14 août.

Pourquoi nier mon amour? L'avez-vous mis à l'épreuve? Je vous trouve

bien hardie de vous empêtrer de raisonnements pour me démontrer que je

ne vous aime pas.

Je vous aime. Je mets à vos pieds mes plus suaves tendresses, mon plus

inédit amour. Pour refuser la joie de vivre sous cette forme, êtes-vous

bien sûre d'avoir, dans cet impérieux refus, une compensation

équivalente au joyeux remuement que l'amour met--fût-ce pour un fugitif

instant--dans notre être?

Tant de formes qu'a déjà prises votre jeune vie ne vous ont-elles pas,

chacune, laissée pleine de désillusion?

Rien n'est--sauf une manière relative d'accepter l'effervescence

qu'amènent, de temps en temps, ces violents mouvements qui s'élèvent en

nous et nous poussent à quelque acte déterminé; ainsi fit la longue

pénétration de votre charme agissant sur moi et m'entraînant à vous

dire: «Je vous aime.»

Je vous en conjure, Denise, prenez pour vrai le trouble dont s'est

embelli l'isolement de ma vie, il m'a guidé lentement mais sûrement vers

vous, et n'opposez plus une si grande résistance à la débilité naturelle

des pauvres affections humaines. Ne perdons pas l'occasion de coudoyer

le bonheur.

Quand un homme de ma sorte est «pénétré d'une parfaite componction, le

monde entier lui est alors amer et insupportable», dit le divin livre.

J'ai, pour la première fois et pour vous seule, ressenti cette

componction... Denise, ma rebelle aimée, tout mon amour est à jamais à

vous, l'âme choisie.

Amitié amoureuse · 第 120 / 469 题