PRÉFACE

Arrivé en Algérie il y a trente-quatre ans; lancé alors au milieu d'une

population que tout le monde considérait comme arabe, ce ne fut pas sans

étonnement que je reconnus les éléments divers la composant: Berbères,

Arabes et Berbères arabisés. Frappé du problème ethnographique et

historique qui s'offrait à ma vue, je commençai, tout en étudiant la

langue du pays, à réunir les éléments du travail que j'offre aujourd'hui

au public.

Si l'on se reporte à l'époque dont je parle, on reconnaîtra que les

moyens d'étude, les ouvrages spéciaux se réduisaient à bien peu de

chose. Cependant M. de Slane commençait alors la publication du texte et

de la traduction d'Ibn-Khaldoun et de divers autres écrivains arabes. La

Société archéologique de Constantine, la Société historique d'Alger

venaient d'être fondées, et elles devaient rendre les plus grands

services aux travailleurs locaux, tout en conservant et vulgarisant les

découvertes. Enfin, la maison Didot publiait, dans sa collection de

l'_Univers pittoresque_, deux gros volumes descriptifs et historiques

sur l'Afrique, dus à la collaboration de MM. d'Avezac, Dureau de la

Malle, Yanosky, Carette, Marcel.

Un des premiers résultats de mes études, portant sur les ouvrages des

auteurs arabes, me permit de séparer deux grands faits distincts qui

dominent l'histoire et l'ethnographie de l'Afrique septentrionale et que

l'on avait à peu près confondus, en attribuant au premier les effets du

second. Je veux parler de la conquête arabe du VIIe siècle, qui ne fut

qu'une conquête militaire, suivie d'une occupation de plus en plus

restreinte et précaire, laissant, au Xe siècle, le champ libre à la race

berbère, affranchie et retrempée dans son propre sang, et de

l'immigration hilalienne du XIe siècle, qui ne fut pas une conquête,

mais dont le résultat, obtenu par une action lente qui se continue

encore de nos jours, a été l'arabisation de l'Afrique et la destruction

de la nationalité berbère.

Je publiai alors l'_Histoire de l'établissement des Arabes dans

l'Afrique septentrionale_ (1 vol. in-8, avec deux cartes,

Marle-Challamel, 1875), ouvrage dans lequel je m'efforçai de démontrer

ce que je demanderai la permission d'appeler cette découverte

historique.

Mais je n'avais traité qu'un point, important, il est vrai, de

l'histoire africaine, et il me restait à présenter un travail

d'ensemble. Dans ces trente-quatre années, que de documents, que

d'ouvrages précieux avaient été mis au jour! En France, la conquête de

l'Algérie avait naturellement appelé l'attention des savants sur ce

pays. Nos membres de l'Institut, orientalistes, historiens,

archéologues, trouvaient en Afrique une mine inépuisable, et il suffit,

pour s'en convaincre, de citer les noms de MM. de Slane, Reynaud,

Quatremère, Hase, Walcknaer, d'Avezac, Dureau de la Malle, Marcel,

Carette, Yanosky, Fournel, de Mas-Latrie, Vivien de Saint-Martin, Léon

Rénier, Tissot, H. de Villefosse.

En Hollande, le regretté Dozy publiait ses beaux travaux sur l'Espagne

musulmane. En Italie, M. Michele Amari nous donnait l'histoire des

Musulmans de Sicile, travail complet où le sujet a été entièrement

épuisé. Enfin l'Allemagne, l'Angleterre, l'Espagne fournissaient aussi

leur contingent.

Pendant ce temps, l'Algérie ne restait pas inactive. Un nombre

considérable de travaux originaux était produit par un groupe d'érudits

qui ont formé ici une véritable école historique. Je citerai parmi eux:

MM. Berbrugger, F. Lacroix enlevé par la mort avant d'avoir achevé son

oeuvre, Poulle, le savant président de la Société archéologique de

Constantine, Reboud, Cherbonneau, général Creuly, Mac-Carthy, l'abbé

Godard, l'abbé Bargès, Brosselard, A. Rousseau, Féraud, de Voulx,

Gorguos, Vayssettes, Tauxier, Aucapitaine, Guin, Robin, Moll, Ragot,

Elie de la Primaudaie, de Grammont, président actuel de la Société

d'Alger, et bien d'autres, auxquels sont venus s'ajouter plus récemment

MM. Boissière, Masqueray, de la Blanchère, Basset, Houdas, Pallu de

Lessert, Poinssot, Cagnat.....

Grâce aux efforts de ces érudits dont nous citerons souvent les

ouvrages, un grand nombre de points, autrefois obscurs, dans l'histoire

de l'Afrique, ont été éclairés, et s'il reste encore des lacunes,

particulièrement pour l'époque byzantine, le XVe siècle et les siècles

suivants, surtout en ce qui a trait au Maroc, elles se comblent peu à

peu. Je ne parle pas de l'époque phénicienne: là, il n'y a à peu près

rien à espérer.

Comme sources, notre bibliothèque des auteurs anciens est aussi complète

qu'elle peut l'être. Quant aux écrivains arabes, elle est également à

peu près complète, mais il faudrait, pour le public, que deux

traductions importantes fussent entreprises,--et elles ne peuvent l'être

qu'avec l'appui de l'Etat.--Je veux parler du grand ouvrage

d'Ibn-el-Athir[1], qui renferme beaucoup de documents relatifs à

l'Occident, et du _Baïane_, d'Ibn-Adhari, dont Dozy a publié le texte

arabe, enrichi de notes.

[Note 1: _Kamil-et-Touarikh_.]

Il est donc possible, maintenant, d'entreprendre une histoire

d'ensemble. Je l'ai essayé, voulant d'abord me borner aux annales de

l'Algérie; mais il est bien difficile de séparer l'histoire du peuple

indigène qui couvre le nord de l'Afrique, en nous conformant à nos

divisions arbitraires, et j'ai été amené à m'occuper en même temps du

Maroc, à l'ouest, et de la Tunisie et de la Tripolitaine, à l'est. Cette

fatalité s'imposera à quiconque voudra faire ici des travaux de ce

genre, car l'histoire d'un pays, c'est celle de son peuple, et ce

peuple, dans l'Afrique du Nord, c'est le Berbère, dont l'aire s'étend de

l'Egypte à l'Océan, de la Méditerranée au Soudan.

Fournel, qui a passé une partie de sa longue carrière à amasser des

matériaux sur cette question, a subi la fatalité dont je parle, et

lorsqu'il a publié le résultat de ses recherches, monument d'érudition

qui s'arrête malheureusement au XIe siècle, il n'a pu lui donner d'autre

titre que celui d'histoire des «_Berbers_».

Mes intentions sont beaucoup plus modestes, car je n'ai pas écrit

uniquement pour les érudits, mais pour la masse des lecteurs français et

algériens. Je me suis appliqué à donner à mon livre la forme d'un manuel

pratique; mais, ne voulant pas étendre outre mesure ses proportions, je

me suis heurté à une difficulté inévitable, celle de suivre en même

temps l'histoire de divers pays, histoire qui est quelquefois confondue,

mais le plus souvent distincte.

Dans ces conditions, je me suis vu forcé de renoncer à la forme suivie

et coulante de la grande histoire, pour adopter celle du manuel, divisé

par paragraphes distincts, dont chacun est indépendant de celui qui le

précède. Ce procédé s'oppose naturellement à tout développement d'ordre

littéraire: la sécheresse est sa condition d'être; mais il permet de

mener de front, sans interrompre l'ordre chronologique, l'exposé des

faits qui se sont produits simultanément dans divers lieux. De plus, il

facilite les recherches dans un fouillis de lieux et de noms, fait pour

rebuter le lecteur le plus résolu.

Ecartant toutes les traditions douteuses transmises par les auteurs

anciens et les Musulmans, car elles auraient allongé inutilement le

récit ou nécessité des dissertations oiseuses, je n'ai retenu que les

faits certains ou présentant les plus grands caractères de probabilité.

Je me suis attaché surtout à suivre, le plus exactement possible, le

mouvement ethnographique qui a fait de la population de la Berbérie ce

qu'elle est maintenant.

Deux cartes de l'Afrique septentrionale à différentes époques, et une de

l'Espagne, faciliteront les recherches. Enfin une table géographique

complète terminera l'ouvrage et chaque volume aura son index des noms

propres.

Constantine, le 1er Janvier 1888.

Ernest MERCIER.

SYSTÈME ADOPTÉ

POUR LA TRANSCRIPTION DES NOMS ARABES

Dans un ouvrage comme celui-ci, ne s'adressant pas particulièrement aux

orientalistes, le système de transcription du nombre considérable de

vocables arabes et berbères qu'il contient doit être, autant que

possible, simple et pratique.

La difficulté, l'impossibilité même, de reproduire, avec nos caractères,

certaines articulations sémitiques, a eu pour conséquence de donner lieu

à un grand nombre de systèmes plus ou moins ingénieux. Divers signes

conventionnels, ajoutés à nos lettres, ont eu pour but de les modifier

théoriquement, en leur donnant une prononciation qu'elles n'ont pas;

pour d'autres, on a formé des groupes où l'_h_, cette lettre sans valeur

phonétique en français, joue un grand rôle. Chaque pays, chaque académie

a, pour ainsi dire, son système de transcription. Mais, pour le public

en général, tout cela ne signifie rien, et si l'on a, par exemple,

surmonté ou souscrit un _a_ d'un point, d'un esprit ou de tout autre

signe (_a. a. a, à'_), l'immense majorité des lecteurs ne le prononcera

pas autrement que le plus ordinaire de nos _a_.

De même, ajoutez un _h_ à un _t_, à un _g_ ou à un _k_, vous aurez

augmenté, pour le profane, la difficulté matérielle de lecture, mais

sans donner la moindre idée de ce que peut être la prononciation arabe

des lettres que l'on veut reproduire.

Enfin, on se bornant à rendre, d'une manière absolue, une lettre arabe

par celle que l'on a adoptée en français comme équivalente, on arrive

souvent à former de ces syllabes qui, dans notre langue, se prononcent

d'une manière sourde (_ein, in, an, on_) et ne répondent nullement à

l'articulation arabe. C'est ainsi qu'un Français prononcera toujours les

mots Amin, Mengoub, Hassein, comme s'ils étaient écrits: _Amain_,

_Maingoub_, _Hassain_.

En présence de ces difficultés, je n'ai pas adopté de système absolu, ne

souffrant pas d'exception, m'efforçant au contraire, même aux dépens de

l'orthographe arabe, de retrancher toute lettre mutile et de rendre,

sous sa forme la plus simple pour des Français, les sons, tels qu'ils

frappent notre oreille en Algérie. N'oublions pas, en effet, qu'il

s'agit des hommes et des choses de ce pays, et non de ceux d'Egypte, de

Damas ou de Djedda.

Quiconque a entendu prononcer ici le nom [arabe ____], ne s'avisera

jamais de le transcrire par _Masoud_, ainsi que l'exigeraient nos

professeurs, mais bien par _Meçaoud_. Il en est de même de [arabe __],

qui vient de la même racine. La meilleure reproduction consistera à le

rendre par _Saad_, en ajoutant un _a_, et non par _Sad_, quels que

soient les signes dont on affectera ce seul _a_.

J'ajouterai souvent un _e_ muet aux noms terminés par _in_, _eïn_, _an_,

_on_, et j'écrirai _Slimane_ au lieu de _Souleïman_ (ou _Soliman_),

_Houcéïne_, _Yar'moracene_, etc.

Quant aux articulations qui manquent dans notre langue, voici comment je

les rendrai:

Le [arabe: __,] par _th_, _t_ ou _ts_.

Le [arabe: __,] par un _h_; ce qui, du reste, ne reproduit nullement la

prononciation de cette consonne forte, et comme je ne figurerai jamais

le [arabe: __] par un _h_, le lecteur saura qu'il doit toujours

s'efforcer de prononcer cette lettre par une expiration s'appuyant sur

la voyelle suivante.

Le [arabe: __,] par le _kh_, groupe bizarre encore plus imparfait que

l'_h_ seul pour la précédente lettre.

Le [arabe: __,] généralement par un _a_ lié à une des voyelles _a_, _i_,

_o_; quelquefois par une de ces lettres seules ou par la diphthongue

_eu_ ou par l'_ë_. Cette lettre, dont la prononciation est impossible à

reproduire en français, conserve presque toujours, dans la pratique, un

premier son rapprochant de l'_a_ et provenant de la contraction du

gosier; ce son s'appuie ensuite sur la voyelle dont cette consonne, car

c'en est une, est affectée. C'est pourquoi j'écrirai _Chiaïte_ au lieu

de _Chïïte_, _Saad_ au lieu de _Sad_, etc.

Le [arabe: __,] généralement par un _r_'. Si tout le monde grasseyait

l'_r_, il n'y aurait pas de meilleure manière de rendre cette lettre

arabe; malheureusement, il y a en arabe l'_r_ non grasseyé, et il faut

bien les différencier. Dans le cas où ces deux lettres se rencontrent,

la prononciation de chacune s'accentue en sens inverse, et alors je

rends le [arabe: __,]par un _g'_ Exemples: _Mag'reb_, _Berg'ouata_.

Le [arabe: __,] par un _k_, comme dans Kassem, ou par un _g_, comme dans

Gabès. Cette lettre possède encore une intonation gutturale que l'on ne

peut figurer en français.

Le [arabe: __,] par un _h_. Quant au [arabe: __,](_ta_ lié), dont la

prononciation est celle de notre syllabe muette _at_ dans contrat, je le

rends par un simple _a_ et j'écris: _Louata_, _Djerba_, _Médéa_.

Je ne parle que pour mémoire des lettres , [arabe: _____,] dont il est

impossible de reproduire, en français, le son emphatique, et je les

rends simplement par _t_, _d_, _s_, _d_.

INTRODUCTION

DESCRIPTION PHYSIQUE ET GÉOGRAPHIQUE DE L'AFRIQUE SEPTENTRIONALE

DESCRIPTION ET LIMITES[2].--Le pays dont nous allons retracer l'histoire

est la partie du continent africain qui s'étend depuis la limite

occidentale de l'Egypte jusqu'à l'Océan Atlantique, et depuis la rive

méridionale de la Méditerranée jusqu'au Soudan. Cette vaste contrée est

désignée généralement sous le nom d'Afrique septentrionale, sans y

comprendre l'Egypte, qui a, pour ainsi dire, une situation à part. Les

Grecs l'ont appelée _Libye_; les Romains ont donné le nom d'_Afrique_ à

la Tunisie actuelle, et ce vocable s'est étendu à tout le continent. Les

Arabes ont appliqué à cette région la dénomination de _Mag'reb_,

c'est-à-dire Occident, par rapport à leur pays. Nous emploierons

successivement ces appellations, auxquelles nous ajouterons celle de

_Berbérie_, ou pays des Berbères.

[Note 2: Suivre sur la carte de l'Afrique septentrional au XVe

siècle (vol II).]

Nous avons indiqué les grandes limites de l'Afrique septentrionale. Sa

situation géographique est comprise entre les 24° et 37° de latitude

nord et les 25° de longitude orientale et 19° de longitude occidentale;

ainsi le méridien de Paris, qui passe à quelques lieues à l'ouest

d'Alger, en marque à peu près le centre.

Les côtes de l'Afrique septentrionale se projettent d'une façon

irrégulière sur la Méditerranée. Du 31° de latitude, en partant de

l'Egypte, elles atteignent, au sommet de la Cyrénaïque, le 33°, puis

s'infléchissent brusquement, au fond de la grande Syrte, jusqu'au 30°.

De là, la côte se prolonge assez régulièrement, en s'élevant vers le

nord-ouest jusqu'au fond de la petite Syrte (34°). Puis elle s'élève

perpendiculairement au nord et dépasse, au sommet de la Tunisie, le 37°.

Elle suit alors une direction ouest-sud-ouest assez régulière, en

s'abaissant jusqu'à la limite de la province d'Oran, pour, de là, se

relever encore et atteindre le 36°, au détroit de Gibraltar.

Le littoral de l'Océan se prolonge au sud-sud-ouest, en s'abaissant du

8° de longitude occidentale jusqu'au 19°.

La partie septentrionale de la Berbérie se rapproche en deux endroits de

l'Europe. C'est, au nord-est de la Tunisie, la Sicile, distante de cent

cinquante kilomètres environ, et, à l'ouest, l'Espagne, séparée de la

pointe du Mag'reb par le détroit de Gibraltar. Cette partie de l'Afrique

offre, du reste, beaucoup d'analogie avec les dites régions européennes,

tant sous le rapport de l'aspect et des productions que sous celui du

climat.

Les écarts considérables de latitude que nous avons signalés en

décrivant les côtes influent sur les conditions physiques et

climatériques; aussi le littoral des Syrtes diffère-t-il sensiblement de

la région occidentale.

OROGRAPHIE.--La région comprise entre la petite Syrte et l'Océan est

couverte d'un réseau montagneux se reliant au grand Atlas marocain, qui

pénètre dans le sud jusqu'au 30° et dont les plus hauts sommets

atteignent 3,500 mètres d'altitude. Toute cette contrée montagneuse

jouit d'un climat tempéré et d'une fertilité proverbiale. Les indigènes,

peut-être d'après les Romains, lui ont donné le nom de _Tel_. Ce Tel, en

Algérie et en Tunisie, ne dépasse guère, au midi, le 35° de latitude.

Dans la partie moyenne de la Barbarie, c'est-à-dire ce qui forme

actuellement l'Afrique française, la région telienne aboutit au sud à

une ligne de _hauts plateaux_, dont l'altitude varie entre 600 et 1,200

mètres. Le Djebel-Amour en marque le sommet; au delà, le pays s'abaisse

graduellement vers le sud et rapidement vers l'est, ce qui donne lieu,

dans cette dernière direction, à une série de bas-fonds reliés par des

cours d'eau aboutissant aux lacs Melr'ir et du Djerid, près du golfe de

la petite Syrte. Cette ligne de bas-fonds est parsemée d'oasis

produisant le palmier; c'est la région _dactylifère_.

Des montagnes dont nous venons de parler descendent des cours d'eau, au

nord dans la Méditerranée, à l'ouest dans l'Océan. Ceux du versant nord

sont généralement peu importants, en raison du peu d'étendue de leur

cours: ce sont des torrents en hiver, presque à sec en été. Les rivières

du versant océanien, venant de montagnes plus élevées et ayant un cours

moins bref, ont en général une importance plus grande.

Au delà des hauts plateaux et de la première ligne des oasis, s'étend le

_grand désert_ ou _Sahara_ jusqu'au Soudan. C'est une vaste contrée

généralement aride, entrecoupée de chaînes montagneuses, de vallées, de

plateaux desséchés et pierreux et de dunes de sable. Des régions d'oasis

s'y rencontrent. Le tout est traversé par des dépressions formant

vallées, dont les unes s'abaissent vers le Soudan et les autres se

dirigent vers le nord pour rejoindre les lacs Melr'ir et du Djerid. Les

vallées, les oasis et certaines parties montagneuses sont seules

habitées.

Dans la Tripolitaine, la région telienne est moins élevée et a moins de

profondeur; en un mot, le désert est plus près. Cependant, derrière

Tripoli se trouve un massif montagneux assez étendu, donnant accès au

Hammada (plateau) tripolitain.

Le littoral de la Cyrénaïque est bordé de collines qui forment les

pentes d'un plateau semblable à celui de Tripoli, mais moins étendu.

Quelques oasis se trouvent au sud de ce plateau. Au delà commence le

grand désert de Libye.

Histoire de l'Afrique Septentrionale (Berbérie) depuis les temps les plus reculés jusqu'à la conquête française (1830) ( Volume I) · 第 21 / 73 题