais ne voient pas l'idéal du Christ (qui est la chasteté
absolue) parce qu'il leur est voilé par l'Eglise, demeurent, quant au
mariage, sans aucune règle de conduite. C'est à cela que tient le fait,
étrange au premier abord, que chez les peuples professant des doctrines
bien moins élevées que le christianisme, mais possédant une définition
exacte du mariage, l'esprit de famille, la fidélité conjugale sont bien
plus développés que chez les soi-disant chrétiens.
Les peuples qui professent des doctrines inférieures au christianisme
admettent le concubinage, la polygamie et la polyandrie dans certaines
limites, mais ils évitent en revanche la dépravation qui se révèle par
le concubinage, la polygamie et la polyandrie qui régnent parmi les
chrétiens et sont masqués par la monogamie apparente.
7
Pour que le mariage soit un acte sage et moral, il faut:
_Primo:_ Ne pas penser que chaque homme ou chaque femme doit absolument
se marier, mais se dire, au contraire, qu'il est préférable de rester
pur pour que rien ne nous empêche de consacrer toutes nos forces à
servir Dieu.
_Secundo_: Considérer les rapports sexuels comme un mariage indissoluble.
(MATTH., XIX, 4-7).
_Tertio_: Ne pas considérer le mariage comme un encouragement à la
satisfaction des désirs charnels, mais comme un péché qui doit être
expié par l'accomplissement des devoirs de famille.