Je reçois avec joie tous les matins la dépêche bulletin de santé; mais
que veut dire le: «suis triste, seul...», que contenait celle de ce
matin. Triste, je le savais, mais seul?
N'allez-vous plus en Suisse avec l'objet aimé? Qu'est-il survenu dans
votre vie? un pétale de rose, une plume d'oiseau, se sont mis en travers
de votre chemin? Dites, afin d'être consolé...
Je viens d'avoir la visite de ma fille (je l'ai laissée ce matin à Royat
pour déjeuner avec sa tante et ne la ramènerai à Fontana que ce soir,
après un dîner que ma belle-mère offre aux Danans à son hôtel), avec
Suzanne et Aprilo, tous les deux gais et gentils, confiés à la garde
d'un petit cheval, d'une petite voiture et d'une petite fille:
tite-Lène. Ils sont entrés par la grande avenue ainsi que trois radieux
printemps. On a parlé de vous en buvant du vin d'Asti parfumé de muscat,
pétillant comme du champagne. Hélène était divine me disant: «Je vous
fais une visite, maman.» Elle en avait un orgueil de petite femme, de
jouer avec moi _à la dame._
Marie-Anne a mis des fleurs dans leurs mains et ils sont partis
contents, gais, gentils, frais sous le soleil, par la route poudreuse.
Pourquoi Alice ne marie-t-elle pas ces enfants? le brave et sain coeur
de Grégor Aprilo serait le salut de Suzanne, plus légère que fautive, en
somme.