19 juillet.

Je reçois avec joie tous les matins la dépêche bulletin de santé; mais

que veut dire le: «suis triste, seul...», que contenait celle de ce

matin. Triste, je le savais, mais seul?

N'allez-vous plus en Suisse avec l'objet aimé? Qu'est-il survenu dans

votre vie? un pétale de rose, une plume d'oiseau, se sont mis en travers

de votre chemin? Dites, afin d'être consolé...

Je viens d'avoir la visite de ma fille (je l'ai laissée ce matin à Royat

pour déjeuner avec sa tante et ne la ramènerai à Fontana que ce soir,

après un dîner que ma belle-mère offre aux Danans à son hôtel), avec

Suzanne et Aprilo, tous les deux gais et gentils, confiés à la garde

d'un petit cheval, d'une petite voiture et d'une petite fille:

tite-Lène. Ils sont entrés par la grande avenue ainsi que trois radieux

printemps. On a parlé de vous en buvant du vin d'Asti parfumé de muscat,

pétillant comme du champagne. Hélène était divine me disant: «Je vous

fais une visite, maman.» Elle en avait un orgueil de petite femme, de

jouer avec moi _à la dame._

Marie-Anne a mis des fleurs dans leurs mains et ils sont partis

contents, gais, gentils, frais sous le soleil, par la route poudreuse.

Pourquoi Alice ne marie-t-elle pas ces enfants? le brave et sain coeur

de Grégor Aprilo serait le salut de Suzanne, plus légère que fautive, en

somme.

Amitié amoureuse · 第 453 / 469 题