SKOVORODA.

6

Nous n'obtenons le bonheur corporel, tous les plaisirs, qu'au détriment

des autres hommes. Par contre, nous n'augmentons le bien spirituel, le

bien de l'amour qu'en augmentant le bonheur d'autrui.

7

Tous nos perfectionnements de la vie matérielle: les chemins de fer,

le télégraphe, les machines peuvent servir à l'union des hommes et à

les rapprocher du royaume de Dieu. Mais le malheur est que les hommes

se passionnent pour ces perfectionnements et s'imaginent que s'ils

construisent beaucoup de ces engins, ils peuvent se rapprocher de Dieu.

C'est une aussi grosse erreur que si l'homme avait toujours travaillé

le même terrain sans songer à y semer quelque chose. Pour que toutes

ces machines soient utiles, il faut que les hommes perfectionnent leur

âme, y cultivent l'amour. Car sans amour, le téléphone, le télégraphe,

les machines volantes, loin de nous rapprocher, nous divisent de plus en

plus.

8

L'homme est misérable et ridicule lorsqu'il cherche ce qu'il a sur

le dos. Il est tout aussi misérable et ridicule lorsqu'il cherche le

bonheur, sans savoir qu'il le trouvera dans l'amour qui est dans son

cœur.

Ne regardez pas le monde et les œuvres des hommes, mais jetez un regard

dans votre âme, et vous y trouverez, le bonheur que vous cherchez là où

il n'est pas; vous trouverez l'amour et vous saurez que ce bonheur est

si grand que celui qui l'a, ne peut plus rien désirer.

La Pensée de l'Humanité Dernière oeuvre de L. Tolstoï · 第 88 / 513 题