Merci, Denise, d'avoir accepté mes projets; s'ils s'accomplissent, la
vie pourra encore nous être douce, mon amie. Approuvé par vous, je vais
me mettre bravement à la tâche. Voici vos lettres. Je me suis attendri
tout à l'heure sur ces chiffons de papier lus au hasard. Ils m'ont remis
en mémoire des peines, des plaisirs autrefois vivement sentis.
J'ai retrouvé ainsi entre leurs lignes de belles et radieuses espérances
auxquelles la réalité a, depuis, cassé les ailes... C'est une manière
saisissante de se souvenir...
Je tiens extrêmement à ces lettres, Denise. Elles contiennent beaucoup
de notre amitié qui a pas mal vécu par correspondance. Vous vous y êtes
donnée toute, pour cela je les aime. Je compte que vous me rendrez, avec
une fidélité absolue et complète, ce dépôt que je vous confie. Soyez-en
persuadée, ces lettres ont toujours été accueillies soit avec la
tendresse, soit avec le respect amical qu'elles méritaient. Je ne suis
pas indigne de les posséder et j'ai la confiance qu'elles ne vous
inspireront aucun regret.
Enfin, vous me croirez si vous voulez, mais cet envoi m'émeut un peu...