8 février.

Oh! ces lettres, ces lettres! froides, raisonneuses, prévoyantes de tout

le mal, de toute la honte, de tous les désenchantements de l'amour... Je

les hais... et je vous aime plus fort, plus cruellement que jamais.

Vous avez beau jeter du mépris sur ma tendresse qui s'offre, j'en suis

orgueilleuse ainsi qu'une martyre est orgueilleuse de sa foi.

Avez-vous donc vu des fleurs s'arrêter de s'épanouir et fermer leurs

corolles afin de retenir l'exhalaison parfumée de leur âme de fleurs?

Aussi involontairement je vous aime.

Ah! vous n'avez jamais aimé pour oser flétrir ainsi l'amour. Je ne sais

quoi m'emporte vers vous, malgré tout, si puissamment! Je n'ai même pas

la pudeur de ne plus vous dire: «Je vous aime!» et c'est en vous adorant

à genoux que je vous le murmure, mon bien-aimé.

Il y a dans ma tendresse des nuances divines; refusez-moi les folles

heures d'extase, mais prenez de mon âme son adoration et vivez

indifférent dans l'enveloppement de cet amour. Il n'y a pas dans ma

passion que cette violence qui me donne le vertige et me fait

frissonner, il y a toutes les tendresses fécondes et douces en savantes

trouvailles pour le bonheur de l'aimé.

Ah! aimez-moi! aimez-moi! ce cri je le jette, douloureux, vers vous qui

ne m'aimez pas. Philippe, mon bien-aimé, donnez-moi la vie d'amour... je

l'implore à vos pieds, défaillante.

Amitié amoureuse · 第 352 / 469 题