SECTION VI.

_Bonnettes._

Les bonnettes sont des voiles quadrangulaires, qui augmentent la surface

des voiles carrées, en dehors desquelles on les établit sur des esparts

appelés bouts-dehors et distingués par le nom de la vergue qui les

porte; ainsi on dit bout-dehors des basses vergues, bout-dehors de

huniers.

Ces bouts-dehors sont portés sur l'avant des vergues par deux rouleaux

supportés par des cercles en fer, placés l'un à l'extrémité, le second

au sixième de la vergue. Ces rouleaux sont recouverts par une bande de

fer plate demi-circulaire, assez élevée pour que le bout-dehors ne soit

pas gêné dans ses mouvemens; elle s'ouvre à charnière pour pouvoir la

faire sortir au besoin. On les appelle blins de bouts-dehors.

Chaque bout-dehors porte, à son extrémité extérieure, un clan ou une

poulie dont l'estrope est arrêtée par un cabillot qui le traverse.

L'extrémité intérieure est percée d'un trou dans lequel passe un cordage

arrêté par un cul-de-porc; c'est ce qu'on appelle l'aiguillette du

bout-dehors.

Cette aiguillette sert à le brider sur la vergue, qu'il soit ou non

employé à établir la bonnette. Toute sa manoeuvre consiste à le pousser

de la quantité nécessaire à l'établissement de la bonnette, et à le

faire rentrer à son premier poste lorsqu'elle est serrée. Ces mouvemens

se font soit à la main, par les gabiers qui vont alors sur les vergues,

soit par le moyen d'un palan dont le garant descend sur le pont pour

ceux des basses vergues, et dans la hune pour ceux des huniers.

BONNETTES BASSES.

_Garnitures des Bonnettes basses._

La ralingue de têtière de la bonnette basse n'est garnie d'oeillets que

dans une moitié; ces oeillets servent à la fixer sur une vergue dont le

milieu est marqué par une mortaise. La moitié non enverguée porte à son

extrémité une cosse.

La ralingue de bordure est enverguée dans les deux tiers de sa longueur.

Aux extrémités de cette vergue on fait le dormant d'un cordage formant

une patte d'oie. Le tiers non envergué porte à son angle, avec la

ralingue de chute, une cosse.

_Gréement des Bonnettes basses._

La bonnette basse s'établissant sur le bout-dehors de la basse vergue, y

est fixée par deux drisses; sa ralingue de bordure enverguée est retenue

par la patte d'oie frappée sur son arrière; la partie non enverguée est

fixée au bâtiment par une écoute.

Le gréement d'une bonnette basse est donc:

Deux drisses, l'une extérieure et la seconde intérieure, distinguées par

les noms de drisse d'en dehors, drisse d'en dedans.

Une patte d'oie, une écoute; on y ajoute un lève-nez qui sert à

soustraire la voile à l'effort du vent, lorsqu'on veut l'établir ou la

rentrer.

La drisse d'en dehors fait dormant sur le milieu de la vergue de la

têtière, passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors de la

basse vergue, passe dans une poulie qui se trouve à mi-hauban de hune,

et dont le pendeur se frappe au capelage de ce mât, ou dans une poulie

fixée au chouc du bas mât, puis descend par le trou du chat et le long

du mât, et s'y amarre après avoir passé dans une poulie de retour.

La drisse d'en dedans fait dormant à la cosse de la têtière non

enverguée, passe dans une poulie fouettée sur la basse vergue, et

descend sur le pont pour passer dans une poulie de retour, près de

laquelle on l'amarre.

La patte d'oie fait dormant par son oeillet sur la cosse ou le cabillot

qui porte celle de la vergue de bordure; elle passe ensuite dans un des

clans du chaumard placé dates la muraille, en avant des grands haubans,

et s'amarre à un taquet cloué sur la serre-gouttière ou sur la muraille.

On établit aussi la bonnette basse sur un arc-boutant fixé sur un bras

de fer placé à l'avant des porte-haubans de misaine, sur lesquels il est

établi par un croc ou une double charnière.

On assujettit cet arc-boutant par une balancine capelée au tiers de sa

longueur, passant dans une poulie au chouc du bas mât, au pied duquel on

l'amarre, et deux espèces de bras frappés au même point que la

balancine, et venant s'amarrer l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière.

Si le bâtiment a des oeuvres mortes considérables, on peut y ajouter un

troisième cordage en forme de sous-barbe qui, après avoir été capelé ou

frappé, passera dans un piton placé sur la joue du navire et montera le

long du bord pour s'y raidir et s'y amarrer.

La bonnette n'a plus alors de vergue à sa ralingue de bordure; on y

frappe une amure qui passe dans une poulie capelée sur l'extrémité de

l'arc-boutant et vient se manoeuvrer et s'amarrer sur le gaillard

d'avant.

L'écoute, dans les deux installations, n'est autre chose qu'un bout de

cordage qu'on fixe par son double au point intérieur de la bordure, et

qu'on amarre sur l'arrière et l'avant de la bonnette pour retenir son

point.

Le lève-nez est frappé sur le milieu de la vergue de bordure, passe dans

une poulie fouettée sur la vergue de misaine, et descend sur le pont, où

il s'amarre en à bord.

Il sert à replier la voile sur elle-même et empêcher le vent de

s'engouffrer dedans; lorsqu'on la hisse on la rentre. Il est inutile si

la bonnette s'établit sur arc-boutant.

Les bonnettes basses, lorsqu'on les a rentrées, dégréées et serrées, se

recouvrent d'une toile appelée étui, et s'amarrent soit sur le premier

hauban, soit sur l'avant du mât de misaine.

_Gréement des Bonnettes de Hune._

Les bonnettes de hune ont leur ralingue de bordure établie sur le

bout-dehors de la basse vergue par une amure et une écoute; la ralingue

de têtière, totalement enverguée, est hissée à l'extrémité de la vergue

de hune.

Cette drisse fait dormant sur le milieu de la vergue, et si elle est à

croc pour servir de faux palanquin, elle y est crochée sur une cosse,

passe dans une poulie aiguilletée à un piton fixé au bout de la vergue,

passe dans le clan supérieur de la poulie vierge à trois rouets qui est

entre les haubans de hune, et descend le long du mât pour passer à son

pied dans une poulie de retour.

Les amures sont frappées au point, passent dans le clan du bout-dehors

ou dans la poulie qui le remplace, et se dirigent: celles du grand

hunier, vers le clan le plus en arrière du chaumard placé près du

couronnement, puis s'amarrent le long du bord; celles du petit hunier,

vers le chaumard placé en avant des grands porte-haubans, et s'amarrent

sur les passe-avents.

Les écoutes se jettent sur le pont, une sur l'avant, l'autre sur

l'arrière; cette dernière est passée dans une poulie de retour pour

border la voile; elle sert aussi à la rentrer avec plus de promptitude.

Les bouts-dehors de la vergue de misaine portent les bonnettes basses,

et sont en outre fatigués par les bonnettes de hune, dont les amures

cependant sont seules à la retenir au vent. Pour les renforcer on frappe

souvent, à leur extrémité, un cordage appelé bras de bout-dehors, qui

passe comme l'amure dans un des clans du chaumard placé en avant des

grands haubans. Sans cela la rupture de l'amure de bonnette de hune

entraînerait nécessairement celle du bout-dehors, que l'effort de la

bonnette basse porterait de l'avant sans que rien pût s'y opposer, si ce

n'est la force elle-même du bout-dehors.

Pour contre-balancer le poids de la bonnette basse, on capelle aux

bouts-dehors de misaine un morceau de cordage à cosse, sur lequel on

fixe la candelette de hune qui sert de balancine.

_Gréement des Bonnettes de Perroquet._

Le gréement des bonnettes de perroquet est absolument semblable à celui

des bonnettes de hune, il passe d'une manière parfaitement analogue;

seulement, au lieu de se manoeuvrer sur le pont, il se manoeuvre et

s'amarre dans les hunes.

Les bonnettes dégréées, serrées et enveloppées de leurs étuis, sont

placées dans les haubans de hune, et celles des huniers dans les grands

haubans.

Les vergues de perroquet n'ayant pas de bout-dehors, si les catacois

portent des bonnettes, il faut, à l'extrémité de chaque vergue de

bonnette de perroquet, aiguilleter une cosse dans laquelle on passera

l'amure. Cette amure, dont les deux bouts restent sur les barres, doit

être passée avant qu'on établisse la bonnette du perroquet. La drisse et

l'écoute se manoeuvrent sur les barres.

Lorsqu'on dégrée les bonnettes, leur gréement reste passé si on espère

pouvoir s'en servir dans peu de temps. Alors les drisses de la bonnette

basse sont frappées sur le hauban de l'avant, ainsi que le lève-nez; la

patte-d'oie est amarrée dans le porte-hauban.

Les drisses et amures des bonnettes de hune sont défrappées, mais

restent le bout amarré sur le pont.

Si on s'en débarrasse totalement, on dépasse tout le gréement des

bonnettes basses; mais les amures des bonnettes de hune doivent toujours

être levées et saisies sur le bout des basses vergues, leurs drisses

passées en faux palanquin, ou frappées sur les points des huniers.

CHAPITRE V.

GRÉEMENT DES VOILES LATINES.

SECTION PREMIÈRE.

FOCS.

_Petit Foc._

Le petit foc se hisse le long du faux étai du petit mât de hune, qui,

ainsi, lui sert de draille et doit, avant d'avoir été amarré à demeure,

être garni de bagues en fer sur lesquelles ce foc doit s'enverguer.

Sa drisse fait dormant au point supérieur, passe dans une joue de vache

bridée et rousturée sur le ton du petit mât de hune à bâbord, descend

ensuite sur le pont, en arrière des haubans de misaine, passe dans une

poulie de retour aiguilletée sur la serre-gouttière, et s'amarre sur un

cabillot le long du bord.

Son hâle-bas, qui agit en sens contraire de la drisse, fait dormant au

même point, passe dans toutes les bagues d'envergure, dans une poulie

aiguilletée sur l'amure, élonge le beaupré, et s'amarre sur le fronteau

d'avant, en passant dans un de ses clans à bâbord.

L'amure n'est qu'un bout de forte ligne qui bride son point au ras du

beaupré sur la draille.

Il porte deux écoutes formées par le même cordage, fixé par son milieu

sur le point d'écoute, et qui vont ensuite, l'une à tribord l'autre à

bâbord, passer dans des poulies de retour aiguilletées en avant des

haubans de misaine, et s'amarrent à des taquets cloués contre le bord.

Pour l'enverguer on le porte sur le gaillard d'avant, on affale sa

drisse, dont on fait le dormant, on passe le hâle-bas dans sa poulie et

dans toutes les bagues; on fait aussi son dormant, on le serre et on

l'envoie ainsi sur le beaupré; on frappe alors chaque bague sur

l'oeillet de la ralingue au moyen d'un amarrage en fil de carret. On

commence par la bague supérieure et on est obligé de soulager la drisse

à mesure qu'on fait les amarrages; on place enfin l'amure.

On peut remplacer les bagues par une filière ou forte ligne dont le

dormant se fait à l'oeillet supérieur de la ralingue, et qu'on passe

successivement dans tous les oeillets en embrassant la draille, mais

dans le sens opposé aux torons de cette dernière, pour que la filière ne

soit pas retenue dans leur vide quand on hisse ou amène le foc.

_Grand Foc._

En gréant le bout-dehors du grand foc, nous y avons passé un grand

anneau en fer appelé rocambeau.

La draille du grand foc est fixée au capelage du petit mât de hune comme

les étais de ce mât, c'est-à-dire qu'elle a deux branches qui

s'aiguillettent au capelage. Elle passe dans un rouet en fer du

rocambeau, de là passe dans un clan pratiqué à l'extrémité du

bout-dehors, vient en dessous se frapper à un palan dont la poulie

simple est crochée à l'étrave, et dont le garant, venant sur le gaillard

d'avant, sert à la raidir au besoin.

On conçoit qu'en halant sur le palan, on fait monter le rocambeau; pour

le faire rentrer on y frappe un cordage appelé hâle-à-bord, qui vient

s'amarrer sur le fronteau du gaillard.

C'est au moyen de ce hâle-à-bord et de la draille qu'on place le

rocambeau sur un point quelconque du bout-dehors.

Si la draille, au lieu d'être aiguilletée au capelage, fait dormant sur

le rocambeau (à un anneau fixé à sa partie supérieure), passe dans une

joue de vache bridée au ton du petit mât de hune, et vient ensuite se

frapper à un palan qui descend le long du mât, alors on frappe sur le

rocambeau un cordage appelé amure, qui passe dans le clan de l'extrémité

du bout-dehors et vient se crocher au palan de l'étrave, qui raidissait

la draille dans la première installation.

C'est avec l'amure et le hâle-à-bord qu'on manoeuvre le rocambeau

lorsqu'on y fait le dormant de la draille.

Le point d'amure du grand foc est fixé sur le rocambeau.

Sa drisse est double ordinairement; elle fait dormant au capelage du

petit mât de hune, passe dans la poulie fixée au point, dans le clan de

la joue de vache fixée au ton du petit mât de hune à tribord, descend

ensuite sur l'arrière des haubans de misaine pour passer dans une poulie

de retour aiguilletée à tribord sur la serre-gouttière, et s'amarre à un

cabillot contre le bord.

Si la drisse est simple, le dormant se fait sur le point; elle passe du

reste de la même manière.

Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les

bagues, dans une poulie aiguilletée au rocambeau, et s'amarre à tribord

au fronteau d'avant, après avoir passé dans un de ses clans.

Les écoutes sont à pendeurs; les pendeurs sont faits avec le même

cordage, qu'on fixe par son milieu au point d'écoute, et dont les

extrémités servent à estroper deux poulies simples. Les écoutes font

dormant l'une à tribord l'autre à bâbord, à des pitons placés en arrière

des bossoirs, passent dans la poulie de leur pendeur, de là dans des

poulies aiguilletées sur la serre-gouttière, et s'amarrent contre le

bord.

On fixe souvent, de chaque côté du rocambeau, un cordage qu'on fait

passer dans une cosse aiguilletée sur la civadière, et qui vient se

raidir à un palan croché en avant du bossoir. Ce cordage, qu'on appelle

hauban du rocambeau, sert principalement à appuyer le bout-dehors

lorsqu'en rentrant le rocambeau on change le point d'effort de la voile

sur le mât.

Il s'envergue comme le petit foc, et se serre sur son bout-dehors.

_Faux Foc._

Le faux foc est une voile supplémentaire qui se place entre le grand et

le petit foc.

Il est amuré sur un rocambeau qui doit être passé dans le bout-dehors

lorsqu'on le grée avant celui du grand foc.

Ce rocambeau, comme celui du grand foc, porte une amure et un

hâle-à-bord.

Il n'a pas de draille; sa drisse, simple, fait dormant au point

supérieur, passe dans une poulie aiguilletée au capelage du petit mât de

hune, et descend au pied du mât de misaine. Son amure n'est pas fixe

comme pour le grand foc, elle fait dormant au point d'amure, passe dans

un piton adapté au-dessus du rocambeau, et, élongeant le mât, s'amarre

sur l'avant.

Les écoutes sont simples et disposées comme pour le petit foc.

Lorsqu'on veut l'appareiller, on frappe l'amure, dont les bouts sont sur

le gaillard d'avant, et la drisse qui y est aussi; on hale sur l'amure

jusqu'à ce que le point soit rendu au piton du rocambeau, et on

l'amarre, puis on raidit la drisse.

Pour le rentrer, on mollit l'amure en halant sur les écoutes.

Si, comme le font quelques navires de guerre étrangers, on considère le

faux foc comme devant remplacer le grand foc dans les mauvais temps,

lorsqu'on ne peut porter celui-ci qu'à mi-bâton, on lui donne une

draille qui fait dormant sur son rocambeau, si celle du grand foc le

fait au capelage, et au capelage si celle du grand foc le fait au

rocambeau, afin qu'elles ne soient pas toutes les deux passées de la

même manière.

Il porte alors un hâle-bas passé comme celui du grand foc, et les

haubans que nous avons placés à son rocambeau, le sont à celui du faux

foc.

Lorsqu'on veut le serrer, on fait descendre son rocambeau à toucher le

chouc du mât de beaupré. Il se serre le long de ce mât.

_Clinfoc._

Le clinfoc est établi sur son bout-dehors, ou sur la flèche de celui du

grand foc.

Son amure est fixée sur un rocambeau qu'on passe avant de gréer la

flèche ou le mât.

Sa draille, aiguilletée par deux branches au capelage du mât de petit

perroquet, passe dans un clan en fer adapté au-dessus du rocambeau,

passe ensuite dans un clan pratiqué à l'extrémité du bout-dehors, et

vient se raidir sur l'étrave.

Son rocambeau, comme celui du grand foc, a une amure et un hâle-à-bord

disposés d'une manière semblable.

La drisse frappée au point, passe dans une poulie aiguilletée en dessous

du capelage du petit mât de perroquet, et s'amarre contre le bord à côté

et en arrière de celle du grand foc.

Son hâle-bas frappé au point de drisse passe dans toutes les bagues,

dans une poulie aiguilletée sur le rocambeau, et s'amarre à côté de

celui du grand foc.

Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé au point par son

milieu, et dont les branches s'amarrent, l'une à tribord l'autre à

bâbord, contre le bord.

Il se serre sur son bout-dehors.

Les petits navires qui portent le clinfoc volant, n'ont pas de draille.

L'amure est amovible, passe dans le rouet du rocambeau et vient amarrer

ses deux bouts sur le gaillard d'avant. On l'appareille et on le rentre

comme nous l'avons dit pour le faux foc volant.

Il est des navires qui portent encore un et même deux focs

supplémentaires appelés foc volant, foc dragon, vedette. Mais, comme

leur gréement ressemble à celui du faux foc et que leur position dépend

du caprice de celui qui les fait établir, nous n'en parlerons pas.

_Trinquette._

A la cape, on remplace quelquefois le petit foc par un foc de moindre

dimension, en forte toile, dont la draille élonge l'étai de misaine. Il

est appelé trinquette ou tourmentin.

Sa drisse passe dans une poulie aiguilletée au capelage du mât de

misaine; le hâle-bas et les écoutes sont semblables à celles du petit

foc.

La draille doit avoir les bagues nécessaires à l'enverguer. Mais comme

cette voile n'est mise en place que dans des temps forcés, lorsque le

besoin s'en fait sentir, il est plus expéditif de l'enverguer avec une

filière.

SECTION II.

VOILES D'ÉTAI DU GRAND MAT.

_Pouillouse._

La pouillouse, qu'on devrait appeler grande voile d'étai, n'a pas de

draille passée à demeure et ne s'établit que dans les mauvais temps.

La draille fait dormant au ton du grand mât, passe dans une poulie, ou

une moque dont l'estrope embrasse le mât de misaine au-dessus des grands

étais, et vient se raidir et s'amarrer à un piton au pied du mât.

L'amure inférieure se fixe à ce même piton, et la supérieure à

l'amarrage de l'estrope ou de la moque où passe la draille.

L'estrope de cette moque, ou poulie, porte aussi une poulie qui sert au

passage du hâle-bas, après qu'il a fait dormant sur le point de drisse

et passé dans toutes les bagues; il s'amarre au pied du mât.

La drisse est double, elle fait dormant au ton du grand mât, passe dans

une poulie fixée au point de drisse, dans une seconde poulie frappée sur

une branche du grand étai, ou au capelage du mât, du côté opposé au

dormant, et descend s'amarrer au pied du mât après avoir passé dans une

poulie de retour.

Elle n'a pas d'écoutes; on la borde avec un fort palan ou une caliorne

de braguet aiguilletée au point d'écoute, et dont la poulie inférieure

se croche à un piton de la serre-gouttière, en avant des grands haubans.

Cette voile se serre sur sa draille contre le mât, ou se relève et se

parquette sur le grand étai, ce qui n'est que momentané, car on la

dévergue aussitôt que le mauvais temps est passé.

_Grande Voile d'Étai._

Le faux étai du grand mât de hune sert de draille à la grande voile

d'étai.

L'amure supérieure embrasse le mât, ou se fixe à l'amarrage de la moque

où passe la draille. L'amure inférieure peut aussi embrasser le mât;

mais plus ordinairement elle se forme avec un bout de cordage dont le

milieu est sur le point d'amure et qui sert à le présenter au vent, en

s'amarrant au côté du vent du mât de misaine.

Le hâle-bas fait dormant au point de drisse, passe dans toutes les

bagues, dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de la

draille, et s'amarre au pied du mât.

La drisse fait dormant au point, passe dans un clan d'une joue de vache

bridée au ton du grand mât de hune à tribord, et descend sur le pont

passer dans une des marionnettes du râtelier de manoeuvre, ou une poulie

de retour. Si on voulait la passer en double, il faudrait placer une

poulie au point de la voile, et alors le dormant de la drisse se ferait

au capelage du ton du grand mât de hune.

Les écoutes sont à pendeurs. Les pendeurs sont formés par le même

cordage fixé par son milieu au point d'écoute; chacune de ses extrémités

estrope une poulie dans laquelle passe l'écoute dont le dormant se fait

contre le bord en avant des grands haubans, et dont le courant s'amarre

à côté.

Si on veut mettre une cargue, on en fait le dormant sur la ralingue, à

toucher la poulie du hâle-bas; on la passe dans le point d'écoute ou

dans une cosse placée un peu plus haut sur la ralingue, puis on la fait

passer dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque de draille,

du bord opposé à celle du hâle-bas, et elle s'amarre au pied du mât.

Si on voulait avoir deux cargues, de manière à en avoir une au vent et

une sous le vent, il faudrait faire les dormans au point et placer alors

une poulie sous leur passage, de chaque côté de la draille, à l'estrope

de la moque.

Cette voile se serre le long du mât sur la ralingue, ou on la ramasse

sur le trelingage.

Afin de ne pas fatiguer le grand mât de hune, quelques navires portent

leur grande voile d'étai enverguée sur une corne qui se hisse le long

d'un mâtereau ou seneau élevé derrière le mât de misaine.

Cette corne, est retenue dans l'élévation convenable par une drisse qui

fait dormant à son extrémité, passe dans une poulie double aiguilletée

sur l'arrière du chouc du mât de misaine, dans une poulie simple

aiguilletée sur le milieu de la corne, dans le second rouet de celle du

chouc, et descend au pied du mât.

Elle est mise en place au moyen de cette drisse et d'un palan frappé aux

élongis et croché près de la mâchoire. Lorsqu'elle est dans une position

convenable, on remplace le palan par une petite suspente.

La voile enverguée par la ralingue de têtière à la corne, l'est au mât

de seneau, au moyen d'anneaux en bois qui l'entourent.

Son amure est un cordage en double, remplacé quelquefois par un palan

qu'on porte au vent du mât.

Les écoutes sont à pendeur comme nous l'avons dit pour la voile à

draille.

Elle a deux cargues qui font dormant sur la ralingue, et passent dans

des poulies fixées sous la corne; et deux cargues-points dont les

poulies de retour sont aiguilletées sur la ralingue de chute, enverguée

aux anneaux du mât de seneau.

Elle se serre sur sa corne et son mât de seneau.

Si on supprime le mât de seneau, la drisse se remplace par une patte

d'oie qui fait dormant à l'extrémité et au milieu de la corne, et qui

porte une cosse sur laquelle on épisse un cordage qu'on aiguillette à un

piton sur la face arrière du chouc du mât de misaine.

La ralingue de chute est lacée par une filière au mât de misaine.

_Contre-Voile d'Etai._

La contre-voile d'étai se place au-dessus de la hune de misaine, et

monte le long du mât de hune. La draille doit donc pouvoir monter et

descendre le long de ce mât, pour ne pas gêner le mouvement de la vergue

de hune.

Elle s'aiguillette par ses deux branches au ton du grand mât de hune,

vient passer dans une poulie fixée à un collier mobile qui embrasse le

petit mât de hune, remonte vers les barres du petit perroquet, passe

dans une poulie qui y est aiguilletée, et redescend dans la hune se

crocher à un palan qui fait monter la draille. Lorsqu'on veut établir la

voile pour faire descendre le collier, et par conséquent la draille et

la voile sur le chouc, on frappe sur le collier un cordage qui fait

l'office du hâle-bas.

Cette voile est enverguée comme toutes les voiles d'étai, sur les bagues

de la draille. Le point d'amure supérieure est fixé au collier; le point

d'amure inférieure est mobile et s'amarre sur une cosse au chouc du bas

mât, ou passe dans une cosse frappée sur le premier hauban, et s'amarre

dans la hune.

La drisse est simple; elle se fixe sur le point de drisse, passe dans un

clan de la joue de vache du ton du grand mât de hune, du bord opposé à

celui de la drisse de la grande voile d'étai, et s'amarre au pied du

grand mât.

Le hâle-bas est passé comme celui de la grande voile d'étai.

Les écoutes sont formées par le même cordage, fixé par son milieu au

point d'écoute, en envoyant une des branches de chaque bord s'amarrer à

côté de celle de la grande voile d'étai.

Elle se serre le long du ton du mât de misaine.

Quelques navires portent, au-dessus de la contre-voile d'étai, une voile

appelée fausse voile d'étai, mais absolument inutile, car elle est

masquée par la contre-voile d'étai. On la supprime généralement, et la

voile qui est au-dessus de la contre-voile d'étai est la voile d'étai du

grand perroquet.

_Voile d'Étai du grand Perroquet._

La draille de cette voile est fixée au capelage du grand mât de

perroquet, passe successivement dans la poulie fixée au collier mobile

qui entoure le mât du petit perroquet, dans une poulie frappée au

capelage du même mât, et descend dans la hune où on l'amarre.

Pour ramener sur le chouc du mât de hune ce collier qu'on fait monter en

pesant sur la drisse, on y frappe un hâle-bas qui vient aussi s'amarrer

dans la hune.

L'amure supérieure est fixée au collier de la draille; l'amure

inférieure sur les barres.

La drisse, après avoir fait dormant au point, passe dans une poulie

aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet, et descend pour

s'amarrer au pied du grand mât.

Le hâle-bas se passe comme celui de toutes les voiles d'étai dont nous

avons parlé.

Les écoutes sont frappées et amarrées comme celles de la contre-voile

d'étai.

Elle se serre sur l'arrière du ton du petit mât de perroquet, et pour

cela le collier de la drisse doit reposer sur le chouc du petit mât de

hune.

Si on ne porte pas de fausse voile d'étai, ce qui arrive le plus

souvent, on peut alors faire servir l'étai du grand mât de perroquet de

draille à sa voile d'étai. Mais il faut alors que la moque de cet étai

soit aiguilletée sur la face avant du chouc du petit mât de hune, et non

à son capelage. Dans ce cas l'amure inférieure de la voile est amovible

et descend s'amarrer dans la hune du bord du vent.

Mais ces légères voiles d'étai rendent en général si peu de services,

qu'il vaudrait mieux ne pas en charger le gréement et les rendre

volantes.

On aiguilleterait une cosse au capelage du petit mât de perroquet, dans

laquelle passerait l'amure supérieure dont les deux bouts seraient dans

la hune, on la frapperait à son poste ainsi que la drisse, on la

hisserait ainsi au capelage du perroquet; l'amure amarrée, on

étarquerait la drisse qui servirait aussi de draille, et avec l'amure

inférieure amarrée dans la hune on la rentrerait lorsqu'on voudrait s'en

débarrasser.

_Voile d'Etai de grand Catacois._

Si, au-dessus de la voile d'étai du grand perroquet, on établit une

autre voile qui prend alors le nom de voile d'étai de catacois, elle est

volante, comme nous venons de le dire pour celle de perroquet, avec

cette différence que son point d'amure supérieure est au capelage de la

flèche du petit mât de perroquet; son point d'amure inférieure s'amarre

sur les barres, et sa drisse passe dans une poulie ou une cosse

aiguilletée au capelage du grand mât de perroquet.

SECTION III.

VOILES D'ÉTAI DU MAT D'ARTIMON.

_Foc d'Artimon._

La draille du foc d'artimon, qu'on appelle aussi faux étai du mât

d'artimon, s'aiguillette au capelage de ce mât comme son étai; elle

passe dans une moque dont l'estrope embrasse le grand mât sur lequel

elle est aiguilletée à quelques pieds au-dessus de l'étai, et se raidit

et s'amarre à un piton placé sur le pont en arrière du pied du mât.

Son amure supérieure est aiguilletée à l'estrope de la moque de draille,

et son amure inférieure aiguilletée au mât ou amarrée à son pied.

La drisse double ordinairement fait dormant au capelage du mât

d'artimon, passe dans une poulie fixée au point de la voile, dans une

seconde poulie aiguilletée au capelage du même mât, et descend le long

de son premier hauban pour passer dans une poulie de retour, sur la

serre-gouttière, et s'amarrer contre le bord.

Si elle est simple, le dormant se fait sur le point de drisse.

Le hâle-bas frappé sur le point de drisse, passe dans toutes les bagues,

dans une poulie aiguilletée à l'estrope de la moque, et s'amarre au pied

du mât.

L'écoute est formée par un cordage qui porte une cosse à une de ses

extrémités. On le passe dans celle du point, et il forme ainsi deux

branches qu'on réunit par un amarrage, à toucher le point, lorsque la

cosse de l'écoute n'en est plus qu'à quelques pouces de distance.

Pour border, on passe la longue branche de l'écoute dans une poulie du

retour fixée sur la serre-gouttière, on en passe le bout dans la cosse

de la petite branche, et on pèse sur le courant pour tendre la ralingue.

Afin qu'on puisse faire facilement passer cette voile d'un bord à

l'autre, au-dessus de l'étai d'artimon, on frappe à son point d'écoute

deux cargues, une de chaque bord, qui passent dans des poulies

aiguilletées à la moque d'estrope et s'amarrent au pied du mât. On peut

aussi ne placer qu'une cargue, qui passe dans une poulie opposée à celle

du hâle-bas, puis dans la cosse du point d'écoute, et fait dormant sur

la draille au point d'amure.

Cette voile se serre le long du grand mât sur sa ralingue.

Si, au lieu d'être sur draille, le foc d'artimon est envergué sur une

corne, son installation est absolument la même que celle que nous avons

donnée pour la grande voile d'étai.

Comme la toile du foc d'artimon n'est pas de force à résister à un temps

de cape, les navires sont ordinairement pourvus d'un foc d'artimon dit

de cape, fait en forte toile, d'une moins grande surface, ayant peu de

chute au mât, et dont la draille élonge presque l'étai d'artimon.

Cette draille frappée au capelage, passe à peu de distance de l'étai

d'artimon dans une poulie dont l'estrope embrasse le grand mât sur

lequel elle est aiguilletée, et se raidit sur un piton placé à son pied.

Sa drisse passe comme celle du foc d'artimon; mais la poulie du capelage

et celle de retour sur le pont sont du bord opposé.

Le hâle-bas se passe de la même manière. Les écoutes sont simples,

très-fortes, et pour les renforcer encore, on les amarre ordinairement

toutes deux du même bord.

_Diablotin._

La draille du diablotin est le faux étai du mât de perroquet de fougue;

elle est donc enverguée sur les bagues que porte ce faux étai.

Son amure supérieure est fixée au collier de la moque; l'amure

inférieure, amovible, s'amarre au pied du grand mât du bord du vent.

La drisse fait dormant à son point, passe dans une joue de vache fixée à

tribord au ton du même mât de perroquet de fougue, et descend sur le

pont le long des haubans, où on l'amarre.

Le hâle-bas est passé comme pour les autres voiles d'étai.

Les écoutes sont simples, faites avec le même cordage, dont le milieu

est au point, et s'amarrent en avant des haubans du mât d'artimon.

On le serre sur le trelingage du grand mât.

Si le foc d'artimon est à corne, le diablotin devient nul, puisque la

corne monte à peu de distance du trelingage. Dans ce cas on le supprime.

On établit quelquefois au-dessus de la grande hune une voile d'étai

appelée fausse voile d'étai du perroquet de fougue.

Son gréement et son installation sont absolument semblables à ceux de la

contre-voile d'étai; nous n'en parlerons donc pas. Du reste, elle est

jugée si peu utile que peu ou point de navires ne la portent.

_Voile d'étai de Perruche._

La voile d'étai de perruche, si on l'établit, doit être volante comme

celle du grand catacois, et on l'installe de la même manière.

_Brigantine._

La brigantine s'établit sur les vergues de gui et de corne, que nous

avons placées sur l'arrière du mât d'artimon; elle peut donc être

considérée comme faisant partie des voiles auriques de ce mât.

Elle est enverguée sur la corne, où elle se déploie sur une draille

capelée au capelage de la vergue, qui vient ensuite passer dans une

poulie aiguilletée sous la mâchoire, et descend sur le pont s'amarrer et

se raidir à un piton sur l'arrière du mât d'artimon.

Elle se hisse le long de cette draille au moyen d'une drisse frappée sur

son point, qui passe dans une poulie placée au bout de la vergue, dans

une seconde fixée au ton du mât d'artimon, et qui descend s'amarrer au

pied de ce mât.

Elle porte alors un hâle-bas, dont le dormant est au point de drisse,

qui passe dans toutes les bagues, dans une poulie aiguilletée sous la

mâchoire, et s'amarre à côté de la draille.

Elle a deux cargues, une de chaque côté, faisant dormant au point

d'écoute, passant dans des poulies sous la mâchoire et s'amarrant au

pied du mât.

Lorsqu'on veut s'en débarrasser, on la hâle-bas, on met les

cargues-points à joindre, et on la serre sur sa ralingue contre le mât

auquel elle est lacée par une filière, qui, passant dans tous les

oeillets, embrasse le mât dans chacun de ses tours.

L'écoute fait dormant au bout du gui, passe dans une poulie au point de

la voile, dans un clan pratiqué dans le gui en avant du dormant, et

s'amarre à un taquet fixé sur le gui lui-même.

L'amure supérieure est aiguilletée sous la mâchoire; l'amure inférieure

est formée par un palan dont la poulie simple se croche sur le pont au

vent du mât.

Si la brigantine est enverguée, ce qui arrive le plus ordinairement, la

drisse, la draille et le hâle-bas sont supprimés; mais on augmente le

nombre des cargues, afin de pouvoir la serrer sur la corne et sur le

mât.

On place quatre cargues de chaque côté; elles sont formées de deux en

deux par le même cordage qui fait dormant par son milieu sur la ralingue

de chute, et passe ses branches, l'une à tribord et l'autre à bâbord,

dans les deux premières joues de vache placées sur la corne, dans les

clans intérieurs des deux poulies triples aiguilletées sous la mâchoire,

et s'amarrent au pied du mât; les deux secondes cargues passent de la

même manière.

Les deux troisièmes, appelées vulgairement étrangloirs, se manoeuvrent

au pied du grand mât. Le cordage qui les forme passe dans le clan

arrière d'une poulie dont la caisse porte deux rouets bout à bout. Les

deux branches de ce cordage, venant de l'avant, passent, l'une à tribord

l'autre à bâbord, dans les clans extérieurs des poulies triples fixées

sous la mâchoire, et vont faire dormant sur la ralingue de chute un peu

au-dessus des points d'écoute.

Dans le clan de l'avant de la poulie à deux rouets, on passe un cordage

qui fait dormant par un de ses bouts au pied du grand mât, et dont

l'autre bout, passant dans une marionnette de son râtelier de manoeuvre,

sert à carguer les deux fourches de l'étrangloir.

Enfin, les deux quatrièmes font dormant au point d'écoute, et passent,

pour venir s'amarrer au pied du mât d'artimon, dans des poulies

aiguilletées sur la ralingue de chute à mi-distance des points d'amure.

Les bâtimens qui portent leur brigantine enverguée, y prennent

quelquefois des ris. Pour faciliter le mouvement de la corne, qu'on est

obligé d'amener, on place un mât de seneau de l'arrière du mât

d'artimon, ou plus généralement une jumelle sur laquelle la mâchoire

monte et descend avec facilité.

Les bricks portant toujours leur brigantine enverguée, on a souvent

besoin de l'amener, soit pour prendre des ris, soit pour s'en

débarrasser. S'ils ne portent pas un mât de seneau, leur grand mât doit

être suivé afin que les cercles qui remplacent la filière pour lacer la

brigantine au mât, puissent courir avec facilité.

Les ris se prennent sur le gui, c'est-à-dire qu'après avoir amené la

corne, on roule la toile dans la partie inférieure, et qu'on la retient

ainsi roulée en amarrant les garcettes ou _hanets_ qui traversent les

oeillets de ris. L'empointure se bride sur son taquet correspondant, par

un raban qui passe dans la cosse de la ralingue et embrasse à la fois la

voile et la vergue.

La brigantine ne peut plus alors se carguer, et on l'amène pour s'en

débarrasser. Pour le faire avec plus de facilité, on a soin de frapper

sous la mâchoire de la corne une poulie dans laquelle passe un cordage

qui fait dormant sur le gui, ou le pont, et qui fait l'office du

hâle-bas.

L'amure inférieure a aussi une cargue qui passe dans une poulie sous la

mâchoire et s'amarre au pied du mât.

_Artimon._

L'artimon est une brigantine de moindre dimension, confectionnée avec

une toile plus forte.

Les navires qui ont leur brigantine sur draille, enverguent l'artimon,

qui est alors gréé comme la brigantine enverguée; avec cette seule

différence, qu'ayant moins de surface, son écoute, au lieu d'être sur le

bout du gui, est un palan qu'on croche sur le couronnement.

Si la brigantine est enverguée, l'artimon est sur draille, et son

gréement est semblablement placé et semblable à celui de la brigantine

sur draille; mais on ne le met en place que lorsque dans un mauvais

temps on croit avoir besoin de remplacer la brigantine.

Dans les temps forcés, l'artimon lui-même est quelquefois remplacé par

un artimon de moindre surface, confectionné avec de la toile plus forte.

Cet artimon, qu'on appelle artimon de cape, est envergué sur une corne

de trois à quatre pieds de long, qui se hisse sur le mât d'artimon par

une drisse volante. L'amure et l'écoute sont fermées par des palans. On

lui donne aussi la forme d'un foc pour supprimer la corne.

Lorsqu'on établit cette voile de cape, la corne de la brigantine est

ordinairement amarrée et saisie.

_Flèche-en-cul._

La flèche-en-cul est une voile triangulaire qui s'établit sur la corne,

à l'extrémité de laquelle elle se borde, et dont la ralingue de chute se

hisse le long du mât de perroquet de fougue, soit sur une draille, soit

plus généralement par une simple drisse qui passe dans une poulie

aiguilletée au capelage du mât de perroquet de fougue, et vient

s'amarrer au pied du mât d'artimon.

Si on l'envergue sur une draille, cette draille fait dormant au capelage

du mât d'artimon, passe dans une poulie sous les barres de perruche, et

vient se raidir dans la hune par un petit palan.

On frappe au point de drisse un hâle-bas qui s'amarre dans la hune.

L'écoute fait dormant au point d'écoute, passe dans une poulie

aiguilletée au bout de la corne et s'amarre dans la hune.

L'amure est formée par un cordage qu'on place du côté du vent, au pied

du mât d'artimon.

On le serre sur l'arrière du ton de ce mât, ou bien il est volant, et se

met en soute lorsqu'on s'en est servi.

Cette voile, d'une bien faible utilité pour les trois mâts, est d'un

usage journalier pour les bricks, et surtout pour les goëlettes où

souvent elle remplace le grand hunier.

Ces navires, pour lui donner plus de surface, font passer la drisse non

pas dans une poulie, ou à un clan au capelage du grand mât de hune, mais

dans un clan pratiqué au capelage de la flèche; ou encore la

flèche-en-cul est quadrangulaire, et sa ralingue de têtière est

enverguée sur une petite corne qu'une drisse à patte d'oie, passée dans

le clan du mât de hune, tient dans une position parallèle à celle de la

grande voile[4]. Au-dessus de la corne du flèche-en-cul, ils placent une

voile triangulaire qui y est fixée par ses deux amures, et dont la

drisse passe dans le clan de l'extrémité de la flèche du mât.

[4] A bord des goëlettes, la brigantine prend le nom de grande voile,

ces bâtimens n'en ayant pas de carrées.

_Bonnette de la Brigantine, Bonnette de Sous-Gui._

Lorsque courant largue, on porte la brigantine, dont le gui est alors

poussé sous le vent, on établit quelquefois à cette voile une bonnette,

dont la vergue se hisse au bout du pic par une drisse qui passe dans une

poulie aiguilletée au même piton que celle des drisses du pavillon.

L'amure passe dans le clan du bout-dehors adapté sur le gui, et s'amarre

sur le couronnement; l'écoute s'y amarre aussi.

En dessous de la partie extérieure du gui, on suspend une voile appelée

bonnette de sous-gui, par une drisse qui passe dans une cosse frappée à

l'extrémité du gui ou de son bout-dehors, et une seconde drisse passe

dans une cosse fixée sur le gui, près du couronnement où elle s'amarre.

La partie inférieure de la voile est sur une vergue retenue par une

patte d'oie amarrée sur le bossoir du vent.

Il est inutile de faire remarquer le peu d'utilité de ces deux voiles.

CHAPITRE V (_bis_).

SECTION PREMIÈRE.

DES MANOEUVRES QUI N'APPARTIENNENT PAS AU GRÉEMENT.

MANOEUVRES DU GOUVERNAIL.

_Drosse._

On appelle drosse le cordage qui sert à manoeuvrer la barre du

gouvernail.

A bord des petits bâtimens qui manoeuvrent la barre à la main, ce qu'on

appelle gouverner à barre franche, la drosse n'est qu'un garant passant

dans deux poulies simples aiguilletées en à bord, et dans deux clans

pratiqués à l'extrémité de la barre.

Mais dans les navires d'une plus grande dimension, la barre est mise en

mouvement par le moyen d'un cylindre placé horizontalement sur deux

montans en avant du mât d'artimon. Aux extrémités du cylindre, mais en

dedans des montans, on adapte deux roues dont les rayons dépassent

d'une quantité nécessaire pour être saisis à la main lorsqu'on veut

faire tourner le cylindre.

La drosse se cloue sur son milieu, l'enveloppe par trois ou quatre

tours. Si la barre est sous le pont supérieur, les deux branches de la

drosse le traversent perpendiculairement, passent l'une à tribord,

l'autre à bâbord, dans des galoches fixées aux murailles, de là dans des

mortaises pratiquées aux deux côtés de la barre, près de son extrémité,

et sont raidies par des palans dont les poulies simples sont crochées à

des pitons sur les barres, et qui leur servent ainsi de dormant, lorsque

leurs garans sont amarrés et genopés.

L'extrémité de la barre se repose et court sur une pièce de bois

circulaire garnie de rouleaux, appelée tamisaille, et clouée aux baux

supérieurs.

Si la barre est sur le pont supérieur, les deux branches de la drosse

passent dans des poulies de retour fixées sur le pont à leur aplomb,

passent dans des galoches contre le bord, pour de là venir s'amarrer sur

les pitons de l'extrémité de la barre, ou passer dans des poulies

aiguilletées sur ces pitons, et venir faire dormant contre le bord à

côté des galoches.

Les drosses sont en filin de premier brin non goudronné, ou plus

généralement en cuir.

_Sauve-Gardes._

Les sauve-gardes du gouvernail font dormant, l'une à tribord, la seconde

à bâbord, sur de forts pitons chevillés sur membre, de l'avant des

bouteilles; elles descendent ensuite le long de la voûte où on les

assujettit par des crampes, et se marient ensuite à deux bouts de chaîne

en cuivre, fixés de chaque côté de la face du gouvernail, au-dessus de

la partie submergée.

Elles servent à tenir le gouvernail le long du bord, lorsqu'il est

enlevé de ses ferrures par un échouage ou tout autre accident.

_Bragues._

La brague n'est qu'un bout de cordage qu'on passe successivement dans

deux boucles, l'une chevillée à l'étambord, et l'autre du même côté sur

la mèche du gouvernail; on ne laisse que le mou nécessaire à son jeu et

on épisse les bouts.

On en place une de chaque côté. Leur but est d'empêcher le gouvernail de

s'élever au-dessus de ses ferrures, et par conséquent de se démonter par

le choc qu'il éprouve dans un échouage, lorsque le navire talonne; mais

comme elles sont rompues dans ce cas, et que, si elles résistent trop,

elles peuvent concourir à faire casser les aiguillettes dans leur

femelots, on les supprime souvent.

SECTION II.

_Gréement des Bossoirs des Canots._

Les petites embarcations sont hissées extérieurement sur des bossoirs

placés à l'arrière du bâtiment, et sur les côtés, par le travers du mât

d'artimon.

Ceux de l'arrière, n'étant que de fortes pièces de bois en saillie,

chevillées sur le plat bord, n'ont besoin d'aucun secours pour porter le

canot. On les hisse au moyen de garans appelés garans de

porte-manteaux, qui, par un cul-de-porc ou un amarrage, font dormant

sur le bossoir, et passent successivement dans des poulies doubles à

émérillon, et dans les clans pratiqués à la tête de chaque bossoir[5].

[5] Les poulies à émérillon se crochent à la cosse des pattes du

canot.

Ces pattes se forment en fixant par un amarrage une cosse dans le pli

d'un cordage. Les deux branches portent chacune un croc qui se fixe,

pour la patte de l'avant, sur un piton à l'étrave, et un second sur la

carlingue; pour la patte arrière, à un piton sur l'étambot, et un second

sur la carlingue.

Ceux placés par le travers du mât d'artimon, sont formés avec des pièces

de bois courbes, ou des montans en fer coudé. La partie supérieure est

garnie de deux rouets; la partie inférieure est fixée au bord par des

pitons chevillés.

Ils sont tenus dans une position convenable par une balancine qui

embrasse par son milieu le mât d'artimon, dont les deux branches, après

avoir fait un demi-tour sur le mât, sont bridées par un amarrage, et

vont faire dormant sur la tête des bossoirs.

Mais comme cette installation oblige, à la mer, lorsque dans le mauvais

temps on veut soulager les canots, de frapper des palans sur les deux

branches de la balancine, et de les y laisser, puisqu'alors le point

d'appui de la balancine au mât devrait être refait, on préfère en

général établir la balancine à patte d'oie.

Pour cela on réunit les deux bossoirs par un cordage plus long que leur

distance respective, et qui porte à son milieu une cosse qu'on empêche

de courir par deux pommes qu'on fait l'une de l'avant, l'autre de

l'arrière. Sur la cosse on épisse la balancine qui passe dans une poulie

aiguilletée au capelage du mât d'artimon. On la genope dans la hune

lorsque les bossoirs sont à hauteur convenable; mais lorsqu'à la mer on

veut les soulager, on l'envoie sur le pont, où on la pèse de manière à

placer les canots dans les haubans pour les soustraire, autant que

possible, à la violence des coups de mer.

Un cordage appelé hauban, aiguilleté sur des pitons placés sur la face

intérieure de chaque bossoir, à leur extrémité, les réunit, et se raidit

au moyen d'un bras capelé et amarré, pour le bossoir de l'arrière, à un

piton placé sur le jardin de la bouteille, et pour celui de l'avant, à

un piton placé contre le bord en arrière des grands haubans.

Les garans se passent comme aux bossoirs de l'arrière.

Les canots devant toujours être disposés pour être mis à l'eau le plus

promptement possible, et cette opération offrant de grandes difficultés

pour peu que la mer soit grosse, car alors il est presque impossible que

le canot ne remplisse pas, lorsqu'on décroche ses palans, on les établit

sur des bosses aussitôt qu'on prend la mer.

On confectionne des pattes où la cosse est remplacée par une moque, et

on les met en place. A l'extrémité de chaque bossoir, on capelle un fort

cordage dont la longueur doit être plus de deux fois la distance du

bossoir à la mer. On les passe chacun d'eux dans la moque de la patte

qui correspond à son bossoir, on les fait passer ensuite dans un rouet à

gueule, cloué sur la face intérieure du bossoir, et de là ils entrent à

bord en passant dans des trous pratiqués à la muraille où on les amarre

sur des taquets. Lorsqu'ils sont bien raidis, on décroche les palans, et

le canot est suspendu sur ces deux cordages ou bosses.

Si on veut le mettre à la mer, on fait embarquer les hommes qui en

forment l'équipage, et on file à retour les bosses sur les taquets;

lorsque le canot est sur le point de toucher à l'eau, on largue les

bosses en bande qui se dépassent aussitôt sans arrêter le canot.

SECTION III.

_Gréement des Tangons._

En rade, les canots s'amarrent sur des tangons placés dans les

porte-haubans de misaine sur l'avant; on les fixe par un croc à

goupille, ou une double charnière.

Une balancine, capelée au quart de sa longueur, passée dans une poulie

aiguilletée au capelage du mât de misaine, et qui vient s'amarrer à son

pied, sert à les tenir horizontalement, et à les apiquer si c'est

nécessaire.

Ils ont deux bras capelés, et passant, celui sur l'avant dans une poulie

sur le mât de beaupré; celui de l'arrière dans un piton sous les

passe-avans, on l'amarre ensuite dans les grands porte-haubans.

On aiguillette, sur chacun d'eux, un ou deux pendeurs à cosses, selon la

force du navire. C'est sur ces pendeurs que s'amarrent les canots, en

passant leur bosse ou amarre dans la cosse et l'amarrant sur la boucle

du canot. A côté de chaque pendeur est fixée une échelle pour faciliter

aux matelots de descendre dans les canots; et sur la balancine on

frappe, à hauteur d'appui, un garde-corps qui s'amarre contre le bord.

Lorsqu'on doit prendre la mer, on les dégrée et on les rentre; mais à

bord des grands navires, on se contente de les élonger le long du bord.

Quelques navires les emploient pour établir leurs bonnettes basses, ils

leur servent ainsi d'arcs-boutans. Nous en avons parlé en traitant de

ces voiles.

CHAPITRE VI.

AMARRES, CORDAGES DES ANCRES.

_Amarres._

On désigne sous le nom général d'amarres, ce qui sert à amarrer un

navire dans toutes les circonstances, soit par le moyen des ancres, soit

sur les boucles des quais.

Ce sont les câbles, grelins et aussières.

Les câbles ont cent vingt brasses de long, leur circonférence six lignes

par pied de bau; l'ancre à laquelle ils sont étalingués a pour poids la

moitié du leur; mais on augmente quelquefois cette proportion à bord des

grands navires, et on la porte aux deux tiers.

L'étalingure se fait en passant le câble dans l'arganeau de l'ancre, et

le tournant deux fois sur lui-même, où on le retient par trois amarrages

plats.

Deux câbles épissés bout à bout portent le nom de grande touée. Chaque

navire a au moins une grande touée étalinguée à la plus forte ancre du

bossoir; la moins forte, appelée ancre d'affourche, ne porte qu'un

câble, afin que lorsqu'on est affourché on puisse dépasser les tours des

câbles plus facilement.

La seconde grande touée, si le navire en a une, est étalinguée à une des

ancres de veille des porte-haubans de misaine. La seconde n'est

étalinguée que dans les circonstances extraordinaires.

Le nombre des câbles est supérieur d'un à celui des ancres; mais

l'adoption des chaînes a totalement changé les anciennes dispositions,

sans cependant en établir encore de bien fixes.

Les bâtimens de guerre, tels que vaisseaux et frégates, avaient cinq

ancres et six câbles. Deux ancres aux bossoirs, deux ancres de veille

dans les porte-haubans de misaine, et une cinquième le long de la grande

épontille de la cale; deux grandes touées et deux câbles d'affourche.

Ces quantités se réduisaient, pour les plus faibles navires, à trois

ancres et quatre câbles.

Les bâtimens du commerce dépassaient rarement ce nombre, et ce n'était

que dans des campagnes qui pouvaient être d'une longue durée.

Maintenant tous les bâtimens de guerre, sans exception, ont deux chaînes

de cent quatre-vingts brasses, formées de dix bouts de dix-huit brasses,

réunis par des manilles à boulons.

Pour les vaisseaux et frégates, on donne deux câbles pour les ancres de

veille, et on leur étalingue trente-six brasses de chaîne qui s'épissent

avec le câble.

Les bâtimens d'un rang inférieur n'ont qu'un câble.

Ceux du commerce ont ordinairement une chaîne de cent quatre-vingts

brasses, une seconde de quatre-vingt-dix brasses.

Quel que soit le nombre de chaînes qu'on ait à bord, il faut toujours

être muni d'un câble pour les élonger en cas d'échouage; car les chaînes

sont bien difficiles, pour ne pas dire impossibles, à élonger.

Ces chaînes prennent le nom de câbles-chaînes.

On leur donne pour grosseur une demi-ligne de diamètre par pied de bau,

ou une ligne par pouce de la circonférence du câble.

Les câbles, en rentrant par les écubiers, se tournent sur des montans

en bois[6] appuyés sur la carlingue, élongent le pont, passent sur des

rouleaux placés aux angles avant du grand panneau, et descendent dans la

cale où ils sont lovés à grands plis, tribord et bâbord de l'archipompe.

Leur extrémité inférieure est étalinguée au grand mât.

[6] On les appelle bittes.

Les bittes et leurs coussins sont garnis de manchons en fer pour y

tourner les câbles-chaînes qui se rendent dans leurs puits au pied du

grand mât, et passent dans des écoutillons garnis en fer, pratiqués

au-dessus. Leur extrémité inférieure est boulonnée sur une boucle

chevillée sur la carlingue, ou embrassant la grande épontille.

Les écubiers sont garnis d'un manchon en fer, et portent extérieurement

un rouleau du même métal.

On les arrête en les bridant en dessous de leurs écoutillons par un croc

en fer, appelé cou de cigogne, chevillé sous le pont supérieur, et mis

en mouvement par un petit palan dont la poulie double se croche à

l'oeillet du croc, et la poulie simple à un piton placé sous un bau en

avant. On place aussi, soit à l'écubier, soit en arrière des bittes, une

espèce d'étau appelé slopper, dans lequel le câble-chaîne est passé et

bridé.

Les câbles sont garnis à l'écubier de paillets, pour les préserver du

frottement; on les garnit aussi au portage des sous-barbes. Ils sont

arrêtés en arrière des bittes par de fortes bosses épissées ou crochées

à des boucles sur le pont.

Lorsqu'on prend la mer pour de longues traversées, les câbles et les

câbles-chaînes sont détalingués et mis dans la cale. Mais les câbles ne

doivent y être mis que bien secs. Il faut même avoir le soin, pendant la

traversée, de les monter sur le pont pour les faire aérer.

Les grelins ne sont que des câbles d'une moindre dimension, puisqu'ils

sont commis de la même manière. Le plus fort grelin a pour circonférence

la moitié de celle du câble. Les autres ont un pouce ou deux de moins.

Cependant les navires ont souvent deux grelins de la même force.

Leur nombre est de quatre pour les grands navires, de trois pour ceux du

rang inférieur, et enfin de deux.

Les grelins s'étalinguent sur des ancres à jet, soit pour affourcher les

navires sur des rades où le vent régnant est toujours de la même partie,

et où on n'a besoin que d'empêcher le bâtiment de courir sur son ancre

dans les calmes ou les folles brises; soit pour le touer, c'est-à-dire

le faire changer de position pour une cause quelconque.

Le plus fort grelin est maintenant remplacé, sur beaucoup de navires,

par un grelin-chaîne de quatre-vingt-dix brasses.

Les aussières sont commises en franc filin, c'est-à-dire à trois ou

quatre torons: leur grosseur est ordinairement celle des grands haubans.

Chaque navire en a trois; ceux d'un rang inférieur deux.

Elles servent à touer par des calmes ou des faibles brises.

Les grelins et aussières se lovent dans la cale, entre le grand panneau

et celui de l'avant. Ils doivent toujours être dégagés et disposés de

manière à pouvoir être envoyés en même temps, un par chaque panneau.

Les bâtimens ont trois ou deux ancres à jet, suivant leur rang. Elles se

placent ordinairement dans les grands porte-haubans.

CORDAGE DES ANCRES.

_Capon._

Pour saisir l'ancre rendue près de l'écubier par son câble ou sa chaîne,

on se sert d'un appareil composé d'une poulie double ou triple, estropée

en fer, et portant un croc qui doit embrasser l'arganeau de l'ancre

réunie aux clans pratiqués dans le bossoir par un garant appelé garant

de capon. Ce garant fait dormant sur le bossoir, et après avoir passé

successivement dans les rouets de la poulie et ceux du bossoir, vient

passer dans une poulie de retour qui permet de l'élonger de l'avant à

l'arrière.

Sur le haut du croc de la poulie du capon, est frappé un filin appelé

aiguillette du capon, et qui sert au matelot qui doit la crocher pour la

manier.

Lorsque l'ancre est à poste, le garant est dépassé.

_Bosse-Debout._

Lorsque l'ancre est suspendue au bossoir par le capon, on se sert pour

l'y maintenir d'une bosse-debout, cordage de la grosseur des bas

haubans, qui traverse un trou pratiqué dans le bossoir, où il est arrêté

par son extrémité terminée en cul-de-porc.

On passe la bosse-debout dans l'arganeau de l'ancre de dedans ou dehors,

on la fait ensuite reposer sur la mortaise pratiquée à l'extrémité du

bossoir, et après l'avoir fortement raidie, on l'amarre sur un patin, un

taquet, ou une main de fer, placé dans la direction du bossoir.

_Traversières._

L'ancre suspendue au bossoir par sa bosse-debout, il faut la ramener le

long du bord, en sorte que ses pattes y soient appliquées verticalement.

Cette opération, qu'on appelle traverser l'ancre, se fait au moyen de

traversières frappées sur l'ancre et de la caliorne de misaine, ou de

cette caliorne portant un pendeur à croc, ou enfin d'un arc-boutant.

Les traversières sont formées par un cordage plié en double, dont les

bouts sont réunis par une épissure et dans les plis duquel est fixée une

cosse destinée à recevoir le croc de la caliorne.

Chaque traversière est passée sur un des bras de l'ancre, y est retenue

par un amarrage; un second amarrage, fait au milieu, empêche les

branches de s'écarter. Elles sont élongées contre la verge, et

aiguilletées sur des cosses placées sur le milieu du jas.

C'est en crochant la caliorne de misaine à la cosse de la traversière,

qu'on rapproche du bord et qu'on y applique les pattes de l'ancre.

On remplace les traversières par un long pendeur à large croc, avec

lequel on saisit la patte. Ce pendeur est manoeuvré, comme la

traversière, par la caliorne de misaine qui se croche à la cosse de la

partie supérieure.

On se sert aussi d'un arc-boutant, ou bossoir mobile, qu'on ne met en

place qu'au moment de s'en servir. Une caliorne de misaine lui sert de

balancine, et deux palans, l'un sur l'avant, l'autre sur l'arrière, lui

servent de bras. On aiguillette à la tête une caliorne dont le croc se

fixe sur l'oreille de l'ancre. La caliorne, ainsi détachée du bord, pare

le bossoir qui la supporte, élève avec facilité l'ancre le long du bord,

et rend beaucoup plus prompte cette opération qui est longue et

difficile pour les grands navires, surtout lorsque l'ancre qu'on

traverse est celle du vent, et que la position du bâtiment exige qu'on

fasse de la voile.

_Serre-Bosse._

Les pattes de l'ancre étant ramenées contre le bord par la traversière,

ou la caliorne, on les maintient dans cette position en capelant à une

tête d'allonge du gaillard, en dessus des pattes de l'ancre, un cordage

appelé serre-bosse, de la grosseur de la bosse-debout, qu'on passe sous

les bras et la verge et qu'on amarre sur la tête d'allonge.

On décroche la caliorne, et l'ancre se trouve suspendue sur la

bosse-debout, puisque le capon a été décroché et par la serre-bosse.

Pour la mouiller on file en douceur la serre-bosse, et on la dépasse;

l'ancre vient alors prendre une position verticale sur son bossoir;

c'est ce qu'on appelle faire peneau. Il ne reste plus pour la mouiller

que de larguer la bosse-debout.

_Mouilleur._

Lorsque la bosse-debout et la serre-bosse sont en chaînes, on se sert,

pour mouiller l'ancre, d'un mécanisme en fer appelé mouilleur, qui évite

l'opération du peneau, et donne, par conséquent, les moyens de mouiller

avec plus de célérité.

Le mouilleur est une barre de fer rond fixée sur le bord, ou contre le

bord, entre le bossoir et le point où reposent les pattes de l'ancre par

deux pitons où tournent ses extrémités. Il porte à son milieu un petit

levier, dont le bout est à oeillet et un peu en dedans des pitons sur

lesquels il tourne, deux montans en fer de quelques pouces, mais placés

à angle droit avec le levier.

Si ce dernier est placé horizontalement et aiguilleté pour être retenu

dans cette position, les montans seront verticalement placés. Si la

bosse-debout en chaîne est passée dans l'arganeau de l'ancre raidie, et

qu'un de ses chaînons se fixe sur le montant de l'avant du mouilleur;

que la serre-bosse passée sur la vergue fixe aussi un de ses chaînons

sur le montant arrière, l'ancre se trouvera ainsi suspendue. Mais si on

coupe l'aiguillette du levier, le poids de l'ancre le fera cabaner; les

montans alors devenant horizontaux, les chaînons se décapelleront et

l'ancre tombera.

Cette installation est généralement adoptée; quelques navires l'ont même

appliquée aux ancres de veille.

_Tournevire._

Les câbles ne pouvant, à cause de leur grosseur, être garnis au cabestan

lorsqu'il faut lever l'ancre, on se sert pour cela d'un cordage appelé

tournevire, dont la grosseur est moitié de celle du câble.

Avant de se servir de la tournevire, on pratique dans toute sa longueur,

à cinq ou six pieds l'un de l'autre, des bourrelets ou pommes qui se

font avec deux bouts de menus cordages à demi-usés, que l'on passe à

travers, perpendiculairement l'un à l'autre, dans la tournevire, et que

l'on entrelace plusieurs fois autour du cordage, en faisant un

cul-de-porc double.

On fait un oeillet à chaque extrémité, et on épisse sur l'un d'eux une

bonne aiguillette.

On garnit la tournevire au cabestan, ses deux branches se dirigent de

l'avant en embrassant les bittes, et se réunissent au moyen d'un

aiguilletage qui rapproche les deux oeillets, et qu'on appelle mariage

de la tournevire.

Pour faire rentrer le câble en virant sur la tournevire ainsi garnie au

cabestan, on frappe par son milieu sur la tournevire, de l'avant de

chaque pomme, et dans la longueur de l'écubier au grand panneau, une

longue garcette, dont les branches entourent le câble, passent par

dessous, embrassent le câble et la tournevire, et sont tordues ensemble

au-dessus pour les brider fortement.

Les branches des garcettes ainsi tordues, sont tenues à la main par des

matelots qui suivent leur mouvement vers le cabestan, et les larguent au

fur et à mesure qu'ils s'en approchent.

La tournevire se frappe de la même manière sur les câbles-chaînes.

On se sert, depuis peu de temps, de cabestans dont la cloche porte un

cercle en fer dans lequel on peut engrener les maillons du câble-chaîne.

Alors on vire sur le câble-chaîne lui-même, et la tournevire est

supprimée.

Pour ne pas être obligé de garnir la chaîne au cabestan, on a imaginé

une tournevire en chaîne qui y est constamment engrenée, et qu'on marie

ensuite avec le câble-chaîne au moyen des garcettes.

_Orins et Bouées._

Pour marquer la position des ancres, quand elles sont mouillées, on

frappe au diamant un cordage appelé orin, commis en grelin, d'une

grosseur égale à la moitié de celle du câble, et qui porte à son

extrémité un corps flottant appelé bouée.

Les bouées ont la forme de deux cônes réunis par leur base. On les fait

en liége, en douvelle, ou en tôle. Elles doivent avoir non-seulement la

force de soutenir le poids de l'orin, mais encore de résister au courant

qui tend à le faire plonger.

Elles sont garnies de deux estropes à deux branches, dont les plis

supérieurs contiennent une cosse arrêtée par un amarrage, et dont les

branches, espacées également, sont, à leur extrémité, terminées en

oeillets traversés par un cordage qui embrasse le grand cercle de la

bouée et s'épisse sur lui-même.

C'est à la cosse de la partie inférieure qu'est aiguilleté l'orin. Mais

comme le mouvement que le courant communique à la bouée peut facilement

rompre un des tours de l'aiguilletage, et par conséquent détacher la

bouée, il vaut mieux amarrer l'orin lui-même sur la cosse.

Les bouées des ancres de bossoirs sont, dans les porte-haubans de

misaine, suspendues par une petite aiguillette de la cosse supérieure,

au bas hauban de l'avant. Quand on mouille, on ne largue la bouée que

lorsqu'on s'aperçoit que l'orin commence à raidir; autrement il pourrait

s'engager sous les pattes de l'ancre et la faire couler.

Lorsque l'orin est beaucoup plus long que le fond pas lequel on va

mouiller, on le glène, non au-dessus de la bouée comme on le fait

quelquefois, ce qui peut le faire couler, mais sur le diamant de

l'ancre.

L'orin servant à lever l'ancre, lorsqu'on fait cette opération avec la

chaloupe, doit être visité avec soin et toujours en état de la

supporter; malgré cela, il n'est pas prudent de lever une ancre par son

orin, sans avoir préalablement coulé un maillon.

Cette précaution est inutile pour les ancres à jet dont les orins sont

proportionnellement plus forts et en meilleur état, n'étant le plus

souvent mouillés qu'accidentellement.

CHAPITRE VII.

_Des diverses sortes de Gréemens._

Nous avons parlé de tout ce qui entre dans le gréement d'un bâtiment à

trois mâts de la plus grande dimension, et nous croyons inutile de

passer en revue les divers gréemens que les localités ou les besoins ont

fait adopter.

Quelque différence qu'il y ait entre leurs formes et leurs dispositions,

il faut toujours empêcher les mâts de rompre et manoeuvrer les vergues

et les voiles. Lorsqu'on connaîtra le gréement d'un trois mâts, on sera

très-capable de gréer tout autre navire, les différentes installations

qui seront nécessaires se présenteront bien vite à l'imagination par la

simple analogie.

Nous nous contenterons donc de donner un léger aperçu du gréement des

navires les plus généralement employés.

On peut, sans grande erreur, classer les navires en

Trois mâts;

Deux mâts (bricks et goëlettes);

Un mât (sloop).

Le gréement des deux mâts, bricks, ne diffère en rien de celui des trois

mâts. Seulement les bras des vergues du grand mât sont passées sur

l'avant; la brigantine devient une voile plus importante.

Les deux mâts, goëlettes, offrent de grands changemens en mâture,

voilure et gréement. Le grand mât qui n'est ordinairement que les cinq

huitièmes de la longueur du navire, est pour les goëlettes de la même

longueur et quelquefois plus considérable. Le mât de misaine participe à

la même augmentation, mais le mât de beaupré augmenté en diamètre ne

l'est pas en longueur. Les mâts de hune sont dans les proportions des

trois mâts.

La goëlette n'a pas de hune, mais de simples barres. Les mâts de hune

sont à flèches. Les seules vergues pour voiles carrées sont: une vergue

de misaine, une vergue de petit hunier, une vergue de petit perroquet.

Le grand mât ne porte donc pas de voiles carrées; sa voilure se compose

d'une voile établie, à peu de chose près, comme la brigantine des

bricks, et qui prend le nom de grande voile, et d'une flèche-en-cul.

Le mât de misaine n'a pas de misaine carrée, c'est une voile établie sur

corne comme la grande voile d'étai des trois mâts qui le remplace et

prend le nom de misaine. Le petit mât de hune et sa flèche portent une

voile de petit hunier et une de petit perroquet.

Les focs, au nombre de trois, sont: le petit foc, amuré sur l'étrave, le

grand foc, amuré sur l'extrémité du mât de beaupré, et le clinfoc sur le

bout-dehors.

Cette voilure n'offrant pas une assez grande surface sur le grand

largue, et surtout sur le vent arrière, puisque dans cette dernière

allure les basses voiles ne peuvent s'établir, on y supplée par une

voile appelée fortune, qu'on hisse sur cartahus à la vergue de misaine.

Elle n'a pour gréement que ses cartahus et des écoutes qui sont doubles

et servent d'amures. Lorsque, pour la porter sur le petit largue, on

l'établit sur des tangons crochés aux pitons d'un cercle en fer, adapté

au mât de misaine, au-dessus du plat-bord, elle a un ris pour en

diminuer la surface dans le gros temps.

La grande longueur des bas mâts, par rapport au bau, est cause que les

haubans, appelant sous un angle très-aigu, les soutiennent mal; aussi

ces mâts doivent-ils être faits d'une seule pièce et d'un bois

très-liant et flexible.

Si les étais du grand mât étaient fixes, ils gêneraient la manoeuvre de

la misaine, qu'on serait obligé de dépasser à chaque changement

d'amures. Pour obvier à cet inconvénient, ils sont à palans, et on

largue celui sous le vent pour faciliter les mouvemens de la misaine.

Mais dans les viremens de bord, il faut le raidir promptement, puisque

après l'évolution il va se trouver au vent; on largue celui qui était au

vent et qui se trouvera sous le vent.

Pendant cette opération, qui ne se fait pas toujours à propos, soit par

manque de soins, soit par des circonstances quelquefois indépendantes

de la volonté de celui qui manoeuvre, le grand mât fatigué par le

tangage se trouve peu ou point étayé, et il peut en résulter sa chute.

C'est pourquoi quelques goëlettes, pour ne pas toucher aux étais pendant

la manoeuvre, et avoir toujours leur grand mât tenu uniformément, avant

de prendre la mer, crochent et raidissent les étais à des pitons fixés

sur la serre-gouttière, tribord et bâbord, par le travers du mât de

misaine.

Quelquefois on réunit les bas mâts par un cordage appelé étai de tête,

qui, aiguilleté au chouc du grand mât, se raidit au capelage du mât de

misaine. Mais cet étai les rendant trop dépendant l'un de l'autre, est

supprimé généralement.

Les grandes goëlettes portent des bonnettes basses à la fortune, et

alors elles en ont aussi au petit hunier. Elles s'établissent comme nous

l'avons dit pour les trois mâts.

La grande voile et la misaine ont quatre ris et un ris diagonal,

c'est-à-dire dont la bande est dirigée du point d'amure supérieure à la

ralingue de chute, au-dessus du quatrième ris.

Les ris se prennent en amenant la corne comme pour les brigantines; mais

comme les basses voiles des goëlettes sont leurs voiles principales, il

s'ensuit qu'on est souvent obligé de les porter avec des ris, et qu'on a

par conséquent une grande quantité de toile roulée, dont le poids

fatigue inutilement. Pour y remédier, on coupe les basses voiles en

deux, à la bande du deuxième ris, et on réunit les deux parties par un

transfilage, de manière que, lorsqu'on veut prendre le deuxième ris, on

amène les cornes de la quantité suffisante, et on largue le transfilage.

La surface de la voile se trouve réduite, et est soulagée du poids des

deux ris. Il est bien entendu qu'on est obligé de refrapper les écoutes.

La grande voile n'a d'autres cargues que celles du point d'amure; la

misaine a une cargue-point.

La plupart des gréemens des bâtimens à deux mâts, autres que les bricks

et les goëlettes, participent de ceux-ci et n'en sont que des

modifications. Ainsi le brick-goëlette a le mât de misaine d'un brick et

le grand mât d'une goëlette. La goëlette elle-même porte quelquefois un

grand hunier et un grand perroquet.

Les bâtimens à un mât sont: les sloops et leurs modifications. Le mât

est à barres et porte un mâtereau; celui de beaupré est à clef,

c'est-à-dire qu'il se rentre dans le navire, et qu'on le fixe dans cette

nouvelle position par une clef. Leur voilure consiste en une grande

voile sur corne et gui comme celle des goëlettes; une flèche-en-cul et

deux focs, quelquefois trois.

Les sloops de grande dimension portent un mât de hune à flèche, sur

lequel ils établissent un hunier et un perroquet. On leur donne assez

ordinairement alors le nom de cutter. Pour le vent arrière et le grand

largue, ils hissent sur le grand mât une vergue sur laquelle est fixée

une voile de fortune.

Le gréement des canots n'étant le plus souvent qu'une modification du

gréement du lougre, nous parlerons de ce dernier.

Le mât de beaupré, placé horizontalement, est retenu par deux haubans à

palans, capelés à son extrémité et crochés aux pitons placés en avant

des porte-haubans de misaine. Une sous-barbe, également capelée, revient

sur l'avant en passant dans une galoche fixée à bâbord de l'étrave; dans

les petits lougres, l'amure du foc sert de sous-barbe.

Le mât de misaine a deux haubans de chaque bord; ils sont à palans. Ce

mât a de plus deux candelettes, toujours en place, crochées et raidies;

l'étai se ride sur l'étrave. En dessous du capelage et à la tête du mât,

sont deux liens en fer destinés au passage du petit mât de hune. Le lien

supérieur est rond, et l'inférieur est carré. Le petit mât de hune est

volant, et ne se grée que lorsqu'on veut s'en servir. Son gréement se

compose d'un galhauban de chaque côté, un étai, une guinderesse; ce mât

est terminé par une flèche en bois mort.

La vergue de misaine est estropée au tiers de sa longueur, vers le gros

bout; à chacun des bouts est pratiqué un trou dans lequel passe un

cordage à cul-de-porc en dessus. On appelle ces cordages bras; ils

servent d'écoute aux huniers. La vergue de misaine est hissée par une

drisse dont l'itague, par un de ses bouts, estrope une poulie de drisse

en arrière du mât, dont la seconde poulie est à l'arrière et au pied du

mât; l'autre bout de l'itague, qui se termine par un cul-de-porc double,

passe dans l'oeil d'un collier mobile, garni d'un croc, par lequel on

suspend la vergue lorsqu'on veut la hisser.

Un cartahu de tête de mât sert de balancine à la vergue.

La vergue de petit hunier se hisse aussi avec un collier mobile qu'on

capelle avant les galhaubans, et dont la drisse passe dans un clan à la

tête du mât.

Le grand mât, gréé comme celui de misaine, a son étai ridé à un piton

sur le pont, à quelques pieds en arrière du mât de misaine. Le grand mât

de hune, également passé comme le petit, a son étai passé dans une

poulie estropée au blin du capelage du grand mât de misaine.

La grande vergue et la vergue du grand hunier sont établies comme la

misaine et le petit hunier.

Le mât de tape-cul n'a que deux haubans. L'itague et la drisse de la

vergue sont sur l'avant du mât. La vergue de tape-cul est estropée au

quart et non au tiers de la longueur. Au-dessus est une vergue pour le

hunier de tape-cul, vulgairement appelée _pantalon_.

La voilure d'un lougre se compose donc d'un foc, une grande voile, une

misaine, un tape-cul, trois huniers.

Le foc se hisse au mât de misaine et s'amure sur un rocambeau.

La misaine enverguée sur la vergue qui porte ce nom, a son amure fixée

sur l'un des trois crocs d'une barre de fer placée en dehors et près de

la tête d'étrave. Cette voile ne porte pas ordinairement de bouline, on

la remplace par une perche ou _foule_; l'écoute passe dans un rouet en

avant du porte-hauban.

Le petit hunier se hisse le long de son mât par son collier mobile. Les

points de cette voile ont chacun une cosse pour recevoir les bras de

misaine qui lui servent d'écoute. Cette voile n'a pas de bouline; en la

hissant on la dispose en dehors des bas haubans et en dedans de ses

galhaubans.

La grande voile amure à des crocs à émérillons, placés tribord et bâbord

le long du navire et arrière des haubans de misaine et en dedans du

bord. On la hisse comme la misaine, en dedans des haubans; elle se

bouline sur le mât de misaine.

Le grand hunier s'établit comme le petit; il a de plus une bouline au

ton du mât de misaine.

Le tape-cul, ainsi que les autres basses voiles, se hisse en dedans de

ses haubans; elle s'amure au pied de son mât et se borde à un

arc-boutant à deux haubans à pendeurs, crochés à des pitons placés

tribord et bâbord sur la préceinte. L'écoute, après avoir fait dormant

sur l'arc-boutant, passe dans la poulie du point, dans le clan de

l'arc-boutant, et revient à bord.

Le hunier de tape-cul est établi comme les autres huniers.

Lorsque le vent est grand, frais, on remplace la misaine et la grande

voile par des voiles de moindre dimension, appelées _taille-vents_.

L'estrope de drisse est au quart de la longueur de la vergue, qu'on

hisse avec la candelette, l'itague restant toujours aux vergues des

autres voiles. Les tailles-vents amurent aux pieds des mâts.

Le lougre ainsi disposé a la voilure d'un chasse-marée.

FIN DU GRÉEMENT ET DE LA PREMIÈRE PARTIE.

TABLE DES MATIÈRES

DE LA PREMIÈRE PARTIE CONTENANT

LE GRÉEMENT.

Avertissement. 1

Du gréement. 3

CHAPITRE Ier.

SECTION Ire.

_Noeuds et Amarrages._

Epissures. 4

Amarrage à plat. 5

Amarrage en étrive. 6

Cul-de-porc. 7

Noeud de hauban. id

Aiguilletage. 8

Genopes. id

Noeud plat. id

Demi-Clef. 9

Noeud d'enfléchures. id

Noeud d'agui, simple et double. 10

Noeud d'écoute. id

SECTION II.

_Définitions._

Manoeuvre garnie. id

Manoeuvre congréée. 12

Paillets. 13

Sangles. id

Erses et Elingues. 14

Estropes. 15

Palans. id

Bosses. 16

Dormant. id

Courant. id

CHAPITRE II.

SECTION Ire.

Manoeuvres dormantes des bas mâts. 17

Beaupré, Liûres. id

Sous-Barbes, fausses sous-barbes,

capelage. 20

Haubans. 23

Garde-Corps. id

Des haubans et des étais des bas mâts. 24

Capeler les élongis, les traversins et

les hunes. 32

Capelage des bas mâts. 35

Capelage du grand mât. id

Capelage du mât de misaine. 40

Capelage du mât d'artimon. 41

Caliornes, candelettes, palans d'étai. 43

Ridage du gréement des bas mâts. 45

Enfléchures, trelingages, gambes de

hune. 50

Capeler les choucs des bas mâts. 53

SECTION II.

Manoeuvres dormantes des mâts de

hune. 54

Capelage du grand mât de hune. 57

Guinder un mât de hune. 61

Clefs mobiles. 63

Trelingages, enfléchures. 68

Capelage du petit mât de hune. 69

Capelage du mât de perroquet de

fougue. 70

Gréement du bout-dehors du grand foc. 71

Capelage du bout-dehors du grand foc. 74

Du bout-dehors du clinfoc et de son

capelage. 75

SECTION III.

Des mâts de perroquet. 76

Gréement des mâts de perroquet. 79

Guinder et capeler un mât de perroquet. 81

Capelage du grand mât de perroquet. id

Capelage du petit mât de perroquet. 83

Capelage du mât de perruche. 84

Gréement des mâts de catacois, de

bôme ou flèche. id

Pataras, haubans diagonaux, étai de

tangage. 85

CHAPITRE III.

GRÉEMENT DES VERGUES.

SECTION Ire.

Gréement des basses vergues. 88

Suspentes et estropes de suspentes. 90

Drosses. 93

Balancines. 95

Bras. 97

Marche-pieds. 100

Palans de roulis. id

Fausses balancines. 101

Faux bras. 102

Garnitures de la grande vergue. 104

Garniture de la vergue de misaine. 108

Garniture de la vergue barrée. id

Gréement de la civadière. 109

Garniture de la vergue de civadière. 112

Gréement et garniture du gui. 114

Gréement de la corne d'artimon. 120

Garniture de la corne d'artimon. 123

SECTION II.

Gréement des vergues de hune. 125

Drisses à itague. 127

Bras. 129

Balancines. 131

Racage. 132

Marche-pieds. 134

Palans de roulis. id

Garniture de la vergue du grand

hunier. 135

Garniture de la vergue du petit

hunier. 137

Garniture de la vergue de perroquet

de fougue. id

Croiser les vergues de hune. id

Faux bras des vergues de hune. 139

SECTION III.

Gréement des vergues de perroquet. 140

Drisse. 141

Bras. 142

Balancines. 144

Marche-pieds. 145

Estrope. id

Racage. id

Garniture de la vergue de grand

perroquet. 146

Garniture de la vergue de petit

perroquet. 147

Garniture de la vergue de perruche. id

Gréer les vergues de perroquet. 148

Dégréer les vergues de perroquet. 151

SECTION IV.

Gréement des vergues de catacois. 154

Garnir et gréer les vergues de catacois. 157

CHAPITRE IV.

SECTION 1re.

Des voiles. 159

SECTION II.

Gréement des voiles carrées. 166

Garniture des basses voiles. 167

Gréement des basses voiles. 170

Ecoutes. 171

Amures. 172

Boulines. 175

Cargues-points. 176

Cargues-fonds. 177

Cargues-Boulines. 178

Enverguer une basse voile. 179

SECTION III.

Huniers, garnitures des huniers. 183

Gréement des huniers. 184

Ecoutes. 185

Boulines. 187

Cargues-points. 189

Cargues-boulines. 190

Cargues-fonds. id

Palanquins de ris. 191

Enverguer un hunier. 194

SECTION IV.

_Perroquets._

Garniture et gréement des voiles de

perroquet. 197

Ecoutes. 198

Boulines. 199

Cargues-points. 200

Cargues-fonds. id

SECTION V.

_Catacois._

Garniture et gréement des voiles de

catacois. 201

Ecoutes. 202

Boulines. id

Cargues-points. 203

SECTION VI.

Bonnettes. 204

Bonnettes basses, garniture des

bonnettes basses. 206

Gréement des bonnettes basses. id

Gréement des bonnettes de hune. 210

Gréement des bonnettes de perroquet. 212

CHAPITRE V.

_Gréement des Voiles Latines._

SECTION Ire.

_Focs._

Petit foc. 214

Grand foc. 216

Clinfoc. 221

Trinquette. 222

SECTION II.

_Voiles d'étai du grand Mât._

Pouillouse. 223

Grande voile d'étai. 225

Contre-Voile d'étai. 228

Voile d'étai du grand perroquet. 230

Voile d'étai du grand catacois. 232

SECTION III.

_Voiles d'étai du Mât d'Artimon._

Foc d'artimon. 233

Diablotin. 236

Voile d'étai de perruche. 237

Brigantine. id

Artimon. 242

Flèche-en-cul. 244

Bonnette de la brigantine, bonnette

de sous-gui. 245

CHAPITRE V (_bis_).

SECTION Ire.

_Des Manoeuvres qui n'appartiennent pas au

Gréement._

_Manoeuvres du Gouvernail._

Drosses. 246

Sauve-gardes. 248

Bragues. id

SECTION II.

Gréement des bossoirs des canots. 249

SECTION III.

Gréement des tangons. 252

CHAPITRE VI.

_Amarres, Cordage des Ancres._

Amarres. 255

Capon. 261

Bosse-debout. 262

Traversières. id

Serre-bosse. 264

Mouilleur. 265

Tournevire. 266

Orins et Bouées. 268

CHAPITRE VII.

_Des diverses sortes de Gréemens._

Goëlette. 271

Sloops. 276

Lougres. 278

FIN DE LA TABLE.

Bar-s.-Seine.--Imp. de SAILLARD.

ERRATA

DU PREMIER VOLUME.

_pag._ _lign._ _au lieu de_ _lisez_:

4 13 en boucle, _ou boucle_.

6 2 dans l'oeil. _dans l'oeil_.

8 13 sur une vergue, _sur une vergue, etc_.

19 16 soit enfin, _soit afin_.

38 17 et à leurs mâts, _et à leur mât_.

39 25 sur l'oeillet pendant de, _sur l'oeillet correspondant_.

43 14 poulie simple, _poulie double_.

47 11 horizontalement, _horizontale_.

53 20 et pesant, _pesant_.

54 10 à hisser, le chouc, _à hisser. Le chouc_.

59 17 sous l'avant, _sur l'avant_.

60 22 les mâts, _le mât_.

166 3 la flèche-en-cul, _le flèche-en-cul_.

172 4 serre-gouttière, _serre-gouttières_.

id. 6 à la poulie, _à la partie_.

173 21 porte-lots, _porte-lofs_.

238 22 ou le, _on la_.

241 13 lanets, _hanets_.

260 2 à jas, _à jet_.

id. dernière. id. _id._

270 8 id. _id._

* * * * *

Note de transcription:

Les errata mentionnées dans le livre à la dernière page ont été

appliqués.

Comme ce livre comporte deux chapitres V, au second, on y a ajouté

_bis_, tel que référencé dans la table des matières du livre d'origine.

En plus des corrections des erreurs clairement introduites par le

typographe, les corrections suivantes ont été effectuées:

p. 15, corrige «apus» en «dans» («dans la manière dont»),

p. 21, corrige «cables» en «câbles» («les câbles-chaînes»),

p. 22, corrige «;» en «,» («filin,»),

p. 38, corrige «cable» en «câble» («les deux tiers du câble»),

p. 38, corrige «A un estrope fait» en «A une estrope faite»,

p. 64, corrige «poid» en «poids» («le poids du mât»),

p. 71 corrige «il» en «ils» («ils passent ensuite»),

p. 86, corrige «baubans» en «haubans» («chose que des haubans»),

p. 101, corrige «cappellent» en «capellent» («qui se capellent par»),

p. 103, corrige «jotteraux» en «jottereaux» («à hauteur des jottereaux»),

p. 123, corrige «envergant» en «enverguant»

(«La brigantine s'enverguant»),

p. 126, corrige «palaquin» en «palanquin» («le palanquin des huniers»),

p. 140, change «Pour» en «pour» («pour les vaisseaux»),

p. 150, corrige «ou» en «on» («enfin on capelle»),

p. 166, corrige «formées» en «formés» («les angles formés»),

p. 170, corrige «du» en «au» («la partie au vent»),

p. 203, corrige «elles pasent, ensuite celles du grand perroquet,» en

«elles passent ensuite celles du grand perroquet.»,

p. 253, corrige «mêche» en «mèche» («sur la mèche»),

p. 257, corrige «quatre-vingt-dix-brasses» en

«quatre-vingt-dix brasses»,

p. 271, corrige «augmention» en «augmentation»

(«la même augmentation»),

p. 279, corrige «a» en «à» («voile amure à des crocs»).

Nouveau manuel complet de marine, première partie: gréement · 第 5 / 5 章