5 juillet.

Monsieur mon ami est bien le plus terrible hésitant que je connaisse.

Venez donc puisque, à quelques jours près, vous avez l'espoir de venir.

Cela vous remontera. Vous tirerez profit de cette paix que nous donnent

les choses ambiantes: Dira-t-on jamais ce que causent de bien au cerveau

fatigué le parfum d'un champ de luzerne et l'enivrement des yeux se

reposant sur tant de verdure noyée dans tant de bleu? Et la mer si

belle, avec son chant rythmé, cette «grande gueuse», comme l'appelait

Gustave Flaubert. Et tout, enfin, y compris la réception qu'on vous

prépare si amicale.

Venez!... Je suis un peu saoule du départ et voudrais vous entraîner.

J'ai remué, en préparant mes malles, avec ma lingerie, mes tulles, toute

la soie froufroutante des dessous, trop de poudre d'iris; la poussière

impalpable du fin parfum s'est répandue partout; c'est lui qui m'enivre.

Allons, venez! Vous n'avez aucune idée de l'enchantement de Nimerck en

cette saison. Venez, cher paresseux: au village, je vous trouverai une

chambre (voyez ici l'hommage discret aux convenances!) Enfin je me

mettrai en quatre _for you_. Est-ce assez, mon maître? N'allez pas, ce

soir, chez ma belle-soeur me répondre: «Oui, grosse bête!»

Amitié amoureuse · 第 102 / 469 题