_Denise à Philippe._
Dimanche 4 juillet.
Mon ami, je suis bien émue... je lis dans le journal qu'une rencontre à
l'épée a eu lieu hier matin samedi entre deux clubmen connus MM. M. Ch.
et P. de L. et qu'après la deuxième reprise M. de L., a été touché à
l'avant-bras, ce qui a mis fin au duel.
C'est vous, c'est vous! Ah! mon Philippe, voilà donc la raison de votre
air préoccupé? Je suis bouleversée; ma première pensée a été de courir
chez vous; mais j'ai eu peur de m'y rencontrer avec votre blonde amie;
alors, je me résous à vous faire porter cette lettre par mon vieux
François. Ah! permettez-lui d'entrer auprès de vous pour qu'il me dise
qu'il vous a vu et comment vous êtes.
Avez-vous quelqu'un pour vous soigner? Voulez-vous que je vienne? Je
suis folle d'inquiétude. Ah! mon grand, mon cher, cher grand... quand je
pense qu'il pouvait vous tuer!... Mais pourquoi ce duel?
Tenez, je pleure comme une bête!